Charlie @1

CharlieSamedi 10 janvier 2015, Isabelle me demande « On fait quelque chose pour les victimes de ces trois jours avant mon billet sur les drapeaux du cimetière de Montrouge ? » On en a discuté et considéré que son billet (ici) allait très bien, que nous n’avions alors pas grand-chose à écrire, ou trop de choses à écrire… Depuis, je me dis chaque jour que, quand même, je pourrais faire un billet sur ces tueries, un hommage, une analyse, dire mes émotions… Je cherche et je ne trouve pas.
Sur ma page Facebook (en accès sans compte, ), j’ai réussi à avoir quelques réactions « à chaud », aidée en cela par les cent ans de ma grand-mère. Il me semblait important de prendre position, des positions forcément courtes et un peu tranchées. Mais je voudrais aller au-delà. Est-ce possible sans écrire un roman (pour les émotions) et un traité de science politique (pour l’analyse) ?
Ceci pour dire que je crois qu’il me faudra du temps pour mettre en mots ces événements qui marqueront ma vie autant que celle de notre pays. Je ne sais pas encore comment. Je ne sais pas encore vers quoi. Je ne sais pas. Je pressens que mon besoin d’écrire surgira de-ci, de-là, sans prévenir, au détour d’un fait d’actualité qui résonnera plus qu’un autre à ce sang qui ne sèche pas.
Je sens comme si j’avais pris un gros coup sur la tête. Je suis debout. Je suis vivante. Ces tueries, finalement, sont au cœur de mes engagements politiques et personnels. J’ai l’impression d’en avoir toujours parlé en me sentant parfois bien seule. J’ai l’impression que beaucoup de « Je suis Charlie » n’ont finalement rien compris. J’ai l’impression qu’il est urgent que je continue à me taire sur ces tueries elles-mêmes pour aborder tout cela par le travers, pas de front. Observer. Agir. Aimer. Quel rapport ? Il y en a un, j’en suis sûre.
Voilà un billet bien confus qui dit tout mon trouble, trouble qui n’est pas dépourvu de certitudes, que je garde encore. Je ne voudrais tellement pas exprimer des idées qui n’auraient pas de sens, pas d’autres sens que cette souffrance que j’éprouve devant une telle adversité. J’en profite pour proposer à Isabelle un nouveau titre de fil de billets (cela fait longtemps) : « Charlie @ ».
Voilà au moins une évidence.

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