Archives mensuelles : février 2014

Objectivement @20

Que choisir février 2014Je lisais dans le métro un article de Que choisir consacré aux « montres connectées ». L’idée est simple : comme les « téléphones intelligents » (« smartphone » en anglais) sont de plus en plus encombrants, on les mets dans son sac et l’on en surveille l’activité via une montre au poignet : mails, textos, appels… ladite montre permet également d’alimenter en informations les applications santé. Chacun en pensera ce qu’il voudra. Je suis plutôt dans une phase de déconnexion mais je comprends le désir ou le besoin de suivre en continu ce que l’on a mis en place comme outils d’information, de communication et systèmes d’échange.
Là où l’article a commencé à m’amuser, c’est quand il a été question d’être informé quand la gamelle du chien est vide. Hormis pour Salanobe, notre Hétéronaute préférée, qui pourrait ainsi surveiller son chenil tout en surfant sur le blog, j’avoue que l’intérêt me dépasse un peu : que faire, en effet, quand la montre dit « la gamelle du chien est vide » et que l’on est à l’autre bout de la ville coincée dans une réunion ? On me rétorquera peut-être que c’est une application pour les personnes tête en l’air. Une autre application d’ailleurs propose que la montre dise « l’eau dans la bouilloire est chaude ».
Voilà enfin un problème que je rencontre souvent : j’ai envie d’un café (je le bois italien avec moitié d’eau ajoutée) ; je me lève de mon bureau et mets de l’eau à chauffer. Je reviens m’asseoir. Quand je pense que mon eau doit être chaude, le temps a passé. Elle est tiède. Je recommence. Et l’eau tiédit. L’application pourrait donc être intéressante ne serait-ce que pour faire des économies d’électricité… J’ai trouvé une autre solution : quand je mets de l’eau à chauffer, je reste debout en m’occupant à ranger des choses qui traînent, d’étendre le linge ou autres occupations ménagères. J’y gagne cinq minutes à bouger, ce qui est forcément bon pour mon métabolisme.
Ah ! les choses simples…

Colère @9

Metro newsEn faisant ma revue de presse, je découvre cette info sur le site de Metro : « Une fillette de 8 ans meurt dans l’incendie d’un camp de Roms à Bobigny » (ici). Je lis l’article. La colère me monte aux yeux et ma première pensée va au ministre de l’Intérieur : alors, Manuel, heureux ?
Il ne l’est sans doute pas mais peut-être sera-t-il conforté dans l’idée que « ces gens-là » n’ont pas « vocation » à rester en France. La preuve : ils vivent dans une misère sans nom et leurs enfants en meurent. N’est-il pas de notre devoir de les sortir de là ? Hop ! dans l’avion ! Et ma colère monte d’un cran. Je sens d’ici venir les commentaires qui considèrent que la misère est la conséquence d’une situation que les Suisses ont nommée « immigration massive » là où la misère en est la cause !
Ce sont les pays riches qui entretiennent la misère dans l’autre partie du monde pour mieux l’exploiter à leur seul profit. Ce sont les populations riches de ces pays riches qui entretiennent la misère d’une bonne part de la population pour mieux l’exploiter à leur seul profit ! Mon raisonnement est simpliste ? Il est la réalité de ce monde où le profit des uns réclame la misère des autres.
Et nous, citoyens, à force d’oublier que « ces gens-là » sont avant tout des personnes, des familles (ça devrait plaire, un concept pareil), des femmes, des enfants, des hommes dont l’ADN ne contient ni le gène de la « bande organisée », ni celui du « s’il vous plaît, madame », ni celui de la misère, celle qui allume le feu et brûle les enfants, à force d’oublier, nous les stigmatisons et faisons le lit du populisme, et la boucle est bouclée.
La colère monte encore… Mais quand est-ce qu’on lui botte le cul à Manuel, et à sa nouvelle copine Marine ? J’exagère ? Si peu.

Réclamation @44

L'est pas beau mon pouce ?J’ai eu un nouveau téléphone et un nouveau numéro. Enfin, pour le numéro, ça n’a pas duré longtemps. Le premier message vocal, le premier appel, sans compter un texto… ne m’étaient pas adressés. C’était une banque ou une assurance, je n’ai pas cherché plus loin, cherchant à joindre M. P. à la suite d’un prélèvement bancaire rejeté. J’ai ensuite eu un prof d’informatique, Gérard, très sympathique cherchant à joindre M. P. J’ai alors appelé mon opérateur. Après vérification, le M. P. en question avait résilié cette ligne, liée à une carte, six mois auparavant. Ne pas prévenir ses créanciers, surtout avec une indélicatesse de paiement, n’augurait rien de bon. Voilà comment, j’ai en moins d’une semaine changé de numéro de téléphone. Que me réserve le prochain ?…

Kendo @10

Bleue 1À propos de partage et de biscotos, je suis de plus en plus émue par mes cours de judo. J’ai toujours senti le goût de l’échange de certains, le goût de transmettre, des sensei, bien sûr, mais aussi de nombre de judokas qui prennent autant de plaisir à apprendre qu’à enseigner.
J’entre aujourd’hui dans une nouvelle phase d’apprentissage. Ma ceinture bleue donne à mes professeurs l’envie de m’amener jusqu’à la noire, chose que je n’ai jamais envisagée dans ma pratique du judo. Et voilà Christian et monsieur C. qui me font travailler le nage no kata, Hervé et d’autres s’en mêlent, et mon sensei de me glisser « Bientôt la marron ! » à la moindre occasion.
J’en suis flattée, bien sûr, mais cela va au-delà. Les uns et les autres sont en train de me « porter » au sens littéral du terme : ils passent un temps infini à me faire répéter les prises, à m’expliquer le sens de ces enchaînements, à me donner des éducatifs qui me ramènent tous à ces équilibres que je dois acquérir. J’en suis parfois gênée tant ils me donnent du temps, tant ils peuvent me reprendre dix, vingt, trente fois dans un calme rare, tant ils tentent de me découvrir pour m’aider à adapter ma pratique à mon handicap, mon âge, ma « forme de corps ».
L’émotion me gagne. Et je les aime, mes hommes. Je n’ai jamais passé autant de temps dans des bras si audacieux. Ils me portent et j’avance, aussi pour qu’ils soient fiers d’eux à travers ce que j’aurai acquis moi. Ils ont tellement confiance en moi que douter me paraît inconvenant. Mais quelle belle idée j’ai eu de franchir un jour la porte de la ligue de Paris et de croiser mon sensei pour le suivre ? J’ignore la force qui m’a poussée là mais elle me nourrit encore.
Et mes hommes… Mes hommes… Merci.

Lu @12

La Croix - 14 février 2014L’ordre des mots dans une phrase n’est pas anodin, laissant parfois parler l’inconscient. Je me demande ce qui a poussé un journaliste de La Croix à ne pas choisir « Les conseils du pape François aux fiancés pour la Saint-Valentin », mais « Les conseils aux fiancés du pape François pour la Saint-Valentin ». Une certaine ouverture d’esprit ou une tentation de Satan, ce grand farceur ?

À table ! @10

Sainte Geneviève gardant ses moutons, anonyme, musée Carnavalet (Paris).

Sainte Geneviève gardant ses moutons, anonyme, musée Carnavalet (Paris).

Je m’interroge depuis quelque temps sur ce qui fait une relation humaine, quelle que soit sa nature. En théorie, je n’en sais rien, mais j’imagine que le sujet a été largement débattu par tout ce que l’histoire de l’humanité compte de « savants » et d’intellectuels. Plus raisonnable, je me suis attachée à décrypter mes propres relations aux autres, cherchant la différence entre celles qui me plaisent et celles qui me plaisent moins (pour le dire sobrement).
Je me suis rendu compte que le sentiment que je porte à l’autre (affection, amour, tendresse, compassion, etc.) n’est pas ce qui donne sa substance à la relation. Et je me retrouve ainsi à me sentir plus proche de quelqu’un pour qui j’ai une affection simple que pour quelqu’un pour qui j’éprouve de l’amour, amoureux par exemple. En cherchant un peu, j’ai compris que ce qui « m’intéresse » (je n’ai pas d’autre mot) dans la relation à l’autre n’est pas d’abord le sentiment mais le partage. Autrement dit, un partage sans amour m’intéresse plus qu’un amour sans partage.
Mais je crois avoir déjà dit cela, sous une autre forme… Et ce qui m’interroge aujourd’hui, c’est comprendre comment quelqu’un qui aime peut-il fonctionner à l’autre sans partage ? C’est impossible me direz-vous, toute relation ne peut être que partage et peut-être que finalement, j’ai le sentiment qu’il n’y en a pas parce que ce qui se partage et s’échange ne correspond pas à ce que j’attends. Peut-être… Mais j’ai pu remarquer que certaines configurations portent la personne à se fermer au partage (donc à l’autre, si l’on y réfléchit bien), par exemple une forte promiscuité.
Ainsi, vivre collés les uns aux autres, sans espace personnel et intime pour chacun, me paraît donner une illusion de partage (on partage l’espace) qui tue le désir et le plaisir simples de partager. En réaction à cette promiscuité, à cet « être ensemble dans l’espace et le temps », on s’enferme à l’intérieur de soi, on valorise son propre espace intérieur car c’est finalement là le seul endroit où l’on n’est pas sous le regard (la pression, même bienveillante) de l’autre. J’ai remarqué que j’agis ainsi quand je passe un week-end en collectivité, surtout si je dois partager ma chambre. Je dors beaucoup, je parle peu, je suis beaucoup sur ma tablette, et, à vouloir me préserver, j’en oublie d’aller aux autres : je suis si bien, au chaud de mes biscotos ! (ça rime)
Est-ce que cela s’applique dans les espaces type famille, ou entreprises en « open space », prisons, dortoirs d’internat, salles communes d’hôpitaux…? Je sais en tout cas que si je devais partager mon espace de vie, il y a fort à parier que je serais moins dans le partage que là, derrière mon écran, seule. J’y suis tout à vous, tout à nos échanges. Et j’aime ça. Mais promis, je sors ce soir ! J’aime aussi l’échange de salive, quand il a le goût du partage, forcément !

Élections @23

Carte électoraleJ’ai été contactée par la préfecture pour être déléguée lors des élections. J’avais déjà participé aux commissions de révision des listes électorales à la suite d’un appel à volontariat. Ces commissions se réunissent chaque mois de septembre à février. J’allais donc à la mairie de mon arrondissement pour cette mission qui m’a permis de mieux comprendre le processus. Cette fois, la demande est de participer au contrôle de la régularité du scrutin lors des prochaines élections. Je me suis portée volontaire pour les Européennes. Je ne manquerai pas de vous raconter ma journée.
Lors de notre discussion, la personne de la préfecture m’indique qu’elle va m’envoyer un courriel avec la liste des documents à fournir. Il y a notamment un Rib, car c’est payé. Disons plutôt indemnisé : 39 euros bruts. Je suis étonnée, car je pensais que c’était bénévole, comme les commissions de révision. L’employée me répond qu’il est fréquent que la première question posée soit « Combien c’est payé ? » Elle ajoute : « Si on fait ça pour de l’argent, ce sera mal fait. » Certains considéreront que le montant est dérisoire pour une élection nationale. Pour ma part, je crois nécessaire qu’une telle participation, même minime, à la préservation d’un processus démocratique ne soit pas motivée par l’appât du gain.

Contre @2

Drapeau suisseLe lundi 10 février 2014, sur France Info, il n’y avait pas un commentateur (national ou communautaire) pour ne pas dire pis que pendre contre la votation suisse qui, le dimanche, avait vu refuser, par 50,3 % de votants, « l’immigration de masse » (). J’imagine volontiers que la Suisse risque de payer cher ce vote, si j’ai bien compris les analyses économiques proposées. Mais ce n’est pas ce qui m’intéresse.
Dans des proportions certes raisonnables, j’ai senti comme une stigmatisation du peuple suisse sur le thème « Vous vous rendez compte, ils on voté contre l’immigration de masse », largement sous-entendu que, nous autres Français, on aurait été beaucoup plus intelligents lors d’un tel vote.
Ah ! bon ? Je crains que nos commentateurs ne feignent totalement d’ignorer que les enjeux économiques ne sont rien face à la xénophobie et aux politiques sécuritaires. Au vu de la réaction de la droite extrême et populiste (ici), c’est pourtant une évidence et, si demain en France, on organisait un référendum pour ou contre l’ « immigration de masse », imaginez le résultat !
Alors, plutôt que de donner des leçons aux Suisses, peut-être pourrions-nous faire face à nos propres démons ? Est-il trop tard ? Résultats lors des prochaines « votations » pour l’élection « bonnets blancs et blancs bonnets » chers à certains !

 

Lu @11

Blog loversDans la rue, une affiche collée sur du mobilier urbain attire mon attention alors que mon regard vagabonde. J’y lis « Baisse des lovers ». Étrange, est-ce une publicité pour un site de rencontre ? Non, c’est une affiche du Front de gauche mal appliquée. Le slogan est « Baisse des loyers ». Mon premier regard aurait pu être une référence à notre président de la République, soulignant la faible qualité de l’homme relativement aux femmes dans sa vie et ses façons cavalières de se comporter. Il a montré au monde entier par sa goujaterie une baisse de qualité indéniable du mythique Latin lover.