Archives mensuelles : décembre 2013

Résistance @7

Magazine de la santéMon téléphone sonne ; je décroche.
— Bonjour, c’est Sylvie, je vous appelle de la part de B. télécom.
— Oui…
— Je dois vérifier d’abord que vous avez bien un accès à la télévision avec votre box*…
— Oui…
— Très bien. Vous regardez quoi à la télévision ?
— Le Magazine de la santé, tous les jours.
— Ah ? Mais ce n’est pas très drôle !
— Détrompez-vous, madame. C’est très rigolo ! Et je me régale.
— Ah ! oui, c’est ce médecin, qui est drôle… Vous êtes seule dans votre foyer ?
— Oui…
­— Et pour vous détendre, vous aimez, par exemple, regarder des films comiques ?
— Des films comiques ? Mais il n’y a rien de plus ennuyeux ! C’est trop long, et jamais très drôle…
— Ah ? Alors peut-être d’autres films…
— Nous allons nous arrêter là, madame. Je n’aime ni le cinéma, ni le sport. Je ne suis donc pas intéressée par vos offres Canal+.
Elle rit.
— D’accord ! Arrêtons-nous là.
Yes !

* En français, Franceterme indique « boîtier multiservice ».

Noël @18

Arbre éteint à PDFDans toutes les décorations de Noël de mon quartier, il y a en une que je trouve très jolie sur la place des Fêtes : de nombreuses guirlandes du même bleu entourent un arbre, cela change des sapins enguirlandés de toutes les couleurs qui sont autour. Je voulais prendre une photo pour le montrer à quelqu’un. Quoi de mieux que le 24 décembre au soir ? Je descends donc exprès à la station de métro la plus proche et prépare l’appareil pour prendre des photos impérissables. Raté ! En cette veillée de Noël, toutes les illuminations des arbres de la place sont éteintes… C’est un comble !
J’ai quand même la photo ci-contre. Certes, il n’y avait pas grand monde pour les voir, est-ce une mesure d’économie que de couper le jus ?

Clavier @13

bibliothèqueAvant de fréquenter la médiathèque Marguerite Yourcenar, ma « bibliothèque principale » était la bibliothèque Vandamme dont j’aime bien le rayon CD. Je vais aussi parfois à Amélie pour les nouveautés et allais à Aimé Césaire tant que c’était encore une discothèque. Je vais donc toujours à Vandamme où le prêt est organisé en deux bureaux parallèles : un pour les « Retour », l’autre pour les « Emprunt ».
J’ai pour habitude, quand j’arrive, d’aller directement chercher en rayon les CD que je souhaite emprunter (j’ai ma liste) puis vais au guichet « Retour », où je dépose mes CD. La plupart du temps, le bibliothécaire prend aussi mes « Emprunt »… mais pas tous ! De ce que j’ai compris, ce sont deux interfaces différentes sur les ordinateurs et si, pour certains, passer de l’une à l’autre ne suscite aucune plainte, pour d’autres, cela semble être un calvaire. J’ai aussi remarqué à Marguerite Yourcenar où l’emprunt ne se fait que par automates, quand je vais récupérer un CD de la Réserve centrale, l’emprunt peut se faire au guichet… et parfois, l’emprunt d’un CD qui provient de la bibliothèque aussi alors que certains bibliothécaires me disent que c’est impossible en invoquant la technique.
C’est un peu compliqué tout ça, et ma seule conclusion est que les interfaces ont bon dos pour justifier des habitudes de travail, des modes d’organisation et des répartitions de postes. Pour preuve, cette dernière anecdote, arrivée ce vendredi à Vandamme. Est là une bibliothécaire que je ne connais pas. Guichet « Retour ». Je lui tends trois CD que je rends. J’ai en main un livre que je veux retirer, et ma carte.
— Vous me donnez votre carte ?
— Les CD, c’est un retour. Je vais emprunter au bureau d’à côté.
— Mais non, je peux le faire !
— Ah ! Excusez-moi, c’est parce que je me fais souvent crier quand j’emprunte au même guichet que je fais mes retours.
— Vous vous faites crier ?
— Oui.
— Pas par moi !
— En effet, mais certains de vos collègues sont très attachés à leur poste. Une question d’interface, de ce que j’ai compris…
— Ah ? Il n’y a pourtant aucun problème pour passer de l’une à l’autre…
Si c’est elle qui le dit !

Cliché @6

HopitalDevant prendre un rendez-vous médical, j’appelle une clinique le 24 décembre en début de matinée. Après les trois étapes du serveur vocal, j’ai en ligne une employée qui me dit qu’elle n’a personne pour prendre les rendez-vous. Quand puis-je rappeler ? À la rentrée ! Qui a dit que le système des cliniques, privé, payant, libéral, etc. fonctionne forcément mieux que celui des hôpitaux ?

Écrivaine @17

Tour MontparnasseJe ne sais pas si j’arriverai à… j’y arrive tellement peu que je ne sais pas même terminer ma phrase ! De quoi est-il question ? Aimer, bien sûr, toujours et encore, aimer. J’en viens à me demander si je ne le vis pas plus simplement dans l’écriture, quand je le vis par personne interposée et, mine de rien, sans vis-à-vis… Écrire, donc, parce que cela m’aide à comprendre, et tant pis pour mes personnages qui font les frais de mes propres questionnements !
Est-ce pour cela que je suis écrivaine ? Peut-être… Alors j’écris, ce billet, par exemple, qui n’est pas un roman mais qui va me permettre de poser une simple équation que m’a soufflé ce matin la tour Montparnasse sur mon parcours de déroulé (merci la Tour !) :

« aimer = donner + prendre ≠ attendre ».

Oui, parfois je fais dans les mathématiques… Ceci pour dire qu’aimer, c’est à coup sûr donner, et être capable de prendre ce qui vient (sous-entendu « de l’autre ») sans rien en attendre.
Belle équation s’il en est ! Reste à savoir si je suis en mesure d’en tirer quelque chose. Bah ! Je cours quatre fois par semaine ; la Tour saura bien me souffler d’autres équations, si besoin. Pas vrai la Tour ?

Déo @9

FloretteEn rentrant chez moi, mon regard accroche à un mot sur une publicité : « Foutaise ». Tout de suite, je me dis que c’est de la franchise. Je lis mieux : « Foutaisie », je m’étonne de la création littéraire, pas très jolie d’ailleurs. Et là, je me rends compte que c’est « Fantaisie ». Ah ! Le tour joué par mon inconscient…

Grand homme @18

MandelaAlors que je rentrais du judo un peu tard, ce jeudi 5 décembre 2013, 22 heures 50, France Info annonce la mort de Nelson Mandela. Aussitôt, un journaliste fait le détail de sa vie, en commençant par ces mots : « Les Sud-Africains noirs seront éternellement reconnaissants à Nelson Mandela… »
— Ah bon ? Que les noirs ? répond aussitôt ma conscience politique, agacée de cet adjectif qui dit bien que l’apartheid, même officiellement aboli, entrave toujours nos manières de penser. Car faut-il être noir pour se réjouir de l’abolition d’un tel système d’oppression ? Faut-il être noir pour s’engager sincèrement dans la lutte contre le racisme, pour souhaiter que soit aboli le système capitaliste postcolonial qui fait qu’aujourd’hui les noirs sont globalement plus pauvres que les blancs et que leur oppression économique, sociale, culturelle est le limon des richesses de l’Occident ?
Faut-il être femme… Faut-il être homosexuel… Faut-il être… pour faire sienne une lutte ? La question m’afflige tant que je vous laisse la réponse. Quant à Mandela… Je vous laisse également imaginer combien sa mort me touche.

Indignés @5

QuittanceLorsque l’ancien propriétaire de mon appartement m’a présenté le box en sous-sol qui y est attaché, il m’a indiqué que la demande de pouvoir y installer de l’éclairage a été refusée en assemblée générale de copropriété. Pourquoi ? Parce que certains ont argué qu’alors des propriétaires loueraient ces box pour que des personnes y vivent. Que de suspicion vis-à-vis des autres ! Sans doute pas inspirée par de nobles sentiments comme l’indignation, mais plutôt par les désagréments qu’ils imaginaient (voire la jalousie de ne pas pouvoir tirer profit eux aussi d’une telle possibilité de rente ?) En tous les cas, je m’interroge sur ce qui les aurait sinon poussés à penser à cela. Pour ma part, ça ne me serait pas venu à l’esprit…

Bigleuse @35

DistributeurAlors que je déjeune au restaurant, je vais aux toilettes. Deux sont disponibles. Je vais à droite. Ce sont les toilettes « handicapé ». Je m’installe et, pendant que je vaque à ma miction, je repère devant moi, à main gauche, juste à bonne distance, un distributeur, celui sur la photo. Je l’identifie tout de suite comme un distributeur de feuilles de papier : même format, hauteur laissant supposer le dépôt d’une bonne quantité de réserve, fenêtre sur le côté laissant entrevoir ladite réserve. Je plonge la main en dessous, ne sens pas de papier sortir, cherche du bout des doigts et, avant que je prenne conscience de ce qui arrive, me retrouve la main pleine… de savon !
C’est-y pas chouette ?
Après que j’ai retiré la main, le distributeur continue à déverser du savon. Et je suis toujours cul nu, assise sur les toilettes, la main gauche pleine de savon. Je regarde derrière moi, sur ma droite, et vois deux rouleaux de papier dont je peux heureusement attraper quelques feuilles sans difficulté d’une main. Ouf !
Verdict ?
Que d’aventure dans une vie de bigleux !

Note : Merci à Isabelle d’être allée faire la photo indispensable à ce billet !
Verdict ?
Que d’aventure quand on a une amie bigleuse !

Anniv’ @15

Blog 12 novembre 2013La magie des anniversaires étant une constante de La vie en Hétéronomie, je me dois de vous présenter la soirée de fête qui a présidé à mes… Non, je ne vous dirai pas mon âge. D’ailleurs, ce n’est pas la peine, vous pourrez le découvrir en regardant attentivement la photo. Même si c’était pour me célébrer, c’est moi qui ai concocté le gâteau, apporté les bougies, le couteau… Cécyle sortant du judo avec son beau sac de sport, nous avons trouvé un espace accueillant pour que je puisse dignement souffler ces fameuses bougies : un quai de métro.
Tant qu’il y a de l’amour et du gâteau au chocolat, la magie peut être partout…