Archives mensuelles : novembre 2013

Bééé @6

TamponJe me suis rendu à ma banque pour présenter mon « avis d’imposition 2012 » après avoir reçu un courrier m’y invitant. Ce courrier indique que je peux présenter l’original ou une copie. J’apporte l’original ce qui m’évite l’impression d’une copie. L’employée vérifie ce qu’elle a à vérifier puis, d’un geste sûr, colle un coup de tampon à date sur mon avis d’imposition puis écrit « La banque postale, vu et contrôlé » comme si, soit dit en passant, la Baque postale avait compétence à contrôler mon avis d’imposition… passons..
Ma surprise passée, je l’interroge sur le sens de son geste, lui faisant remarquer que je n’ai pas forcément envie que les organismes à qui je vais présenter ce document fiscal sachent que je suis passée par la case Banque postale.
— Qu’est-ce que ça peut faire ?
Cela peut faire, ma petite dame, le secret bancaire et le respect de ma vie privée.
— C’est pour éviter les fraudes. L’autre jour, un client est venu avec un avis d’imposition tamponné dans une autre banque. Ce sont les impôts qui le demandent.
Ah ?
— Mais si j’étais venue avec une copie, vous auriez tamponné la copie ?
— Bien sûr !
Et la voilà de tamponner dans la foulée le justificatif de mon imposition 2013 que j’ai imprimé en ligne faute d’en avoir reçu un par la Poste.
— Mais je peux en faire une autre, d’impression, si j’avais envie de frauder et votre tampon n’y serait pas…
— Ah ! Mais ça, c’est pour vous. Vous pouvez justifier que vous êtes venue.
— À quoi sert alors le récépissé que vous venez de me faire signer et que vous avez aussi tamponné ?
Je sens bien que je l’embrouille.
— Je vais voir ma collègue. Je vais faire des copies de vos avis en même temps.
Ah ? Elle revient.
— Même si vous avez déclaré en ligne, vous avez reçu l’avis par La Poste. Il faudra me le ramener.
— Je vous invite à relire le courrier que j’ai reçu. Cet avis imprimé est recevable. Et vous l’avez d’ailleurs tamponné et m’avez remis le récépissé…
Zut alors !
— Ah ! Je… C’est bon. Vous êtes tranquille jusqu’en 2015.
— Merci madame !
Ceci étant, j’aimerais bien, si un banquier passe par là, qu’il me dise ce qu’il en est de l’obligation de ce coup de tampon sur mon original 2012 car franchement, ça me contrarie ! Merci.

Décroissance @27

315x410Pour un trajet en train, j’ai acheté un numéro de La décroissance. Je ne connaissais pas le journal, mais j’ai été attirée par l’accroche « 1er journal d’écologie politique ». Ah ! Bonne nouvelle… et grande déception. Pas une déception totale, car pour quelques articles intéressants, c’est un ton global de « On nous ment, ils sont méchants ». Certes, j’ai glané par-ci par-là des informations, mais sur un fond critique sans être constructif. Cela sans compter l’incontournable bande dessinée ironique-sarcastique que je n’arrive pas à lire et des chroniques prêchant des convaincus avec des arguments très inégaux. Bon, au moins, j’aurai un journal pour le recyclage.

Croissance @4

Parisien - 6 novembre 2013En cherchant la couverture du Parisien pour illustrer mon billet précédent, je tombe sur la une du jour « La France devient-elle raciste ? » Ma réaction est un cri du cœur : mais elle l’est depuis si longtemps ! Cela remonte à la colonisation et à l’esclavage, si j’en crois « Une autre histoire », mon site préféré du moment. Et je vous renvoie à mon dernier édito pour le reste de ma démonstration.
Je n’irai pas acheter ce numéro du Parisien pour en savoir plus, mais je parie une peau de banane qu’il s’agit de dénoncer la plus grande expression du racisme avec le lot de « Touche pas à mon pote » que l’on imagine. Quand est-ce que l’on va admettre que le racisme, à l’instar du sexisme et de l’homophobie, n’est pas autre chose qu’un système d’oppression destiné à asseoir la domination économique des hommes blancs du Nord ? Quand les femmes noires du Sud viendront nous faire la peau ? Gageons que nous comprenions avant !

Aïe ! @13

MQBAprès quelques nuits dans mon nouvel appartement, je me réjouissais d’y trouver un bien plus grand calme… Pourtant, un soir, voilà que j’entends une bande-son digne du musée du Quai Branly, section cérémonies rituelles en Afrique noire avec tambours et chants. Une bonne quinzaine de minutes pas bien longtemps avant minuit. Je m’endors ensuite, espérant juste que ce n’est pas un rituel pour me porter la poisse, juste un voisin insomniaque zappant sur une chaîne de documentaires.
Le lendemain, cette fois, c’est un bruit digne d’un rasoir électrique géant. Là, pas de risque que ce soit la télé ou c’est que mon voisin préfère les aciéries aux salles de concert. Cela dure, alors je cherche la source du bruit jusqu’à découvrir que c’est le système de chauffage. En tournant la commande du radiateur, je fais disparaitre le concerto en scie majeure. Magique, j’aurais rêvé avoir le même bouton pour les voisins !

Lu @9

Parisien - 4 novembre 2013Pour ma reprise du judo, Le Parisien m’a fouetté le sang. Entre deux stations de métro dès potron-minet ce lundi 4 novembre, je lis une brève : « Sept personnes, dont six de la même famille, ont été hospitalisées vendredi à Toulouse (Haute-Garonne) soupçonnées d’avoir le coronavirus. » « Soupçonnées » ? Est-ce une faute d’être malade ? Je dois me tromper ; le verbe peut avoir un autre sens…
De retour chez moi, je vérifie dans Le Robert, « Soupçonner : 1. Concevoir des soupçons (1.) au sujet de (qqn), faire peser des soupçons sur (qqn). » puis « 2. Concevoir, conjecturer l’existence, la présence, la possibilité de (qqch.) d’après certains indices. » Ouf ! Le deuxième sens nous sauve et me voilà partie pour faire ce billet en Hétéronomie en dépit de mon abus d’interprétation.
Je cherche sur le site du Parisien et trouve un article plus long, avec la première phrase presque identique : « Sept personnes, dont six de la même famille, ont été hospitalisées vendredi à Toulouse (Haute-Garonne) pour un soupçon de coronavirus. » Voilà que « soupçon » a pris la place de « soupçonner ». « Soupçon : Conjecture par laquelle on attribue à qqn des actes blâmables, des intentions mauvaises, etc.; crainte, plus ou moins fondée, au sujet de la conduite ou des projets d’une personne. »… Le cas de nos malades ne s’arrange pas. Je continue « 2. Fait de concevoir, de conjecturer, de soupçonner, de se douter de (qqch.). (…) 3. Apparence qui laisse supposer la présence ou l’existence d’une chose. »
Re-ouf ! Il s’agissait juste de dire que ces personnes présentaient des symptômes propres au coronavirus ou quelque chose comme ça. Des « symptômes »… le terme est usuel en médecine. Pourquoi lui avoir préféré « soupçon » alors qu’il a été utilisé avec « grippe » un peu plus loin ? Pour éviter la répétition ou parce que la maladie est létale et les malades en provenance d’un « pays étranger » ? Je n’ose croire au second argument : Le Parisien est si attaché à la qualité littéraire de ses articles, si attaché…

Gamine @11

La posteÉtant une énième fois à ma banque pour régler divers problèmes, je regarde l’écran où s’affiche mon dossier. À la rubrique « Famille de clientèle », je vois « Jeunes familles ». Je suis donc encore jeune après le cap passé et avec près de vingt-cinq ans d’ancienneté comme cliente. J’aimerais connaître les autres catégories possibles. Je me demande surtout si on passe de « Jeunes familles » à « Familles de vieux » directement ?

Sauna @19

Bouhda 2Pour une raison que j’ignore, j’ai toujours affirmé être plus attachée à l’amour qu’aux preuves d’amour. Et je me rends compte aujourd’hui combien les preuves d’amour me sont les plus précieuses : un sourire, un geste, un baiser, une caresse, un mot, une attention… Peut-être ai-je longtemps considéré que ces gestes pouvaient « mentir » sur la pureté du sentiment… ? Je ne sais pas. Mais si je devais choisir aujourd’hui entre un amour absolu qui ne s’exprime pas et un amour moins absolu mais qui n’aurait de cesse de se montrer, je prendrais sans sourcilier le second.

Aïe ! @12

Métro, boulot, dodoComme mes problèmes de genou se résolvent, je recommence à descendre des escaliers. Bien sûr, je fais très attention où je mets les pieds et me tiens à la rampe. L’autre jour, j’ai descendu tranquillement une enfilade d’escaliers dans le métro, mais je me suis quand même fait mal. Oh pas grand chose, c’est passé en peu de temps. Et ce n’était pas au genou, mais à la main. Misère…

Pauvres chéris ! @4

OtagesLe jour où les quatre otages français ont été libérés du Niger, je regardais le JT de France 2. Très vite, j’ai été agacée par les questions du journaliste aux « proches », femmes, enfants, parents… Du partage d’émotion, on est très vite arrivés à un voyeurisme sans intérêt, avec une question récurrente, posée plusieurs fois sous des formes différentes, « Ça vous fait quoi, cette libération ? »
Là, j’ai imaginé qu’un jour un parent d’otage se rebelle.
— Mais qu’est-ce que vous croyez ? Que je me réjouis de sa libération ? Mais ça fait trois ans qu’enfin j’étais tranquille, délivrée du devoir conjugal dopé au Viagra, des corvées ménagères et des contraintes familiales, que je pouvais faire ce que je voulais de ma vie avec ma maîtresse et mes deux amants, et voilà qu’il faudrait que je me cogne de nouveau ce mari que je n’aime plus depuis si longtemps ? Je ne peux l’imaginer et si le président, qui a l’air si content, pouvait le garder avec lui… Vraiment, cela me ferait plaisir.
Ah, la tête du journaliste. J’en rêve.

Entendu @15

LGP 2004Dans le bus, je suis assise pas loin du conducteur. Il est accompagné par un contrôleur. J’entends le conducteur commencer avec un ton rigolard une anecdote où il est question de la Gay Pride. Je m’attends au pire, avec un certain suspens, car l’échange est entrecoupé par les voyageurs qui montent et des appels sur le portable du contrôleur.
Il est question d’un soir de marche où au moment d’emprunter la rue des Archives, il demande au régulateur de faire un détour, car la rue est noire de monde. On lui refuse donc il prend le chemin habituel. Il raconte la difficulté à rouler. Va-t-il y avoir une remarque un déplacée ? Pas une ! Il se rappelle avec plaisir ce parcours de quarante-cinq minutes (pour un trajet que j’emprunte de temps en temps et estime à une dizaine de minutes) avec des drag-queens dont les chaussures à semelles ultra compensées leur permettaient d’être à hauteur de sa fenêtre et lui faisaient la causette en lui proposant de boire dans leur bière.
C’est un peu fatigant d’être vigilant aux dérapages homophobes, mais parfois on a juste le plaisir d’une anecdote drôle et sans relent déplorable. Chouette !