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Pauvres chéris ! @3

Le texte dans tous es étatsLe Centre LGBT Paris-IDF m’a invitée à animer quatre soirées littéraires (un atelier d’écriture, un jeu textuel, un jeu de piste et un pique-nique littéraire — le détail est ici) cet été, puis à organiser une session de rattrapage pour le jeu de piste plombé par la canicule. La « comm’ » a été faite sur mon nom et, bien que tout ait été annoncé comme mixte avec des références à la culture gay (j’y avais pris soin), hormis pour le pique-nique, les garçons n’ont jamais représenté plus de 10 % des effectifs.
Il est vrai que l’écriture est plutôt une activité « féminine » mais, renseignement pris, un atelier organisé par un garçon au Centre rassemble au moins 30 % d’hommes. Alors ? Un ami venu au jeu de piste m’a posé cette question avant de s’inscrire :
— C’est aussi pour les garçons ?
Pourquoi non ? Parce que je suis une femme ? Il a convenu qu’il n’aurait pas posé la question à un homme. Ma conclusion ? La faible participation masculine est l’expression d’un sexisme que je trouve de plus en plus manifeste au sein du mouvement LGBT qui, en déplaçant l’homophobie de ses fondements hétérosexistes pour en faire une affaire de mauvais sentiments sur fond d’adhésion au modèle patriarcal à travers l’ouverture du mariage aux couples de même sexe, renforce les clivages de genre au lieu de les déconstruire (ce qui était sa vocation politique initiale, à mon sens). Joli paradoxe ! D’ici à ce que la roue tourne, on en verra d’autres.