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Extravagance parisienne @6

pimentsAprès m’être lancée dans l’apprentissage du créole (je manque cruellement de pratique pour progresser !), j’ai décidé de tenter de nouvelles saveurs (je parle cuisine, forcément). À côté de chez moi, il y a une dépendance de la fameuse grande épicerie chinoise de Paris, je m’y fournis déjà en fruits, légumes plus ou moins connus, épices et condiments. Je demande souvent des conseils à Pascale pour qui l’exotisme n’a plus de secrets depuis longtemps et, à force de piocher des conseils et idées ça et là, je fais mes propres « compositions exotiques » sur fond de curcuma, épices colombo, cumin, gingembre, cannelle, sauce soja et autres excentricités…
Pour cette fois, j’avais reçu en aide un livre de cuisine ad hoc et décidé de tenter un ragoût de patates douces. Dans les ingrédients, il me manquait la feuille de bois d’Inde et les « piments végétariens »… Je n’ai pas trouvé la première mais, pour les seconds, j’avais l’embarras du choix ; je savais juste que les fameux piments sont doux et la photo du livre les représentait plutôt ronds. J’ai tourné un peu et choisi les plus jolis. Ils s’appelaient « piments martiniquais » ; je suis plus versée sur l’île d’à côté, mais entre voisins…
Arrivée chez moi, j’ai eu l’idée de goûter lesdits piments avant de m’en servir. Goûter ? Ce n’était pas forcément très prudent. J’ai donc pris un couteau d’office, ai fait une entaille dans l’un d’eux et porté la lame à mes lèvres ! Ouh !! Ça déchire l’exotisme ! J’ai senti le feu sur les lèvres bien une heure avec cette question : mais que vais-je en faire, de mes piments ?
Renseignements pris (j’ai mes sources, on l’aura compris), j’ai choisi les piments les plus forts. Si je décidais de les conserver dans l’huile, je devais les manipuler avec gants et lunettes, en prenant le risque que l’huile soit si pimentée que j’avais peu de chance de m’en remettre. Le plus raisonnable était donc de les mettre au compost du jardin partagé. J’ai résisté mais c’est ce que j’ai fait. Le seul truc que j’ai oublié, c’est de prévenir les souris qui parfois nichent dans notre compost… Pauvres souris ! Quant aux limaces et autres vers… Ils n’ont qu’à se mettre au créole !