Archives mensuelles : août 2013

Objectivement @17

Roomba et excabeauLa relation que j’entretiens aux objets (que dis-je ! à l’esprit câlin-rusé de toute la bande) et à laquelle j’ai converti Isabelle, a ses supporters sur ce blog. Je l’ai bien remarqué. Et souvent, avec Isabelle, nous rions des blagounettes de la bande à l’égard de celles et ceux qui demeurent sceptiques, traitant d’un revers de « Les pôvres ! » celles et ceux qui voudraient nous voir enfermées.
Pour celles et ceux-là, une anecdote qui, si elle ne les convainc pas, ne me laissera guère d’espoir de le faire.
Ce matin, je monte sur Escabeau trois marches (Isabelle a refusé que je puisse monter plus haut), pour attraper une boîte de sardines (tout est dans la sardine ; il faudra que je vous parle de sardine…) Emporté par mon élan, Escabeau bouscule très légèrement du bout du pied Roomba qui aussitôt se met en branle (oui, Roomba br… passons), croyant sans doute qu’il était l’heure de faire le ménage. Je redescends donc pour lui indiquer qu’il peut se rendormir. Je me mets à genoux pour le replacer sur sa base (« Maison ! », oui Roomba, « Maison ! ») et là, ô ! miracle, je découvre à l’endroit de son repos la glace fondue (l’eau, donc) disparue de Réfrigérateur après que j’ai un peu baissé le thermostat (Isabelle avait trouvé son Coca un peu froid).
Et voilà ! Escabeau m’a expliqué qu’il avait bien vu l’eau et en fait réveillé Roomba pour que je la voie. Et vous voudriez après ça que je ne croie pas en leur esprit câlin-rusé ? Les voilà de nouveau au repos (juste après avoir fièrement posé pour la photo). Reposez-vous bien, les copains… Il est temps que je me mette au travail.

Métro @11

Attention un métro peut en sauter un autre...En partant de chez moi, quand Cécyle va au judo, elle s’y rend à pied ou en bus. L’autre soir, elle devait prendre le bus pour remonter place des Fêtes. Quelques minutes après son départ, elle m’appelle pour me demander où est l’arrêt, déplacé à cause de travaux. Je descends pour lui montrer qu’il est juste un peu plus loin, à une dizaine de mètres. Là, nous constatons que les affiches indiquent que cet arrêt est déporté en raison des travaux et est desservi de 15 heures à la fin du service. En retournant chez moi, je passe devant l’endroit où est l’arrêt habituel et vois une affiche similaire où il est précisé que l’arrêt est desservi du début du service à 13 heures.
Conclusion : je me suis demandé où s’arrête le bus entre 13 heures et 15 heures puisque le service n’est pas arrêté. Au final, je ne sais toujours pas. Peut-être faut-il avancer au fur et à mesure du déplacement de l’arrêt. Une dizaine de mètres en deux heures, un vrai exercice d’école pour calculer l’avancée d’un escargot !

Sauna @17

Bouha 2Ma vie sentimentale a pu être chaotique, riche de joies, de peines, de belles et moins belles rencontres. À chaque histoire, grande fille que je suis, je cherche à tirer des enseignements, avec l’idée sous-jacente que la prochaine fois, je ne commettrai pas les mêmes « erreurs ». Entre deux, j’en papote avec Isabelle, Sarah, Ma-Jeanine ; j’écris des billets, des romans, des nouvelles, élaborant au fur et à mesure des « lois de l’amour » sous-entendu « qui marchent », sans vraiment définir ce que cela peut vouloir dire tant la quantité m’intéresse moins que la qualité.
Forte de mon expérience, je peux donc dire que je ne veux pas ceci, que jamais je n’accepterai cela, que désormais, il faudra me traiter comme ci, que je n’accepterai une relation comme ça, qu’il y a des choses qu’il ne faut pas dire, que d’autres sont le nerf de l’amour, que l’on ne m’y reprendra pas à… etc. etc. Et à chaque joli minois qui passe, je sors ma check-list pour me dire très rapidement que non, le jeu n’en vaut pas la chandelle (je vous laisse deviner qui mène le jeu, et qui tient la chandelle).
Et … et… Et pourquoi je vous dis ça ? Parce que tout cela ne vaut rien. Rien. Tous ces principes, tous ces « jamais je ne », ces « je ne veux que », ces « il faut faire attention à », ces « je ne dois pas », tout ça, c’est du vent, du blabla, des résolutions qui nous protègent mais volent en éclats parfois, quand l’enjeu vaut justement que l’on arrête (enfin !) de tenir la chandelle.
— Mais si cela nous protège, cela vaut quelque chose.
Tu as raison, Petit Mouton. Mais tu sais bien que quand on joue au foot, ce n’est pas en gardant le ballon que l’on marque des buts. Il faut savoir prendre le risque de passer la balle…
— Et de se faire siffler par l’arbitre ?
Et de se faire siffler par l’arbitre… Quel arbitre ? Il est mort. Je viens de le tuer.

Soldes @9

Blog Pièces jaunesL’autre matin au marché, je suis passée entre les étals dans l’idée de changer mes sources d’approvisionnement. Les commerçants auxquels j’achète le plus souvent étaient en vacances, c’était donc l’occasion.
Je vois une belle caissette de fraises. Le vendeur clame « Deux euros la caisse ! Deux euros la caisse ! » Je m’approche et en vois une où les fruits sont plutôt bons. Alors que je paye, le vendeur change un peu sa harangue « Deux euros le kilo ! » Je regarde l’étiquetage et lui lance alors un peu fort, « Non, ça fait huit cents grammes, pas un kilo. » Le gars me lance des regards noirs sans me répondre, continuant à servir des clients. Comme je me répète plusieurs fois, il réagit en lançant un peu hargneux « C’est deux euros la caisse ! »
Je suis partie devant un client interloqué, sans doute que je puisse défier des regards aussi farouches, mais bien contente d’avoir mis les pieds dans le plat.
Les fraises étaient bonnes, mais je sais que c’est un étal où je ne retournerai pas.

Mariage @23

ChristopheJe suis allée lire La tragédie du roi Christophe (Aimé Césaire) à quelques encablures du tombeau de Napoléon. Le lieu a sans doute son importance dans ce qui va suivre.

Acte II, scène 4.

CHRISTOPHE, aux paysans

Messieurs, j’en apprends de belles sur votre compte. Les rapports que je reçois m’indiquent que vous n’êtes pas marié, que vous êtes des coureurs.

HUGONIN

Oui. Majesté, ces messieurs courent à droite, courent à gauche, sans rime ni raison… Ce sont des fornicateurs, Majesté ! C’est épouvantable. Des fornicateurs !

CHRISTOPHE

Compris. Autant dire des conspirateurs. Eh bien, il faut que cela cesse. Notre État a besoin d’un gîte stable, et il n’y a pas d’État stable sans famille stable, pas de famille stable sans femme stable. Je ne veux pas que mes sujets courent comme ça, braguette ouverte, comme des sauvages.
Alors, j’ai décidé que vous vous marieriez illico.
Hugouin, je vous charge de la moralité publique.

Ô Césaire, qu’est-ce que je t’aime ! Vous vous rendez compte ? Ce texte a été écrit en 1963 (belle année !) ; et il affirme le plus simplement du monde que l’ordre (celui de Christophe, paroxysme de tous les systèmes d’ordre) a besoin de la famille comme moyen coercitif (puisque les « fornicateurs » sont des « conspirateurs », rien moins) et il marie ces hommes de force (avec des femmes, qui elles ne sont pas, rien n’en est dit, des fornicatrices) pour asseoir son pouvoir. Et moi qui tente de dire cela aux homosexuels qui ont couru vers le Pacs (ici) et maintenant vers le mariage () sur les arguments de l’amour et de l’égalité des droits ! Quand je pense au nombre de fois où je passe pour une féministe archaïque… Que n’ai-je lu Césaire plus tôt ?
J’imagine que ce n’est pas ce point que les lectures de Césaire ont reconnu et j’ai lu que, dans ce passage, c’est l’aspect moral qui a plus retenu l’attention, alors qu’ici le politique, tel Christophe, est roi. Dommage. Dommage aussi que les femmes n’aient pas eu plus de place dans la contestation de l’ordre que les réserves de madame Christophe. Mais je m’en moque. Je tiens désormais un si bel allié ! Bonheur.

Fenêtres @7

DalleSans doute trop concentrée sur le statut du plombier qui installait ma chaudière, je n’ai pas prêté trop d’attention à une faute professionnelle qu’il a commise : l’utilisation d’un outil qui a produit une large gerbe d’étincelles. Je me suis plutôt intéressée aux conséquences : des brûlures sur trois carreaux en lino du sol, brûlures en « moucheté », dont deux ayant détruit la couverture plastique des dalles.
J’ai écrit à mon bailleur pour signaler ces brûlures… et ai eu droit en retour à un grand moment de domination masculine. Trois hommes dans ma cuisine, le « chef » les mains dans les poches tirant sur son pantalon de costume pour bien montrer qu’il y avait là quelque chose, deux autres en bleu de travail, un observant, l’autre jouant les spécialistes. Tout ce que je disais était nié et méprisé, jusqu’à ma déficience visuelle que j’avais annoncée dès le départ.
— Je dois être aveugle, je ne vois rien, dit l’un.
— Mais vous ne comprenez rien, madame, dit l’autre. Je suis chef d’installation, je sais de quoi je parle. Quand je vous dis qu’il faut une heure pour faire chauffer l’eau…
J’essaie de répondre.
— Avec l’ancien chauffe-eau, c’était vingt minutes.
— C’est impossible madame. Vous ne savez pas ce que vous dites. Venez, je vais vous montrez…
— Je vous répète que je suis malvoyante et que je ne vois pas les symboles ni le cadran.
— Si vous refusez de venir voir, j’y peux rien…
Mon gardien, présent, n’a pas levé le petit doigt. J’ai au final refusé de signer le rapport de visite, pleuré sur le répondeur de la gérante (qui n’a jamais rappelé), ai fait un courrier pour relater ces faits et demander des excuses et ai reçu un mois plus tard un courrier de mon bailleur réfutant intégralement les termes de mon récit, jusqu’à se contredire par exemple en faisant référence à un changement de dalles (que j’aurais refusé) alors que « les défauts visibles ne ressemblent pas à ce qui aurait été la conséquence de brûlures ».
Je n’ai d’emblée pas compris cet acharnement, qui m’a blessée un peu plus. Pourquoi ne pas reconnaître que le sol de ma cuisine avait été brûlé ? Pourquoi la gérante n’est-elle pas venue voir ? Pourquoi mon gardien s’obstine à me dire que mes demandes sont sans fondement alors qu’il a reconnu un temps l’existence de ces dégradations… Pourquoi ? En recherche d’une réponse, j’ai eu comme une illumination. J’avais déjà dans l’idée qu’il s’agissait d’une affaire de gros sous mais si l’ouvrier d’un sous-traitant de mon bailleur commettait une faute de sécurité alors qu’il n’était pas lui-même forcément en règle, cela pourrait leur coûter cher, au bailleur et au sous-traitant !
C’est un peu gros ? Cela expliquerait en tout cas le feuilleton que j’ai vécu et dont vous n’avez ici que la trame générale. J’ai fait un énième courrier pour contester celui de mon bailleur. Je crains que ma démarche ne soit vaine ce d’autant que ce que j’écris là, je ne peux que l’écrire ici, sans nom et au conditionnel. Je me sens assez démunie. Et toujours blessée. Isabelle m’a suggéré de contacter l’Inspection du travail sur la faute de sécurité commise. Je peux en effet le faire et j’aurais dû dès le départ me concentrer sur ce point. Mais là… Pour une fois, je jette l’éponge. Mon intuition me dit que je risque d’y perdre des plumes et je n’ai pas envie de m’exposer.
Pour une fois.
Promis, je remonte au front dès que possible !

Objectivement @16

J’ai vendu un ancien ordinateur via Internet et je rencontre l’acheteur pour le paiement et la remise.
Le montant total est de cinquante-et-un euros. L’homme me tend un billet de cinquante euros et me dit que pour l’euro qui reste, il n’a pas la monnaie.
En réalité, ce n’est pas tout à fait ça… C’est même l’inverse ! En effet, il sort un porte-monnaie rempli et me verse dans la main un euro… en pièces de deux centimes. Il m’assure qu’il y a le compte, ce que je crois volontiers. Il ajoute que ce peut être pour mon enfant. Je n’ai rien précisé de ma vie privée et suis repartie avec un gros billet et plein de petites pièces.
Ouf ! au moins, il ne m’a pas parlé de Bernadette Chirac, là, ça m’aurait agacée !

Sauna @16

Bouha 2Je ne veux pas être triste. Je ne veux pas.
Et pourtant, je me trouve aujourd’hui une bonne raison de l’être. Quelqu’une, que l’on rencontre, et qui aussitôt repart. Loin. C’est la vie. Et l’histoire que l’on a projetée, imaginée sur un regard, une voix, en une fraction de seconde, n’aura pas lieu. Mais déjà une autre histoire se noue, au gré des circonstances…
Voilà pourquoi je ne dois pas être triste, parce que déjà une autre histoire se noue, une relation se crée. Et peut-être rejoindra-t-elle celle à laquelle on a immédiatement cru, celle qui semblait cette fois si simple, presque évidente ? Simple. Évidente. Une autre histoire commence, belle, heureuse. Je le sais. Je dois juste appuyer sur l’interrupteur pour mettre la lumière au bon endroit.
Je sais. Je dois. Je ne veux pas. Et pourtant, je suis. Triste. J’ai droit, au moins quelques heures. Pleurer. Écrire. Écrire. Jusqu’à sourire de nouveau.
Enfin.

Pictogramme @7

Blog toilettes pour enfantsToujours au parc de Chanteraines de Gennevilliers, je vois qu’il y a des toilettes pour enfants, indiqués par le pictogramme et parce qu’ils sont situés dans les toilettes pour femmes. À un autre bloc de sanitaires du parc, je les vois dans les toilettes pour handicapés, situés de telle façon que ce ne peut pas être des personnes avec des difficultés de mobilité qui puissent accompagner les petits. J’ai regardé, sans mener une enquête approfondie, et je n’en ai pas vu dans des toilettes pour hommes. Ne sont-ils pas à même de s’occuper de cette tâche trop ingrate pour eux ou serait-ce déplacé dans un contexte de suspicion de pédophilie ?

Objectivement @15

liseuseAprès le téléagrandisseur, j’ai pu tester une liseuse dont quelques modèles sont en prêt (pour tous les lecteurs) à la médiathèque Marguerite Yourcenar.
Le premier contact a été difficile. D’emblée, l’outil m’a semblé laborieux à utiliser, peu lisible, capricieux… Il est vrai que je suis habituée à utiliser Tranquille et que cette liseuse, manipulée par de nombreux lecteurs, n’est sans doute pas au top de ses capacités.
J’ai donc insisté et me suis installée dans mon fauteuil avec l’idée de lire quelque chose. Quoi ? Cela a été mon premier souci. La liseuse est « chargée » de texte dans le domaine public et j’avoue que pour un test, Zola, Balzac ou Dickens ne m’ont pas inspirée. Je me suis donc rabattue sur Freud, Psychopathologie de la vie quotidienne.
Le sujet m’intéressait mais je n’ai pu lire que quelques pages. D’abord parce que l’écran est de trop mauvaise qualité et sans rétroéclairage. Ensuite parce que j’ai le même problème qu’avec le téléagrandisseur : trouver la taille de police qui me permet de lire tout en ayant assez de mots par ligne. Enfin parce que l’objet ne m’était pas agréable en main.
Dernière remarque, je me rends compte que ne pas pouvoir « peser » le livre, soit en connaître le nombre de pages, ni pouvoir le feuilleter pour savoir où est la fin du chapitre ont contraint ma lecture. Question d’habitude, peut-être… Je vais essayer néanmoins de finir le texte de Freud. Cela ne peut pas me faire de mal.