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Manque @4

Il y a des choses dont je ne suis pas très fière : avoir un titre de Johnny Halliday dans ma liste de lecture audio (« playlist » en anglais) en fait partie. Je n’aime guère le personnage public, ni sa musique. Je le trouve globalement « vulgaire »… Mais qu’importe ! J’ai été amenée à numériser son dernier CD et un titre a attiré mon attention : « L’attente ». Je l’ai gardé. Quand mon lecteur, qui fonctionne en mode « lecture aléatoire », passe ce titre, je tends l’oreille. Sa voix dénote dans ma liste, riche en voix de femmes… J’écoute à chaque fois les paroles, comme si j’y cherchais quelque chose.
Plus je les écoute, moins elles correspondent à ma vision de la relation amoureuse, tant je sais que « revenir » est toujours une erreur, tant la relation qui n’a pas su être ne le sera jamais. S’aimer n’a jamais été suffisant pour que la relation fonctionne ; chacun sait. Tant de choses sont en jeu… « Pourquoi ne reviendrais-tu pas ; le ciel est plus clément… » Il peut l’être mais cela ne change rien à mon ressenti. Mais pourquoi cette chanson m’attire alors, qu’est-ce que je lui veux ? Qu’est-ce qu’elle me veut ?
Je suis nostalgique, forcément, de certaines relations, des émotions, du bien-être qu’elles m’ont apportés mais… « Pourquoi ne reviendrais-tu pas, puisque je t’attends. » Mais comment pourrais-je revenir à l’autre sur cet argument ? Et qui serait celle qui le ferait ? Pas une que j’aimerais. Pas moi telle que je m’aime. Non. Arguer de sa propre attente, du manque que l’on ressent, pour demander à l’autre de revenir me semble le pire du non-amour, celui qui fonctionne sur l’appropriation de l’autre, sur la croyance selon laquelle l’autre nous aime car l’on fait ce qu’il nous demande parce qu’il nous le demande.
— Alors, tu ne veux pas jouer au foot pour me faire plaisir ?
Non, Petit Mouton, j’irai jouer au foot avec toi parce que je t’aime, parce que j’ai envie de ce partage, et pour te mettre la pâtée du siècle ! Mais pas parce que tu restes assis dans l’herbe à m’attendre… Allez… Je vais écouter Garou, c’est le jour !