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Dixit @8

À l’instar d’Isabelle, il m’arrive de participer à des échanges sur des pages Facebook auxquelles je suis abonnée. C’est ainsi que j’ai récemment indiqué à un internaute (de sexe masculin si j’en crois son prénom) que traiter Marine Le Pen de « grosse salope » était une injure sexiste et demandé à un second qui l’a traitée de « Povre fille » s’il aurait traité son père de « Povre garçon ». Le choix des mots que l’on utilise m’a toujours semblé être un préalable à tout combat politique. J’étais d’autant plus contrariée par ces deux commentaires qu’ils sont sur une page d’action féministe, qui a réagi après moi, et fort mollement à mon goût, et uniquement sur le premier commentaire.
Le premier m’a fort gentiment répondu que ma démarche était « casse burnes » et évoqué « flicage » et « censure ». Je lui ai demandé pourquoi il s’emballait, insinuant que j’avais dû toucher juste. J’ai eu droit à une longue réponse du même acabit que ce qui précède, d’où il ressort que ma démarche qui consiste à considérer Marine Le Pen comme un être humain digne du respect que je porte à tout être humain relève de « visions schizoîdes et intellectualisantes ». Je savais déjà que je voyais autrement, mais là. Je suis vernie !
Quant au second commentaire, un autre internaute que celui qui avait posté le commentaire original, toujours de sexe masculin, s’est permis une attaque personnelle, m’invitant à ne pas devenir une « povre écrivaine ». J’ai simplement répondu que je n’acceptais pas qu’il me parle sur ce ton. Il semble qu’il ait été vexé car plus loin, il parlait d’ « Action directe » et je lui ai répondu « Action française »… Il m’a insultée de nouveau en réponse en des termes somme toute assez abscons, mais je conclus néanmoins à la volonté de m’injurier. N’est-ce pas un délit, d’ailleurs, l’injure publique ?
Plusieurs heures après ces échanges, la page qui abrite ces commentaires n’a toujours rien répondu… J’ai hésité à le signaler à l’association-mère tant il me semble que laisser passer ce genre de commentaire, et les réponses blessantes et sexistes qui m’ont été faites, est contraire aux engagements mêmes de cette association. Je me contenterai de ce billet, rassurée par Isabelle : oui, rassurée car, dans un premier temps, je me suis trouvée un peu sensible à me sentir blessée. Elle m’a confirmé que ces messieurs étaient effectivement blessants. De purs produits de la domination masculine, avec moi qui peine à me situer en tant que victime, préférant penser que je suis fragile en ce moment ? On est en plein dedans !