Archives mensuelles : juin 2013

À table ! @8

Durant mes dernières vacances, j’ai acheté des croquettes pour chats. Bon, je n’ai pas de chat ni n’ai emprunté un chat pour les vacances. Dans le gîte, il n’y avait pas non plus de chat à nourrir… Je vous rassure, je n’ai pas mangé des croquettes parce que j’étais à court d’argent (d’ailleurs, ce n’est pas si peu cher !) C’est qu’il fallait nourrir… les poissons ! De belles carpes koïs attendaient les poignées de croquettes quotidiennes lancées de la terrasse. Cela m’a posé un problème, car les croquettes sont le plus souvent mélangées, surtout les premiers prix : viande, saumon, légumes… C’était comme nourrir des animaux avec des farines animales. Sinon, on pouvait leur donner du pain.
En tous les cas, les carpes ne se posaient pas de telles questions et raffolaient des croquettes, quel que soit le goût.

Va chez l’gynéco ! @10

Mon jubilé, que je fête toujours avec bonheur, a pris une tournure inattendue. J’ai reçu un courrier de l’Adeca75, organisme inconnu de moi… « Dépistage organisé du cancer colorectal, dès 50 ans c’est tous les deux ans ! »
Ah oui ?
J’ai été surprise, je l’avoue, moi qui pratique pourtant le dépistage du cancer du sein et du col de l’utérus comme je ne suis jamais en reste pour faire de la prévention. Surprise parce que c’est la première fois qu’un organisme public m’écrit pour s’inquiéter de ma santé. Surprise, et touchée… Oui, touchée. Parce que, même si c’est le résultat d’une politique de santé publique, cela me touche quand on prend soin de moi.
N’aurais-je donc rien à y redire ? Si, quand même… Il faut bien ! Le courrier commence par « Mademoiselle »… Ah ! la case en trop. Je vais raturer ce courrier que je dois joindre à mon envoi. Il faut bien.

Bonheur @12

Quand je pense que j’ai attendu quarante ans pour faire du sport… !
Alors que je déroulais un matin, je me suis souvenue que quand j’ai commencé le judo, je ressentais le besoin de faire une sieste les jours où j’avais cours. Et maintenant, je déroule une demi-heure les lendemains de cours pour récupérer, avec une dizaine de minutes d’étirements et assouplissements à suivre, qu’il pleuve, vente ou que la touffeur de l’orage à venir soit étouffante. Incroyable !
Oui, cela l’est au vu des quarante années où l’activité physique m’était une horreur, mélange de souvenirs de collège et lycée, ballons pris dans la figure, cordes à sauter où je m’emmêlais les pieds, vestiaires sans intimité, règles trop douloureuses… J’aimais pourtant marcher sur la poutre, ou rouler autour des barres asymétriques. Mais je n’ai jamais réussi à monter à la corde, même à nœuds, et nombre d’exercices demandés me semblaient hors d’atteinte. Et puis, j’étais plutôt tête que jambes. Alors ? Pourquoi chercher plus loin ?
Je mesure d’autant le chemin que j’ai parcouru ces dix dernières années et mon plaisir au sport est si grand ! Au judo, d’abord, qui m’est une véritable source de jouvence. Je n’ai pas vraiment la sensation de progresser tant les contraintes de mon corps englué dans ses déséquilibres me paraissent fortes. Mais de temps à autre, je prends conscience d’une chose que j’ai pu faire : hier, j’ai tenu sur un pied pendant un exercice de jujitsu. Tenir sur un pied en bougeant l’autre. Oui, je peux. Incroyable !
Je mesure aussi combien l’hygiène de vie qui va avec cette activité sportive, et que j’ai construite petit à petit, convient à mon équilibre et à mon bien-être : plus de tabac, pas d’alcool, des nuits de huit heures, une alimentation variée, équilibrée qui sait marier tofu et gâteau au chocolat, six heures de sport par semaine, une heure au moins de marche par jour, cinq kilos perdus cette année… Je sens bien que d’aucuns vont trouver que je mène là une existence bien austère quand j’y vois toujours plus de liberté, parce que quand ma chair se sent bien dans mon corps, mon esprit, mes affects, carburent à plein !
Incroyable ! Mon bonheur se nourrit d’endorphine. Si j’avais su… On ne refait pas l’histoire ; je sais. Il me reste au moins cinquante ans à vivre. J’en profite !

Adieux… @6

Depuis plusieurs mois, j’ai décidé de trier mes affaires de façon plus radicale que je ne l’ai fait les fois précédentes. Il s’agit d’évaluer l’intérêt pour moi de ce qui m’entoure, parfois depuis des années, souvent trimbalé au fil de mes (rares) déménagements.
Je jette, donne, vends (dans le désordre selon les types d’objets).
Cécyle est depuis longtemps dans cette démarche. Pour ma part, j’ai bien du mal à me séparer des objets. Au fil du temps, j’y arrive mieux et en ce début d’année, j’ai beaucoup trié. Les critères d’évaluation sont la charge de souvenirs que représente un objet et le besoin immédiat ou (véritablement) potentiel qu’il peut remplir.
Cécyle m’encourage. Récemment, elle m’a envoyé un message « J’ai été solidaire. Je viens de jeter deux bigoudis, un peigne, et des doses de gels ! 😉 » Le courriel d’après, elle m’envoyait la photo ci-jointe.
Merci Cécyle de cette solidarité !

Souvenirs @4

Je faisais référence, dans mon précédent billet, à ma crainte de voir entrer un pigeon chez moi. Je vous raconte. C’était il y a une quinzaine d’années…
Un matin, fort tôt, je suis réveillée par du bruit dans ma cuisine. Je sors de mon lit, y vais, ouvre la porte juste entrebâillée et me trouve nez à nez avec un pigeon qui vole dans tous les sens. Je referme la porte aussitôt, à deux doigts de défaillir. Je me cale dos à la porte pour réfléchir. Il va falloir que j’entre, et que j’ouvre la fenêtre en grand pour chasser l’intrus, mais…
1/ Je dois faire en sorte qu’il ne sorte pas de la cuisine.
2/ Je dois me protéger de ses miasmes, plumes et autres coups de bec (j’ai vu Les oiseaux, alors, forcément…)
Je réfléchis encore. Je l’entends qui massacre mon intérieur. Je dois agir.
À l’époque, je fréquentais une motarde. J’avais donc chez moi un casque, des gants, un blouson avec des protections comme Robocop… J’ai enfilé le tout, ajouté un pantalon de jogging et une paire de chaussures montantes. Hardi ? Je baisse la visière de l’intégral. Elle est fumée. Le jour est à peine levé. Je ne vois rien. Tant pis. Je meurs de chaud dans ma tenue de combat. Il me faut une arme. Je prends un grand torchon. Je suis parée. J’entrebâille la porte. Je me glisse. Je la referme et fonce tête baissée. Lui aussi. Je crie, il piaille. C’est la guerre. Les plumes volent et… il trouve le chemin de la sortie dès que j’arrive à la fenêtre (deux mètres à parcourir en plein Verdun). Je la referme aussitôt. Ouf ! J’ai gagné.
Et ma cuisine… ! J’ai dû appeler une amie au secours tellement il y avait de plumes, de fientes et autres saletés éparpillées du sol au plafond. Le ménage a duré deux heures. Et je n’ai plus d’amie motarde, donc plus de casque ni blouson. Je n’ai plus non plus mon casque de ski de quand j’étais ado (ci-contre). Il me reste un casque de chantier dans la cave ; peut-être devrais-je le remonter ?

 

Savoir @8

Codes civilsLors de mes derniers oraux de fac, une étudiante m’a intriguée. Je ne sais pas combien d’épreuves elle passait ce jour-là, mais je l’ai vue toute la matinée puis en début d’après-midi.
Le matin, elle a notamment passé l’épreuve d’anglais juridique, enfin, presque. Rentrée dans l’amphi alors que je préparais mon oral, elle a commencé à préparer aussi puis s’est présentée à la professeure lorsque la candidate précédente est partie. Tout de suite, j’ai pensé qu’elle ne m’avait pas vue, mais non, elle voulait annoncer qu’elle choisissait de partir sans passer l’oral. Je n’ai pas entendu ses arguments, mais visiblement elle séchait et n’a donc pas « tenté sa chance ».
L’après-midi, à une épreuve de droit civil, j’attendais d’être appelée pour une autre épreuve dans la même salle dont la porte était ouverte. Je ne sais pas ce qu’elle a dit, mais j’ai entendu le professeur la questionner en montrant des objets dans la salle pour tenter d’obtenir des réponses (le sujet était en droit des biens) puis finir par annoncer « Ce n’est alors pas la peine de perdre notre temps… » Elle s’est alors levée pour partir.
Peut-être était-elle boursière et obligée de passer les épreuves et je ne sais pas pourquoi elle n’a pas préparé (ou n’a pu le faire), mais à la voir, cela semblait encore plus pénible d’être en une telle situation d’échec, que de venir simplement émarger et repartir soulagée comme certains étudiants.

Biodiversité @1

Dans Once upon a poulette, j’avais eu cette phrase redoutable : « Les pigeons ne sont-ils pas au Parisien ce que la lessive sans phosphates est à l’éleveur de porcs : l’illusion de nature… »* Et maintenant que Isabelle a vendu la mèche, je peux bien l’avouer, je hais les pigeons ! Mais si la poêle à marrons existe bien, j’avoue ne jamais en avoir tué bien que l’envie ne me manque pas !
Pour éviter le massacre, mes appuis de fenêtres sont dotés de « Picots ». Mais, à force, ceux-ci se sont envolés et début juin, les pigeons sont revenus. Bruits de pattes sur le zinc à 6 heures du matin, fientes à gogo, et crainte permanente que l’un entre quand la fenêtre est ouverte. Le rachat de picots s’est imposé.
Je suis allée au BHV, où le Parisien averti trouve tout ce qu’il faut pour lutter contre la nature, et me suis mise à comparer les systèmes proposés. J’ai acheté celui qui me semblait le plus proche de ce que j’avais déjà. 25 euros par fenêtre. Vu la tranquillité retrouvée, ce n’est pas cher payé. Par contre, pour ce prix-là, la garantie « Sans danger pour les volatiles » m’afflige !
Ô ! que j’aurais aimé avoir une carabine à air comprimé et en dégommer quelques-uns dès potron-minet. Pan ! Pan ! Et splash ! Un pigeon de moins. Mais ne suis-je pas opposée à la chasse ? Si si… Mais bon, tuer un bizet, c’est… c’est… Allez ! J’arrête de rêver. Je serais foutue de dégommer autre chose que des pigeons…
Pan ! Pan ! Et splash… Qui est mort ?

* Once upon a poulette, roman lesbien, 1998, p. 43.

Paris @23

Attention un métro peut en sauter un autre...L’an dernier, j’ai passé des épreuves de concours (six sur cinq jours) à dix minutes à pied de chez moi. Cette année, c’est à plus d’une heure en transports en commun. Surtout, il me faut aller en zone 4. Or, j’ai un passe pour les deux premières zones seulement. Il m’est donc nécessaire de prendre un abonnement spécifique. Cécyle m’accompagne à un guichet pour voir ce qui serait le mieux.
Un employé très gentil étudie ma demande, et regarde ce qui est le moins cher. Le prix sera de 17,90 euros. La manipulation doit être faite à la machine spéciale pour les passes.
Cécyle et moi nous lançons dans la procédure consistant à prendre un abonnement supplémentaire hebdomadaire en zones 3 et 4 pour la semaine concernée. Cet abonnement sera enregistré directement sur mon passe. La machine indique que j’ai déjà les zones 1 et 2 et j’appuie sur le logo de la zone 4 pour ajouter les deux manquantes. Le tarif de 31 euros (et je ne sais plus combien de centimes) s’affiche. C’est plus cher que le complément de tarif pour les dix trajets que je prévois (2,4 euros par voyage). Je ne valide pas, me demande ce que j’ai loupé, commence à m’en aller, quand Cécyle me rattrape par la manche et me dit de retourner voir le guichetier.
Très gentiment, il procède à la manipulation avec moi et sélectionne seulement les zones 3 et 4. Le « bon » tarif s’affiche.
Programmation pas tout à fait au point que celle qui, tout en considérant que certaines zones sont déjà payées, les refacture. De quoi faire payer deux fois certains clients ne connaissant pas le prix de l’option choisie et étant trompés par le système. Allez, encore un effort madame la RATP !

Dixit @8

À l’instar d’Isabelle, il m’arrive de participer à des échanges sur des pages Facebook auxquelles je suis abonnée. C’est ainsi que j’ai récemment indiqué à un internaute (de sexe masculin si j’en crois son prénom) que traiter Marine Le Pen de « grosse salope » était une injure sexiste et demandé à un second qui l’a traitée de « Povre fille » s’il aurait traité son père de « Povre garçon ». Le choix des mots que l’on utilise m’a toujours semblé être un préalable à tout combat politique. J’étais d’autant plus contrariée par ces deux commentaires qu’ils sont sur une page d’action féministe, qui a réagi après moi, et fort mollement à mon goût, et uniquement sur le premier commentaire.
Le premier m’a fort gentiment répondu que ma démarche était « casse burnes » et évoqué « flicage » et « censure ». Je lui ai demandé pourquoi il s’emballait, insinuant que j’avais dû toucher juste. J’ai eu droit à une longue réponse du même acabit que ce qui précède, d’où il ressort que ma démarche qui consiste à considérer Marine Le Pen comme un être humain digne du respect que je porte à tout être humain relève de « visions schizoîdes et intellectualisantes ». Je savais déjà que je voyais autrement, mais là. Je suis vernie !
Quant au second commentaire, un autre internaute que celui qui avait posté le commentaire original, toujours de sexe masculin, s’est permis une attaque personnelle, m’invitant à ne pas devenir une « povre écrivaine ». J’ai simplement répondu que je n’acceptais pas qu’il me parle sur ce ton. Il semble qu’il ait été vexé car plus loin, il parlait d’ « Action directe » et je lui ai répondu « Action française »… Il m’a insultée de nouveau en réponse en des termes somme toute assez abscons, mais je conclus néanmoins à la volonté de m’injurier. N’est-ce pas un délit, d’ailleurs, l’injure publique ?
Plusieurs heures après ces échanges, la page qui abrite ces commentaires n’a toujours rien répondu… J’ai hésité à le signaler à l’association-mère tant il me semble que laisser passer ce genre de commentaire, et les réponses blessantes et sexistes qui m’ont été faites, est contraire aux engagements mêmes de cette association. Je me contenterai de ce billet, rassurée par Isabelle : oui, rassurée car, dans un premier temps, je me suis trouvée un peu sensible à me sentir blessée. Elle m’a confirmé que ces messieurs étaient effectivement blessants. De purs produits de la domination masculine, avec moi qui peine à me situer en tant que victime, préférant penser que je suis fragile en ce moment ? On est en plein dedans !

Savoir @7

Codes civilsJe passe mes oraux de seconde année de licence de droit. Il faut s’inscrire sur une feuille à l’entrée de la salle. En notant mon nom, je surprends des conversations qui m’étonnent. Certains étudiants, notamment en anglais juridique, annoncent qu’ils viennent juste émarger. Les professeurs ont l’air très au fait et ne s’en offusquent pas.
Je demande à l’un d’eux des explications et j’apprends qu’avec le jeu de la compensation (un calcul de moyen avec coefficient par semestre, sans note éliminatoire), des étudiants font des calculs et ne travaillent pas une matière, sachant qu’ils auront tout de même validé le semestre. Ils viennent signer, car s’ils ne se présentent pas du tout, ils seront défaillants, ce qui là est bloquant. Des professeurs font donc des appels pour faire signer à la file les étudiants s’étant déplacés pour émarger.
Cette gestion de son travail est d’une certaine façon rationnelle, mais continue de m’étonner. Décidément, la reprise de mes études est pleine de surprises.