Différence @2

Codes civilsMes activités associatives ne sont pas toujours un long fleuve tranquille et j’ai encore récemment éprouvé de profonds moments de solitude, un sentiment de ne pas avoir ma place, moments et sentiment en lien direct avec mes convictions profondes. Les débats autour du « mariage pour tous », la volonté de normalisation du mouvement LGBT comme mode de réaction aux expressions homophobes, la revendication d’un « droit à l’enfant » par tout moyen voire n’importe lesquels me portent à prendre des positions, à défendre des principes qui collent mal à l’ambiance générale qui tend à transformer un droit acquis de haute lutte en obligation sociale, en « facteur d’intégration ». On ne parle plus que de « faire famille », on sacralise l’enfantement et la parentalité, et se multiplient les soirées « nuit de noces » et autre atelier « pièce montée »… Je digresse.
Je voulais dans ce billet partager mes réflexions sur « prendre position » car je me rends compte combien cela peut être source de conflit, de malentendus. J’ai bien conscience que je n’y vais parfois pas avec le dos de la cuiller mais dans la sphère associative, il me semble que l’on doit pouvoir défendre un principe, « prendre position » sans que l’autre ne se sente immédiatement attaqué personnellement, désavoué, bafoué. C’est d’ailleurs le propre de toute institution, de permettre à l’individu de s’y fondre et de faire porter la responsabilité de ses décisions sur l’institution et non sur lui-même. Et pourtant, au nom de la bienveillance, de l’écoute de l’autre, du non-jugement, autant de valeurs qui sont pourtant les miennes et que je cherche à respecter, il semble que certains considèrent que la « prise de position » leur est une violence, quand elle contredit leur décision, bien sûr. Mais la décision, en tant que telle, est une prise de position, non ? Pourquoi alors ne pas accepter que des positions s’affrontent ? Oui, « s’affrontent », car l’on ne peut pas être d’accord sur tout et cela n’empêche pas de s’aimer, non ?
C’est aussi vrai dans la relation personnelle, amicale ou amoureuse. Mais c’est ici plus difficile à gérer car on est deux, face à face, et il n’y a pas d’institution pour faire écran. Et le mariage, alors ? Oui, le mariage est une institution et fait écran dans la relation de couple à beaucoup de désaccords. Je n’avais pas songé à cette pirouette en commençant ce billet. Elle me va bien. Je m’arrête donc là.

7 réflexions sur « Différence @2 »

  1. Cyr

    Seule la différence nous permet d’exister, en prenant position nous nous affirmons non pas contre l’autre mais pour soi. Plus chacun d’entre nous sera convaincu de cela, plus chacun s’exercera à cela, plus il comprendra l’autre dans ses différences les plus intimes, plus il se comprendra lui-même, plus le respect grandira. Il y a toujours quelque chose de supérieur à soi. Au-delà des différences aussi multiples soient-elles, deux personnes peuvent se reconnaître et c’est dans cet exercice, cette confrontation, que le sentiment d’agression régressera. Résumer l’autre à « Tu m’agresses » c’est l’enfermer et s’enfermer dans un confort qui fait peu cas d’une culture de la diversité qui est la seule porte de sortie du genre humain qui ne souhaite pas devenir fourmi.

    Répondre
    1. Cécyle Auteur de l’article

      Merci mon Cyr ! 😉
      En te lisant, je me demande si ce « tu m’agresses » n’est pas une forme défensive de « tu me fais peur » ?

      Répondre
    2. Isabelle

      Merci Cyr !
      Prendre le risque de s’affirmer, c’est aussi une façon d’agresser ses propres démons, car parfois on sent que ses propres positions ont une part d’ombre. Il est plus facile de les affronter dans la discussion que de reconnaître soi-même que ce que l’on pense peut achopper sur d’autres valeurs, ou simplement sur des confusions ou incompréhensions. Débattre, c’est aussi se battre, contre l’ignorance, des autres comme la sienne, et pouvoir arriver à une pensée plus constructive, affinée, débarrassée de scories. C’est apporter à l’autre la possibilité d’évoluer, une beau cadeau !

      Répondre
  2. Locks971

    Emettre une idée est toujours difficile. On n’a aucune prise sur la manière dont elle sera perçue.
    Mais parfois, une position doit être dite ou affirmée, juste pour ça, parce qu’elle doit être dite. Et si elle dérange ou qu’elle agresse, c’est qu’elle est à propos.

    Répondre
  3. Cécyle Auteur de l’article

    @ Isabelle & Locks971.
    Oui ! bien sûr… Mais des fois, j’aimerais bien que ce qui doit être dit ne vienne pas heurter les démons des uns et des autres et soit juste entendu pour ce que c’est. Des fois… Heureusement, c’est pas tous les jours ! 😉

    Répondre
  4. Locks971

    J’aimerais pouvoir y faire quelque chose, mais la solitude est une compagne fidèle sur mon chemin également.
    Mais peut-être est-ce bien comme ça. Ce sont des moments précieux. C’est comme si dans votre cage thoracique, l’espace qui entoure votre coeur grandissait subitement. Votre coeur se sent alors perdu dans tout ce vide qui l’entoure. Mais petit à petit, avec grande industrie, il grandit à son tour et finit par remplir ce vide. Pour moi la solitude est ça, le moment juste avant d’occuper une place plus large dans cet univers.

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.