Archives mensuelles : avril 2013

Bonheur @10

En avril, j’ai reçu un courrier de ma mutuelle m’informant que, depuis la veille, un système de télétransmission est en place avec mon centre de sécurité sociale. Cela arrive après des mois ponctués de rendez-vous médicaux et prescriptions diverses. Cela a été finalisé juste après mes dernières consultations avant un moment (enfin j’espère !)
Au moins, c’est prêt pour le prochain pépin !

Vérité syndicale @5

J’habite à cinq minutes à pied de l’hôpital où j’ai fait mon IRM de l’épaule. Je devais apporter un courrier au service. Par principe, j’avais décidé de le porter moi-même, vu la proximité. Et comme mon coach santé m’invite à toujours plus d’activité physique, j’y suis allée dimanche, avec l’intention de transformer ces dix minutes aller-retour en une demi-heure.
J’ai donc fait une grande boucle à l’aller. Et une seconde au retour… en me trompant de rue ce qui m’a valu de dépasser la demi-heure, que j’ai donc portée à une heure pour avoir un compte rond.
Et ?
Bien sûr, il y a un « et », sinon, ce ne serait pas drôle ! Arrivée à destination (après la première boucle, donc), j’ai remis mon courrier à l’accueil… qui n’en a pas voulu ! Ils ne prennent pas les courriers et il n’y a pas de boîte. J’ai protesté un peu.
— J’habite à cinq minutes et je dois dépenser un timbre ?
— On est dimanche, madame. Revenez en semaine.
Encore un coup de mon coach, je parie !

Décroissance @21

À la lecture d’articles sur le développement des Fab Labs, laboratoires (fabuleux suis-je tentée d’ajouter dans un élan d’optimisme) de fabrication, j’ai trouvé génial de pouvoir créer individuellement des objets avec des équipements comme, par exemple, une imprimante trois dimensions. Le principe est de fabriquer des objets à petite échelle, voire des pièces uniques. Ce peut être des créations originales ou des reproductions de pièces existantes. Ainsi, il est possible de créer des pièces de rechange qui ne sont plus fabriquées par manque de rentabilité ou par obsolescence programmée.
C’est possible grâce au pilotage par des individus lambdas de machines complexes de l’industrie. Des associations se créent pour mettre en commun le matériel et surtout les compétences pour les utiliser.
Si la question de la contrefaçon et la copie illégale se pose, je n’avais pas du tout pensé à une autre utilisation : la fabrication d’armes ! Un article édifiant permet de découvrir que des Américains y ont – hélas ! – pensé. L’élan est brisé, pour une fois que j’étais optimiste…

Mariage @21

Puisque je suis dans mon dictionnaire, j’en profite pour regarder le sens de mot « famille » : un ami me suggérait récemment que je faisais partie de la sienne, car aujourd’hui (entendre « avec le mariage pour tous »), la famille change de forme, s’ouvre… Et je lui répondais que non, il n’était pas ma famille mais un ami, car je ne veux pas « de la » famille, tant je la considère comme la cellule de base du système capitaliste (lieu de production fondé sur le travail gratuit des femmes) et de l’ordre patriarcal.
Pour cette fois, le Grand Robert est gentil avec moi.
(1) — « L’ensemble des personnes (enfants, serviteurs, esclaves, parents) vivant sous le même toit, sous la puissance du pater familias. »
(2) — « L’ensemble des personnes liées entre elles par le mariage (…), par la filiation (…) ou, exceptionnellement, par l’adoption. »
(3) — « Succession des individus qui descendent les uns des autres, de génération en génération. »
Tout y est ! Et j’ai effectivement une famille ; c’est un état de fait. J’en porte le nom. Je ne la renie pas. Mais je n’en veux pas au sens où si elle marque mon histoire personnelle, je souhaite au maximum m’en affranchir, ou tout du moins ne rien faire pour l’entretenir. Parce que je sais combien la famille est un espace sclérosant, lieu de toutes les violences, un espace politique en tout contraire à mes convictions libertaires.
Mais la famille évolue, me dit-on… J’arrive ainsi au sens figuratif : « Ensemble d’êtres (ou de choses) ayant une origine commune, des caractères communs, présentant entre eux certaines analogies. » Ne puis-je appliquer cela à mes amis, à mes connaissances et ainsi « faire famille » sur un autre mode ? Je ne le crois pas, car je n’ai pas de relations « collectives » aux autres. Je vois mes amis un par un, jamais plus de deux ensembles, et mes amis ne sont pour la plupart pas les amis de mes amis. Je n’envoie jamais de mails à tout ou partie de mon carnet d’adresses. Je ne vais pas aux fêtes d’anniversaire et ne mélange pas les réseaux.
Autrement dit, mes amis ne sont pas « famille ». Chacun est unique. Et mes relations sont individuelles, particulières, singulières. Je ne les assemble pas. Et si j’avais une chérie, qu’en serait-il ? Pas de mariage, bien sûr ; pas de vie commune non plus ; mais une relation précieuse et personnelle.
Mais, quand même, la famille… entends-je encore. Quand même quoi ?

Mère porteuse @2

    « L’ère de « l’enfant au poids » est en cours. Consommateur ou consommé, l’enfant fétiche est le nouveau produit de notre civilisation. »

Cette citation de Françoise Dolto (« La mère et l’enfant », in : La difficulté de vivre) en exergue de L’amour ne suffit pas de Claude Halmos et les débats qui font rage autour des parentalités (toutes les parentalités) m’amènent à poser la question de ce « désir d’enfants » que d’aucuns voudraient satisfaire, parfois à tout (ou vil) prix. Car quelque chose me choque dans cette expression alors qu’il ne me choque pas qu’un adulte, tout adulte, puisse avoir envie d’avoir des enfants, seul ou en couple, tout couple.
J’ai cherché d’où me venait ce « quelque chose qui me choque »… Dans le choix des mots et ce qu’ils expriment ? C’est souvent une piste que je privilégie : interroger les mots.
« Désir ». La définition du Grand Robert est longue. Elle pose d’abord le désir comme « Prise de conscience d’une tendance particulière qui porte à vouloir obtenir un objet connu ou imaginé. » avant d’en venir à la définition que j’attendais plus « Tendance consciente aux plaisirs charnels. ». Le désir me paraît en effet invariablement attaché au « sexuel » (dans ses usages psychanalytiques) et, quand il ne l’est pas, le Grand Robert parle de « vouloir obtenir », deux termes qui, associés, flirtent vite avec la toute-puissance.
Quant à « envie »… Je suis d’emblée surprise par la première partie de la définition : « L’envie : Sentiment de tristesse, d’irritation et de haine contre qui possède un bien que l’on n’a pas. » C’est là un des péchés capitaux… J’avoue que je n’avais pas fait le lien. Je continue : « Désir de jouir d’un avantage, d’un plaisir égal à celui d’autrui. » Moi qui partais de l’idée que « envie » était moins fort que « désir », me voilà gâtée ! J’en arrive au troisième sens, qui correspond à ma question initiale : « Une, des envies : désir (d’avoir, de posséder, de faire qqch.). »
Une fois encore, « désir » et « envie » ne font qu’un, avec cette nuance que le désir ne renvoie pas à un péché capital et qu’il « porte à vouloir » là où l’envie invite au « désir de jouir », « désir d’avoir, de posséder… » ! Ouille ! Me voilà bien embêtée car cela voudrait dire que « le désir d’enfant » est moins inscrit dans la toute-puissance que « l’envie d’avoir des enfants », soit l’exact contraire de ce que je pensais. Que faire ? Je vous livre déjà ce billet. J’espère que nos échanges me permettront de mieux cerner en quoi cette notion de « désir d’enfant » me choque, en dépit des définirons du dictionnaire.

Aïe ! @9

A boire !Récemment, j’ai passé un écrit de concours. Même si j’avais prévu plutôt large, je suis arrivée très juste, en traînant la patte, avec mon attelle. Ma place était tout au fond d’une rangée. Je m’y suis faufilée, avec une surveillante sur mes talons, car les sujets avaient déjà été distribués.
Là, un peu essoufflée, je sors ma bouteille d’eau. La veille, en préparant mon sac, j’avais pris de l’eau gazeuse et le matin, au pied de mon immeuble, j’ai pensé prendre de l’eau plate, mais j’ai renoncé en pensant que cela m’aurait retardée. Bref, en dévissant, j’ai aspergé ma table, mais, hélas, aussi celle de ma voisine. Grands signes au surveillant pour changer les sujets, sortie de mouchoirs… La surveillante emporte mon sujet, mais oublie de m’en rapporter un ! Bref, me voici commençant par une dizaine de minutes gaspillée en intendance. Plus tard dans la journée, j’ai eu l’occasion de m’excuser auprès de ma voisine qui a été très compréhensive.
Je devais avoir l’air un peu à plat, car à la sortie de cette première épreuve, la surveillante me demande si je reviens pour celle de l’après-midi. À ma réponse positive, elle me dit « Reposez-vous bien ! »
Au cours de l’après-midi, à ma sortie pour une pause, un autre surveillant m’a souhaité « Bon courage ! »
Je pense avoir complètement loupé mon épreuve, car je n’étais vraiment pas dans mon assiette, mais au moins, j’ai apprécié la sollicitude des surveillants.

Intox @3

Je suis avec une amie au téléphone. On sonne à ma porte. Je n’attends personne et hésite à aller ouvrir. Cette amie m’y invite :
— Je reste avec toi.
J’ouvre. Un jeune homme est là avec en main une feuille posée sur un support. Je ne vois pas s’il a un badge.
— Bonjour madame ! Vous êtes la locataire ?
Je réponds « oui », chose à ne pas faire.
— C’est parfait ! Je viens voir les locataires pour préparer le basculement chez SFR de samedi prochain.
Je pressens aussitôt le démarcheur qui veut nous faire croire qu’il agit au nom de notre bailleur. Un grand classique. Je n’ai pas vu d’affiche ni de mot dans ma boîte. J’amorce donc une fermeture rapide de ma porte avec l’intention de lui signifier que je ne suis pas dupe.
— Ne me babotez pas ! Bonne journée monsieur.
« Baboter » ? Il sort d’où ce verbe ? Je devais vouloir dire « pipoter » et « embobiner » en même temps. Quelque chose comme ça. Dans le combiné, mon amie rigole. Ma porte est déjà fermée. Le jeune homme sonne à nouveau et cogne contre le battant.
— Mais madame, je ne vous babote pas !
Il est si rapide, finalement, d’enrichir le dictionnaire.

Paris @19

Fin mars, j’ai envoyé un courriel à Cécyle pour l’informer d’événements dans mon quartier, plus précisément dans ma rue, sous mes fenêtres. Pour planter le décor, je précise qu’il y a un café en face de chez moi où le possesseur d’un magnifique vélo régulièrement repeint en vert a ses habitudes. Un soir au temps agréable, un musicien ambulant, joueur de trompette tirant un ampli, passa dans la rue. Ça fit danser le possesseur du vélo vert (heureusement arrêté), qui, exceptionnellement, avait repeint son vélo en… blanc (sauf le siège arrière où se tient généralement perché un perroquet en bois multicolor) ! Du jamais vu ! C’était donc un grand moment festif.
D’ailleurs, la fois suivante où j’ai revu le vélo, il avait été repeint en vert !
Voilà, petit moment de joie partagé…

Agit-prop’ @5

"Le serment du Jeu de Paume" de David

J’ai toujours pensé que Christine Boutin avait des convictions profondément chrétiennes (au sens noble du terme) et qu’elle s’opposait au « mariage pour tous » plus par foi que par homophobie. Je crains que ses récents débordements verbaux qui tendent à sacrifier la démocratie représentative et le fait que le Parlement est l’expression de la souveraineté nationale (article 3 de la Constitution) sur l’autel de sa petite lutte d’influence avec FB (vous savez, la dame dont je ne souhaite pas citer le nom) ne me fassent changer d’avis.
J’ai lu, je ne sais plus où, qu’en changeant d’égérie, la Manif pour tous s’était rendue plus médiatique. C’est incontestable. Mais comment Christine Boutin peut-elle accepter un tel désaveu, elle qui avait tout prédit au moment du vote de la loi instituant le Pacs ? Eh bien ! elle ne l’accepte pas, fait dans la surenchère, va au contact des CRS, renie cette République qui l’a faite femme politique pour tenter de se maintenir dans le champ des caméras.
La démarche est pitoyable. Et même si Christine Boutin n’est pas ma belle-sœur (que mon frère en soit gardé !), je me permets de l’inviter à revenir aux fondements de sa foi, et de ses engagements : l’amour et la bienveillance du Christ.
— Mais pour y revenir, il faudrait déjà qu’elle y ait été !
Oh Caddie ! Depuis quand tu fais des commentaires politiques ?

Décroissance @20

Comme chacun sait, recycler est essentiel, car tous les gestes comptent. Ainsi, il est important de bien mettre dans les poubelles cerclées de jaune du métro papiers, canettes, bouteilles en plastique plutôt que de les gâcher dans les réceptacles à déchets irrécupérables. Je crois à la bonne volonté des nombreux intermédiaires entre les entreprises de recyclage et moi. Il y a des années, quand j’ai vu un employé d’une société de nettoyage sous-traitante de la RATP vider toutes les poubelles d’un quai dans le même sac plastique, j’ai pensé que c’était une pratique exceptionnelle. Il y a quelques jours, j’ai vu un employé de nettoyage pratiquer exactement de la même façon…
Ça s’appelle de l’affichage vert ? Encore un coup de pub avec laquelle on nous ent…