Archives mensuelles : octobre 2012

Lesbienne @5

"Angela, 15 ans" ("My So-Called Life")En regardant une émission avec Martin Winckler sur les séries télévisées, j’ai repensé à une série que j’ai vue, parfois avec ma mère, alors que j’étais jeune, vivant encore chez mes parents. En français, cela s’intitulait Angela, 15 ans et en version originale My So-Called Life, c’est-à-dire « Ma soi-disant vie » pour exprimer le malaise d’Angela à cette période de sortie de l’enfance. C’est d’ailleurs essentiellement de son point de vue que l’histoire se déroule. Destinée aux adolescents, cette série m’a marquée pour tout ce qui y est abordé : l’homosexualité, l’homophobie, la violence familiale, la sexualité, l’alcoolisme…
Je me rends compte après toutes ces années combien cette série a été importante. Je regrette tant que la télévision française n’ait toujours pas d’équivalent pour lutter contre les préjugés. À l’heure où la question de la famille est tant évoquée, montrer ce qui est socialement caché derrière les portes ou qui n’est pas abordé par tabou (un jeune orphelin battu par l’oncle qui l’a recueilli puis le met dehors à cause de son homosexualité, une fille alcoolique, la difficulté d’être homosexuel au lycée…)
Je crois que de m’avoir permis de regarder ces épisodes dans le salon familial a été une vraie preuve d’amour.

Cuisine @5

À la demande de l’un de nos fidèles internautes (et néanmoins amis), nous vous proposons aujourd’hui de retrouver en un clic tous les billets portant le même titre, et vous permettons ainsi de voir combien un même titre peut recouvrir des réalités bien différentes ! La liste est dans la colonne de droite, en bas, sous les « Commentaires récents ».
Nous ne vous dirons pas combien de clics cela a nécessité… car il nous a fallu attribuer manuellement une « catégorie » aux 641 billets en ligne. Bonheur ! Nous l’avons en version « We can do it » ! Et… Nous l’avons fait. Ouf !

Métro @7

Métro, boulot, dodoAlors qu’Isabelle fait un apprentissage positif du handicap dans les transports en commun, j’ai vécu un événement qui m’a choquée, sans séquelles, je vous rassure d’emblée !
J’étais sur la 13 en période de pointe, direction le nord de Paris. À Invalides, le métro reste cinq minutes en station. Le résultat est immédiat. La rame se remplit, et à partir de Champs-Élysées, il devient aussi difficile d’entrer que de sortir tant nous sommes tassés.
Je m’étais installée entre les sièges, pour échapper à la boîte de sardines… Une femme me demande pardon, je m’écarte ; elle en profite pour me piquer ma place et me voilà tassée contre le « tas humain » qui occupe l’espace devant les portes. À Miromesnil, une bagarre se déclenche. J’entends le bruit d’un coup, des gens crient, tentent de séparer les protagonistes. C’est juste là, devant moi, sans que je ne puisse bouger… et sans que je ne voie où cela se passe : à l’espace d’une personne, de deux, de trois ?
J’ai rentré la tête dans les épaules, espérant que l’orage passe sans que je ne prenne un coup. L’un des deux hommes a promis à l’autre de « lui faire la peau », et l’un d’eux est sorti. Je n’ai pas eu peur tout de suite, mais après. Peur de ces cris, de ce coup que j’ai entendu : il aurait pu être pour moi et je ne l’aurais pas vu venir. Peur de cette violence qui s’exprime et qui, au vu des conditions de transport, n’est pas illégitime.
Peur. Oui, des fois, ne pas voir, cela me file les jetons, surtout quand je mesure les conséquences que cela pourrait avoir. Un ange veille sans doute tant il m’est finalement arrivé peu de choses. Un ange… Mon ange… Caddie ? Oui ! C’est lui. Qui d’autre ?

Princesse @5

Petit moutonComme vous l’avez déjà remarqué, je pense, avec Cécyle, nous cherchons à donner la plus grande qualité possible à notre relation amicale. Pour me souhaiter une bonne nuit l’autre jour alors que je n’étais pas en grande forme, Cécyle m’a envoyé un message intitulé « Très bonne nuit de la part de Tranquille et du mouton » avec comme message « Toute la bande t’embrasse ! » accompagnant une photo de Petit Mouton.
Grâce à Tranquille, pas besoin d’artifice de création d’une cage. Me voilà une petite princesse bien plus comblée que chez Saint-Ex !

Credo @6

J’ai lu avec grande attention le texte du Conseil « Famille et Société » de la Conférence des évêques de France intitulé « Élargir le mariage aux personnes de même sexe, ouvrons le débat ! » Ce texte vise à sortir le débat autour du « mariage pour tous » d’un propos moral ou théologique et à le placer dans une dimension plus idéologique. La question est : dans quelle société vivons-nous ? Ou plus exactement : dans quelle société les évêques de France souhaitent que nous vivions ?
Je ne ferai pas le détail de ce texte en tout point intéressant… « Intéressant » ne signifie pas que j’en partage les analyses, mais au moins, analyses il y a et les choses sont très claires. Je ne prendrai qu’un passage, à mon goût le plus édifiant, celui où il est question des « différences » « ethnologiques » (le mot est utilisé) qui fondent l’ordre social, et de l’égalitarisme qui serait l’ennemi de cet ordre. Je cite :
« Les discussions sur le multiculturalisme, le racisme, le féminisme et l’homophobie sont sous-tendues par cette demande de reconnaissance qui s’exprime aujourd’hui sur le mode égalitariste. La non-reconnaissance est expérimentée comme oppression ou discrimination. Certains poussent très loin ce discours égalitariste. Ils estiment que toute différence ouvre sur un rapport de pouvoir et en conséquence sur un risque de domination de l’un sur l’autre : domination de l’homme sur la femme, domination du blanc sur le noir, domination de l’hétérosexuel sur l’homosexuel, etc. Selon eux, la seule solution pour combattre l’oppression ou la discrimination serait alors de gommer les différences ou, en tout cas, de leur dénier toute pertinence dans l’organisation de la vie sociale. »
Ouille !
Oui, ouille !
Car j’entends bien de quelles différences il peut être question entre homo et hétéro, entre femmes et hommes, mais entre Noirs et Blancs : là, franchement, je ne vois pas. Racisme ? Quoi d’autre ?

Métro @6

Métro, boulot, dodoAlors que je dois circuler sur des béquilles et porter une attelle à la jambe, je prends le métro pour aller passer des examens médicaux. Je tombe sur un contrôle, les agents de la RATP demandant aux voyageurs ticket ou pass Navigo. Je m’apprête à sortir mon portefeuille lorsque la contrôleuse me dit avec un grand sourire « C’est bon, je me doute que vous l’avez. » J’insiste « Je peux vous le montrer. » Elle réplique « Non, non, c’est bon ! »
Plus tard, une femme s’excusera de ne pas avoir vu mes béquilles, répétant « Heureusement que je ne vous ai pas bousculé ! » Plusieurs personnes me tiendront les portes, l’une me laissera sa place.
Mes trajets en métro se jour-là furent assez fatigants, mais avec de nombreux sourires permettant de mieux les supporter, avec un goût de bienveillance pour donner du baume au coeur.

Dixit @5

J’ai, comme sans doute beaucoup, été choquée par le verdict de la cour d’Assises de Créteil le 10 octobre dernier suite au procès de plusieurs présumés violeurs en réunion. Pour autant, certaines réactions me choquent également, comme celle de Osez le féminisme ! sur Facebook. Je lis : « Ce verdict envoie un message catastrophique à l’ensemble de notre société. Aux victimes de viol : porter plainte ne sert à rien ! Aux violeurs : il est permis de violer ! »
C’est la dernière phrase qui me pose question. Si ces prévenus ont été acquittés, quoi que l’on en pense, ce ne sont pas des « violeurs », car ils ont été reconnus non coupables. Je ne connais pas le dossier. Je suis donc obligée de m’en remettre au double principe de la « présomption d’innocence » et de « l’autorité de la chose jugée » et de considérer ces hommes comme innocents.
Quant aux trois qui ont été condamnés à des peines avec sursis… C’est sans doute là que le bât blesse. N’est-il pas du devoir d’OLF de le préciser et ne pas, par son amalgame, mettre en cause deux principes de droit qui, en d’autres procès, seront plus favorables à la cause des femmes, deux principes qui nous protègent toutes et tous contre l’arbitraire ? Je vous en laisse… juge.

Note : Et s’il s’agit bien de viols collectifs (« en réunion », dit le Code pénal) et non pas de « tournante » (ce qui tend à amoindrir la portée criminelle du viol), il serait de bon ton que les avocats des victimes utilisent les bons mots, même au petit matin sur France Info. L’une d’elles a en effet dit deux fois « tournante » avant de se reprendre et parler de « viol »…

Autre note : Je vous invite à lire l’article de Libération « Procès des tournantes (sic) : Nina n’est pas Christine Angot » , signé de l’avocate de Nina : un autre point de vue qui, étrangement, n’a pas eu bonne presse chez les fans Facebook d’OLF… Ah ! quand la réalité est autre que celle que l’on se raconte. Dommage.

Déo @8

Il pleut des cordes en ce jour de mi-octobre où je reçois un colis commandé il y a quelques semaines pour ma sœur. Il s’agit d’un vanity avec des échantillons avec un slogan écrit en gros « L’été se prépare en beauté »… Et pour l’hiver, comment puis-je faire ?

Déo @7

Métro, boulot, dodoCe même jeudi, je rejoins la 13 et je savoure la tarte aux pommes que m’avait donnée Isabelle. La tarte est si bonne que je m’en régale sans prêter attention à mon entourage.
Varennes. Une voix me tire de ma part de tarte. Je lève le nez. Trois jeunes femmes avancent vers la porte pour sortir. Elles sont grandes, minces, habillées comme des mannequins : une robe bleue courte au-dessus du genou ; une jupe rouge très longue, joliment plissée ; une écharpe sur les épaules… Je n’ai pas le temps de bien les regarder mais elles incarnent une certaine élégance.
L’une d’elles ouvre la porte.
— Ah merde ! J’ai plus de crayon !
Dommage !

Incyclicité @8

Canal de l'OurcqÀ un carrefour, j’attends le petit bonhomme étant rouge, le feu allant passer au vert. Dès le feu passé, trois policiers à vélo peu pressés démarrent et tournent à droite sans ralentir, grillant ainsi la priorité à une piétonne obligée de freiner. Mais où est mon carnet à souches ?!