Décroissance @14

Le Vidourle n'est pas en Italie mais fait de gros dégâts au moindre orage.

J’ai enchaîné mardi 28 août 2012 deux reportages sur France 5 consacrés à des questions environnementales. Le premier, « Chine, la révolution verte », aurait été presque comique (si le sujet n’était pas aussi grave) à tenter de démontrer que la Chine est en pointe dans l’écodéveloppement. Je n’avais pas vu depuis longtemps un tel film de propagande, et je ne comprends pas comment cela a atterri sur une chaîne du service public. Un acte prémonitoire ?
Le second, « Sale temps pour la planète », traitait des incidents climatiques en Italie, toujours plus nombreux, meurtriers, et dévastateurs. Le diagnostic était simple, et connu : abandon des cultures traditionnelles et de l’entretien des territoires qui allaient avec ; bétonnage anarchique du lit des cours d’eau et des zones inondables ; négation de la mémoire du risque au nom de la modernité. Le reportage a pris plusieurs exemples, avec les mêmes causes, les mêmes effets, les mêmes écolos convaincus de la nécessité de penser et vivre autrement, les mêmes élus mal à l’aise, les mêmes gens victimes et prêts à reconstruire au même endroit dès qu’ils auront touché la « prime ».
La boucle est bouclée et j’avoue, je peine à comprendre. On sait que le développement tel que la révolution industrielle l’a conçu produit des effets en chaîne qui nous mènent à notre perte économique, sociale et écologique. On connaît les solutions, ou tout du moins la manière de les trouver : penser autrement. Toutes ces catastrophes, en bout de chaîne, ont un coût de plus en plus élevé. Alors, pourquoi rien ne change ? Pourquoi, au moins individuellement, chacun de nous n’engage-t-il pas la révolution écologique seule capable de nous sauver ? Serions-nous individuellement et collectivement bêtes à ce point ?
Et je repense au reportage sur la Chine. On y voyait des enfants, une bonne cinquantaine en classe, habillés tous pareil, écouter l’une d’eux lire la liste de ce qu’elle fait pour respecter l’environnement, liste en parfaite adéquation avec ce que l’on nous expliquait juste avant. Et la classe applaudit, un autre enfant prend sa place pendant que le reportage insiste sur la nécessité de changer les esprits et de former la jeunesse. Serait-ce à dire que le prix à payer pour sauver la planète, c’est un régime totalitaire de type chinois, méthodes musclées d’embrigadement en prime ?
Au secours !! Faites quelque chose !

2 réflexions sur « Décroissance @14 »

  1. salanobe

    Avons-nous les moyens techniques et financiers de mettre en place un compromis « acceptable » entre croissance démographique, développement industriel… Et « sauvetage » de la planète ? Si oui, je ne serais pas contre des méthodes musclées pour les mettre en place et les faire respecter . Je crois que si on compte sur le bon sens et l’engagement des personnes, on va attendre longtemps.

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