Écrivaine @12

Je n’ai plus guère de billets d’avance (un seul) et je dois absolument en écrire un… N’est-ce pas l’occasion d’évoquer un des mythes qui entourent l’écriture : l’angoisse de la page blanche.
Elle existe forcément pour certains écrivains, ou à des moments précis de l’écriture, cette peur de ne pas arriver à écrire. Mais je note qu’elle existe surtout pour les non-écrivains qui transposent leurs propres angoisses sur les professionnels du texte, se les représentant comme des êtres torturés, en souffrance perpétuelle, qui écrivent comme on s’arrache le cœur. Cela leur permet sans doute d’avoir une bonne raison de ne pas arriver à écrire, eux qui sont sains de corps et d’esprit, contrairement à ces malades du texte qui se meurtrissent la chair à grands coups de plume.
Écrire, pourtant, est avant tout une technique sur laquelle se greffe beaucoup de travail. Et je remarque que les jours où j’ai peur que l’écriture ne vienne pas — cela a été notamment le cas quand j’ai arrêté de fumer —, je me suis toujours retranchée derrière mon savoir-faire pour que les mots et les phrases sortent, tranquille, les uns après les autres, chacun appelant l’autre comme par effet d’accroche, et au final forment un texte.
Je prends un exemple. Ce billet. Je n’ai rien dit et n’ai rien à dire. Pourtant, je l’écris, évitant ce que je n’ai pas (le sujet) et m’accrochant aux mots, aux phrases, à leurs enchaînements, pour petit à petit construire ces quinze lignes qui seront votre lecture du matin. Paragraphes courts. Phrases longues. Tout y est pour donner l’impression d’être inspirée là où je n’ai qu’une envie, filer de là et reprendre un café.
Tout ça pour dire… Belle journée à vous tous !

2 réflexions sur « Écrivaine @12 »

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