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Peur @4

Jeu de pisteJe n’ai pas répondu en commentaire au billet où d’une histoire sociale, Cécyle arrivait à évoquer le rapport personnel. J’ai préféré laisser mûrir ce que je pouvais en penser et ressentir, puis écrire un billet.
Cécyle évoque l’amitié, mais je crois que ce qui est dit est dans toute relation affective, amicale, familiale, amoureuse, avec ceux que l’on côtoie et apprécie sans être véritablement ami (au travail, associativement…), avec ceux que l’on croise et respecte simplement sans définir le lien.
Ses quelques mots m’ont fait réfléchir.
J’ai mieux compris en quoi la peur incite à taire le mal, la souffrance, la peine, les reléguer, les enterrer, les sublimer, donc les garder. Au fil des années, grâce à Cécyle en particulier, j’ai saisi combien il est important de les dire. Peu à peu, je comprends mieux pourquoi c’est important de les dire.
C’est expliciter ses propres interprétations et parfois tout simplement se rendre compte de ce qu’elles contiennent d’erreurs d’appréciation, de projections, d’échos à d’autres histoires parasitant le lien avec cet autre qui est là. C’est soulager son fardeau, celui d’en vouloir à soi (« peur d’être une mauviette »), d’en vouloir à l’autre (comment ne pas lui en vouloir d’être capable de me licencier en plein match de squash ?) C’est aussi permettre à l’autre de prêter attention à ce qui peut, ce qu’il peut provoquer. S’il le souhaite, il peut garder en tête de quoi tenter d’éviter les « mêmes » comportements ou propos, du moins ce qui pourrait avoir les mêmes effets.
Ceci n’est en rien exhaustif, ce sont mes jalons dans la recherche d’une qualité du lien à l’autre.
Pourquoi cela reste-t-il si difficile ? J’en arrive à penser que la peur de perdre l’autre est la condition de possibilité de cette perte même. Quand il n’y a plus ni peur, ni envie, le lien se délite. L’envie de ne pas perdre l’autre est la condition dynamique pour pouvoir lui donner sa place, ici, maintenant, demain, ailleurs. Un constat peut-être tout simple. Je saisis combien il est important de le dire, de me le dire.