Archives mensuelles : avril 2012

Route @6

http://www.franceculture.fr/emission-sur-les-docksL’émission Sur les docks a proposé une série Inventaire avant élections, dont un épisode était Dans les Landes, pendant que l’État n’y est pas. Il y est beaucoup question de problèmes de transports publics.
Dans une bourgade, il y a un car scolaire, tous les jours à moitié vide. Deux habitants ont demandé à pouvoir utiliser ce car, moyennant finances, pour aller et revenir du travail, car leurs horaires coïncident avec le ramassage scolaire. Cela leur a été refusé « pour raisons de sécurité ». Du coup, chaque matin puis chaque soir, ils suivent en voiture le car qu’ils ne peuvent doubler parce qu’il n’y a pas la place sur une majeure partie du trajet.
Dommage ? Je crois que oui, car si tout n’est pas si simple, pour autant, tout n’est pas si compliqué.

Vérité syndicale @4

Jeu de pisteUn article de Libération du 31 mars 2012 raconte l’histoire dramatique de Stella, femme de ménage dans un laboratoire d’anatomopathologie. En plus de faire le ménage, son employeur lui demande de manipuler des bocaux de formol et des restes humains. Elle est intoxiquée et licenciée pendant un arrêt maladie.
Au procès pour licenciement abusif (qu’elle gagnera !), son employeur argue « On n’a jamais forcé les gens. Si elle avait dit « je ne peux pas faire ça, ça me dégoûte », on aurait trouvé une solution. Il fallait qu’elle exprime cette souffrance. Ici, les salariés ont le droit de se plaindre. » On pourra trouver l’argument spécieux voire « faux-cul » (désolée, je n’ai pas mieux). Qu’importe ! Car même s’il est vrai, il ne peut en rien excuser la faute de l’employeur qui a placé cette femme en contact avec des produits dangereux sans assurer sa formation ni sa protection.
« Même si »… On ne peut en effet exclure qu’il dise vrai tant « exprimer sa souffrance » n’est jamais très acceptable, dans le monde de l’entreprise ou ailleurs. Il y a bien sûr des gens qui « se plaignent tout le temps », la plainte étant un mode de fonctionnement comme un autre. Mais « se plaindre » n’est pas forcément « exprimer sa souffrance » car souvent, ce dont on « se plaint » est extérieur à soi. Alors que la souffrance…
On ne l’exprime pas, j’imagine, pour deux raisons majeures. Soit on craint de passer pour une mauviette ; soit on craint que l’autre ne nous trouve pénible. Ce qui revient au même, finalement. Et je crains que cette femme qui s’exprime très dignement dans l’article de Libération ne soit pas du genre à « se faire plaindre ». Sans doute a-t-elle même considéré que sa souffrance n’avait pas lieu d’être. N’avait-elle pas un bon travail ?
Eh bien moi, j’ai de bonnes amies. Parfois, elles me font souffrir. Est-ce que je dois craindre qu’elles ne me licencient en plein cours de judo si je leur dis quand elles me font du mal ? Ou qu’elles ne me prennent pour une mauviette ? Je sais, ce sont des amies… Et pourtant… Oui, j’ai toujours peur qu’elles ne m’aiment plus quand je leur dis quelque chose qu’elles ont fait et qui m’a fait du mal. Mais je le leur dis. Toujours. Sinon, quel sens auraient mes amitiés ?

Caviardage @3

Do it again Sam !Je n’ai plus de télé. En revanche, j’aime toujours bien les séries, alors j’en regarde via le « replay », permettant de revoir des épisodes ou émissions dans un bref délai après leur diffusion. Il faut bien que ce mode de transmission n’échappe pas aux publicitaires, alors il y a un truc : il est possible de consulter un autre onglet en même temps que se déroule un épisode, en n’écoutant par exemple que le son, mais cela devient impossible pendant que c’est la pub. En effet, la publicité s’arrête dès que l’on « zappe » en souhaitant y échapper. Donc, pour voir la suite de l’épisode, il faut laisser passer toute la publicité, seule « liberté » : couper le son, mais il ne faut pas se louper sur la durée pour ne pas manquer la reprise de la série…
C’est gratuit sur internet ? Oui, mais… Allez, on se retrouve après la pub !

Foot @3

http://www.arteradio.com/son/616001/a_ce_stade__lyon_ne_repond_plus/~cfstade%20lyon:author_desc:1La construction d’un nouveau stade pour l’OL, pardon, l’Olympique Lyonnais, est une histoire pas bien claire, sur fond de clientélisme, jeux politiques et intérêts personnels. En témoigne, un reportage d’Arte radio. L’objectif est la construction d’un stade géant pour transformer la sortie au stade en virée au centre commercial, le supporter devenant un client. Comme l’indique le site du projet, il s’agit d’« Offrir bien plus qu’un stade ». Précisions : « Au-delà du stade et de ses équipements annexes, le projet prévoit la réalisation d’un parvis – véritable lieu de vie -, de 2 hôtels, d’un centre de loisirs et d’immeubles de bureaux. » Les enjeux financiers, mais aussi écologiques et sociaux sont énormes et, étonnamment, dépassent le clivage entre partis, parfois au prix de contorsions de certains. Gérard Collomb, marie PS, déclare « Est-ce que les stades sont de gauche ou de droite ? Personnellement, je n’en sais rien (…) dans les spectateurs, je vois des spectateurs de gauche, de droite, beaucoup qui s’en foutent totalement, ils viennent voir un match de foot. »
Prendre le point de vue du supporter n’est-il pas inadapté pour un élu censé prendre en compte les intérêts économiques et environnementaux d’un projet (bref, le fameux intérêt général) ? Je vous laisse trouver votre réponse…

Miam ! @4

Toutes les médailles ont leur revers, c’est connu, et les progrès en matière d’accessibilité aussi. J’en veux pour preuve la fin d’une discrimination, que dis-je, d’une insupportable injustice !
Imaginez. Je sors du judo. Une incomparable odeur de frites trop-grasses-trop-salées et de steak trop-cuit-trop-gras-trop-salé recouvert de sauce trop-scurée me chatouille les narines… Eh bien non ! Je dois renoncer au fast-food : je ne peux pas en lire les menus, affichés, en petit, en haut, derrière le comptoir. J’ai eu beau inviter Isabelle à venir dîner dans un de ces lieux de perdition culinaire, rien n’y a fait et mon dernier B… M… date de… ? Je ne sais plus et m’en vais prendre mon métro, l’âme en peine, et y savourer mon sac congélation rempli de crudités à croquer (carotte, radis, concombre, endive, courgette) accompagnées d’une tortilla de légumes au gingembre de ma fabrication. Un quignon de pain. Une banane. Une crêpe de ma-Jeanine. La misère !
Mais cette période de disette, humiliante s’il en est, a enfin sa solution. Ici. Et je vais pouvoir manger trop-gras-trop-salé-trop-sucré à volonté, comme tout le monde. C’est-y pas chouette ?

Réclamation @11

Vrooum !J’ai acheté un super aspirateur, sur les conseils de Cécyle qui a testé ce modèle depuis des années (je fais bosser les amis !)
Commande sur un site Internet, réception à un dépôt du quartier, ouverture du colis, vérification du paquet et… je constate qu’une petite pièce est un peu tordue, plus précisément une petite branche d’un élément en comportant trois. Cela ne gênait pas le fonctionnement, légèrement moins optimal dans ce cas. Elle s’enlève facilement, pèse quelques grammes et est vendue par ailleurs en pièce détachée. J’appelle le service après-vente et présente mon problème en demandant à pouvoir bénéficier d’un échange. J’avais pris une photo pour montrer l’état de la chose. Seule solution : renvoyer TOUT. J’ai plaidé ma cause et celle du commerce : pourquoi tout ? Je voulais bien seulement poster la pièce et attendre le retour. Non, non, il me fallait tout remballer, poser l’étiquette que l’on allait me faire parvenir, attendre que la commande soit alors annulée pour en repasser une autre… J’ai gentiment écouté, remercié et mis de côté le fameux coupon reçu par courriel.
Au lieu de suivre la procédure, aberrante à mes yeux, j’ai détordu au mieux la partie en plastique et j’utilise la bête… avec satisfaction.

Élections @15

Nous sommes le dimanche 22 avril 2012.
Pour l’occasion, nous vous proposons de renouer avec vos conjugaisons. On commence par quelque chose de simple, un verbe du premier groupe, au présent.
C’est parti !

Je vote.
Tu votes.
Elle ou il vote.
Nous votons.
Vous votez.
Elles et ils votent.

Pour qui ? À vous de décider. Votre avenir vous appartient.

Incyclicité @6

Ah ! bicyclette...Récemment, j’ai expérimenté les conséquences de l’incyclicité intégrée. Le feu étant passé au rouge, j’allais m’arrêter près d’une voiture déjà arrêtée. J’ai alors vu un passant sur le trottoir attendant gentiment pour me laisser passer. Je lui ai fait un signe de tête en freinant, ce qui m’a valu… un remerciement !
Peut-être que la clé est là : admonester quand il y a un non-respect du code et remercier sinon. Irréaliste ? Sans doute, mais c’est agréable, mais peut-être qu’il est possible d’apprécier parce que c’est rare…

Régis @3

Lors du culte de Pâques, le plancher d’un lieu de culte évangélique s’est effondré. Une fillette est morte ; d’autres blessés graves sont à déplorer. Sur France info au journal de 23 heures dimanche 8 avril 2012 (en écoute ici « Drame de Stains : On demande un soutien, des prières, ou ce sera trop lourd pour nous »), un représentant de cette communauté évangélique s’exprime. Au fil de son propos, les sanglots se mêlent à sa voix et il conclut : « (…) la communauté haïtienne, des fois dans des conditions difficiles, on essaie de rester en contact avec le Divin, avec Dieu, et que ça nous arrive, on ne comprend pas tout. »
La foi de cet homme m’a touchée. Il y a quelque chose de si pur dans sa voix, quelque chose de si fort. Comment ne pas le prendre contre soi, et justement parce que je ne prie pas, lui dire que Dieu n’y est pour rien ! Il ne l’a pas trahi, ni lui, ni les siens. Juste Dieu, ce n’est pas celui qui décide ou qui agit pour ou contre nous, ni celui qui juge ; Dieu, c’est une dimension de nous-mêmes. Rien d’autre. Et c’est déjà si essentiel…
Oui cet homme m’a touchée, vraiment. Sa foi rend son désespoir si grand ! Et son espoir tellement vain. Quel dommage ! Quel gâchis ? Oui, en quelque sorte.

Annonces @2

http://www.theatredelaville-paris.com/spectacle-hanswasheirizimmermandeperrot-350Au bout de moins d’une demi-heure, quand le rideau est tombé sur des clignotements, arrêts de lumière, bruits, une partie du public a commencé à applaudir, même s’il n’était pas prévu d’entracte, cette coupure tombait bien et semblait introduire une suite… Puis, par une annonce au micro, quelqu’un nous a informés qu’une panne technique était survenue et que le spectacle reprendrait dans « quelques instants ».
Un quart d’heure après l’interruption, un homme avec un micro s’est avancé pour se présenter comme directeur adjoint du théâtre, remercier le public de sa patience et affirmer que le spectacle reprendrait dans « quelques minutes ».
A-t-on le temps d’aller prendre l’air, se dégourdir les jambes, se rendre aux toilettes ? En fait, oui, c’était possible, mais peut-être que de le savoir aurait permis à tout le monde d’en profiter. Car, ce n’est qu’à près de quarante minutes écoulées depuis le début de la « pause » que le même homme a remercié les techniciens, et, quand même, le public. Des excuses ?… euh…
Difficile l’improvisation… Surtout, il est étonnant que ce genre de situation soit improvisé dans un grand théâtre utilisant moult machines et équipements susceptibles de tomber en panne. De prévoir quoi faire et comment le faire dans un cas, somme tout pas si incroyable, se présente n’est-ce pas ce que l’on appelle du professionnalisme ?