Colère @3

Peut-être aurez-vous été surpris que je n’aie rien écrit à ce jour sur « l’affaire de Toulouse » et ce tueur intégriste qui a fait beaucoup de dégâts. Dégâts humains, d’abord. Dégâts politiques, par ricochet. Cet événement m’a touchée, bien sûr, touché mon humanité comme mes engagements mais, pour l’instant, je ne me sens pas capable d’en dire quoi que ce soit de très intelligent. J’observe, j’écoute, j’essaie de comprendre. Et mon opinion se tisse au gré des informations dont je dispose, informations tellement partielles !
Alors, pourquoi ce billet ? Je vais vous raconter mon rêve de la nuit de dimanche à lundi, un rêve qui m’a réveillée trois fois, et qui me semble dire beaucoup de choses de ce tueur, de ce que je ressens, et de ce que je crois être le bien et le mal.
J’étais à mon cours de judo du lundi matin avec Christian ; monsieur C. n’était pas là. Il y avait par contre des judokas que je ne connaissais pas, en stage pour devenir assistants de cours. Dans la « vraie vie », ce cours aurait dû avoir lieu ce lundi. Dans mon rêve, plutôt que de travailler les katas, ces judokas, tous ceintures noires, travaillaient par deux des prises sous les conseils de Christian. Mon partenaire, que je ne connaissais pas, s’est mis à bavarder et à proférer des propos particulièrement racistes et antisémites. Je ne les reproduis pas mais ces phrases étaient dans mon rêve, très violentes (je les ai depuis occultées). À deux reprises, je lui ai demandé de se taire. Il n’en a rien fait et là, de colère, je l’ai surpris avec un magnifique ippon seoi nage suivi au sol d’un étranglement en sankaku jime (assez improbable en vrai). Christian est venu m’arrêter car en dépit des frappes de mon partenaire, je continuais à l’étrangler.
S’en est ensuivi, toujours dans mon rêve, une exclusion de ce judoka et une mesure de rétrogradation à mon égard, sanction d’une attaque qui n’avait pas lieu d’être sur un tatami. J’y perdais donc ma ceinture orange, à la fois fière de mes deux prises magnifiquement exécutées et penaude d’avoir fait justice moi-même. Christian, lui, était dans le même état d’esprit, désolé de devoir me rétrograder au vu de la qualité de mes prises et très mécontent que j’aie utilisé le judo pour faire taire cet homme raciste et antisémite, même s’il trouvait cela justifié.
Voilà. Mon inconscient a parlé. Ce qu’il dit ne me fait pas peur ; mon Surmoi veille !

3 réflexions sur « Colère @3 »

  1. Temperance

    En fait dans ton rêve il y a une arme à double tranchant : si on attaque l’agresseur de Toulouse, on se met hors jeu car on peut être taxé soit de racisme soit d’anti-islamisme. Donc on est en colère, mais on ne peut pas l’exprimer publiquement.

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