Grand homme @11

http://www.operadeparis.fr/Saison_2011_2012/Operas/Don-Giovanni/detail/Don Giovanni, un grand homme ? Euh, non, ce n’est pas le qualificatif que j’emploierais… En revanche, pour Mozart, oui. C’est ce qui m’a amenée à prendre des places pour son opéra Don Giovanni joué à l’opéra Bastille en ce mois de mars 2012. Les mises en scène y sont parfois déroutantes, provocantes, dérangeantes… mais aussi affligeantes !
Dans celle de Mickael Haneke, Don Juan et son valet Leporello sont devenus un patron et son secrétaire, la procession des villageois devient la fête de… personnels de ménage poussant chariot, portant serpillère et arborant masques de Mickey ! Ainsi, l’opéra populaire de la Bastille met en scène des techniciens de surface : popularité de surface ? Véritable démagogie plutôt, devenant rapidement dérangeante et nauséabonde, voire stupide : quand les deux hommes échangent leurs habits pour que l’un se fasse passer pour l’autre, ils troquent des costumes de cadre plus semblables que ne peuvent l’être les vêtements d’un gentilhomme et son valet.
Une histoire de pantalons ? Une pantalonnade oui ! Une bouffonnerie grossière, jusqu’à 180 euros pièce pour les meilleures places…

8 réflexions sur « Grand homme @11 »

      1. Isabelle Auteur de l’article

        La condition des quoi ? Des poupées jetables ?
        Disons que Mozart et Haneke s’attaquent au pouvoir de l’argent permettant de traiter les femmes à sa guise…
        Le premier dénonce dans son livret le pouvoir de Don Giovanni qu’il utilise en méprisant les femmes, les agressant, les attirant et les jetant selon ses désirs : c’est l’ennemi.
        Le second montre surtout le pouvoir de l’argent permettant une mise en scène fleurtant fort avec le populisme et le mépris des classes populaires : cette bande de crétins du ménage qui s’amusent avec des masques de Mickey au lieu de travailler, il suffit que le col blanc apparaisse pour qu’ils aient peur et qu’il puisse se servir dans le vivier de femelles.
        C’est toute la différence entre le talent traversant les siècles et la médiocrité du moment.

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  1. Cécyle

    Il y a unanimité, on dirait ! 😉 Pour le coup, je vous ai préparé un billet spécial art ménager, à découvrir dans quelques jours.
    Et, juste entre nous, cela vous a coûté combien cette petite sauterie sexiste ? Une heure de ménage (9 euros), dix heures de ménage (90 euros), vingt heures de ménage (180 euros)… Avec ou sans crédit d’impôt ? 😉

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    1. Isabelle Auteur de l’article

      Merci de cette délicatesse Cécyle. 😉
      Crois-tu vraiment que je mette 180 euros dans une place, fût-elle d’opéra ?! J’ai découvert l’opéra grâce à une certaine association du personnel permettant d’y aller à des prix accessibles (bien moins de dix heures de ménage), à de plutôt bonnes places, et pour une fois que quelqu’un a eu envie de m’accompagner…
      Mais, c’est sûr qu’il y a eu crédit d’impôt en quelque sorte quand on sait combien les opéras nationaux sont subventionnés. « Un opéra populaire » était le voeux de Mitterrand. Je pense qu’il n’avait pas cela en tête…

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      1. Cécyle

        L’abonnement au PSG te coûterait quand même moins cher ! Et ça chante, dans les tribunes, avec de jolis torchons en guise de banderole ! 😉

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