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Peur @2

...Je discutais avec une collègue quand une autre est arrivée pour lui souhaiter une bonne soirée. La conversation s’est alors orientée vers la question du cambriolage, à la suite de celui vécu par une des deux. Elle avait retrouvé son appartement ouvert en revenant du travail, porte défoncée. En rentrant, elle avait découvert une montre par terre, puis en cherchant s’était rendu compte de l’ampleur du vol, essentiellement de bijoux. Outre la montre, une paire de boucles d’oreilles avait échappé au zèle des cambrioleurs.
Après la peur en pareil cas et les émotions difficiles à surmonter de cette irruption dans l’intimité, cette femme se disait qu’au final, les deux bijoux les plus importants, sentimentalement, la montre de son père et les boucles de sa grand-mère ayant été épargnées par hasard ou par leur peu de clinquant, ce qui avait disparu ne lui manquait pas et, du coup, circulait au lieu de rester au fond d’un tiroir.
Façon de dépasser l’événement ? Projection positive permettant d’avancer ? Quels que soient les motifs de cette manière de considérer les effets de ce cambriolage, nous sommes arrivées à parler d’attachement aux objets, du matérialisme, de don, de prêt, de recyclage, de partage… La distance avec le matériel, la circulation légale et pacifique des objets, l’ouverture à l’autre, nous ont semblé une voie, petite, étroite, simpliste, mais à la mesure de nos maigres moyens, pour lutter au moins contre les effets de la violence. Nous ne sommes pas assez utopistes pour croire que l’on puisse lutter ainsi contre la violence elle-même, c’est au moins un pas en ce sens.