Archives mensuelles : décembre 2011

Écrivaine @9

La TVA sur le prix du livre passe de 5,5 % à 7 %. Une misère ! Oui, la misère…
Les contrats d’édition assoient la rémunération de l’auteur sur le prix hors taxe du livre. Si les éditeurs décident ne pas modifier le prix de vente (ce que certains ont déclaré souhaiter faire), un livre vendu actuellement 5 euros sera toujours vendu 5 euros…
Mais sur ces 5 euros, 0,35 euro sera reversé à l’État sous forme de TVA au lieu des 0,275 euro actuel. C’est bien pour l’État, vous, moi. Moi ? Le prix hors taxes passe ainsi de 4,725 euros à 4,65 euros ; et comme la rémunération de l’auteur est basée sur ce prix hors taxe, ce sont bien les auteurs qui vont supporter entièrement cette hausse de TVA.
Ainsi, en 2013, je toucherai 0,465 euro brut (enlever 13 % de charges) sur mes livres vendus à 5 euros* au lieu de 0,475, soit une différence de 0,01 euro. Une misère ! Oui, mais une misère qui valide un principe : l’auteur est le dindon de la farce.

* Pour cession du droit d’édition, je suis rémunérée 10 % du prix hors taxe des livres publiés aux éditions gaies et lesbiennes, entre 4 % et 6 % sur ceux publiés chez KTM éditions.

Paris @14

http://www.paris.fr/loisirs/paris-au-vert/cimetieres/p1702Les cimetières sont parfois des lieux touristiques, notamment le Père-Lachaise. Ils sont le plus souvent considérés comme des espaces verts. Toutefois, il reste surprenant que, de ce fait, sur le site de la ville de Paris, les informations les concernant sont dans la rubrique… loisirs. L’enchaînement est : Paris Loisirs > Paris au vert >  Cimetières, allez bonne balade !

Kendo @4

Le jeudi, monsieur C. assure l’échauffement avant que mon sensei ne prenne la relève. Après ce petit quart d’heure intensif suivi d’un randori au sol avec Johnny, 17 ans, compétiteur tout en muscles et gentillesse qui veut m’apprendre le judo, je suis à bout de souffle. Je reste un peu sur le bord du tatami, le temps de me refaire une santé. Monsieur C. vient vers moi :
— Je vais te faire perdre du poids pour la compétition.
J’éclate de rire.
— La compétition ?
Il m’explique qu’il existe une compétition pour les ceintures de couleur.
— Mais je ne veux pas faire de compétition.
Il sourit, l’air de celui qui sait pour moi.
— Tu vas perdre du poids…
— Si vous y arrivez, monsieur C., vous êtes vraiment très fort !
— Je vais te faire transpirer. Tu verras…
— Chiche !
On rit tous les deux.
Mais pourquoi l’ai-je mis au défi ? Il est capable de tout, cet homme ! Même de me faire perdre les quatre kilos pris quand j’ai arrêté de fumer et que mon appétit incompressible de sucre maintient en l’état ?
Je vous dirai…

Grand homme @9

http://www.tnova.fr/note/pr-face-de-robert-badinter-limpostureJe profite de l’actualité, avec la préface de Robert Badinter au rapport de Terra Nova sur la politique de sécurité de Nicolas Sarkozy, pour évoquer mon admiration pour cet homme politique exceptionnel.
Non ! Pas Sarkozy !!! Badinter voyons, eh, un peu d’attention, on se réveille !
Voilà, un homme guidé par des valeurs, par l’exigence de l’intelligence et par l’inflexibilité de la défense du droit au service de chacun, du plus grand nombre et de la société. Souvent, il se retrouve seul à s’opposer à des décisions populistes inutiles, voire inacceptables.
J’invite à la lecture de ce texte, comme chaque écrit ou chaque propos de Badinter. Il y a une pertinence d’analyse, une cohérence d’argumentation et une défense du plus fondamental, bref l’essentiel.

Paris @13

http://www.paris.fr/pratique/voitures-deux-roues-motorises/autolib/autolib-c-est-parti/rub_10055_actu_109372_port_25190Le service Autolib vient d’être lancé. En regardant les conditions, j’ai découvert les tarifs. Il y a plusieurs formules, dont une annuelle appelée « Premium », déclinée en deux versions « Solo » et « Famille ». La première est plus chère que la seconde. On pourrait se dire que c’est une façon d’aider les familles, un geste social. Quoique, la note à ce sujet dans la présentation ne permet pas de comprendre clairement si l’abonnement est pour tous les membres titulaires du permis dans la famille ou s’il faut en souscrire un par personne. Pour le savoir précisément, il faut aller fouiller les conditions générales de vente.
En tous les cas, cette note stipule que « L’abonnement PREMIUM Famille correspond à une utilisation du Service par des usagers PREMIUM partageant la même résidence habituelle et souscrivant ensemble et simultanément audit service. »
Une famille est donc un groupe de personne partageant la même résidence habituelle et allant ensemble souscrire l’abonnement à Autolib… Exemples de familles : un couple d’homosexuels homoparents, une tribu de colocataires, un curé et une bonne soeur… Je me gare, pardon, je m’égare, ça c’était le duo fétiche des opposants au pacs.
Dois-je en conclure qu’il convient à une religieuse d’aller souscrire un abonnement avec ses sœurs de la même congrégation pour que toutes bénéficient de l’abonnement famille ? Notons que si elle y va avec ses parents, chez lesquels elle n’habite plus, elle ne pourra pas souscrire cet abonnement avec eux. Normal me direz-vous, elle les a lâchés pour épouser Jésus.
Décidément, Autolib est une révolution, non pas écologique, pas urbaine, pas économique, mais sociale !
PS : existe-t-il des Autolib version dodoche pour les porteuses de cornette ?

Sauna @11

En passant le plumeau, je suis tombée nez à nez avec Boudha. Vous vous souvenez de Boudha ? Il était censé m’apporter la prospérité amoureuse ! Il n’a pas été très efficace et m’a même placée dans des situations difficiles où j’ai dû gérer la violence d’autrui. Je l’ai pourtant épousseté et remis à sa place, entre deux bougies dans des verres peints de fausses icônes venues de San Francisco et une poupée en bois qui appartenait à papa. Il y a là aussi une tirelire faite dans un éclat d’obus par un de mes arrières grands-pères, quelques cailloux, un pavé que j’ai ramené de Prague… Une boîte de Kleenex et deux téléphones ! Juste au-dessus, Chicken run veille, suspendu à une lampe, et en dessous, un grigri grec parfait l’autel.
Boudha est tout de même bien entouré ! Je n’ai plus qu’à espérer qu’il fasse son office, le père Noël s’étant avéré défaillant ce qui n’a rien d’étonnant au vu de tout le mal que je pense de lui. Espérer… Est-ce que je le souhaite ? C’est une autre question !

Déo @5

C’est en regardant les publicités à la télévision, cette fois, que je découvre une chose absolument incroyable : l’ « essoreur » à cils ! Sur le site de la marque, il devient « essoreur-doseur » et consiste en un procédé « stretch » qui contrôle la quantité de produit sur la brosse d’un mascara. J’ai dû mal comprendre la publicité, j’avais entendu que c’était les cils qui étaient essorés, pas par une essoreuse, réservée à la salade, j’imagine, mais par quelque chose de beaucoup plus sérieux… barbarisme au masculin.
Mon anglais étant aussi faible que ma science du mascara, je me tourne vers Google traduction pour comprendre « stretch » : « s’étirer », dit-il. J’imagine donc qu’il s’agit de quelque chose de flexible ; je n’en comprends guère plus en dépit du schéma que le fabricant a bien voulu nous fournir pour attester du génie de son innovation. Jusqu’où ira-t-on pour vendre un produit déjà connu dans l’Égypte ancienne ?
J’apprends enfin sur la fiche produit que ce mascara « dramatise au maximum le regard »… Le mystère s’épaissit et l’essoreur n’y peut rien. Dis, Isabelle, pour Noël, tu me montreras un regard dramatique ? Si cela ne fait pas trop peur, bien sûr !

Couple @6

PiètaUn élément de la religion chrétienne me semble particulièrement étonnant…
Pour sauver l’humanité, déchue après la faute d’Adam et Ève, le premier couple, avec une sexualité explicite puisqu’ils ont eu des descendants, c’est un autre couple qui vient. Mais, il s’agit d’une mère… et son fils. Celui-ci se retrouve d’ailleurs le plus souvent à moitié nu dans ses bras (je ne parle pas de l’enfant dans les bras maternels, mais de la représentation en pièta). Entendons-nous bien, je ne veux pas sous-entendre qu’il y ait eu relation sexuelle, mais bien une relation charnelle, un rapport au corps. De quoi brouiller les esprits et provoquer chez certains le glissement de sens vers la dérive des sens, de La Passion à la passion de l’amour, non ?
NB : « passion » vient de « passio », c’est-à-dire souffrance en latin… aïe !

Canette @7

On a tous nos petites habitudes et moi, j’achète mon papier toilette chez Franprix car c’est là que je trouve du « super compact », très pratique à stoker dans mon petit appartement.
Je suis donc descendue dans la supérette en bas de chez moi où je ne fais d’ordinairement pas mes courses, juste pour cet achat le 12 décembre dernier (la date à son importance). À peine entrée, je tombe en arrêt devant une pile de galettes des Rois ! Un rayon plus loin, mon papier toilette préféré fait défaut.
J’envoie un texto à Sarah : « Il y a déjà des galettes des Rois, mais pas mon PQ. »
Elle répond : « Prends, c’est la même chose ! »
À mon tour : « Mes fesses ne supporteraient pas un tel carton-pâte ! »
Je vais dans un autre Franprix. Nouvelle pile de galettes et plus de papier toilette ! En fouillant un peu, je déniche le dernier paquet tout en haut d’une étagère. J’achète. Je rentre. J’ai Sarah au téléphone.
— Tu as acheté la galette ?
— Non, j’ai trouvé du PQ. Mais j’ai eu du mal !
Nous échangeons quelques propos convenus sur la société de consommation. Je m’indigne.
— C’est quand même plus important de trouver du PQ un 12 décembre qu’une galette des Rois !
— Tu pourrais faire un effort…
— Pas avec une galette !
— Qu’est-ce que tu peux être psychorigide !

Paris @12

http://www.ile-de-france.culture.gouv.fr/Dans ma jeunesse, on parlait de Paris et de la province. Peu à peu, le terme de « région » s’est substitué à province dans l’expression « en région ». Je trouve regrettable cette façon de parler de façon « politiquement correcte », car elle n’est pas juste.
Formatrice pour un ministère, je me plais à le souligner aux stagiaires, notamment en province, car je peux montrer le glissement. En effet, alors que l’expression s’est imposée pour contrer l’écho négatif, renvoyant à l’ennui et à un esprit paysan, voire étriqué, qui seraient associés à la vie hors de Paris et sa banlieue, elle manque un élément : Paris fait partie d’une région. Expliquer ce qu’est la décentralisation me permet au moins d’éclairer la confusion de l’emploi de « région » en citant les directions régionales situées à Paris ayant pour zone de compétence l’Île-de-France, qui n’est pas toujours un îlot.
Hélas, le plus souvent mon origine parisienne et ma vie à Paris font hausser les épaules à mes interlocuteurs, qui semblent penser qu’au fond, ce n’est qu’une façon pour moi de continuer à parler sans morgue, mais avec encore du mépris, de « province ». J’arrive parfois à être entendue, cela me suffit pour continuer l’explication de mots.