Archives mensuelles : septembre 2011

Arc-en-ciel @3

http://www.gayvox.fr/J’avais évoqué ici un reportage du site gayvox sur le tournoi international de Paris. Outre ma première remarque linguistique, j’ai été frappée par le contenu de ce qui est présenté comme « un week-end de sport ».
La vidéo dure 11 minutes 34. Or, il y est question de sport avec des images de compétitions, des entretiens avec des représentants associatifs et des athlètes, etc., pendant 4 minutes 47. Tout le reste est consacré à… la soirée. Il est notable que le présentateur est plus prolixe pour évoquer le spectacle donné par des sportifs à cette occasion. Il évoque ce moment « sous l’égide de la fête, du spectacle, du show, de la convivialité » et il y a de nombreuses images backstage et sur scène.
Même quand il s’agit d’un événement essentiellement sportif, ce sont les paillettes qui reviennent, comme à une marche des fiertés. Peut-on en être fier ? Pas moi !

Bigleuse @8

Isabelle me donne souvent les tee-shirts qu’elle ne porte plus pour ma collection de « tee-shirt pour dormir ». Sachant que je travaille chez moi, je suis souvent en tenue d’intérieur et en fait donc une grosse consommation.
Elle m’en a donné un récemment, rouge, avec un dessin bleu, que j’aime bien…
Il y a quelques jours, Sarah est passée pour m’aider à descendre des choses à la cave. Je portais ce tee-shirt.
— Mais qu’est-ce que c’est que ce tee-shirt !?
— C’est Isabelle qui me l’a donné.
— Tu as vu le dessin ? C’est un 69 !
— Ah ?
— Tu ne vas pas descendre à la cave avec ça.
Même maintenant que je sais ce que représente ce dessin, je ne le vois toujours pas sans qu’il ne soit, cette fois, question d’acuité visuelle mais plus de la manière dont j’appréhende l’image. Quant à Isabelle, elle a beaucoup ri à ce récit car elle, elle avait totalement occulté qu’elle aurait pu (dû ?) me prévenir.
Ah ! l’amitié.

Cuisine @3

À deux reprises ces derniers jours, je me suis surprise à un manque de vigilance intellectuelle qui m’a contrariée.
La première fois, c’était à propos de mon billet « Brosse @8 » ; Isabelle m’a dit avoir apprécié mon exemple sur le poids de la parole… et je me suis rendu compte que, dans mon analyse, j’avais considéré comme acquis, comme une « vérité historique », une « réalité physique et tangible », l’existence d’Adam et Éve. Cela ne change rien à mon argumentaire mais il me déplaît de céder ainsi à la « culture ambiante », de penser sans mettre en cause les outils mêmes avec lesquels je pense…
La deuxième fois, c’était à l’occasion de la rédaction d’un quiz des droits de l’homme sur lequel je travaillais pour ma section. Il s’agissait de rédiger des réponses un peu décalées. Et j’en ai proposé une sur le mariage entre personnes de même sexe. Je l’avais rédigée ainsi ; « Qui n’a pas le droit de se marier en France ? » et, parmi les réponses, il y avait « les homosexuels ».
Isabelle, que j’avais sollicitée, m’a fort justement fait remarquer que les homosexuels ont le droit de se marier… Ma question est donc devenue « N’ont pas le droit de se marier ensemble… » avec comme réponse possible : « deux personnes du même sexe ? » Et toujours grâce à Isabelle, la réponse « une vieille dame indigne et son chauffeur ? » est devenue « une vieille dame indigne et son photographe ? »
Verdict ? Merci Isabelle de maintenir mon esprit en éveil ! Oui, merci.

Pucer @5

Interception - Harrold, TexasJ’écoute plusieurs émissions en podcast, dont Interception, le magazine de la rédaction de France inter. Chaque semaine, un reportage porte sur un thème pendant quarante-cinq minutes. L’un d’eux s’intitulait Harrold, Texas : le colt et le cartable et narre l’idée du directeur d’une petite école de la campagne texane d’équiper certains professeurs… d’armes à feu. Si, si !
Les arguments sont présentés et discutés. Il s’agit, bien sûr (!), de protéger les enfants, en permettant aux enseignants d’abattre un éventuel tueur avant l’arrivée de la police. Les professeurs sélectionnés et entraînés ne sont pas publiquement désignés. Ainsi, seuls le personnel de la direction et le personnel enseignant savent qui est armé.
Cette confusion des rôles entre pédagogue et policier est pointée. Le shérif local dit qu’il soutient cette décision. Toutefois, il est tout de même réticent et quand il lui est demandé ce qu’il dirait si cela se généralisait dans son comté, il reconnaît « que cela ne [lui] plairait pas beaucoup ». Ouf, il y a des voix au moins un peu discordantes même au fin fond du Texas. Espérons qu’elles se fassent toujours entendre…
Pan !

Grand homme @3

Je ne suis pas une fan de Michel Serre que l’on entend souvent en entretien sur France Info. Je le trouve, comment dire… Je ne sais pas ; « cul-bénit » ? Il y a de ça. Mais comment dire une chose pareille d’un tel penseur ?
Après avoir lu l’entretien qu’il a accordé à Libération le 3 septembre 2011, c’est promis, je ne le dirai plus ! On y retrouve ce ton un peu « …-… », mais la bonté qu’il exprime n’a d’égale que l’intelligence qu’il a de l’évolution du monde. Il est si rare d’entendre un vrai discours progressiste qui n’encense pas le « bon vieux temps » !
Je vous invite à le lire ; ça fait du bien.

Course @15

C'est bucolique !À l’occasion d’une course à travers champs pendant mes vacances avec mes chaussures « pieds-nus », j’ai trouvé un nouvel argument en leur faveur : elles fleurissent ! Eh, oui ! En courant, les petites fleurs ne sont pas toutes écrasées et certaines viennent se loger dans les interstices. Courir et se retrouver avec une fleur entre les doigts de pied comme lorsqu’ils sont en éventail, cela prouve bien que c’est une façon de bien se détendre, non ?

Arc-en-ciel @2

http://www.gayvox.fr/J’ai découvert, sur le site de la FSGL, un reportage sur le tournoi international de Paris 2011 concocté par gayvox.fr. Il est globalement plutôt bien fait. Le tournoi est présenté comme représentant « des associations gays, lesbiennes et pas seulement ». Le hic est ensuite quand le même présentateur évoque les « gays et lesbiens ».
Les lesbiens ?!!! Comme nous le dit le dictionnaire Antidote, un Lesbien est une « Personne qui est née ou qui habite à Lesbos. » Voilà qui est assez restrictif relativement aux participants non gays du tournoi.
Ce qui me frappe est que l’expression revient deux fois et que personne n’ait remarqué cette sorte de « coquille » orale : outre le présentateur, ni le cadreur, ni le preneur de son, ni le monteur, ni quiconque ayant vu les rushes ou le reportage monté. Du moins, j’imagine que cela ne leur a pas sauté aux oreilles, car cela aurait pu être modifié d’une façon ou d’une autre.
C’est vrai que le site est gayvox, pas gayetlesbiennevox. Doit-on en conclure que non seulement les lesbiennes n’y ont pas de voix, mais qu’elles n’y ont pas non plus d’écoute ? Ah ! la fameuse lesbienne invisible n’est pas un mythe !

Croissance @1

De plus en plus souvent, nous entendons parler de pénuries de médicaments suite à la décision de tel ou tel laboratoire d’en faire cesser ou différer la production. Un récent article du Parisien sur le sujet m’a fait prendre conscience de quelque chose que je savais pourtant : on ne peut pas faire confiance à l’industrie capitaliste pour servir l’intérêt général.
Au-delà, ce qui m’a frappée, c’est de réaliser qu’un besoin aussi élémentaire que le médicament peut être soumis aux dures lois de la rentabilité économique. N’est-ce pas aussi le cas de l’eau, de l’énergie, des produits alimentaires, de… ? En effet. Alors pourquoi cet exemple m’a-t-il à ce point frappé ? Je ne sais pas mais depuis, j’y pense beaucoup.

Réclamation @5

On va vous faire aimer les retards de train...Lors de mon sixième trajet en train. J’avais pris un billet pour un train arrivant à 1 heure 18 du matin. Je m’étais dit qu’il était plus intéressant de profiter d’un peu plus de temps dans le sud plutôt que de tenter d’arriver avant le dernier métro, d’autant que j’avais pris de quoi emprunter un Vélib.
À mon arrivée à la gare de départ, c’était la grande pagaille. En raison d’incendies près des voies entre deux villes encore plus au sud, plusieurs trains avaient du retard (entre trente minutes et trois heures). Toutefois, mon train était prévu à l’heure, ouf !
Arrivée sur le quai, déjà assez peuplé, quelques minutes avant le passage du train, je regarde l’affichage des rames et me dirige au bon repère. Le train arrive bien pour un départ à l’heure et là, je me rends compte, comme les autres voyageurs, que les numéros ne correspondent pas du tout. Nous voilà repartis devant l’affichage de la répartition dont le contrôleur, un peu nerveux, sollicite par radio le changement.
Une fois la nouvelle donne affichée, je me rends donc à l’endroit indiqué, à la toute queue de la seconde rame du train, pas encore à quai. Je me place devant la potentielle voiture 11. Quelques minutes plus tard, cette rame arrive et… n’a que huit voitures. Remue-ménage et incompréhensions émergent et tout le monde s’interroge. En raison de l’emplacement des premières, dans une seule des rames, nous comprenons qu’elles sont inversées.
Après une migration difficile des uns et des autres, nous apprenons par le bouche-à-oreille qu’il y a aussi un problème de numéro et que la voiture 1 correspond en fait à la 11, la 2 à la 12 et ainsi de suite.
Bon, d’accord. Mais, là, problème : les portes ne s’ouvrent pas pour plusieurs voitures. Le seul contrôleur dans les parages n’en peut plus, craque, tape sur les portes du train et part tenter d’obtenir le nécessaire pour que nous puissions monter. Nous avons ensuite juste revu une contrôleuse, passée sans dire un mot en quête sans doute elle-même d’une réponse.
Là, le premier message concernant notre train est diffusé, annonçant qu’il sera finalement sur le quai D (inchangé depuis le début) et que le départ est immédiat. Ah ? Avec la majorité des voyageurs sur le quai ?
Après quelques minutes, nous pouvons entrer. A l’intérieur, il nous est indiqué que notre train va bien partir et n’aura comme prévu qu’un seul arrêt avant sa destination. Puis, deux minutes plus tard, il est annoncé qu’en fait, il y aura un arrêt non prévu et nous entendons le message dans la gare invitant les voyageurs qui se rendent à cet arrêt à se rendre sur le quai D, voiture 3 pour un départ immédiat.
Au final, nous sommes partis avec près d’une demi-heure de retard (quasiment répercutée à l’arrivée) et avons pu déposer les voyageurs à l’arrêt prévu à la dernière minute.
Heureusement, j’ai trouvé un vélo juste devant la gare et terminé les périples de mes trajets de vacances en pédalant tranquillement dans la nuit…

Miam ! @3

Je suis si bien dans ma musique… Si bien que parfois, je n’arrive pas à en sortir, comme là, alors que je suis attendue à déjeuner. Je chaloupe, je chante, je me nourris. Et qu’est-ce que c’est bon !
Pendant des années, je n’ai écouté que France info, la plupart du temps en fond sonore. La musique me renvoyait à des émotions difficiles à assumer. J’avais la sensation qu’elle me fragilisait. Et puis, je ne sais trop comment, je m’y suis « remise ». C’était il y a un peu plus de deux ans. J’ai découvert le principe de la lecture aléatoire, ai numérisé mes CD, en ai emprunté d’autres à la bibliothèque, écouté des musiques inconnues sur Deazer avant d’acheter certains morceaux, échangé avec des amies… Cela se limite à la « variété » mais un jour, je serai cap’ de réécouter le requiem de Mozart !
Et maintenant, je travaille en musique, je blogue en musique, je… Non, l’amour, je le fais en silence car c’est le corps alors qui fait son.
Pour écouter ma Playlist de travailleuse du texte, c’est ici.