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Indignés @1

J’attendais une opportunité pour parler des « Indignés », ces protestataires d’aujourd’hui qui se rassemblent sur les places d’Europe du Sud pour clamer leur indignation, avec l’opus de Stéphane Hessel en petit livre grège. Ce mouvement me laisse assez dubitative, non pas que j’en contesterais la légitimité mais parce que ses « bases politiques » me paraissent d’une légèreté absolue.
Le livre de Stéphane Hessel, d’abord, est d’une tristesse et d’une platitude à laquelle ce grand militant ne m’avait pas habituée. Je l’ai souvent entendu (nous étions dans la même section du PS à une époque avant de partager aujourd’hui le destin des Verts) ; son livre, pardon, ses quinze pages, sont indignes de ses combats passés.
Le discours qui entoure cette indignation, ensuite. « Plus de démocratie », « moins d’inégalités », « moins de », « plus de »… je suis d’une génération politique où l’on apprenait que ces combats-là, s’ils ne s’appuyaient pas sur une théorie politique, étaient par nature voués à l’échec. Une « théorie politique » ? Il s’agit d’un système de pensée à trois niveaux qui d’abord analyse la situation économique, sociale, politique, propose un contre-modèle global et des moyens d’action pour tendre vers ce modèle.
Qu’en est-il de ce mouvement ? Je prends juste un exemple, le prétexte à ce billet. Un article de Libération du 16 juin 2011 indique que les Indignés ont fait le choix de « l’insurrection citoyenne et pacifiste » (l’expression leur appartient). Eh bien ! voilà une formulation qui me paraît en dire long sur le degré zéro de la culture politique qui les habite. « Pacifiste » ; dans ce contexte, il me paraît évident qu’ils ont voulu dire « non-violent ». La nuance est subtile ? Elle fonde la gauche non marxiste ! Une broutille, j’imagine.
Pour ma part, la confusion est un casus belli, car pacifiste, je ne l’ai jamais été alors que la non-violence est l’essence de mon idéal politique. Une broutille…