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Ma nouvelle coupeFin juin, je suis allée chez le coiffeur pour ma coupe bimestrielle. J’avais rendez-vous avec Gwen que je choisissais depuis déjà plusieurs fois, au cours de ces dernières années de fidélité au même salon, un peu branché, dans le sillon de la renommée rock de son fondateur, mais restant bien agréable.
Je ne parle pas beaucoup chez le coiffeur, j’aime bien plutôt ce temps de repos. Les regards s’échangent, les sourires se donnent, mais le plus souvent peu de propos circulent. Bien sûr, selon les coiffeurs, c’est plus ou moins vrai. J’avais déjà un peu discuté avec Gwen, dont je me rappelais l’engagement humanitaire, mais en général, elle ne cherchait pas plus que moi à occuper l’espace sonore restant entre bruits de sèche-cheveux, papotages de clients, cliquetis des ciseaux…
J’ai un moment lancé une remarque sur le nombre de clients, lié me dit-elle à la période chargée juste avant les vacances. Puis, elle m’a annoncé que c’était, sans doute, une des dernières fois qu’elle me coiffait. Alors, la discussion a commencé, un peu à tâtons pour ne pas empiéter sur son choix d’en dire juste assez. Elle reprend des études, mais aime la coiffure, notamment dans les salons où « on apprend plein de choses et pas seulement des racontars comme on peut croire ». De fil en aiguille, nous avons parlé de son projet d’une autre corde à son arc, un diplôme d’aide-puéricultrice, pour quand elle reviendra en France, si elle ne reprend pas la coiffure. En fait, son projet est bien défini : un an de formation pour acquérir ce diplôme et partir travailler dans l’humanitaire comme elle le fait depuis des années, pendant ses congés, avec une ONG.
L’échange s’est prolongé sur le Mali, la situation politique, les différentes ethnies, l’humanitaire, son expérience, la malnutrition, la mort, la maladie, la relativité de nos soucis…
C’est la première fois qu’une coupe a duré si longtemps, que le salon semblait loin, que l’humanité était forte et belle…
En partant, je lui ai souhaité une bonne continuation. J’aurais pu lui dire que j’ai appris plein de choses, merci Gwen.