Archives mensuelles : juillet 2011

Élections @8

Je m’intéresse de plus en plus aux primaires socialistes et il semble d’ailleurs qu’il n’y ait pas que moi. Je me pose la question de savoir si je n’y participerais pas, considérant que j’espère que le candidat du parti socialiste sera présent au second tour de l’élection présidentielle et qu’alors, je voterai pour lui. Je suis certes adhérente de EELV depuis fin mai mais si la condition pour voter aux primaires socialistes est de faire partie du « peuple de gauche », l’un n’est pas exclusif de l’autre…
Alors ? Je ne sais pas encore (je crains surtout de heurter mes ex-camarades socialistes) mais si j’y vais, ce sera certainement pour soutenir Martine Aubry qui me paraît la plus à même de soutenir un projet « de gauche ». Je vous tiens au courant !

Note : On peut désormais, dans de nombreuses communes, s’inscrire en ligne sur les listes électorales.

 

Bonheur @2

VDMJe discutais avec une amie du site Vie de merde qu’elle ne connaît pas. Je lui raconte que j’ai passé un peu de temps dessus dans la journée et elle lance l’idée que c’est rire du malheur des autres. Nous convenons que non bien que le slogan soit presque hargneusement accrocheur. Chacun y raconte en peu de mots un événement de sa vie où il s’est retrouvé un peu (ou beaucoup) ridicule, honteux, embarrassé, voire blessé, ou dans une situation dont au final on peut rire, ne prêtant pas que cela à conséquence. Il s’agit surtout d’en rire ensemble et de relativiser, bien que forcément tout ne soit pas si simple à dépasser. C’est sans doute pour cela qu’il n’y a pas à ma connaissance d’équivalence avec des bonheurs. D’ailleurs, est-ce que cela aurait le même écho ? Le côté cathartique marche le plus souvent à plein. Partager ses petits malheurs, c’est aussi donner à voir à l’autre ce qu’ils ont de banal. Sans doute qu’arriver au bonheur, c’est pouvoir rire de ses malheurs, parce qu’au fond, tout cet ensemble est la vie, tout court.

Écrivaine @7

Ah ! les vacances...

J’ai passé une semaine de vacances (Isabelle veillait !) dans un camping avec un groupe de femmes ; cela n’a pas toujours été facile. Il y avait les personnalités de chacune bien sûr qu’il n’était pas toujours aisé de concilier ; il y avait aussi mon mode de vie solitaire (célibat et travail à la maison) qui, dans ce que j’en analyse, ne facilite pas mon intégration sociale.
J’ai ainsi eu quelques gros coups de blues, avec le sentiment que je serais définitivement si différente des autres (métier, handicap, mode de vie, façons de penser) qu’il me serait bien difficile de m’accorder avec quelqu’un. Ma tristesse était telle que j’en suis venue une après-midi à me demander si je n’allais pas rentrer à Paris. Seule, chez moi, je suis si bien !
Refuserais-je à ce point la confrontation avec autrui ? La question m’a effrayée et la tendresse des deux amies qui m’avaient accueillie dans leur mobile home a su très vite dissiper ma peur. Mes différences semblaient vivables à certaines ; mieux ! nos différences nous nourrissaient.
De retour chez moi, j’ai d’abord senti un vide ; difficile de ne plus partager son petit-déjeuner. J’ai fait un peu de sport puis je me suis mise au travail, écrivant un article de mon LexCy(que) en lien avec ces vacances ; et là, j’ai senti une espèce de force étrange, un peu comme une foi, une joie, un plaisir. Une semaine de vacances aura suffi car je le savais déjà, l’avais tant éprouvé, sans pour autant l’avoir aussi clairement dit : j’aime écrire ! Là est ma vie. Là est mon bonheur premier, ce qui m’équilibre avant tout, par-dessus tout.
La concurrence est rude, je m’en rends compte ; et j’ai les larmes aux yeux à poser ces quelques mots tant j’ai conscience que l’écart se creuse, tant écrire a une place particulière dans ma vie, tant cela me comble quand le vide se révèle, tant je crains que personne ne me fasse aussi radicalement cet effet-là, tant je sais que sans le monde, les autres, vous, je n’écrirais pas.
Écrire. Permettez-le moi.

Paris @7

Le Louvre sous la neigeAlors que nous nous promenions dans Paris et je m’exclamais sur « là, il s’est passé ça » de ma vie perso, Cécyle m’a fait remarquer qu’il y a pas mal d’endroits dans Paris qui me rappellent des souvenirs. C’est vrai qu’étant née dans la capitale, y ayant vécu toute ma vie, y ayant étudié et travaillé, j’ai de nombreux repères.
Je m’étais déjà fait la remarque de coïncidences, de lieux connus dans des circonstances et retrouvés dans d’autres bien des années après, de lieux bien connus un temps et dont je découvre bien après une rue à côté, donnant un autre point de vue sur ma connaissance du quartier, de lieux où convergent par hasard des noms liés à ma vie (le travail de l’un, l’appart d’un autre, un hôtel de passage d’un troisième).
Je ne me suis jamais penchée sur cette cartographie, mais j’y pense. Une sorte de parcours au sein d’une ville. Déjà, il y a un des chemins thématiques qui ressort : j’ai grandi à la lisière du 14e et du 13e, puis dans le 11e, puis le 10e puis le 19e : je remonte du sud au nord par l’est. Vais-je un jour continuer la boucler, voire la refermer ? Qui sait ?

Apéro @5

Ah, un cola !Je suis allée boire un verre avec Isabelle et une amie dans un bar où j’ai mes habitudes. Il est 21 heures 15 ; d’ordinaire, j’arrive à l’ouverture ; la barmaid me chambre gentiment sur l’heure… Nous prenons notre verre puis, vers 22 heures 15, je rentre dormir.
La barmaid, en me disant bonsoir…
— Tu pars déjà ?
— Oui, je suis fatiguée. Et je voudrais faire du sport demain matin.
— Ah ! d’accord; mais c’est bien, déjà, que tu sois restée aussi tard.
— Bien ?
— Oui, c’est bien, de se coucher un peu plus tard.
— Pourquoi ? Je me suis levée à 7 heures, j’ai savouré le calme de Paris, suis allée courir sous la pluie en profitant du silence encore, ai travaillé et apprécié ma journée. J’ai besoin de dormir. Le temps de rentrer, je serai au lit vers 23 heures 30, je ferai une bonne nuit et serai en forme demain. C’est aussi bien, non ?
— Vu comme ça…
Oui, vu comme ça… À une époque de ma vie, j’aimais goûter au silence du soir et me couchais entre 1 heure et 2 heures du matin. J’ai changé de rythme. Et en fin de compte, j’ignore ce qui est mieux ou moins bien ; ce qui me fait du bien, par contre, je maîtrise ! Et ce soir, je me coucherai tôt ; demain soir, j’ai judo !

Gamine @5

Je traversais l’autre soir le jardin du Luxembourg. À une croisée de chemins, je surprends la conversation entre deux jeunes hommes.
— Tu as de la chance d’avoir rencontré une nana qui aime les garçons comme toi, calmes, pas trop virils… 90 % des filles n’aiment pas ça, surtout celles qui sont jolies.
Misère !
Je sais qu’une des lectrices assidues de ce blog est une hétérosexuelle jolie. Aime-t-elle les hommes virils ? Mystère…

Soldes @3

Miam !Lors d’une discussion avec une collègue, nous évoquions le travail dominical. Je travaille un week-end sur deux dans un établissement culturel et cela me semble évident qu’il soit ouvert le dimanche. D’ailleurs, c’est une journée chargée. En revanche, je ne comprends pas le combat pour l’ouverture des centres commerciaux et grandes surfaces le dimanche. Ma collègue me dit alors qu’elle fait ses courses le samedi puisqu’elle travaille du lundi au vendredi.
En réfléchissant, ce qui me gêne est le passage entre faire les courses et faire du shopping. Faire les courses est utilitaire, nécessaire pour remplir les placards et le réfrigérateur. Faire du shopping est un but en soi, pour passer du temps, regarder ce qui est à vendre, peut-être acheter, éventuellement s’endetter… J’ai toujours du mal à aller dans des magasins pour même acheter des vêtements. L’idée d’avoir à chercher, choisir, essayer, se décider me freine. Je m’y résous quand il faut vraiment que j’aie une nouvelle paire de chaussures ou un pantalon remplaçant ce qui devient difficilement mettable. J’ai même là encore du mal, car très vite, je ne sais pas trop où aller.
Qu’un centre commercial puisse être un but réjouissant de promenade me dépasse. Plus jeune, c’était une sortie qui ne me rebutait pas autant dans le centre commercial pas loin de chez nous, mais c’était toujours dans un but particulier, pour répondre à un besoin, faire des courses. Pas loin de chez moi, vient de s’ouvrir un énorme centre commercial, Le Millénaire. Les entrepreneurs indiquent « Notre vocation : enchanter chacun ». Serais-je désenchantée ? Pour le coup, en ce domaine, cela ne me chagrine pas !

Aïe ! @2

Arteradio.comJ’aime beaucoup les podcasts d’Arte radio. Je suis abonnée depuis longtemps et découvre au fil des semaines des reportages, des expérimentations sonores, des œuvres de fiction… Autodéfense féminine est un reportage sur un cours d’apprentissage de gestes d’autodéfense pour les femmes par les femmes. La formatrice veut que les femmes retrouvent ainsi leur autonomie. Le contraste est souligné par le montage entre les propos et le contenu des cours.
Des élèves parlent de ce qu’elles retirent de ces séances. L’une dit penser à des gestes dans sa tête, par exemple un coup de talon dans le genou : « C’est aussi un mouvement qui me rassure énormément. Je suis persuadée que le genou n’est pas cassé et que j’aurais le temps de partir. » Une autre dit que pour elle l’autodéfense, c’est « d’arriver à avoir une telle confiance qu’en fait il ne m’arrive plus de situations de violence. » Il s’agit « de reprendre le pouvoir, reprendre sa place », « d’occuper cet espace qu’on ne m’a pas donné », « de se redonner confiance ». Il est dit « l’idée est vraiment de faire baisser la violence, (…) de pouvoir arrêter les situations dès qu’elles commencent à arriver ».
Les situations potentielles sont évoquées : l’homme collant qui veut embrasser une femme quand elle n’en a pas envie. Il s’agit de se défendre de ce qui peut arriver au quotidien, pas forcément d’une violence exceptionnelle. Voilà qui donne à réfléchir sur les rapports entre hommes et femmes telles que ces femmes les perçoivent et, hélas, sans doute, les vivent.

Bigleuse @6

La loi des séries…
Même si je travaille à la maison, ma vie sociale est riche, par mes activités associatives notamment. Je pense donc pouvoir dire que j’en ai croisé du monde en quarante-huit ans et des poussières et, même si je ne communique pas toujours sur le sujet, ma bigleuserie n’a jamais posé problème, au sens où depuis que je suis adulte, je n’ai pas senti être stigmatisée sur ce point dans mon « cercle privé ». Au contraire, les gens sont en général compatissants (un peu trop parfois) voire admiratifs de mon autonomie (ça, c’est quand ils arrivent à mesurer ma déficience visuelle, ce qui reste assez rare).
J’ai été pourtant, ces derniers mois confrontée à deux témoignages de la part de femmes qui m’étaient suffisamment proches pour que leur propos me secoue. La première, tout en saluant mon « courage » (je n’aime pas ce mot ; je ne suis pas courageuse ; juste je n’ai pas le choix) était très inquiète du fait de savoir si je la voyais assez pour voir combien elle était belle… La seconde trouvait ça « chiant » (citation exacte) d’avoir une copine malvoyante.
Ces deux considérations sont suffisamment énormes pour que je sois en mesure de considérer qu’elles ne doivent pas me toucher puisque cela en dit plus sur ces personnes que sur mon handicap ; mais j’en ai été touchée, et triste, et blessée. Par la première, car elle me retirait le « droit de voir », car je vois même si ma vue n’est pas la sienne ; par la seconde, parce qu’elle touchait à mon autonomie, à tout ce que je mets en œuvre pour que la plupart des gens n’aient pas même un doute sur mon acuité visuelle.
Impossible de traiter cela par le mépris, donc. Que faire ? J’ai rompu toute relation avec l’une et l’autre, l’une notamment pour cette raison, l’autre juste sur ce point, ce qu’elle n’a d’ailleurs semble-t-il pas compris (n’est-ce pas ce qui m’affecte le plus ?) Mais cela n’est pas suffisant. J’ai besoin de plus pour passer outre ces « blessures narcissiques » qui renvoient forcément à d’autres, plus profondes. Une bonne sœur coach (ça existe !) disait que le bien-être correspond à la manière dont on est capable de gérer sa souffrance…
Je gère donc et vais aller mettre tout ça dans mes Feuillets en plus de ce que je viens d’amorcer dans ce billet. Ils s’y prêtent et, en général, l’écriture a le don de me faire du bien. Marcher aussi. Il y a justement une amie qui m’attend rue Lafayette ; j’y cours.

Paris @6

Oh, la belle bleue !L’été, il y a beaucoup de travaux à Paris, c’est habituel. Dans mon quartier, un important projet est en cours depuis des mois des réhabilitations et, notamment, la destruction de la centrale de production de chauffage urbain de La Villette, adieu la belle tour blanche et bleue. Il y a aussi la démolition de l’intérieur de l’immeuble juste en face de ma fenêtre avec chute de gravats des étages dans la benne via des seaux en plastique, mais comme il est écrit dans le projet, il y a une charte pour éviter les nuisances et il est vrai que le bruit n’est pas si élevé relativement à ce qui est entrepris.
De plus, en ce moment, il y a bien moins de circulation dans la rue, de quoi dormir plus tranquillement. Mais s’ajoutent depuis peu des travaux dans la rue, trottoirs défoncés pour des changements de tuyaux j’imagine. Là, la charte a dû être bloquée (dans lesdits tuyaux) : l’autre jour, un jour de repos pour moi, les marteaux-piqueurs ont œuvré de 7 heures à 8 heures du matin uniquement. J’ai un réveil dont la sonnerie est composée de chants d’oiseaux et que j’entends souvent les vrais oiseaux du jardin juste derrière. Là, je n’ai pas eu besoin du réveil, d’ailleurs, je n’aurais pas pu l’entendre.