Cliché @3

Le Comte de Monte-CristoJe me rappelle un garçon qui fréquentait le Centre gai et lesbien lorsque j’y étais volontaire, il y a (oups) plus de dix ans ! Cela ne me rajeunit pas. Tiens, d’ailleurs, voici peut-être un signe que je vieillis : je lis plus de classiques, ceux au programme des cours de français.
Bon, je reprends, je me souviens donc d’un garçon qui utilisait des mots anglais avec un air de suprême sentiment d’avant-garde. Il y avait en particulier « open-minded » pour « ouvert d’esprit », « fashion » pour « mode » et « fashionable » à prononcer avec un pseudo accent anglo-américain. « C’est fashion ! » incarnait le nec plus ultra du branché, ce qui, par essence, était incompréhensible pour le bénévole lambda, impuissant à saisir la valeur de l’objet source de tant d’exaltation.
Le plus drôle est qu’en lisant cette année Le comte de Monte-Cristo, œuvre de Dumas achevée en 1844, j’ai rencontré les mots « fashion » et « fashionable ». Le dictionnaire indique pour ce dernier «[Vieux] À la mode.» (Antidote).
Plus de cent ans plus tôt, par goût des termes anglais, les cercles parisiens avaient déjà adopté « fashion ». Ceci avant qu’il ne tombe en désuétude, sans doute quand il est devenu trop… à la mode.

PS : Cécyle me signale que le Littré fait référence à fashion avec une citation de Charles de Bernard. Je ne savais pas du tout qui était cet auteur. Avec Wikipédia, j’ai appris que le roman, La cinquantaine, dont est issu la phrase, date de 1839.

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