Archives mensuelles : mars 2011

Apéro @1

Je suis toujours très surprise de la consommation d’alcool des filles dans les bars et les soirées. J’ai eu bu, comme dirait le roi, mais je n’ai jamais eu besoin d’alcool pour faire les yeux doux à une fille ou tout simplement lui parler. Car ce sont là les arguments généralement avancés, avec ceux de type, de « t‘es pas drôle si tu ne bois pas ». Bien sûr, chacune fait ce qu’elle veut mais je remarque que rares sont les filles (et les garçons !) dont le comportement ne change pas dès le premier verre : voix plus forte, débit plus rapide, pensées moins aiguisées, et, plus tard dans la soirée, gestes moins précis, tendresse moins prégnante… Je me sens alors en décalage et c’est à ce moment-là que je m’ennuie, quand l’alcool emporte l’autre loin de moi qui ne bois pas.
Peut-être est-ce mon propre seuil de tolérance qui baisse. Je ne le nie pas mais je voudrais parfois militer pour ces filles qui ne sont pas spécialement friandes d’alcool et qui prennent une bière histoire de ne pas paraître pour des gourdasses coincées du cul. Oh ! pardon. Je parle mal et je suis pourtant à la camomille ! Quand je me désinhibe, ça donne quoi ? Mieux vaut ne pas chercher à imaginer.

Brosse @4

Sur un site communautaire LGBT que j’aime bien, un pique-nique est proposé. En illustration, la photo d’un bel ours attablé à une table de pique-nique. Quelques commentaires sont faits sur l’ours… J’enchaîne en inversant les genres et en saluant le caractère sexy de l’oursonne. Aussitôt, un garçon réplique que « Madame avait oublié de se pomponner » et d’affubler la bête de nœuds roses dans les cheveux.
Je suis certaine qu’il n’a pas perçu le caractère fondamentalement sexiste de son commentaire, invitant le genre féminin à se « pomponner » avec des rubans roses. Il aurait pu tout aussi bien lui coller une casserole entre les pattes… Ma réponse a été « Et moi qui croyais que les nœuds roses étaient réservés aux garçons !? » ; je ne pouvais pas faire moins. Et je rêve d’un jour où, chienne que je suis, je pourrai baisser la garde.

Hétéro @3

Mon Petit LapinJ’ai la chance d’avoir des amis hétérosexuels. J’ai même des amis hétérosexuels masculins. Je le précise, pour dire combien je ne suis pas une lesbienne séparatiste. Il se trouve donc que j’ai les deux (des amies hétérosexuelles et des amis hétérosexuels) et j’en suis ravie. Je dois dire que je n’ai pas tant d’amis que cela, je ne galvaude pas le mot.
L’un d’eux travaille avec moi. Il est assurément hétérosexuel, nous en avons déjà parlé et il n’a aucun doute sur le désir qu’il peut ressentir pour les femmes et qu’il ne ressent jamais pour les hommes. Il n’y a aucune ambigüité entre nous. Bien plutôt, nous en jouons et pouvons dormir sans inquiétude dans la même chambre, cf. Lens @1.
Le plus amusant est que c’est grâce à lui que j’ai eu l’info d’une programmation exceptionnelle de films et reportages relatifs à l’homosexualité sur Arte. Il a même gentiment cherché plus d’informations pour me les envoyer et du coup m’a fait parvenir le lien d’un journal gratuit… gay.
Je profite de ce billet pour un clin d’œil et un hommage à cet ami de ma vie en Hétéronomie.
Coucou Mon Petit Lapin !

Élections @3

Les voix deviennent de moins en moins intelligibles dans le brouhaha médiatique. Les programmes constructifs, les propositions utiles, concrètes, intelligentes ne percent plus que difficilement les hurlements des loups populistes ou les grognements des cyniques démagoges. Élections, pièges à sons ?

Rencontre @1

Avec Isabelle, nous échangeons beaucoup sur la question de la rencontre. C’est un peu personnel pour que le plus croustillant soit publié ici. Je veux juste poser une question, si récurrente : pourquoi, après une soirée chaleureuse, et l’initiative d’un texto ou d’un mail gentil qui dit simplement que la soirée était agréable, on essuie si souvent une non-réponse, que l’on interprète comme la marque d’un désintérêt et que plus tard une explication infirme en arguant une simple négligence ?
À écrire la question sous cette forme, une seconde point : comment l’intérêt et la négligence peuvent cohabiter ? Le bogue est certainement là et finalement, le tri est fait. Au moins pour moi.

Allez ! Petit lot de consolation… Joli p’tit lot ?

Tonton @1

Une amie a eu l’attention de m’offrir (pas pour Noël) François Mitterrand de Florence Pavaux-Drory et Fabien Lecoeuvre.
Même si je suis tontonmaniaqueàdonf — une maladie pas si rare, surtout en ces temps de pitoyosarkosie, et qui ne se soigne pas —, je dois avouer que la soupe est particulièrement bien servie à feu mon président, le grand. Qu’importe ! Le livre est chargé de souvenirs, d’émotion, que l’inclusion de fac-similés de documents renforce.
Et c’est ainsi que je suis tombée sur la profession de foi du candidat Mitterrand aux élections présidentielles de 1965, un texte incroyable d’actualité dans ses analyses et ses propositions ! Je peine à choisir un extrait… Allons-y sur les impôts, puisque le sujet est d’actualité :
« Quant aux étudiants, aux vieux, aux anciens combattants, aux handicapés, à tous ceux qui n’intéressent pas l’économie de profit, ils ont été tout simplement oubliés. Sans compter les rapatriés qui attendent encore leur juste indemnisation.
« La répartition de l’impôt qui pèse davantage sur les rémunérations du travail que sur les autres revenus aggrave nos injustices. Un certain allègement de la charge fiscale pourrait aussi rendre l’élan à notre économie. »

Métro @1

Métro, boulot, dodoL’autre soir, en rentrant du travail, j’étais comme d’habitude dans la rame de tête du métro me ramenant chez moi. J’ai entendu des bruits assez caractéristiques… : quelqu’un vomissait par terre. Le malade est sorti à la station d’après et tout le monde a eu le droit aux odeurs et au spectacle de ce qui restait.
Je descendais quelques stations plus loin. Sur le quai, j’ai tapé au carreau du conducteur. J’ai attendu un peu, avec l’impression que dans la cabine, je devais faire l’objet d’une « vérification ». Une femme a ouvert, aimable, mais avec l’air fermé montrant qu’elle se demandait ce que je lui voulais. Je lui ai alors simplement signalé qu’une personne avait vomi dans la voiture de tête. Elle a alors souri en me remerciant avec reconnaissance, précisant que du coup elle changerait de voiture au terminus. Au moins, les prochains voyageurs n’auront pas eu cette compagnie pas très agréable.
J’ai pensé à prévenir dès que c’est arrivé. Le plus étonnant pour moi est que personne ne l’ait fait et à la vue la réaction de la conductrice, j’ai conclu qu’effectivement, c’était plutôt rare…

Élections @2

Une dizaine de jours avant les élections cantonales, j’ai eu la surprise d’avoir au bout du fil un employé d’un grand institut de sondage qui souhaitait m’interroger sur mes opinions politiques. C’était la première fois que cela m’arrivait et j’en ai été d’emblée ravie.
Je me suis concentrée sur les questions, me suis régalée à exprimer tout le mal que je pense du président de la République, du gouvernement et de leur mauvaise politique. J’étais parfois contrariée de ne pas pouvoir développer, ou de devoir répondre en validant de fait certaines « expressions courantes » que d’ordinaire j’évite d’utiliser car je les trouve réductrices. Je n’ai malheureusement pas d’exemples à fournir… J’étais trop concentrée pour me souvenir de quoi que ce soit de précis.
Le sondage a duré une petite quinzaine de minutes, assez denses. Il s’est fini par une petite série de questions sur le fait que je me sente belle ou non (j’ai répondu oui sans hésiter) et une autre sur ma connaissance des chaînes de télévision dédiées au football (j’ai de répondu que je ne savais même pas que ça existait). Quand j’ai raccroché, j’étais vidée mais heureuse.
J’avais le sentiment d’avoir voté, moi qui, Parisienne, suis privée de cantonales. Bonheur !

Canette @3

Sacrée pédale !L’introduction du Vélib est à mon sens une bonne idée pour de multiples raisons : pratique, utile, redonnant le goût de la pédale ou permettant de le confirmer, développement lié des pistes cyclables… Certes, de nombreux points négatifs sont aussi à prendre en compte : objet de la propension endémique au vandalisme et au vol, exacerbation chez certains du sens de la propriété de ce qui est commun, ou à l’inverse du respect « forcément » relatif de ce qui est commun, comportements stupides, égoïstes, dangereux de certains cyclistes, accord avec une société commerciale bénéficiant en échange d’arrangements pour un marché publicitaire…
Au bout du compte, je considère que le positif l’emporte et je suis très contente de pouvoir rouler en Vélib. Mon vélo me sert toujours, mais plus pour les mêmes sorties. Le souci est parfois de trouver un vélo disponible en état de rouler. Quand c’est le cas, la contrainte de temps d’une demi-heure « gratuite » (sans facturation supplémentaire est plus juste) d’utilisation induit un comportement rationnel de « bonne gestion » du temps.
Pour y être née, y avoir vécu, y avoir beaucoup circulé, j’ai toujours considéré que Paris est une ville à dimension pédestre, d’autant plus accessible à vélo. Il est possible de sillonner la ville, mais cette fois avec une donnée supplémentaire : comment se garer en utilisant au mieux le système ? Samedi, grosso modo, de Bel-Air à Ourcq, je suis rentrée en moins de trente minutes, précisément en : vingt-neuf minutes et cinquante et une secondes… et sans rouler sur les chapeaux de roues, je vous jure M’sieur l’agent !

Nuage @2

Je connaissais déjà cette expression chère aux voyageurs qui accumulent les destinations comme d’autres fréquentent les boutiques, en purs consommateurs : « J’ai fait le [nom du pays, de la ville ou du monument] ». Dans le métro, mardi 15 mars 2011, sur la route du judo, version parisienne de la route de la soie, cela a donné l’échange suivant entre trois sexagénaires actives :
— J’ai fait le Japon, plutôt le Sud l’année dernière.
— Mais tu sais que j’ai fait le tremblement de terre en Turquie cet été ?
Heureusement, leur troisième copine n’a pas rajouté « Et moi j’ai fait Tchernobyl ! » car là, c’était direct Taï Otoshi avec Juji gatame à suivre au sol.
Matte !