Archives mensuelles : février 2011

Pucer @2

Un braqueur vient de donner à tous les militants des droits de l’homme (dont je suis) la solution qu’ils attendaient pour protéger leur vie privée du regard indiscret des caméras : le parapluie. (Le Parisien, 15 février 2011).
Dès que les caméras seront installées dans le hall de mon immeuble, je ne sortirai donc plus sans mon parapluie et ferai mes petites affaires clandestines bien cachée en dessous : me mettre les doigts dans le nez, sucer des bonbons sans en donner aux enfants, embrasser les filles, écrire « PD Moulin » sur la porte de l’ascenseur, décoincer l’élastique de ma culotte coincé dans mes fesses, lire ma liste de commissions sans mettre mes lunettes, cracher dans mon mouchoir, discuter avec Caddie, tirer la langue dans le dos de madame M, bomber la caméra, … J’en oublie certainement.

Gamine @3

Attention : meurtre à l'hôpital !Dimanche dernier, j’ai participé à un jeu de rôles mettant en scène une enquête policière. Personne n’a trouvé qui était coupable, notamment parce que c’était une femme enceinte et, comme l’a reconnu franchement un participant, on n’imagine pas une femme en pleine grossesse (en plus ici le personnage était à neuf mois) en meurtrière. Du coup, son amant était soupçonné. La seule fois où la discussion devenait dangereuse pour elle, elle a joué le déclenchement de l’accouchement  et s’est retrouvée avec un poupon dans les bras !
L’histoire a quand même une morale : elle pensait tuer son mari impuissant pour toucher l’assurance vie et vivre sa passion avec l’amour de sa vie, père de son enfant et accessoirement frère jumeau de l’époux légitime. Manque de chance, elle tue par mégarde celui qu’elle aime et avoue par erreur ses sentiments à son mari en croyant parler au frère. Insoupçonnable peut-être, mais sacrément punie certainement !

Brosse @2

Une partie des membres de mon club de judo va participer aux 10 km du 19e, en mai. J’avais assez envie de faire cette course, ne serait-ce que pour partager ce moment avec mon club. Isabelle était prête à me prêter main-forte en me servant de guide et en m’accueillant sur son canapé, tête dos à la fenêtre pourtant. Après réflexion, j’ai renoncé : je ne connais pas le parcours, ni ma capacité à courir 10 km en situation de course. Je n’ai pas non plus l’habitude de courir avec Isabelle, la foule me stresse un peu, le dépaysement… J’ai les pétoches. Ce n’est pas grave. Ce n’est pas si mal que je reconnaisse ma limite.
J’en parle à l’un des entraîneurs de mon club. Il argumente :
— Il y aura pas mal de gars du club, on court ensemble… et XY que je viens d’inscrire, qui est malvoyant.
On discute un peu. Il insiste et sort l’ultime argument :
— XX (une fille donc) doit s’inscrire aussi.
Ah ! s’il y a une fille, je devrais pouvoir le faire, alors, surtout si « les gars du club » et « un malvoyant » ne suffisent pas à rendre la course abordable pour moi !
Ce qui m’amuse, dans cette affaire, c’est l’ordre des arguments, bien sûr mais surtout comment cet ordre me positionne : je suis malvoyante avant d’être une fille comme si le handicap, en fin de compte, était moins invalidant à ses yeux que mon sexe.
J’exagère ? Je crains malheureusement que non.

Caprice @1

" Rouge caprice" d'Helène de RouxCécyle m’a prêté le DVD d’un court métrage que j’ai beaucoup aimé : Rouge Caprice réalisé par Hélène de Roux. Y sont évoqués les caprices d’une comédienne. En y repensant, je me dis qu’il est rare que les caprices soient attribués aux hommes, du moins le plus souvent que pour deux catégories d’entre eux : stars et gamins (vous savez les sales gamins…).
Dans le langage populaire, les femmes peuvent être capricieuses à tous âges. Elles sont paraît-il notamment sujettes aux caprices pendant leur grossesse. Les caprices sont des envies soudaines, imprévues, passagères. De leur côté, les hommes vont plus facilement être considérés comme caractériels. Cela renvoie à une mésadaptation sociale.
Faut-il comprendre que les femmes ne peuvent qu’être objet de leurs désirs, alors que les hommes sont des sujets seulement en décalage avec la société ? D’ailleurs, il n’est pas rare que les homosexuels un peu efféminés se retrouvent taxés de capricieux, alors que les lesbiennes peuvent être taxées de caractérielles pour les renvoyer à la masculinité.
Je le sais d’autant plus que j’en ai fait les frais professionnellement. Des personnes m’ont  collé l’étiquette de caractérielle avec des arguments (stricte, procédurière., pointilleuse..) n’étayant objectivement en rien l’adjectif. Ainsi, j’ai découvert une nouvelle voie que pouvait prendre l’homophobie. Pour certains, les homosexuels ne sont pas considérés comme socialement adaptés. Parfois, ils peuvent en être fiers vu la société proposée.

Dixit @1

Je lis dans un texte de la Ligue des droits de l’homme relatif au projet de loi bioéthique (décembre 2010) :
« La Ldh a pris position pour l’extension de l’AMP au-delà du seul couple hétérosexuel médicalement stérile (ou dont l’un des membres du couple est susceptible de transmettre une maladie grave au conjoint ou à l’enfant à naître). Elle regrette donc la frilosité du projet de loi à cet égard. »
« Au-delà du seul couple hétérosexuel » ; l’expression me fait tiquer. Précaution oratoire ? Euphémisme ? Manière habile de ne pas écrire « homosexuel » sans les exclure totalement ? Je l’ai cru à la première lecture mais ce « au-delà du seul couple homosexuel » continue en « médicalement stérile » pour ne former qu’une seule expression : il peut donc d’agir de couples hétérosexuels non stériles, de célibataires toute orientation sexuelle confondue, ou de couples homosexuels. Belle expression au final. C’est toujours agréable de croiser des organisations militantes qui savent encore manier les mots.
Cela tombe bien d’ailleurs : j’en suis membre, de la LDH, et j’en profite pour vous inviter à nous rejoindre. Les droits de l’homme ont besoin de toujours plus de défenseurs. Allez ! Il ne faut pas renoncer.

Peur @1

Bouh !Dans mon enfance, l’appartement était assez grand pour loger toute la grande famille que nous formions. J’étais la plus jeune et peu à peu, les uns et les autres sont partis. Je n’étais jamais complètement rassurée pour dormir quand l’appartement était vide de toute présence autre que la mienne. Dans l’enfance, j’avais comme beaucoup d’enfants peur de ce qui pouvait surgir du dessous du lit. En grandissant, j’ai pris l’habitude de dormir en ayant le moins possible une porte ou une fenêtre derrière la tête. Lorsque j’ai dormi sur une mezzanine, je pouvais y déroger, car du coup, il y avait une distance et je n’avais pas une ouverture potentielle juste derrière mon crâne. Pour les autres lieux où j’ai vécu, j’avais spontanément placé le lit dans une position où je pouvais voir porte et fenêtre.
L’habitude est restée et je croyais que c’était enraciné comme une peur. Pourtant, pour des raisons notamment pratiques, j’ai effectué des changements dans mon appartement. Du coup, je dors dans une pièce où la porte est en arrière de la tête du lit. À mon grand étonnement, j’ai réussi à très bien y dormir, sans même trop y penser. Parfois, pas besoin d’années de thérapie pour se déprendre de ce qui semble entraver son bien-être. Il suffit d’essayer et ce peut être le bon moment pour simplement endormir ses peurs.

Changement @1

Changer de voie...Récemment, je discutais avec une collègue qui va bientôt changer de travail. C’est un grand pas, car elle ne pourra pas revenir en arrière et réintégrer la fonction publique. Elle était détendue, sereine, heureuse. Elle s’est décidée récemment et assez rapidement. Dans la discussion, elle me dit qu’elle a fêté ses cinquante ans l’an dernier et que cela a coïncidé avec de nombreux changements dans sa vie : déménagement de ses filles, vente d’un appartement et achat d’un autre en province, décision pour ce changement de travail… Elle ajoute « il n’y a que le mari que je ne change pas ». Je lui ai demandé s’il est flatté d’être le seul à rester. Elle m’a répondu « oui ! » avec un grand sourire.  Il avait bien pris la mesure de cette exception dans la vie d’une femme en pleine évolution et qui en est rayonnante !

Pédé ! @3

La revue de presse de Media-G.net observe, autant que faire se peut à une petite main et demie, comment la presse papier traite de l’homosexualité. Dans le cadre de cette observation à fins de compilation, je suis tombée sur un article du Parisien du 10 février 2011 où il est question du spectacle de théâtre de boulevard que Laurent Ruquier consacre à l’affaire « Bannier-Bettencourt ».
Dans le début de l’article, je lis : « Dans un salon tout en dorures et tableaux trône un canapé carmin en forme de lèvres. Confortablement assise, Marianne Caquencourt (Catherine Arditi) interpelle Jean-Florent Marnier (Ariel Wizman) : (…) « (…) » rétorque le dandy. »
Je me trouve ici devant un de ces cas d’espèce qui alimente certains de nos échanges avec Isabelle. Peut-on considérer que « dandy » est ici synonyme d’homosexuel, une façon de dire sans le dire que Jean-Florient, à l’instar de son inspirateur, est pédé ? Je pose la question à Isabelle. Elle me répond : « Je ne suis pas d’accord. Ce peut très bien être un hétéro. Le dandysme était une posture esthétique pour hétéro et homo et j’aurais tendance à dire beaucoup plus pour hétéro. »
Sur le fond, elle a raison ; et les dictionnaires que je consulte vont dans ce sens. Pourtant… Je tente d’argumenter, invoquant le contexte. Isabelle ne veux rien savoir — elle est si sévère, parfois ! N’y aurait-il personne pour me sauver ? Eh bien si, il y a : Madame H. Dans son Petit Madame H illustré, elle écrit « Dandy : Folle chic. » Ouf ! Et même si c’est sans doute trop allusif pour se retrouver sur Media-g, comme le dit Isabelle, au moins j’aurai trouvé un usage homocentré de « dandy ». Quand même !

Écrivaine @2

Isabelle m’avait signalé une série du Monde des Livres intitulé « Les romanciers ont-ils tous les droits ? » et consacré à l’utilisation de personnes vivantes dans un roman en guise de personnages. J’aurais pu y consacrer un développement dans notre série sur le caviardage (« Caviardage @1 » et « Caviardage @2 ») puisque la question revient à se demander jusqu’où ne pas aller.
Je préfère en tirer cette citation de Christine Angot, dont je trouve particulièrement juste le début, l’opposition entre « dire les choses » et « dire quelque chose » :
« Il ne s’agit pas de « dire les choses », cette expression tarte à la crème de la sociologie médiatique, mais de dire quelque chose, le montrer sans l’asséner, le faire se dégager de l’ensemble du livre, en apporter une preuve autrement plus forte qu’un vulgaire témoignage improvisé et prétendument sorti du cœur, ou au contraire bien étudié et sorti du cerveau. » Le monde des Livres, 13 janvier 2011.
Je ne commente pas plus. J’ai juste envie de gager que mon travail illustre la citation. Je suis une prétentieuse, c’est connu !

Délice @2

Il n’y a pas que le judo qui procure du plaisir. Je sens venir les soupirs de soulagement… Il y a aussi, au hasard d’une promenade dans une ville d’où l’on n’est pas, un graffiti, posé par une main anonyme sur un rideau de fer.
Je vous présente Gouinella, The Queen of Lesbians, comme c’est écrit sur le rideau !

Je suis fière avec elle. Merci pour cette autre photo.