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Noël @5

Ah, Noël ! Chaque année, quelques semaines avant la date fatidique, cette belle fête est encensée comme un moment privilégié de l’unité familiale dans la joie. Que de kilomètres ne faut-il pas parcourir en porteurs de cadeaux arrachés de haute lutte en grands magasins, par de nombreux clics sur internet et surtout de multiples ponctions sur le compte en banque, pour pouvoir rejoindre les agapes, les plaisirs, voire osons, les bonheurs de la réunion familiale. Les plus malheureux restent finalement ceux qui doivent sacrifier le réveillon du 24 pour se contenter du déjeuner du 25.
C’est dans l’esprit de concorde qui m’habitait forcément en cette période de communion des êtres autour de la naissance des centres commerciaux, euh pardon de Jésus, que j’ai eu l’occasion de vérifier à deux reprises la véracité des assertions populaires autour de Noël.
Vendredi 24, après une journée de travail et un dîner dans un restaurant japonais avec une amie amatrice d’algues, mon retour en métro a été troublé par un échange assez vif entre une mère et son fils, adolescent d’environ seize ans. Les premiers mots qui m’ont tirée de ma lecture ont été « Petit prétentieux. Tu n’es qu’un petit prétentieux. Je pourrais même dire que tu es un petit connard ». La mère parlait d’un ton sec, un peu fort, mais sans s’énerver. Son rejeton ne répondait que mollement. Aucun ne se regardait. Il ressortit de la discussion que le fils avait répondu au père et qu’il s’y opposait fréquemment. La mère continua « Tu es impatient. Quand tu es contrarié, tu te conduis comme un connard. Même si ton père peut s’emporter, tu as tort. » Pour être en phase avec la célébration du moment, elle ajouta « Et si tu continues, ton cadeau de Noël, tu vas pouvoir te le mettre au cul… »
Le lendemain, samedi 25, jour béni tant attendu, j’étais allongée dans un repos très attendu aussi suite à une journée de travail terminée avec un certain mal à la tête. Aucun alcool ne pouvait être incriminé puisque je n’en avais pas bu depuis plusieurs jours. Quoi qu’il en soit, j’étais en silence dans le noir quand des éclats de voix de chez mes voisins me tirèrent de ma torpeur. Je n’entendais qu’une femme, l’homme lui répondant étant trop loin pour que je comprenne ses propos. Là encore, Noël fut convoqué « C’est Noël alors arrête de faire chier tout le monde. » L’échange se termina par un lapidaire et efficace « Ta gueule ! ».
Ah, Noël ! Certains ont une interprétation toute particulière des accessoires traditionnels : les uns enguirlandent et les autres ont les boules.