Archives quotidiennes :

Mère porteuse @1

No foot last night...Dans le débat sur les mères porteuses, oups !, pardon, la « gestation pour autrui », je n’arrive pas à accepter les discours en banalisant le principe. C’est, sans doute, lié à un reportage que j’ai vu, il y a bien des années. Une femme enceinte d’un enfant destiné à un autre couple en parlait devant ses propres enfants.
Les arguments des uns et des autres portent sur la mère biologique, les parents d’accueil, l’enfant conçu… Ils ne sont pas exempts d’impératifs ou de considérations psychologiques induisant des conduites à tenir. Le choix de la mère biologique devrait privilégier une femme ayant ses propres enfants pour qu’elle ne s’attache pas particulièrement à celui à venir. Le célibataire ou le couple d’accueil devrait entretenir des relations avec la mère biologique. L’équilibre de l’enfant à naître est au cœur de nombreux échanges.
Le reportage montrait cette femme enceinte avec ses enfants autour d’elle, de maximum sept ou huit ans. Je me souviens avoir ressenti une profonde douleur et une interrogation : qu’est-ce que cela m’aurait fait si ma mère avait été enceinte pour céder (donner, vendre, offrir, peu importe le terme ici, le choix est tellement idéologique en soi que c’est un autre débat) l’enfant à venir à quelqu’un d’autre ? Comment aurais-je supporté que pour ma mère un enfant venant de sa chair ne soit pas unique ? Comment vivre en s’imaginant que cela aurait pu être moi qui aurais pu être donnée à une autre famille ? Comment faire confiance à cette femme, à son prétendu amour, à ses mots doux ? Pourquoi pas moi ? Si l’un d’entre nous peut partir de la famille alors c’est qu’il importe peu qui est chacun individuellement.
À chaque fois que j’entends évoquer le sujet, je ressens cette interrogation douloureuse et je la vis comme l’expression de la toute-puissance du « désir d’enfant » relativement à la quantité négligeable du sentiment d’un enfant. Peut-être que des psychologues et des sociologues argueront qu’ils n’ont jamais constaté de désordre lié à un tel ressenti. Que je l’ai senti m’interdit d’accorder la moindre parcelle d’acceptation pour cette gestation pour autrui.