Thalasso-« thérapie » @1

Nous passons, avec Isabelle, une semaine dans un centre de thalassothérapie. Ma première matinée de « soins » m’a laissée perplexe, tant sur l’intérêt thérapeutique de la chose que sur la nature exacte du plaisir, pardon, du « bien-être » — c’est l’intitulé de notre « cure » — que l’on peut en tirer.
J’ai commencé par un « modelage sous affusion ». À notre arrivée, nous avons demandé ce qu’est un « modelage » ; « C’est un massage mais le terme est correspond à un acte médical réservé aux kinésithérapeutes. Nos hydrothérapeutes pratiquent donc des modelages. » Dont acte. « Sous affusion » ? Antidote me sauve : « Aspersion d’eau sur une partie du corps à des fins thérapeutiques ».
Je me suis donc retrouvée dans une pièce plongée dans la pénombre, nue, allongée sur le ventre, sous une rampe m’aspergeant d’eau de mer chaude, deux mains enduites d’huile parcourant mon corps de pied en cap, méthodiquement, sans pour autant exercer une pression suffisante pour que j’aie l’impression d’être massée. Normal, ce n’était pas un massage… mais un « soin », tout de même. Un « soin »… Je peine à qualifier ainsi deux mains qui ne font pas autre chose que des « papouilles » que d’autres mains, que je ne paie pas, d’ordinaire me font tout aussi bien — voire plus car affinité !
Je sais, j’induis là quelque chose d’assez « grave » : mon hydrothérapeute, elle, pratique clairement un soin ; elle est payée pour ça et ne peut — ne doit ! — imaginer qu’elle fait autre chose. Si c’était le cas, cela lui serait inacceptable. Mais la « cliente », le « client » — car étrangement, dans ce lieu de « soins », les patients sont appelés « clients » par le personnel… —, quel plaisir y trouve-t-elle t-il ?
La lesbienne que je suis a été avant tout mal à l’aise car je ne fantasme pas sur l’hydroérotisme, fut-il enrichi aux algues. Mais pour une femme hétérosexuelle, qui, à l’instar de l’hydrothérapeute, pense ce soin hors de toute sexualité, que signifie exactement ce « bien-être » qu’on lui vend ? Et les hommes ? Qui pratique leur « modelage » ? Un homme, une femme ? Cela n’aurait, dans ce contexte, pas le même sens…
Je ne veux pas trancher. Je conclurai pour aujourd’hui par une remarque. La baignoire inconfortable dans laquelle on est plongé le temps d’un « bain hydromassant » sur fond sonore digne d’un réacteur d’avion envoie des jets d’eau puissants sur les différentes parties du corps, de pied en cap, toujours. J’ai posé mes mains bien à plat sur l’eau pour sentir le jet me masser les paumes au moment où il passait en haut de mes cuisses… et le jet a alors dévié, pile entre mes cuisses. Des « soins »…

3 réflexions sur « Thalasso-« thérapie » @1 »

  1. Cécyle Auteur de l’article

    Nous avons bien regardé avec Isabelle. Hormis un garçon qui s’occupe d’installer les clients dans les salles où ils sont pris en charge par une machine, les hydrothérapeutes semblent être toutes des femmes.

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  2. Cécyle Auteur de l’article

    En direct de la zone d’attente…
    Une dame raconte à l’amie qui l’accompagne : « Elle a éteint la lumière. J’ai trouvé ça respectueux. Mais très vite, ça m’a gênée. »

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