Archives mensuelles : décembre 2010

Vérité syndicale @2

Je lis, dans L’enseignement public (n° 125, décembre 2010), le magazine de la Fédération UNSA éducation, ce titre sous forme de citation de l’interview à suivre de Thierry Beaudet, président de la MGEN « La santé est plus taxée qu’un hamburger ».
Belle image. Dès demain, j’arrête la MGEN et je me mets au Big Mac ! C’est bien cela qu’il fallait comprendre ?

Savoir @1

J’apprends en lisant le Nouvel Obs du… zut ! j’ai oublié de noter la date, 14 octobre 2010, peut-être, que ce magazine s’associe aux éditions du CNRS pour publier une Anthologie du savoir, dirigée par Jean Daniel. Volume 1 : La Bible et le Coran.
Bigre. La Bible et le Coran feraient-ils partie du « savoir » ? De la pensée, je ne le conteste pas, bien que ce choix de textes religieux (et pas n’importe lesquels) la place d’emblée sur un terrain qui n’est pas sans rappeler ces « racines » que d’aucuns cherchent à valoriser plus que d’autres.
Jean Daniel argumente « Notre défi est de faire lire et aimer les textes les plus précieux. » Les deux textes en question ne me paraissent pas non plus appartenir à cette catégorie… Mais voyons pour les volumes à venir, dont j’ai trouvé un début de liste sur le site du CNRS :
Volume 2 – La Philosophie occidentale .1
Volume 3 – Les Grands voyageurs
Volume 4 – La Psychologie
Volume 5 – La Physique
Volume 6 – Mythes et légendes
Volume 7 – Guerres et paix
Volume 8 – La Philosophie occidentale .2
Volume 9 – Les Mathématiques
Volume 10 – L’Amour
Étrange… le volume 1 propose un accès direct à des textes… les suivants traitent d’un sujet. Je ne crois pas au hasard, surtout en matière de choix intellectuels et regrette que le CNRS, établissement public, se prête à cette entreprise dont d’emblée on peut contester le caractère scientifique. Mais finalement, quel est son but exact ? « Toute œuvre est œuvre de filiation et Jean Daniel est le fil de cette bibliothèque imaginaire. » conclut Jean-François Colosimo, président de CNRS éditions.
Il en a de la chance, Jean Daniel, que l’on prête à son imaginaire tant de moyens ! Serais-je jalouse ? Pourquoi pas !

Noël @5

Ah, Noël ! Chaque année, quelques semaines avant la date fatidique, cette belle fête est encensée comme un moment privilégié de l’unité familiale dans la joie. Que de kilomètres ne faut-il pas parcourir en porteurs de cadeaux arrachés de haute lutte en grands magasins, par de nombreux clics sur internet et surtout de multiples ponctions sur le compte en banque, pour pouvoir rejoindre les agapes, les plaisirs, voire osons, les bonheurs de la réunion familiale. Les plus malheureux restent finalement ceux qui doivent sacrifier le réveillon du 24 pour se contenter du déjeuner du 25.
C’est dans l’esprit de concorde qui m’habitait forcément en cette période de communion des êtres autour de la naissance des centres commerciaux, euh pardon de Jésus, que j’ai eu l’occasion de vérifier à deux reprises la véracité des assertions populaires autour de Noël.
Vendredi 24, après une journée de travail et un dîner dans un restaurant japonais avec une amie amatrice d’algues, mon retour en métro a été troublé par un échange assez vif entre une mère et son fils, adolescent d’environ seize ans. Les premiers mots qui m’ont tirée de ma lecture ont été « Petit prétentieux. Tu n’es qu’un petit prétentieux. Je pourrais même dire que tu es un petit connard ». La mère parlait d’un ton sec, un peu fort, mais sans s’énerver. Son rejeton ne répondait que mollement. Aucun ne se regardait. Il ressortit de la discussion que le fils avait répondu au père et qu’il s’y opposait fréquemment. La mère continua « Tu es impatient. Quand tu es contrarié, tu te conduis comme un connard. Même si ton père peut s’emporter, tu as tort. » Pour être en phase avec la célébration du moment, elle ajouta « Et si tu continues, ton cadeau de Noël, tu vas pouvoir te le mettre au cul… »
Le lendemain, samedi 25, jour béni tant attendu, j’étais allongée dans un repos très attendu aussi suite à une journée de travail terminée avec un certain mal à la tête. Aucun alcool ne pouvait être incriminé puisque je n’en avais pas bu depuis plusieurs jours. Quoi qu’il en soit, j’étais en silence dans le noir quand des éclats de voix de chez mes voisins me tirèrent de ma torpeur. Je n’entendais qu’une femme, l’homme lui répondant étant trop loin pour que je comprenne ses propos. Là encore, Noël fut convoqué « C’est Noël alors arrête de faire chier tout le monde. » L’échange se termina par un lapidaire et efficace « Ta gueule ! ».
Ah, Noël ! Certains ont une interprétation toute particulière des accessoires traditionnels : les uns enguirlandent et les autres ont les boules.

Noël @4

La mairie de Châtelaillon-Plage est une mairie très active et, en ces périodes de fêtes, elle édite et diffuse largement une brochure qui fait le détail des différentes animations… euh pardon, qui fait le détail des festivités liées à Noël uniquement, puisque la brochure s’intitule « Châtelaillon-Plage fête Noël », image de la nativité à l’appui.
Après Avignon, voilà donc une deuxième commune prise en flagrant délit d’atteinte à la séparation de l’Église et de l’État car même si certaines animations n’ont de Noël que le nom — comme le « goûter des enfants, encadré par le personnel scolaire » — le clou des festivités — la crèche vivante, bien sûr, dont on trouve une magnifique vidéo sur le site de la ville — est clairement lié au culte chrétien. On trouve aussi une fête de la sainte Lucie. J’ignore qui elle était mais, qui dit saint, dit… non ?
Je me console en me disant qu’à défaut de fêter Sainte Barbe, Châtelaillon organise chaque année une fête (des huîtres et) des moules, au mois d’août ! Ah ! si Marie avait connu DollHouse, elle aurait pu garder son fils pour elle. N’est-ce pas le vœu le plus cher de toute maman, surtout le soir de Noël ?

 

Noël @3

France info a diffusé dans la journée la chronique musicale Des chansons qui font l’histoire consacrée à Petit Papa Noël, la chanson. J’y apprends que celle-ci a été introduite dans les écoles de la République à une époque (1946) où l’on défendait encore la laïcité face à cette fête que l’on considérait comme chrétienne (ce qu’elle est). Point de Nativité, donc, ni de Petit Jésus et autres ânes et bœufs dans la chanson, indique Bertrand Dicale, le chroniqueur de France Info.
J’entends pourtant « quand tu descendras du ciel »… Mais de quel « ciel » s’agit-il ? Celui qui évoque Dieu (et prend donc la majuscule) ou simplement « la partie de l’espace visible au-dessus de l’horizon » dit Antidote ? Si j’en crois la dizaine de sites sur lesquels j’ai trouvé les paroles, le « ciel » du Petit Papa Noël reste en minuscule… Mais dans ce cas, comment se fait-il que l’on ne voie pas ses préparatifs de distribution de cadeaux puisque ce ciel-là est la partie « visible » de l’espace ?
C’était donc ça, le mystère du triangle des Bermudes ? Enfin ! on sait.

 

Thalasso-« thérapie » @5

J’achève (au moins provisoirement) ma série Thalasso-« thérapie » par un petit guide de survie :
* Éviter le bain à remous à 9 heures du matin. L’eau n’a pas eu le temps de chauffer dans tous les tuyaux. Votre bain sera froid.
* Lavez-vous bien les mains après le « modelage » ; mon clavier d’ordinateur est couvert d’huile !
* Emportez un maillot de bain pas trop près du corps. Vous devrez l’enlever et le remettre plusieurs fois dans la journée.
* Prenez une tablette de chocolat : j’ai éprouvé un besoin irrépressible d’en manger un carreau à chaque retour du « modelage ».
* Emportez du travail à faire « dans la tête » ; on s’ennuie tant pendant les « soins » !
* Éviter de manger pendant la cure tout ce qui pourrait irriter l’entre-deux-fesses ; l’endroit baigné dans l’eau salée, ça pique pique !
Quoi d’autre ?
Le judo, c’est mieux que la thalasso. C’est dit !

Différence @1

Ma marraine est très investie dans une paroisse et de ce fait a rencontré des personnes de David et Jonathan. Depuis, elle assiste à des veillées et réunions de DJ. Comme elle m’a dit un jour, elle se sent proche d’eux, car elle sait ce qu’est être différent. En raison d’un problème à la naissance, elle a subi de nombreuses opérations à l’œil, et a grandi avec des cicatrices et des marques ne se gommant jamais tout à fait.

Thalasso-« thérapie » @4

Partager une semaine de thalassothérapie avec Cécyle y donne une tonalité que personne d’autre ne pourrait procurer. Caustique, résistante à tous crins aux différents soins, Cécyle tranche radicalement avec le public acquis du centre.
Nous étions ensemble assises dans un couloir quand une femme est sortie d’une « douche à jet » en s’exclamant pour l’amie qui l’attendait : « Un pur moment de bonheur ! » Nous sommes dans un lieu de bien-être à une cure baptisée « bien-être » et on peut comprendre que certains soient ravis. De là à s’extasier sur un « moment de bonheur » alors qu’il s’agit de recevoir un jet puissant sur les fesses, le dos et le ventre… Qu’il y ait du bien-être après, lors de la détente, je peux l’entendre, mais que la séance elle-même provoque de telles envolées renvoie à l’emphase qui court dans les salles d’opéra, les réceptions chics et les spectacles en vue au théâtre de la ville.
Le besoin d’exprimer, si possible en public, un avis tranché, planant dans les hauteurs de la félicité ou les profondeurs de la condamnation, est toujours d’un ridicule achevé. Plus essentiellement, cela renvoie à une normativité que Cécyle et moi, dans une moindre mesure, interrogeons en n’étant pas d’un enthousiasme sans borne ni d’une conviction implacable quant au plaisir et à la satisfaction totale procurés par les soins thalassothérapiques. C’est cette normativité qui fait grogner Cécyle dès qu’elle reçoit un mél l’exhortant d’un « Profites-en bien ! »
Au moins, si je ne trouve pas le bonheur, je m’amuse. À chaque nouveau soin, je ris toute seule à imaginer comment je vais le décrire à Cécyle et je me délecte… de ses commentaires. Le rire est une excellente source de bien-être, pour ça, notre cure de thalassothérapie porte bien son nom.

Mère porteuse @1

No foot last night...Dans le débat sur les mères porteuses, oups !, pardon, la « gestation pour autrui », je n’arrive pas à accepter les discours en banalisant le principe. C’est, sans doute, lié à un reportage que j’ai vu, il y a bien des années. Une femme enceinte d’un enfant destiné à un autre couple en parlait devant ses propres enfants.
Les arguments des uns et des autres portent sur la mère biologique, les parents d’accueil, l’enfant conçu… Ils ne sont pas exempts d’impératifs ou de considérations psychologiques induisant des conduites à tenir. Le choix de la mère biologique devrait privilégier une femme ayant ses propres enfants pour qu’elle ne s’attache pas particulièrement à celui à venir. Le célibataire ou le couple d’accueil devrait entretenir des relations avec la mère biologique. L’équilibre de l’enfant à naître est au cœur de nombreux échanges.
Le reportage montrait cette femme enceinte avec ses enfants autour d’elle, de maximum sept ou huit ans. Je me souviens avoir ressenti une profonde douleur et une interrogation : qu’est-ce que cela m’aurait fait si ma mère avait été enceinte pour céder (donner, vendre, offrir, peu importe le terme ici, le choix est tellement idéologique en soi que c’est un autre débat) l’enfant à venir à quelqu’un d’autre ? Comment aurais-je supporté que pour ma mère un enfant venant de sa chair ne soit pas unique ? Comment vivre en s’imaginant que cela aurait pu être moi qui aurais pu être donnée à une autre famille ? Comment faire confiance à cette femme, à son prétendu amour, à ses mots doux ? Pourquoi pas moi ? Si l’un d’entre nous peut partir de la famille alors c’est qu’il importe peu qui est chacun individuellement.
À chaque fois que j’entends évoquer le sujet, je ressens cette interrogation douloureuse et je la vis comme l’expression de la toute-puissance du « désir d’enfant » relativement à la quantité négligeable du sentiment d’un enfant. Peut-être que des psychologues et des sociologues argueront qu’ils n’ont jamais constaté de désordre lié à un tel ressenti. Que je l’ai senti m’interdit d’accorder la moindre parcelle d’acceptation pour cette gestation pour autrui.

Miam ! @1

Je suis tombée récemment sur un magazine féminin utilisant en couverture une liste de mots censément accrocheurs : déco, mode, gastro…
Gastro ? Je feuillette et me rends compte que l’apocope est assez étonnante. Non, il ne s’agit pas d’évoquer la gastroentérite dans un dossier médical, mais de parler de gastronomie. Le mot doit vraisemblablement être un écho à déco et donc résonner à l’oreille comme une invitation à la beauté et la volupté. Pourtant, je suis sûre qu’un rapide sondage permettrait de se rendre compte que gastro rime avec bobo médical plus que bobo des quartiers «pseudo-populos ».
Je ne sais pas ce que pensent les grands chefs et autres étoilés de cette tentative d’introduire cette nouvelle abréviation, notamment en cette période de Noël propice aux festins et aux appels à SOS Médecins. En tous les cas, je préfère ne pas associer gastro à leur cuisine, car tout de même n’est-ce pas ballot de se payer un excellent repas pour finir par l’admirer au fond d’une cuvette en proie à une inflammation aigüe des muqueuses de l’estomac et de l’intestin ?