Archives mensuelles : octobre 2010

Solitude @2

Il y a dans le célibat une grande autonomie et indépendance, que beaucoup de gens en couple envient parfois, mais la différence sociale est pesante. De plus, on a trop tendance, comme là, à opposer solitude et couple. Ne pourrait-on pas pouvoir vivre une relation sans pour autant être « dans » une relation ?
En effet, souvent, je comprends que des couples sont encore debout par peur de la solitude, sans tenir par des raisons plus essentielles. Sans rencontrer quelqu’un qui donne vraiment envie de se lancer dans un « truc » (vie ? relation ? aventure ? déjà plusieurs manières de nommer et souvent de vivre) à deux, est-on condamné au célibat ? Je ne parle pas que de sexe, mais même là, ce n’est pas si facile…

Toi @1

Echarpe1« Prends soin de toi ». J’aime utiliser cette expression dans les méls et courriers que je peux écrire à des gens que j’apprécie. Cette formule est pourtant étonnante : elle ne signifie pas que je prends soin de l’autre, sans doute parce que je ne peux a priori pas le faire concrètement, mais en demandant à l’autre de le faire, je souligne combien cela compte pour moi.
Elle renvoie à ce que j’espère de l’autre, en évoquant une réalité concrète et des actions, des façons d’être, des attitudes… (bien se nourrir, se reposer, se couvrir pour se protéger du froid et de l’humidité, se faire du bien pour garder le moral…) tout en n’étant de ma part qu’une expression verbale puisque je charge l’autre d’agir. Je crois que ces mots recèlent pour moi un essentiel : le soin de soi est ce qui est le plus lié à la vie telle je l’espère pour moi comme pour l’autre (agréable, sereine, équilibrée), mais je lui en laisse les modalités selon ses propres choix et façons de l’envisager. Cette expression est banale, pourtant elle exprime beaucoup pour moi.  Cher lecteur attentif à ce blog : prends soin de toi.

Solitude @1

« La solitude me pèse », m’écrit une amie. Je ne sais quoi lui répondre. Elle me pèse aussi, surtout quand j’aspire à la rompre. J’ai longtemps associé « vie à deux » et ordre social, considérant que l’ordre social a besoin de cellules policées pour réguler les liens entre les individus. L’État ne peut y suffire, les institutions (au sens large) privées et publiques non plus. La famille joue, dans ce contexte, un rôle coercitif majeur, la famille, le couple d’abord, puis son extension.
Je n’ai ainsi jamais considéré la création du Pacs comme l’expression de l’ouverture d’esprit des pouvoirs publics mais bien comme l’outil de la pacification de nos mœurs et la pleine participation des homosexuels au maintien de l’ordre social. Quant au mythe (oui, j’ai bien écrit « mythe ») du grand amour, celui qui dure toujours et que l’on trouve au centre de la production culturelle et artistique relayée par les médias, il me paraît être l’ « appareil idéologique » au service de cet ordre : pendant que l’on cherche l’autre, et/ou que l’on « construit » (comme on le ferait d’une maison) une relation, une famille, l’ordre social n’est pas contesté avant de devenir incontestable.
Si l’on suit cette logique, la solitude peut devenir un acte protestataire, une manière d’être au monde qui conteste l’ordre social. Est-ce que cela console ? Loin s’en faut !

Va chez l’gynéco ! @1

Il y a plusieurs années, j’ai participé à un concours d’affiches pour une campagne incitant les lesbiennes à consulter régulièrement un gynécologue. Personnellement, il ne me serait pas venu à l’esprit d’écrire « Va chez la gynéco ! » par respect de la règle d’accord en français… pourtant, certaines femmes rechignent, voire refusent, d’aller en voir un et non une gynéco. Je comprends ce rapport à l’intimité et la question de la pudeur. Toutefois, pour moi, c’est un médecin et une femme peut être plus brutale ou distante qu’un homme dans l’exercice de ce métier où la délicatesse n’est pas toujours inculquée, voire revendiquée.
Un jour, j’ai consulté un gynéco, un homme plutôt d’une cinquantaine d’années, souriant, voire rigolard. Lorsqu’il m’a posé les questions rituelles, il m’a demandé si je prenais un contraceptif. À ma réponse négative, il m’a interrogée sur la raison, j’ai alors dit que « Je ne couche qu’avec des femmes ». Il a alors éclaté de rire en lançant « C’est le meilleur moyen de contraception ! ».
Allez, va chez l’gynéco, ça peut être rigolo !

Sauna @7

Je l’ai revue. Elle ne m’a pas embrassée. Le Bouhda se fait tout petit dans la bibliothèque de l’entrée. Quelqu’un pourrait-il plaider sa cause ? Ma conscience, peut-être… J’ignore si elle avait envie de m’embrasser ; je ne peux pas le savoir ; j’ai tout fait pour que cela soit impossible.
Pourquoi, alors que j’en ai envie ?
Mais parce que c’est compliqué, les conséquences d’un baiser… surtout quand on aspire à autre chose qu’à des baisers sans conséquence. Pardi !

Clé @1

En rentrant du boulot un soir, dans une rue en pente, mes yeux sont tombés sur les fesses du jeune homme devant moi, attirés par une clé… En effet, juste au-dessus des poches de son jean, il y avait de chaque côté des pattes et un crochet maintenant une clé plate d’environ dix cm de long. Cette clé se trouvait donc dans le prolongement de la raie de ses fesses. Ce jeune homme, en kippa, reprenait-il une tradition juive millénaire ou une mode encore d’avant-garde très confidentielle ?
Mystère.

Entendu @1

Écriture cunéiformeIl y a peu, j’ai visité le musée du Louvre avec des personnes que je connaissais plus ou moins (c’est-à-dire soit très bien, soit pas du tout). J’ai choisi d’emmener tout ce beau monde vers les salles consacrées à la Mésopotamie. Quelqu’un a fait une remarque sur l’écriture cunéiforme en la rebaptisant sans s’en rendre cruxéiforme.
J’ai été troublée, cela m’a même fait douter et demander à un ami si c’est moi qui me trompais. Plus tard, j’ai imaginé les pauvres scribes contraints d’utiliser des tournevis cruciformes pour arriver à leurs fins, lourde tâche.

Voiture @1

Une blonde (femme) veut gager la confiance de son patron (homme). Elle fait tout bien, le bonjour du matin, le café, le rire à sa blague dans l’ascenseur… Et patatra ! Réunion de fin de journée. Table ovale. Le portable de la blonde sonne. Elle vide son sac sur la table pour le trouver. La voix off (homme) nous dit que ce n’est pas si facile de gagner à tous les coups… Aurait-elle dû sucer ? Mais non ! On est à la télé, à 20 heures 30, sur une chaîne grand-public. Ce qu’elle aurait dû faire, c’est acheter une voiture, bien sûr, car là, elle aurait gagné (je ne sais trop quoi).
Elle, blonde. Lui… ? Bizarre. Je n’ai pas pensé à noter la couleur de ses cheveux.