Archives par étiquette : Tricot

Indignés @14

Je regardais lundi 15 février 2021 un documentaire sur LCP consacré aux « petites phrases » qui ont fait tache dans l’image publique de François Hollande et d’Emmanuel Macron, avec plus de dégâts pour le premier que pour le second. Il a ainsi été question des « sans-dents ». Aux commentaires faits par les personnes sollicitées dans le documentaire (dont une remarquable Marylise Lebranchu), j’ai compris qu’il s’agissait pour l’ancien président de la République de faire référence aux personnes qui n’avaient effectivement plus de dents, faute de moyens de les faire remplacer.
Ce n’est pas ce que j’avais jusqu’alors compris. Je pensais qu’il faisait référence à des personnes qui n’auraient pas le courage d’entreprendre, pas de niaque, qui ne mordraient pas dans la vie et seraient des assistés ; un peu les mêmes que ceux « qui ne sont rien » chers à Emmanuel Macron. Isabelle m’a confirmé qu’elle avait bien vu des personnes physiquement édentées et que l’image était terrible. J’imagine… mais ne visualise pas ; parce que je ne l’ai jamais vu, ou jamais remarqué ; ma déficience visuelle ne fait pas forcément la différence au sens où c’est le genre de détail que je ne vais pas « aller chercher » trop occupée par ailleurs à voir l’essentiel.
Cela ne change finalement pas grand-chose à ma perception du quinquennat de François Hollande, prélude de la politique antisociale d’Emmanuel Macron qui, ne l’oublions pas, lui doit son émergence sur la scène politique. Les chiens ne font pas des chats… Pardon, c’est l’inverse !

NB. Pardon Helgant, toi, t’es pas un chien ; t’es un chouchou d’amour !

Tonton @17

Dimanche 31 janvier 2021 à 20 h 30 après le journal du soir sur France 2. « Bernard Tapie est l’invité du 20 h 30 ce dimanche. Grand témoin de notre soirée, il réagira à l’actualité. »
Depuis ce dimanche soir, une question existentielle me hante : qui en a quelque chose à faire des réactions de Bernard Tapie sur l’actualité ? J’en dirais même plus : qui en a quelque chose à faire de Bernard Tapie, à part sa famille et ses proches bien sûr ?

Féminité @8

Je n’ai pas porté de robe ou de jupe depuis mes dix ou onze ans, je pense. La dernière photo que j’ai de moi en robe (ci-contre) date de juillet 1973. Je me souviens d’ailleurs très bien de cette robe en jean, assez courte avec un haut à bretelles comme une salopette. Ce n’était pas un vêtement de tous les jours car au quotidien, j’étais déjà accro aux pantalons, plus confortables, et moins « fille ». Le côté « salopette »…
— Petite salope ?
Caddie ! Tais-toi.
Le côté salopette donc était sans doute la raison qui me faisait encore accepter ce genre d’accoutrement. J’ai 57 ans et n’ai jamais démordu du pantalon, ou du short ; la jupe me donne l’impression d’une vulnérabilité qui m’est insupportable. Pourtant, dans le confort de mon appartement, je viens de renouer avec l’objet, me rendant compte qu’il pouvait avoir des qualités.
J’ai évoqué dans ce billet du premier confinement mon accoutrement maison. Cet hiver un peu plus froid que les précédents m’a fait renouer avec la pratique du plaid sur les jambes quand on est assis dans une version « jupe » tout à fait inattendue. J’utilise une cape en polaire que je ne trouve pas très chauffante sur les épaules mais qui, grâce à ses deux cordons terminés par un pompon, tient parfaitement à la taille et forme une jupe qui maintient une chaleur fort agréable.
Je vous rassure, je n’enlève pas pour autant mon bas de jogging : elle vient par-dessus ! Il faudra que je regarde dans les solderies de vêtements si je ne trouve pas une jupe longue en laine qui vienne me réchauffer un peu plus l’hiver. J’en rêve déjà.

NB.  J’étudie, bien sûr, toute proposition de don de jupe longue en laine. Quant à glisser une main sous une jupe avec le consentement express de sa propriétaire, j’avoue que j’aime beaucoup tout en étant toujours un peu peureuse.

Vroum @26

Entendu lors d’une manifestation de motards à Paris ce samedi 6 février pour protester contre l’expérimentation du stationnement payant des deux-roues motorisés :  » Rouler en moto, c’est être libre et mobile. »
Libre de quoi ? De ne pas respecter le Code de la Route et les autres modes de déplacement ?

À table ! @70

Il m’est impossible de mesurer l’impact réel de ma consommation sur le monde ; il est infinitésimal, j’imagine, mais en partageant, notamment via le blogue, mon expérience, j’espère l’effet boule de neige. Je vous raconte régulièrement la manière dont je réduis ma consommation d’énergie et d’eau ; je vous parle aussi de mes démarches antigaspi : paniers d’invendus, produits soldés chez le primeur (lots à 1 euro) ou au supermarché, magasin antigaspi, partages et dons mutuels.
Certains trouveront ce mode de consommation contraignant surtout en matière alimentaire : il faut cuisiner, multiplier les sources d’approvisionnement, et ne pas toujours choisir ce que l’on mange. Je le prends comme un jeu et fais de ces contraintes un mode de vie : j’ai toujours aimé cuisiner, avec une prédilection pour l’invention (heureuse ou malheureuse) ; j’ai besoin de marcher et faire le tour de mes fournisseurs est une balade comme une autre ; manger des choses que je n’aurais spontanément pas choisies est un moyen de lutter la routine des confinements et couvre-feu.
« Faire quelque chose de ce qui arrive », c’était mes vœux pour 2021 ; je suis en plein dedans et vous propose une assiette en adéquation avec ces choix.
* Duo de quinoa d’un magasin antigaspi.
* Purée marrons pommes de terre soldée fin de date (supermarché).
* Haricots verts d’un panier cuisiné avec les tomates, champignons et oignons de lots à 1 euro ; l’ail et les condiments sont achetés, à l’exception du laurier du jardin d’une voisine. Coriandre fraîche donnée par Isabelle.
* Aiguillettes de poulet d’un panier de supermarché, épices données par Isabelle.
* Purée de céleri rave à prix raisonnable d’un primeur bio.
J’utilise du sel que m’a donné une voisine qui déménageait. En dessert, j’ai mangé une crème dessert maison fabriquée avec des produits achetés au supermarché (cacao, sucre, Maïzena, lait) et une pomme déclassée prise chez le primeur bio accompagnée de noix données par un voisin. Avec mon café (en grains) acheté chez Ikea (très bon rapport qualité prix), j’ai croqué deux carrés d’un délicieux chocolat offert par Isabelle.
Et en boisson ? De l’eau de Paris, pardi !

Pucer @48

Mon téléphone sonne.
« Bonjour. M. Flanagane ?
– Ah non désolé.
– Ce n’est pas M. Flanagane ?
– Non pas du tout, c’est M. R.
– Bonjour M. R. J’avais une proposition à faire à M. Flanagane mais comme elle n’est pas nominative, je peux également vous en faire bénénéficer…
 »
Depuis plusieurs mois, je reçois régulièrement des appels pour ce « M. Flanagane ». Une erreur de numéro dans un fichier ? Que nenni. Il s’agit en fait d’une technique utilisée par des commerciaux manifestement dépourvus de talents marketing pour tenter de vous vendre un produit, un service ou une prestation.
Après deux ou trois appels de ce type il y a plusieurs mois, les conversations sont aujourd’hui bien plus courtes :
« Bonjour. M. Flanagane ?
– Ah non. Bonne journée.
 » et je raccroche.
Quant à ma liste de numéros de téléphone bloqués, elle est bien plus longue.

Anniv’ @45

OuafbonOuafjour ! C’est ouafmoi, Helgant, le plus beau des ouafchiens du ouafmonde.
Je suis si bien à Télo, avec la ouafbande ! On joue au ouaffooooot et ma maîtresse est si câline ! J’ai des ouafos, un ouafpanier, des ouafplaids alors j’ai pas besoin de grignoter ses ouafpantoufles. Le seul ouaftruc qui manque, elle ne veut pas que je dorme dans son ouaflit ! Ça sent pourtant si bon. Je reste sur le ouafcanapé quand je fais pas ouaftapis. On est bien. Elle fait la ouafvisio. Petit Mouton m’a dit de ne pas aboyer mais c’est rigolo ! Tous les autres derrière leur ouafécran m’admirent. J’abuse pas.
Tout ça pour vous dire, avec la ouafaide de Petit Koala, que c’est le ouaftrébonziversaire de ma maîtresse et pas n’importe lequel ! Cinquante ouafans ! Un demi ouafsiiiiiiècle a compté Petit Mouton, c’est pas rien et avec ce ouafconfinement, il faut mettre le ouafpaqu*eeeeee*t a dit Copain Mouton. Avec not’ Cécylou et l’Frédo, on a donc choisi une super ouafchanson car le ouafson ça se partage mieux que le ouafgâteau ! Alors on chante nous d’abord, et vous enchaînez… trois… quatre…

« Quand on arrive à ouaftréboncinquanteziversaire
« On n’a pas envie d’jeter les ouafgantsdelamoto
« On chouchoute ses ouafamitiés
« Avec des p’tits ouafplats véggés
« Les ouafdoigts de ouafpieds bien à l’aise
« On regarde un bon ouafdocumentaire
« On se promene avec le plus beau des ouafchiens
« Tout en bavardant avec les ouafmamies du ouafquartier »

Ouaftréboncinquanteziversaire !

Rigolo @14

Vite, il me faut un billet pour demain !
Pas d’idée ou de temps pour en développer une ? Pas d’inquiétudes, les emails indésirables sont une source inépuisable de bonnes idées de sujet. Ah ! En voici justement un qui devrait plaire à tout le monde : juste un visuel, une image avec du texte dedans. Les adeptes de l’accessibilité adorent déjà.
Il présente une femme de trois quart dos, très mince, portant un string et un soutien-gorge, tous deux rouges. La dame chevauche un homme torse nu, en jean. Les deux personnes s’embrassent.
Le texte vient heureusement nous expliquer de quoi retourne cette scène insolite et tellement originale : «  Garantie (en rouge) d’une érection complète – même pour un homme de 85 ans ! » Ouf !
La suite : « Vous en avez assez de la peur (brrrr), si votre pénis va vraiment relever le défi ? Vous ne voulez plus entendre dire que quelque chose fonctionnera « peut-être », vous voulez juste avoir la certitude à 100% (le concept du « plus blanc que blanc » fait toujours des émules). Désormais, vous pouvez ! ».
Au cas où on n’aurait pas compris : « Grâce à cette méthode simple, naturelle et totalement sûre (puisqu’on vous le dit !), vous bénéficiez d’une garantie complète d’obtenir une érection pleine, solide et dure comme de l’acier (bon ben adeptes de la pénétration, désolé mais ça risque de faire un peu mal du coup…). Si vous cherchez une méthode qui ne vous décevra jamais : Commandez. »
Comment résister ?

Bigleuse @120

Depuis le début du confinement, je me cherche des « missions » d’entraide pour garder une activité sociale après l’arrêt du judo et des permanences à la Médiation, par envie de participer à l’effort collectif aussi. Je me suis inscrite à la Fabrique de la solidarité (ici) et à d’autres initiatives de la Ville mais force est de constater que ces missions ne sont pas accessibles à mon handicap visuel (à moins que ce ne soit l’inverse ; pour une fois, je veux bien y consentir).
J’ai donc opté pour une stratégie de vigilance et de solidarité locale : appel régulier à trois personnes âgées de l’immeuble et de mon entourage ; commissions pour une voisine ; cuisine partagée ; réactivité aux problèmes des uns et des autres, mes voisins, des personnes du quartier ; petits bavardages avec des personnes croisées lors des commissions et qui semblent avoir besoin de parler… des petites choses, qui me font du bien et me donnent l’impression d’en faire aussi.
Dans ce contexte, je suis allée voir une voisine que je sais intéressée par nos récents problèmes de charge (j’y reviendrai). En discutant, elle me parle de sa petite fille, qu’elle garde ; et qui, en sixième, a des soucis en français. Je lui propose mon aide ; elle note mon téléphone. Au passage, elle m’offre un masque de sa fabrication et me rappelle une semaine plus tard ; sa petite-fille est partante pour me rencontrer. C’est ainsi que j’ai fait mes premières deux heures de soutien scolaire : conseil pour la rédaction ; exercices de grammaire ; incitation à la lecture.
C’était très intéressant, et très touchant aussi. Cette voisine est une infirmière à la retraite. Elle a bien repéré mon handicap visuel. J’avais apporté le compte-fils et la tablette, au cas où. Cela a été tout à fait inutile. D’emblée, elle m’a demandé quel éclairage m’allait. Puis sa petite-fille, bien briefée, m’a proposé de lire sa dernière copie de français et les corrections plutôt que de me la donner. Et quand je lui ai suggéré d’apporter un livre la prochaine fois pour que l’on regarde comment sont faites les phrases, elle a d’emblée ajouté :
— J’en prendrai un écrit gros !
Que du bonheur !