Archives par étiquette : Silex

Chouette ! @43

Cela fait plusieurs années que je fréquente le moins possible Facebook et sa messagerie Messenger. Tous les deux ou trois mois, je me rappelle que ce réseau social existe et je vais voir s’il s’y passe des choses intéressantes (rien à signaler depuis des mois) ou si j’ai reçu un message. Bien m’en a pris ce samedi car quatre messages m’annonçaient le meilleur pour ce week-end dans une gradation de promesses inattendues.
Le premier message était d’une certaine Rina Adalgisa. Juste un lien vers une page Facebook que je ne suis pas allé visiter et une photo de profil sans ambiguïté à base de bikini et de piscine bleue. Simple et efficace.
Le deuxième message était lui envoyé par Ebony Arellano. Le mystère est total car pas de photo de profil. La déclaration laconique et directe constituant l’unique message en est d’autant plus percutante : « Je veux sortir avec toi. Contactez-moi ici. », émoji téléphone, émoji doigt qui pointe vers un lien Facebook.
Le troisième message a franchi un nouveau cap. Toujours pas de photo de profil mais le style direct de Bruce Douglas y était tout à fait adapté au propos : « Site de rencontre, salope coquine. », émoji bikini, émoji flèche qui pointe vers un lien Facebook.
La quatrième message envoyé par Jeremy Tapia cachait bien son jeu puisque sans photo de profil mais avec un message à la syntaxe non équivoque : « Je suis excitée et j’ai besoin de toi. Tu veux me baiser ? Chambre privée. Cliquez ici. », émoji bikini, émoji aubergine, émoji interdit aux moins de 18 ans, émoji flèche qui pointe vers un lien Facebook.
J’avoue avoir attendu avec un brin de curiosité un cinquième message qui n’est jamais arrivé. Quelle déception. Emoji qui pleure d’un oeil mais le sourire en coin.

Grand homme @40

Depuis plus d’un an que le covid-19 fait la roue sur terre, il en a été diffusé des assertions sur ce micro-organisme, la « parole scientifique » se substituant volontiers à la « preuve scientifique », démontrant, si cela en était besoin, que nous vivons dans un monde de toute-puissance où se mélangent une volonté de contrôle absolu sur les choses comme sur le vivant et un besoin d’en faire étalage médiatique. Cela n’est pas propre au virus, il est plus certainement l’expression de ce que l’ordre bourgeois, hétérosexiste et raciste produit de processus de domination nourris de violences sociales, économiques, culturelles, intimes…
Je comptais faire un billet pour constater combien, plus d’un an plus tard, nous n’en savions finalement guère plus sur ce virus en dépit du déferlement de ces verbiages scientifico-politiques qui alimentent les actualités, constatant au passage que les affirmations péremptoires à force de contradiction par le réel (efficace des masques, traitements de perlimpinpin, découvertes miracles sitôt avortées, etc.) semblaient diminuer (je n’en ai pas fait le compte, c’est juste un sentiment peut-être lié à mon déficit d’intérêt) ; docteur Mouton et docteur Caddie ont d’ailleurs cessé de se moquer de la science à deux balles dans leurs fameuses conférences scientifiques (une, deux, trois, quatre, cinq) ; cela ne leur semblant plus nécessaire, ou moins urgent.
Je comptais, et voilà que France info nous sert l’article qu’il me fallait « Covid-19 : un an après, ce que l’on sait (désormais) et ce que l’on ne sait (toujours) pas du virus ». Je ne suis pas capable de juger la qualité des informations qu’il contient mais je dois avouer qu’il conforte mon sentiment que l’on ne sait rien, ou pas grand-chose sur le sujet qui m’intéresse le plus : le mode de propagation du virus. Vous remarquerez que dans la première partie, les « gouttelettes et aérosols » sont mis en cause comme vecteur principal mais que les mains sont moins stigmatisées alors que j’avais compris qu’elles étaient une sorte de boîte de Petry cause majeur de transmission ; je continuerai à me les laver, ainsi que le nez, comme je l’ai toujours fait contre toutes les formes de « contamination » (je n’aime pas ce mot, trop connoté péjorativement), virales, bactériennes, etc. ; ce qui m’a toujours profité.
Dans la deuxième partie, cette analyse est infléchie dans le point « Pourquoi l’épidémie se propage-t-elle de façon aussi hétérogène ? » Le manque d’études est mis en cause, manque sans doute lié au fait que c’est plus glorieux de trouver le vaccin, le médicament, que de trouver le moyen de se protéger les uns les autres. Je remarque aussi ce qui est dit de la source animale de l’épidémie, et de la solution radicale que l’on nous propose si on la trouve : on tue l’animal. J’avais envie de conclure que l’humilité était en marche mais que serait l’humilité face à ce virus qui se fonderait sur un spécisme d’une telle violence (pléonasme) ? Je n’ai plus désormais qu’à compter sur le covid-19 (et ses potes) pour continuer à nous jouer tant de tours que l’on cède enfin en acceptant notre impuissance et en construisant un monde qui rompt avec toute logique de domination.
Hardi virus ! Je suis avec toi dans ce difficile combat.

Pucer @54

Un jour sans télétravail, je quitte mon bureau après 19 heures, nouvelle heure du couvre-feu. Je prépare mon attestation puis range mon portable pour discuter avec un collègue. Et là, d’un coup, je me rends compte que j’ai coché par habitude la case « Animaux de compagnie ». Je ressors donc le téléphone pour refaire une attestation et cocher « Activité professionnelle ».
Je venais de discuter avec Cécyle d’une action de mon employeur visant à favoriser l’accompagnement des agents voulant devenir formateurs de chiens-guides venant travailler avec lesdits chiens pour les habituer aux transports et au bureau. Et j’avais hâte de retrouver Helgant.
Arrivée à la maison, j’ai d’ailleurs ressorti le téléphone pour refaire une attestation, tout en prenant la laisse pour accompagner Helgant faire ses besoins. Je n’ai pas fait d’erreur de case cette fois.

Va chez l’gynéco @46

Ancienne feuills de soin papierÀ l’occasion de ma dernière consultation gynéco, j’ai eu un frottis. Je précise que je consulte au sein d’un service hospitalier de l’APHP. Je vous renvoie à ce billet.
Le frottis donc. Une dizaine de jours plus tard, je reçois par voie postale une « note d’honoraires » du praticien qui en fait l’analyse : 35 euros. Fort heureusement, je peux payer en ligne. Ce que je. Cinq jours passent et je reçois, toujours par La Poste, une feuille de soin que je dois envoyer, par La Poste (pas le choix cette fois) au centre de Sécurité sociale. Quelques jours encore et je reçois, par La Poste, on l’aura deviné, le résultat (négatif).
J’ignore pourquoi ces analyses sont externalisées ; pourquoi pas. Je remarque qu’elles ont valu pour le laboratoire trois courriers postaux, et à moi un, soit en écopli un total de 4,24 euros (plus les frais d’enveloppe, papier et manutention). Ce n’est pas rien ! En ce qui me concerne cela double ma participation forfaitaire (elle est de 1 euro pour un examen de laboratoire).
N’y a-t-il pas moyen de numériser tout ça ? Au moins, le laboratoire pourrait économiser 1,04 euro en groupant l’envoi de la feuille de soin et des résultats. Un minimum !

Pucer @53

J’ai passé les deux premières semaines de confinement à Royan, sur la côte Atlantique. J’ai dispensé des cours à distance tous les jours, en gros de 9 heures à 17 heures.
Là où je logeais, ni wifi, ni ethernet. Mon inquiétude était double : d’une part, le réseau 4G était faible, d’autre part, aurai-je assez de data pour assurer ma semaine de cours ?
Après un premier cours en utilisant la plateforme Zoom, j’ai été rassuré. Concernant le premier point, le réseau était parfaitement suffisant. Quant à la quantité de data, j’ai été très surpris du peu de volume utilisé pour une après-midi continue, avec utilisation de la caméra durant toute la séance et connexion à distance permanente au poste informatique de mon « élève ».
Ensuite, les cours ont eu lieu via Teams de Microsoft et même constat avec moins d’utilisation de la caméra mais échanges de nombreux supports avec ma vingtaine d’élèves.
De quoi me donner plus de souplesse pour envisager de nouveaux déplacements professionnels.

Gamine @31

J’ai découvert sur un réseau social local un nouveau « service » de restauration à domicile. Le concept est simple : une personne fait à manger chez elle, vous avez faim, vous commandez sur l’appli et vous venez chercher votre plat. N’est-ce pas une bonne idée ? Quand je dois faire deux litres de soupe parce qu’il y a urgence à cuire des invendus et que mon congélateur est plein, ce serait pratique, non ? Et elle est si bonne ma soupe !
— Vrai de vrai !
Merci Caddie. Mais tu sais, parfois, les idées simples sont particulièrement délétères. Pour celle-ci, j’y vois d’emblée de nombreux biais.
* Une communication sexiste et âgiste. Bah oui, c’est une femme qui fait à manger, on la nomme « mamy » alors même que dans la vidéo elle est plus quadragénaire (c’est quand même plus sexy !), il s’agit de valoriser vos talents de « cuisinière » (et non de cuisinier) et la personne qui vient chercher à manger est un homme, bien sûr. Regardez au passage les quatre « mamy » proposés : deux hommes, deux femmes ; la parité ? De façade, car quoi qu’on en dise, qui n’aurait pas choisi spontanément « mamy Juliette », pardon, son bœuf bourguignon ?
* Une « rémunération » sous forme de « récompense ». Voilà la version moderne de Elle est bonne ta poule, ma poule ; une bonne claque sur les fesses et un pincer (une pincée ?) de nichon et « mamy Juliette » est contente d’avoir régalé Édouard. Une petite pipe pour le dessert ? C’est une autre qui s’en charge au vu de la promiscuité de la femme qui apparaît déjeuner avec Édouard, qui garde sa posture dominante devant l’ordinateur… J’exagère, bien sûr, mais comme il n’est nulle part fait mention de la forme fiscale de cette « rémunération » et que le verbe « récompenser » n’est pas neutre, on peut imaginer que les pires systèmes d’exploitation sont au menu.
Voilà exactement le genre de concept que les confinements et autres couvre-feux sont en train de produire, un mélange de high-tech, de retour aux sources et de déréglementation tous azimuts sous couvert de nécessité économique. On est mal barrés, c’est sûr !

À table ! @69

Quand j’étais petite, nous mangions, surtout chez ma grand-mère, du « jambon blanc ». À la maison, nous étions plus jambon cru que l’on faisait fumer l’hiver dans la cheminée du salon. Le jambon blanc (cuit donc), c’était cher ; mamy l’achetait chez le boucher ; maman n’en achetait pas si ce n’est parfois des talons, ou de l’épaule. Mais, quel que soit le morceau, c’était bien du jambon « blanc », et je me souviens qu’il l’était. Je suppose qu’il n’était donc pas infesté de nitrites, ce E250 qui rosit le jambon cuit.
Je ne sais pas pourquoi nous aimons le jambon plus rose mais il semble que cela ne date pas d’aujourd’hui. Et pour certains, par exemple, les jambons de Paris ou au torchon, frais dans leur barquette, ils n’ont pas l’air si roses… Je n’en achète plus guère tant je suis de moins en moins sensible aux produits qui n’ont d’autre goût que le sel. Mais j’en récupère parfois dans des paniers de récup’, l’autre jour six tranches que j’ai congelées pour les utiliser dans une tarte, un gratin.
Ce matin, j’en sors une part que je vais faire griller en petits morceaux pour accompagner du chou de choucroute cuit. En déposant le morceau dans une assiette à la sortie du congélateur, la couleur m’a frappée. C’est franchement rose ! J’imagine que les nitrotes, contenu dans l’eau du jambon, se révèle une fois gelé… Quoi qu’il en soit, si vous doutez du caractère chimique (et en l’espèce cancérigène) des nitrites, cette image me semble sans ambiguïté.

Note pour Frédéric. Si je te le présente en triangle rose, tu n’en veux toujours pas du jambon ?

Pucer @50

On se plaint beaucoup du complotisme dans les parages alors qu’on y trouve de nombreux avantages.
La preuve : je me suis fait dépister à la Covid-19 avant de rejoindre mes parents pour Noël. Un long coton-tige dans le nez, un œil qui pleure un peu mais surtout je capte désormais très bien la 5G.
Joyeuse année 2021.

Pucer @47

Alors que je voulais payer en ligne mon loyer le 2 novembre 2020, j’ai découvert que le site de mon bailleur était hors service. C’était un dimanche. Je ne m’en suis pas inquiétée. Le lundi, un mail que j’avais envoyé le vendredi à mon gardien m’est revenu, et le site était toujours inaccessible. J’ai un peu fouillé les actualités, les comptes Twitter et Facebook. Rien. Aucune info. Le 7 novembre 2020, je n’ai pas résisté à faire une petite blague sur Twitter. Aucune réaction.
Mon gardien étant en congé, j’ai dû attendre le 12 novembre pour avoir confirmation que le réseau de mon bailleur avait subi une attaque importante. Rien n’était rétabli, ni le site, ni l’espace locataire, ni les mails, ni l’intranet… Les lignes de téléphone semblaient également avoir été touchées. Mon gardien n’avait aucune info. Il utilisait son portable et était sérieusement bloqué dans ses communications avec sa hiérarchie, les prestataires, les services techniques…
Rien ne s’est passé jusqu’au 25 novembre 2020, si ce n’est un article de ZdNet le 17 novembre 2020 qui confirmait l’ampleur des dégâts. Ce 25 novembre donc, je reçois un mail d’une responsable de mon bailleur…

« Cher-e locataire
« Le paiement par carte bancaire n’est plus disponible sur votre espace location en ligne pour le moment. Nous nous excusons pour la gêne occasionnée. »

Suivaient les moyens de paiement restant possibles, et une phrase indiquant que « les équipes de proximité » restaient mobilisées. Le sang de Caddie n’a fait qu’un tour. Il m’a commandé la réponse suivante, avec mes élues préférées en copie, bien sûr, et Ian Brossat (qui ne répond jamais mais est néanmoins l’adjoint à la maire en charge du logement).

« Chère madame,
« (puisque je suis « chère » locataire)
« Ce n’est pas sans un certain plaisir que je reçois votre mail qui m’indique le meilleur moyen de payer mon loyer, moi qui trépigne depuis plus de trois semaines face au site de Paris Habitat désespérément hors service. Je comprends qu’il y a urgence, j’ai désormais vingt-cinq jours de retard. Je vais sans doute opter pour le virement, en espérant récupérer rapidement le RIB nécessaire ; ma banque mettant 48 heures à enregistrer un bénéficiaire, je vous prie par avance de m’excuser du délai supplémentaire que cette procédure engendre.
« Cela dit, mon plaisir aurait été décuplé si vous aviez eu l’obligeance de m’informer il y a trois semaines des soucis informatiques de Paris Habitat ; il aurait atteint son acmé si vous aviez aujourd’hui considéré qu’il était important de me rassurer sur la sécurité de mes données personnelles, coordonnées bancaires comprises, celles que je vous confie depuis des années. N’avez-vous pas, d’ailleurs, une obligation légale à le faire ? Je l’ignore, mais je trouve particulièrement cavalier que Paris Habitat se comporte vis-à-vis de ses locataires comme si de rien n’était, comme si une attaque crapuleuse n’avait pas eu lieu, comme si tout allait pour le mieux chez le meilleur des bailleurs du monde.
« En plus de témoigner du mépris de Paris Habitat à l’égard de ses locataires et de leurs données personnelles, le choix du silence est de nature à encourager la rumeur, les fake, au péril de la qualité de la « relation locataire ». Pour ma part, je me contente de mettre en copie de ce mail monsieur Ian Brossat, adjoint à la maire de Paris en charge du logement et madame Carine Petit, mairie du 14e, les sachant l’un et l’autre très attachés à nos libertés et à la bonne gestion de nos immeubles, ainsi que notre gérante et les responsables de notre amicale de locataires. Je ne manquerai pas, croyez-le bien, de saisir les services de la Cnil ainsi que le médiateur de la Ville de Paris si vous décidiez de ne pas répondre à ma demande d’information, aussi à l’intention de tous les locataires, dans les deux mois qui viennent.
« Merci à vous.
« Très bonne journée !
« Cécyle Jung »

Et ? Ce billet est déjà long… Feuilleton !