Archives par étiquette : Objectivement

Déo @42

L'image montre les quatre marquages évoqués dans le billet.J’ai remarqué sur un gobelet un nouveau logo, dont j’ai eu du mal à comprendre véritablement le sens. Recherches faites, il s’agit d’un marquage issu d’une directive de l’Union européenne sur les plastiques à usage unique. J’ai trouvé les quatre déclinaisons.
À chaque fois, il y a deux carrés : à gauche, un dessin sur fond rouge est partiellement ou totalement barré (une main jetant un objet d’une pichenette, une main au-dessus d’un objet à terre, des objets au-dessus d’une cuvette de toilette) ; à droite un dessin sur fond bleu avec une ligne représentant des flots sur lesquels flottent les objets vus dans l’autre case, et dessous, une tortue.
D’abord, je n’ai pas reconnu l’un des objets barrés. Il s’agit d’une lingette. Ensuite, je n’ai pas trouvé évident le rapport entre les deux cases. D’un côté, ce n’est pas bien de jeter tel objet dans les toilettes ou en l’air. Quant au gobelet, le dessin n’est pas d’une grande lisibilité, la main à distance à la verticale semblant bénir ou effectuer un exercice de magnétisme plutôt que d’être celle qui a jeté l’objet. De l’autre côté, le fond bleu rassurant semble être plus positif, dois-je déduire que plutôt que jeter les tampons hygiéniques et lingettes dans les toilettes, je devrais les jeter dans la mer ? Enfin, que les objets jetés en l’air ou laissés par terre (pour les toilettes, c’est plus facilement compréhensible) finissent dans la mer est évoqué dans des articles, mais n’est pas d’une appréhension immédiate, surtout pour toutes les personnes qui ne résident pas sur le littoral.
Bref, j’ai rarement vu un marquage autant à côté de la plaque. Pourquoi ne pas « juste » bien indiquer de jeter dans une poubelle plutôt que n’importe où ailleurs ? Mystère. Et, je le crains, inefficacité.

Extravagance parisienne @74

Cécyle sur un Vélib' garé en station.Je suis abonnée depuis plusieurs années à Vélib’. Le 24 décembre 2021, je reçois un message étonnant :
« Votre abonnement Vélib’ expire demain.
« Pour continuer à utiliser le service, vous devrez souscrire un abonnement à partir de 25/12/2021 depuis votre compte abonné sur le site ou l’application Vélib’.
« Vos identifiants ne changent pas, vous aurez toujours accès à votre espace abonné et le parcours de souscription est simplifié avec un formulaire d’inscription pré-rempli.
« Pour rappel, la grille tarifaire évolue et entrera en vigueur le 1er août 2021. »
Je cherche à prolonger mon abonnement, qui était auparavant en renouvellement automatique, mais impossible de trouver comment faire.
J’appelle le service client. L’employée vérifie mon compte et m’explique qu’il faut effectuer la même manipulation que pour une nouvelle souscription. Je la remercie, raccroche, essaye et… ça ne marche pas.
Je rappelle. Un autre employé m’explique qu’en raison du changement tarifaire d’août 2021, il n’est pas possible de renouveler son abonnement quand il est en cours. Les indications de sa collègue n’étaient pas justes, je dois effectuer le renouvellement à partir du lendemain après l’heure indiquée d’expiration. Et à partir de là seulement, je pourrai demander un renouvellement tacite.
Pourquoi cette façon de procéder ? D’après ce que je comprends, c’est pour être sûr que tout le monde choisisse son option de préférence en fonction des nouvelles offres. L’argument me paraît mince. Le courriel ne précise rien et les employés ne sont pas tout au fait du sujet. Et j’ai donc attendu l’expiration pour reprendre le même type abonnement. Le numérique, c’est pas mal quand toutes ses potentialités sont exploitées, non ?…

Déo @41

L'image montre le distributeur à pizza 24 heures sur 24.En ce mois de juillet 2021, j’ai passé du temps en Normandie. Il y a eu comme un peu partout en France beaucoup de pluie et j’ai parfois limité mes déplacements. Dans le village à côté de mon gîte, j’ai découvert un distributeur à pizza 24h/24, 7j/7, que j’ai testé.
Un peu de choix de pizza, un prix modique, une attente assez courte, une odeur de four chaud et dans la fente indiquée par la flèche est sorti mon déjeuner. Le résultat était un peu moins gras et plus goûtu que ce que je ne craignais. Reste que c’était une expérience à limiter aux vacances.
Cela reste une aventure bien modeste, à l’image de moments tranquilles avec Helgant. Et la seule incursion hors de ma cuisine pendant trois semaines, un peu de fantaisie en somme.

Déo @40

La photo montre l'enseigne Agence automobilièreDans mon quartier, je remarque une enseigne « agence automobilière » Hum, je connaissais les agences automobiles et les agences immobilières, mais pas le croisement des deux. Je vérifie sur Antidote et ne trouve pas ce mot. Après vérification sur le Net, je trouve une chaîne dont c’est le nom. Cela a été repris par d’autres.
Est-ce pour donner un plus de chic au simple « automobile » ? On sait que la voiture est juridiquement un domicile, mais quand c’est effectivement le seul, c’est aux antipodes d’un quelconque glamour, car une solution de recours dans la pauvreté. C’est encore une invention marketing pathétique.

Déo @39

L'image montre le radiateur bain d'huile en fonction.L’hiver dernier, j’ai été contrainte d’acheter un radiateur bain d’huile, ayant manqué être bien malade en raison d’un problème de chauffage dans ma chambre. Me voilà donc avec un appareil électrique et sa « notice d’utilisation » à propos de laquelle je lis sur le carton « Pour vous aider à bien vivre votre achat ».
Euh, certes oui, mais disons qu’il y a des obligations réglementaires à ne pas me fourguer trois lignes en polonais et que c’est un peu légitime de permettre à l’acheteur d’utiliser l’engin sans trop de difficultés. L’argument est donc de ne pas trop se pourrir la vie à acheter leur produit.
L'image montre sur le carton le texte évoqué dans le billet.Remarquez, c’est un peu simpliste : juste « bien vivre » un achat pratique et utile, où on s’en tire pas trop mal à arriver à se chauffer avec un truc chauffant, donc sans une « expérience d’achat », cet apogée de la consommation, cette extase de la carte bancaire, cette acmé du chéquier. À me demander sur le coup si j’ai pris le bon radiateur.

Corps @33

Dis, docteur Mouton ; il faut qu’on trouve une solution !
— Mais tu as diiit que tu avaiiiiis touuuutes les soluuuutions, candidat Caddie !
Ouais, je sais ; mais là, ce n’est pas le candidat qui s’adresse à toi ; c’est le docteur.
— Aaaaah !
— H*aaaa* !
— Y’a un ‘blem doc’ ?
C’est le genou. Y a un os.
— Un ouafos ? Ouafmiam ! Ouafoù ça ?!
Non, le plus beau chien du monde, c’est pas un os à manger ; c’est le genou de ma ménagère qui a mal en descendant les escaliers pendant que le genou de ta maîtresse à mal en montant.
— On peuuuut paaaas arraaaaanger çaaaa ?
Non, je n’ai pas la solution, docteur Mouton.
— Ça, c’st’terrible !
— Fa*uuuut* prendre l’asc*eeee*nseur !
— C’est ouafrigolo les ouafescaliers !
— Ouep, mais quand on peut pas qu’ça fait mal… Et y’a pas t’jours d’ascenseurs.
C’est pour ça que je me dis que docteur Mouton, tu as peut-être une solution.
— Ta ménagère moooonte et notre Isabelle desceeeeent ?
— T’es géni*aaaa*l Petit Mouton !
— Ouafextraordinaire !
Ouais, mais après, comment elles font quand elles arrivent en haut ou en bas ?
— Elles descendeeeent et monteeeent en maaaarche arriiiière !
Trop fort !

Déo @38

Page du site montrant le stock dans le magasin où les produits ne sont pas car ils ont été placés en entrepôt pendant la saison basse.Alors que je me rendais à proximité d’un magasin d’articles de sports et loisirs, j’avais proposé à Cécyle de me dire si elle avait besoin de quelque chose. Elle m’avait donné deux références de lampes de camping rechargeables. J’étais donc passé voir, mais ne les avait pas trouvées.
En sortant, je l’en informe. Elle me répond qu’elle en a vu en stock sur le site, qu’il est donc possible de commander en « click & collect ». J’y retourne et sollicite un vendeur. Il réfléchit et me dit, l’air un peu résigné, qu’il lui semble comprendre ce qui arrive : elles doivent être en « hibernage » (c’est le mot que j’ai compris). Nous vérifions en rayon. Il m’explique que les produits moins vendus l’hiver sont envoyés dans un entrepôt. Ils restent dans le stock du magasin sans y être (en magasin). Par conséquent, si on commande en « click & collect », la commande sera annulée.
Il me donne la solution : il faut effectuer une commande comme si on se faisait livrer, mais on peut choisir d’être livré chez soi ou dans un magasin et y retirer les produits. Les livraisons sont constituées à partir des fameux entrepôts.
Il s’agit donc de « cliquer et collecter », mais sans opter pour le « click & collect ». Facile ! Et l’hibernage ? Joli mot, croisement entre hivernage et hibernation. Et si les stocks indiqués sur le site pouvaient aussi aller se blottir au chaud dans un entrepôt, histoire de ne pas embrouiller la clientèle, ce ne serait pas joli aussi ?

Pucer @57

Ma carte bancaire a été renouvelée au mois de septembre à son arrivée à échéance. Au fil des années, j’avais plus ou moins bien mémorisé mon code, après avoir longtemps eu un code que je connaissais très bien. J’avais aussi réussi à retenir l’essentiel des numéros de la carte, sauf les quatre premiers que je mélangeais régulièrement.
Arrive ma nouvelle carte : code identique et seuls quatre numéros n’ont pas changé, les premiers. Misère.

Déo @37

L'est pas beau mon pouce ?L’appli que j’évoquais récemment envoie depuis quelque temps une infolettre avec « Le top dons de la semaine » : « Parmi les milliers d’annonces publiées cette semaine, découvrez 10 dons passés par la case « exclusivité » qui ont particulièrement plu à la communauté des XXX. Pour dénicher le don de vos rêves, passez à XXX+ ! »
Je découvre donc le nom du système d’achat de bananes qui est donc le nom de l’appli est un « + ». La « case exclusivité » étant la priorité si de pouvoir demander un objet proposé pendant un certain temps. Et le top des dons est à l’aune de cette surenchère : vélo, téléphone, montre connectée, réfrigérateur, perceuse-visseuse, cafetière de marque…
On est loin de ce qui est censé donner une deuxième vie à des objets du quotidien qui ne servent plus et qu’on ne veut pas jeter, car ils peuvent être utiles à quelqu’un sans avoir de grande valeur marchande, ce qui est l’essentiel des « milliers d’annonces publiées ».
Ou comment passer de l’idée de réemployer dans une vision décroissante à la valorisation des objets et modes de vie alimentant le marché capitaliste pour en récupérer des miettes et les jeter aux chalands comme de la poudre aux yeux. Misère.

Déo @36

L'est pas beau mon pouce ?J’ai déjà évoqué les sites, applis, et autres dispositifs de dons que j’utilise depuis des années. Certains sont totalement gratuits, animés par des bénévoles avec les moyens du bord, sans chercher à être jolis ou même attrayants, avec un fonctionnement basique. D’autres cherchent des moyens de financement.
Dans cette dernière catégorie, une appli propose depuis quelque temps des « bananes » qui sont des points pour « récompenser » les personnes qui donnent. Ces bananes permettaient simplement de pouvoir envoyer des messages aux gens qui donnent et maintenant offrent une priorité pour répondre aux annonces récentes. Il m’est arrivé que des personnes s’inquiètent pour moi si je leur donnais deux objets sans passer par la procédure « normale » car je ne toucherai pas « mes » bananes.
L’idée est de valoriser la réciprocité des dons et éviter que certains n’utilisent l’appli pour récupérer sans retour, voire récupèrent autant que possible pour revendre. Mais cet esprit a été mis à mal, car les personnes qui cherchent à « adopter » des objets sans pouvoir ou vouloir en donner peuvent acheter des bananes, ponctuellement, voire sur abonnement. Ce n’est certes pas des tarifs élevés et il y a bien des frais pour cette appli. Mais, la recherche graphique et divers messages réguliers montrent le souci de fidéliser les utilisateurs.
Mais entre ceux qui payent pour récupérer des dons et les gestionnaires qui encaissent, je me sens de plus en plus éloigné du principe d’origine. Aujourd’hui, je préfère donner à une recyclerie ou ressourcerie qui a pour but de remettre en vente les objets. Je participe ainsi à un principe économique affiché, finançant des locaux et emplois pour permettre à des personnes qui n’ont pas forcément accès à Internet ou à des applis d’acheter des objets ainsi réemploiés. Et c’est aussi bien plus simple : je dépose plutôt que de prévoir des rendez-vous contraignants dont une partie n’est pas honorée. Le modèle Emmaus a encore de beaux jours devant lui.