Archives par étiquette : Nouille

Galère @16

Copie d'écran de l'appli de la banque poste, mode d'emploi. Je ne peux pas vous dire ce qu'il y a dessus, je ne lis pas.LBP — Épisode 2
Pour lire l’épisode 1
J’installe donc l’appli et… bingo ! Impossible de m’en servir. Je zoome, j’active la lecture à l’écran, je sors le compte-fils ; je n’y arrive pas. Sitôt, je fais un microbillet Twitter, très agacée (au sens où chaque fois que je suis face à des configurations physiques et numériques qui me disent que je suis déficiente visuelle i.e. plusieurs fois par jour, j’en suis blessée et ai besoin d’exprimer la colère qui s’en ensuit).
Je dégaine donc un microbillet Twitter, en même temps que j’envoie un message intitulé « Certicode défaut d’accessibilité » via mon compte en ligne, indiquant la rupture d’égalité et mon intention de saisir le juge administratif (il y a bien un moment où je vais m’y résoudre !) La réponse ne traîne pas et me renvoie à une conversation en message privé. Les réponses toutes faites s’y succèdent mais, en insistant un peu, il m’est clairement indiqué que je peux désactiver Certicode+ et pourrai toujours consulter mon compte et faire des paiements…
Mais pourquoi m’avoir fait croire le contraire ?
Je n’ai pas de réponse sur le sujet.
Au passage, je tombe sur une page du site de ma banque « L’accessibilité sur le site Labanquepostale.fr » avec un contact dédié (le reste de la page dit tout du caractère compliqué de l’accessibilité). Très vite de nouveau, un monsieur m’appelle ; il me confirme que Certicode+ n’est pas obligatoire, convient que la vocalisation sur l’appli est difficile (il est déficient visuel et utilise Voice over) mais n’en dit pas plus, obligation de réserve oblige.
Je décide donc d’attendre la réponse officielle sur mon compte avant de désactiver l’appli… Suspense !

Exposer @23

Une brochette de valide qui enttourrent deux fauteil roulants (vide)J’ai découvert sur Twitter l’information selon laquelle un musée de Colmar s’est vu offrir deux fauteuils roulants par le Rotary Club, « une aide précieuse destinée à faciliter les visites des personnes handicapées, visuelles ou physiques ». Pour la directrice de l’établissement « ce don permet de poursuivre les efforts entrepris par le musée pour l’accueil des personnes à mobilité réduite sans impacter le budget consacré à l’achat d’œuvres d’art ». Je suis tellement interloquée que j’ai du mal à argumenter. Je vais essayer au cas où le caractère indécent et tendancieux de l’affaire vous échappe.
En moins de 30 secondes, j’ai trouvé sur le Net un fauteuil à 135 euros, livraison gratuite. Ce n’est pas un modèle de compète mais comme il s’agit de véhiculer des personnes à l’intérieur d’un musée sur une courte durée, il est parfait. Les deux sur la photo de l’article des DNA d’ailleurs lui ressemblent. Cela fait donc 270 euros pour deux fauteuils. On remarque le montant exorbitant de la chose… dont l’achat pourrait grever l’achat d’œuvre d’art ?
Au-delà de l’absurdité flagrante de cet argument au vu du montant cité, je remarque que madame la directrice de musée considère qu’il y aurait une concurrence budgétaire entre l’achat d’œuvres et leur accessibilité. Mais ma p’tite dame, si vous achetez des œuvres pour les laisser dans leur caisse — car ça coûte la muséographie et l’entretien des œuvres afin d’y donner accès —, cela sert à quoi d’acheter des œuvres ? On le sent bien, c’est le fait que les visiteurs soient handicapés qui chiffonne cette dame ; car oui, exposer une œuvre pour un coût habituel d’exposition, c’est normal ; mais exposer une œuvre de manière à ce que les PMR y aient accès, alors là ! Il y en a 3500 exposées au musée Unterlinden ; le coût supplémentaire pour l’accueil des PMR avec l’achat de deux fauteuils est donc de 0,0771 euro ; la gabegie (même sans amortissement sur cinq ans) !
Ceci établi, je m’interroge également sur l’utilité de ces fauteuils pour faciliter la visite des déficients visuels. Je suis sûre que Sarah serait ravie de me coller dans un fauteuil quand nous allons au musée pour pouvoir jouer aux autotamponneuses et piquer des sprints sur les parquets ; mais je ne suis pas certaine que faire plaisir à Sarah soit la motivation première de la directrice de ce musée. Quelle est-elle alors ? Éviter qu’ils soient autonomes, les contraindre de regarder les œuvres assis alors qu’elles sont exposées pour être vues debout (bah oui, ma p’tite dame, 80 % des handicapés visuels voient quelque chose !), les empêcher de se déplacer comme bon leur semble ? Il est vrai qu’un handicapé en liberté, c’est terrible !
Je m’arrête là, je vais devenir vulgaire alors même que c’est votre validisme, madame la directrice, qui l’est : vulgaire donc indigne de votre mission de diffusion de l’art.

 

Agit-prop’ @41

Caddie, barré de tricolore, avec en slogan : 20222 avec Caddie, amour, gloire et roulettes !Mes chers compatriolettes !
L’heure est grave : je dois prendre ma part dans l’union ! Mon slogan de campagne sera « Ni noir ni blanc ; soyons tous vaches ! »
— Caddie ! Prés*iiiii*dent ! Caddie ! Priséd*eeee*nt !
— C’pas ça l’union, Copain Mouton !
— C’est quo*iiii* ?
— C’quand on n’garde qu’un candidat.
— Une seule équiiiipe ?
Non, Petit Mouton, un seul joueur.
— C’est pas ouafrigolo !
— Et puis les a*uuuu*tres ? Ils dev*iiii*ennnent quo*iiii* ?
— On leur ouafcroque le ouafos jusqu’à la ouafmœlle !
Non Helgant, je suis pas cannibale ; juste je reste, et les autres me donnent leur voix. Je suis le seul à incarner la France de toutes les couleurs…
— Et s‘rtout l’gouaille nationale !
— Ça se ouafmange ?
— Non, c’est une foooorme d’amooour !
— D’l’amour vache, l’truc qu’rumine à fond et qu’fait d’lait qui caille dès l’sortie du pie.
— Le p*aaaa*pe ?
— Le ouafnichon plutôt !
— T’connais ça Helgant, l’nichon, hein ?!
— C’est quo*iiii* ?
Rien Copain Mouton, on s’égare ; c’est comme un buuuut où les joueurs font cluster dans la surface de réparation. Et c’est pas le sujet ! Vous en pensez quoi de mon slogan ?
— C’t’ressemble à fond !
— Et puiiiis, c’est comme un baloooon de fooot !
Tu crois que ce serait mieux Petit Mouton, « Ni noir ni blanc ; soyons tous ballons ! » ?
— « Ni noiiiiiir ni blaaaaanc ; soyons tous vaaaaachement baaaalloooons ! »
— Hum, y a d’l’idée, mais mon Caddinounet va pas s’faire écraser par les autres qui veulent toujours rebondir, même quand l’sont cuits.
T’as raison, Petit Koala ; je suis un vainqueur !
— Oouep, Caddidounet, t’as vingt cœurs ! Et c’pour ça qu’t’aime !

« Ni noir ni blanc ; avec moi-Caddie, soyons tous vaches ! »

À table ! @79

La boîte en plastique qui fait office de bol à soupe, et le plateau pastique du chirachiCela fait quelques années que Isabelle m’invite dans un petit restaurant japonais un peu plus cher que la moyenne mais nettement meilleur ; le poisson est bien travaillé, très varié, les « petites herbes » et autres subtilités gustatives nombreuses. Selon les époques de nos vies respectives, et leurs contraintes, on y va plus ou moins souvent.
Nous n’y étions pas allées (au moins moi) depuis… je ne sais pas ; le premier confinement sans doute. Ce restaurant a toujours pratiqué les plats à emporter, ne serait-ce que parce qu’il ne dispose que d’une petite quinzaine de couverts. Avec la pandémie, il semble qu’il ait intensifié ce mode de vente jusqu’à considérer que les clients consommant sur place ne méritaient pas d’égards particuliers : soupe servie dans une boîte ronde sans son couvercle, salade itou, shirashi posé dans son plateau rectangulaire en plastique prêt à l’emport.
Pour le coup, la nourriture est moins travaillée, plus de jolie présentation (hormis deux fausses herbes en plastique) et plus aucune subtilité gustative. Quant à manger « au restaurant » dans du plastique jetable, outre que c’est très désagréable, cela me choque profondément. Verdict ? C’est moins bon et toujours plus cher ! Donc…
— Boycott !
Oui Caddie, on n’y met plus les roulettes.

Bééé @22

Copie d'écran de dix titre dans la liste Miw prférés, ceux cité dans le bilelts.À force de râler sur Deezer, j’ai fini par m’abonner à Apple musique, censément plus compatible avec mes HomePod et me permettant plus aisément (et pour le même prix) de partager ma musique sur mes différents appareils. J’ai remarqué très vite que les listes de diffusion sont plus proches de ce que j’écoute ; je soupçonne même l’algorithme d’aller fouiller dans les MP3 stockés sur l’ordinateur tant la liste « Mix préférés » me propose ce que j’ai déjà.
Je peine toujours à trouver les nouveautés croyant que la liste « Mix découverte » va me faire écouter des choses inattendues. Ce matin, j’ai été particulièrement gâtée : Lavilliers, Thiefaine, Tori Amos, James Blunt, Francis Cabrel, Sting, Arthur H, Têtes raides… que des petits nouveaux avec, en point d’orgue, Laisse béton de Renaud ! Ce que j’ai.

Canette @40

Un paquet de rivola, face arrière, avec mention du poids.Je suis une mangeuse de bonbons sans sucre. J’en mangeais déjà quand je fumais (dans une autre vie), pour me rafraîchir l’haleine, comme disent les publicités. Pour arrêter de fumer, en plus des cure-dents, les bonbons m’ont aidée. J’alterne entre plusieurs sortes, notamment entre des bonbons à la menthe et aux fruits de marque distributeur ; mais mes préférés restent les Ricola eucalyptus, sans sucre toujours.
Ces derniers mois, j’ai eu du mal à en trouver en sachet ; on en trouve en petites boîtes en carton mais je les trouve moins bons. Isabelle, qui fréquente une enseigne mieux achalandée que les miennes, me fournit. Ce matin, dans une enseigne de grande distribution, j’en ai vu. Le paquet avait changé de look, et le prix m’a sauté aux yeux : 2,29 euros. J’ai examiné le paquet et lu 70 g. Pas 100 g ?
Je suis allée voir les paquets de bonbons de marque distributeur, tous à 100 g avec un prix de 1,99 euro. J’en ai donc conclu que Ricola avait réduit la quantité sans baisser le prix, une pratique commerciale courante. J’ai sitôt appelé Isabelle pour lui dire de ne plus m’en acheter. Rentrée chez moi avec l’intention de faire un billet, je vérifie qu’il m’en reste un paquet ; c’est le cas ; ancien emballage ; poids, 70 g.
C’est donc tout à fait abusivement que j’ai imputé à cette marque une pratique commerciale trompeuse ; cela me permet par contre de prendre conscience du prix exorbitant de ces bonbons. Je m’en passerai.

Bigleuse @133

Canne blanche d'appui avec une sonette de patinette sous la poignéeDans le cadre de ma revue du Web pour Genespoir, j’ai croisé cet article qui lie les mots « résilience » et « handicap ». Quelle bonne idée ! Comment imaginer, en effet, « faire quelque chose de ce qui arrive » (ma définition préférée de la résilience) sans accepter ce qui arrive, le nommer, avoir conscience que l’on ne peut y échapper et qu’il va falloir s’adapter ? Les valides gagneraient également quelque chose à penser le handicap ainsi, et non pas à être « 64 % [… à] estime[r] que le handicap est un obstacle au bonheur et à une vie épanouie » et à associer le handicap à une « souffrance » [Enquête CNCDH 2021].
Il est vrai que toute personne handicapée qui place son adaptation dans une démarche de résilience va très vite comprendre que le problème, ce n’est pas son handicap, mais la société validiste. C’est sans doute là où le bât blesse, avec cette nouvelle question à propos de la manière dont la société privilégie l’assistance plutôt que de permettre l’autonomie via l’accessibilité, remarquable : « (…) celui que l’on plaint (ou que l’on « sauve ») devient immédiatement inférieur ». J’ignore si vous mesurez la portée de cette équation ; je la vis chaque instant.

 

Extravagance parisienne @71

Une boite de cosmétiqueJ’avais rendez-vous avec une amie place de l’Opéra ; je voulais lui offrir un coffret chez Sephora avec un bon de réduction. Mon bon n’était en fait pas valable et elle a proposé que l’on reporte le cadeau. J’étais déçue. Elle aime bien ce qui fait du bien au corps et c’était l’occasion de lui faire plaisir. En sortant, nous avons été accostées par une vendeuse d’une boutique attenante qui nous a offert deux échantillons de crème. La boutique avait l’air chic, et nous étions place de l’Opéra… tout de même !
La vendeuse a proposé à mon amie de lui montrer un produit polissant les ongles « pour quinze jours ». Nous étions joyeuses, nous l’avons suivie. La démonstration a été rapide et très efficace. Mon amie était conquise. Les 65 euros demandés nous ont néanmoins fait renoncer, même avec la promesse d’un second kit gratuit (un polissoir, une crème et une sorte de « vernis hydratant »). Nous sommes ressorties. Cette amie ne cessait d’admirer son ongle poli et brillant. Je l’ai poussée à revenir en arrière pour lui offrir ce produit magique que j’ai donc acheté avec l’idée que le second plairait à ma mère.
Arrivée chez elle, elle a sitôt essayé le kit, et admiré ses ongles tout beaux ! Inconsciemment, nous avions eu dès le début la sensation que le produit ne valait pas le prix payé (sans doute à cause du second kit gratuit) mais peu nous importait ! Est-ce cela qui l’a portée à taper le nom de la marque dans son navigateur préféré ? Elle a vite trouvé le forum de Que choisir où des consommatrices parlent d’arnaque ; je vous invite à le lire, les récits sont exactement ce que nous avons vécu.
Cette amie était très embêtée par ma dépense, un peu vexée aussi par l’arnaque. J’avoue, je m’en moque un peu moi qui pourtant passe beaucoup de temps à éviter les pièges à consommateurs en tous genres et à les dénoncer. Nous nous sommes fait avoir, c’est évident, ce que nous avons acheté ne valant pas plus de dix euros ; mais que vaut le sourire d’une amie devant des ongles qui brillent alors qu’elle traverse un moment difficile dans sa vie ? L’or du monde n’y suffirait pas et l’histoire nous restera comme un moment où notre joie nous a emportées dans une douce folie où le rire absorbait la colère ; c’est bon, aussi, parfois, de faire des bêtises de gamines, non ?

 

Extravagance parisienne @70

Facimilé dune alerte enlèvement. Logo RATP + celui du Bus "Le chef de ligne cherche ctivementle trminus du 58 pour le rendre au usager. Si vous le voyer, ne le prenez pas, appelez le + numéro RATP"Mardi 28 septembre 2021, je rentre du judo. J’ai pris la 11 jusqu’à Châtelet et compte prendre le 58. J’ai fait ça la semaine précédente et le bus, à cette même heure, a été rapide. Je me rends à l’arrêt. Il n’y a aucun bus. C’est étrange, c’est son terminus. Je ne vois pas non plus son plan sous l’arrêt… mais il fait nuit ; cela peut m’échapper. J’avise un autre bus, garé à quelques mètres. Je m’approche canne blanche en main. C’est le 76. Je demande au chauffeur où trouver le 58. Il m’envoie plus haut sur l’avenue Victoria, côté Hôtel de Ville. Là, un bus attend. C’est le 70. Le chauffeur m’indique que le 58 est au niveau de la place du Châtelet… de là où je viens.
Je n’insiste pas, traverse la Seine et vais prendre la 4. Je sais que le trafic des bus est perturbé dans le secteur pour cause de procès des attentats. Je demande à Frédéric, qui me donne un plan où le 58 part toujours du même endroit. Le lendemain, j’appelle la RATP pour que l’on me dise où est ce terminus. Mon interlocutrice me fait patienter pour « consulter le chef de ligne ». Je patiente, un certain temps. Elle s’en excuse, cela a été long car « l’arrêt a été déplacé mais ils ne savent pas où… » Elle ajoute « jusqu’à lundi seulement, à cause de la Fashion Week ». J’insiste un peu, trouvant surprenant que la RATP ignore où se trouve le terminus de l’une de ses lignes. Elle ne peut m’en dire plus « ils envoient une voiture de service pour chercher. »
C’est tellement incroyable, surtout qu’on me le dise, comme ça, au téléphone, sans sourciller ! Je cherche sur le site ; je ne trouve rien. Caddie propose d’aller voir sur place pour mener l’enquête ; la disparition d’un terminus de roulettes l’inquiète beaucoup, cela se comprend. Suspense !

Agit-prop’ @39

Caddie, barré de tricolore, avec en slogan : 20222 avec Caddie, amour, gloire et roulettes !— Diiiiis, Petit Koala ; t’aaaaaas des nouveeeelles de Caddie ?
— Pas plu’qu’ça, Petit Mouton. Pourquoi ?
— On est inquiiiiets !
— Tr*èèèèèè*s inqu*iiii*ets !
— Ben qu’ça pourquoi ?!
— À cauuuuse des souuus-mariiins ! C’est ta paaatrie qui a faiiiit le couuuup.
— Moi, j’ai tro*uuuu*vé ça rig*oooo*lo !
— Et c’est ouafsympa de partager son ouafos !
— Petit Mouton, ma patrie, c’est qu’d’l’amour ! Caddie l’sait !
— On parle de moi sa Seigneurerie Caddie ?
— V’là qu’tu tombes bien mon Caddinounet ! Les Mouton s’inquiètent…
— De ma campagne ?
— Non, ça, c’fichu ! Q’tu sois fâché à cause d’sous-marins.
— Je ne suis jamais fâché quand le Grand Capital se prend une roulette dans les commissions ! Vive l’internationale des banettes chaudes !
— C’est fooot !
— F*oooo*t ! Mais pourqu*oooo*i tu p*aaaa*rles des boul*aaaa*ngers ?
— C’pas lié au pain, c’t’une expression pour dire qu’l’marins partagent leur lit. Enfin, pour pioncer à tour d’rôle, pas en même temps.
— Comme moi le ouafcanapé ?
— Pareil !
— C’est un bon thème de campagne, ça ! Électeurs de tous les pays, alitez-vous !
— Caddie ! Présiiiiident ! Caddie ! Prisédeeeent !