Archives par étiquette : Nouille

Pauvres chéris @15

L’été indien de ce mois de février et le ras-le-bol du masque en extérieur m’ont portée à retourner faire du sport au square. J’ai pu ainsi savourer la caresse du soleil et la douceur de l’air sur la peau de mes joues ; un tel bonheur que je me suis retenue de ne pas finir en maillot de bain ! Blague à part, il a bien fallu un nouveau malotru pour venir gâcher mon plaisir et nourrir ma réflexion sur les effets délétères de la testostérone sur le genre humain.
Après une bonne demi-heure sur les différents appareils de muscu, je suis allée dans mon coin préféré, l’aire de jeux où trône une pyramide en corde parfaite pour accrocher ceinture de judo et élastique et simuler des uchi komi. Je n’y étais pas depuis plus de dix morote qu’un gars que j’avais repéré courir en boucle dans le square W se radine. Il me tourne un peu autour puis s’installe de manière à être dans mon axe de vision (le pauvre, s’il savait !), lance la musique sur son téléphone portable et entame une série de pompes verticales.
L’exercice est difficile ; il en fait cinq, s’arrête, se trémousse un peu sur la musique, et recommence. D’emblée, on s’en doute, sa musique a eu le don de m’exaspérer, une espèce de daube très rythmée. Le vent m’a aidée à ne pas trop l’entendre. Merci. En rentrant, j’ai demandé à Johnny pourquoi les gars qui ont un quart de biscotos à exhiber mettent de la musique dont le son est d’autant plus pourri qu’il est émis par des appareils qui ne sont pas faits pour les concerts en extérieur. Est-ce pour attirer l’attention ?
Johnny rigole : sans doute que oui. En tout cas, les corneilles étaient bien d’accord avec moi que sa musique avait aussi peu d’intérêt que sa paonaison (sic) ; elles se sont mêlées au vent pour faire taire les BPM. Les bienheureuses ! Et, si une autre hypothèse est que cela les encourage à pomper en rythme, force est de constater qu’ils n’ont pas grand-chose à mettre dans le piston !

Gamine @31

J’ai découvert sur un réseau social local un nouveau « service » de restauration à domicile. Le concept est simple : une personne fait à manger chez elle, vous avez faim, vous commandez sur l’appli et vous venez chercher votre plat. N’est-ce pas une bonne idée ? Quand je dois faire deux litres de soupe parce qu’il y a urgence à cuire des invendus et que mon congélateur est plein, ce serait pratique, non ? Et elle est si bonne ma soupe !
— Vrai de vrai !
Merci Caddie. Mais tu sais, parfois, les idées simples sont particulièrement délétères. Pour celle-ci, j’y vois d’emblée de nombreux biais.
* Une communication sexiste et âgiste. Bah oui, c’est une femme qui fait à manger, on la nomme « mamy » alors même que dans la vidéo elle est plus quadragénaire (c’est quand même plus sexy !), il s’agit de valoriser vos talents de « cuisinière » (et non de cuisinier) et la personne qui vient chercher à manger est un homme, bien sûr. Regardez au passage les quatre « mamy » proposés : deux hommes, deux femmes ; la parité ? De façade, car quoi qu’on en dise, qui n’aurait pas choisi spontanément « mamy Juliette », pardon, son bœuf bourguignon ?
* Une « rémunération » sous forme de « récompense ». Voilà la version moderne de Elle est bonne ta poule, ma poule ; une bonne claque sur les fesses et un pincer (une pincée ?) de nichon et « mamy Juliette » est contente d’avoir régalé Édouard. Une petite pipe pour le dessert ? C’est une autre qui s’en charge au vu de la promiscuité de la femme qui apparaît déjeuner avec Édouard, qui garde sa posture dominante devant l’ordinateur… J’exagère, bien sûr, mais comme il n’est nulle part fait mention de la forme fiscale de cette « rémunération » et que le verbe « récompenser » n’est pas neutre, on peut imaginer que les pires systèmes d’exploitation sont au menu.
Voilà exactement le genre de concept que les confinements et autres couvre-feux sont en train de produire, un mélange de high-tech, de retour aux sources et de déréglementation tous azimuts sous couvert de nécessité économique. On est mal barrés, c’est sûr !

Noël @47

Depuis quelques années, la période de « Noël » est l’occasion pour la société marchande de valoriser la famille en tant que garantie d’amour et de sécurité. C’est d’autant plus pathétique que la famille est le premier lieu des violences faites aux femmes et aux enfants, premier lieu de leur exploitation aussi. J’avais fait, sur ce thème, un édito au moment du vote de la loi sur le « mariage pour tous » et multiplie depuis les mises en garde pour que les personnes prennent soin d’elles et ne se sentent pas obligées de succomber à l’hystérie collective.
Cette année, j’ai publié une nouvelle qui dit bien le fond de ma pensée. Je l’avais écrite l’hiver dernier suite à un appel à textes de mon éditeur canadien. Je n’imaginais pas alors combien le covid-19 allait marquer ce « Noël 2020 », exacerbant un peu plus les « valeurs familiales », chacun y allant de son couplet sur ces retrouvailles (extraordinaires) qui n’auront pas lieu, sur ces repas (pantagruéliques) que l’on partagera en visio, sur ces étreintes (surjouées) que l’on ne pourra se faire, sur ces cadeaux (fabriqués en Chine) que l’on sera obligés d’envoyer par porteur (précaire) spécial, etc.
J’écris ce billet le 25 décembre et j’avoue que je suis au bord de la rupture. En plus des tartes à la crème médiatique(s) qui veulent nous faire pleurer misère face à ces situations (insupportables) de familles qui ne peuvent se rassembler, à ce Noël dont les messes se déroulent dans des gymnases (mieux chauffés que les églises, et sur deniers publics), à ces personnes obligées de faire le choix de la solitude pour se prémunir du virus (quelle veine !), je surprends quelques amis, « pas Noël du tout », qui cette année crient famille… justement parce qu’ils en sont privés ? Quant à tous ces mails misérabilistes que je reçois, si vous saviez comme je me retiens de les envoyer se faire f… avec leurs vœux de m… qui, par leur suffisance c(h)rétino-familialiste (le h pour chrétien, bien sûr), ne respectent ni mes convictions ni mes choix.
Caddie ! sors de mon billet !
— Assume !
Caddie…
J’ai passé le réveillon seule, avec une délicieuse soupe d’orties cultivées dans le jardin partagé et me suis couchée de bonne heure, ravie que mes voisins aient décidé de rejoindre leur famille loin de Paris. C’est effectivement un choix de ma part : je ne crois pas en Jésus fils de Dieu qui ressuscitera à Pâques et ne fréquente pas ma famille au profit de mes amis ; je vis en mode décroissance en combattant autant que faire se peut la société de consommation ; je fais des cadeaux quand bon me semble ; et j’ai plus de plaisir à une balade à pied dans Paris qu’à n’importe quelle tablée alcoolisée.
— Allez ! viens… on a un panier récup’ à aller chercher.
Tu as raison Caddie. On y va ; les poubelles du monde recèlent tant de trésors.


Dans ce panier récup’ (en photo) pris chez un primeur à proximité le 25 décembre, deux ananas, 750 g de figues, trois pommes, sept clémentines, cinq tomates, trois blancs de poireau, une pomme de terre, une barquette de champignons découpés, trois champignons, 250 g de petits poivrons jaunes, deux mini concombres, deux avocats et trois gros oignons blancs. 4,99 euros.

Pucer @50

On se plaint beaucoup du complotisme dans les parages alors qu’on y trouve de nombreux avantages.
La preuve : je me suis fait dépister à la Covid-19 avant de rejoindre mes parents pour Noël. Un long coton-tige dans le nez, un œil qui pleure un peu mais surtout je capte désormais très bien la 5G.
Joyeuse année 2021.

Féminité @7

Samedi 12 décembre 2020, huit commerçants ont organisé un mini marché de Noël sur une place de mon arrondissement. L’objectif était de mettre en valeur des commerces locaux et le point commun des huit est ce que je nommerais volontiers un « engagement politique » pour une consommation plus vertueuse, plus bio, plus durable. Je connais la plupart de ces commerçants même si je n’en suis pas forcément cliente. Je suis donc allée faire un tour, par solidarité, pour dire mon attachement à la vie de mon arrondissement.
Comme souvent dans ce genre de configuration, chaque exposant sous son barnum pratique l’entre-soi quand plusieurs personnes sont derrière la table ; ou s’occupe sur un livre ou un téléphone quand il n’y a qu’une personne. Notre mini-marché n’a pas échappé à la règle. J’ai ainsi dépassé six exposants (sur huit) sans un bonjour, et sans savoir de quoi il s’agissait, l’accessibilité basse vision n’étant jamais une priorité commerciale (à croire que les 1,2 million de déficients visuels sont des consommateurs négligeables…)
Arrivée devant l’avant-dernier stand, une jeune femme interrompt sa conversation avec sa voisine de table pour me saluer.
— Bonjour monsieur !
Je souris sous mon masque et réponds.
— Bonjour monsieur.
— Oh ! pardon madame.
— Je vous en prie…
Et passe mon chemin. J’entends derrière moi la plus âgée « Avec le masque et le chapeau, tu ne pouvais pas savoir. » Je reviens sur mes pas.
— Excusez-moi mais, pour une fois, je porte un chapeau acheté dans un rayon femme, un masque fleuri et une écharpe que porteraient peu d’hommes. Je mesure 1,60 m ; c’est petit. Je vous accorde que je n’ai pas les hanches d’une femme qui aurait fait quelques enfants ; je n’en ai pas fait.
La plus jeune des deux bafouille je ne sais quoi. La plus âgée me rétorque qu’il y a des hommes qui portent des masques fleuris et que c’est à cause du chapeau. Elle oublie la veste de rando, le jean et les croquenots qui ont sans doute emporté sa décision. Je leur souhaite une bonne soirée et rentre chez moi.
Je précise que le stand en question était tenu par une entreprise d’insertion qui recycle des jouets en luttant activement contre les stéréotypes de genre. Ce n’est pas gagné. J’ai vu Pierre le lendemain ; il les connaît très bien. Ma réplique lui a plu ; il m’a expliqué que pour être une femme « c’est de pis en pis » ; il faut obligatoirement se maquiller pour passer comme telle. Et montrer mes yeux ? Même pas en rêve !

Ouf ! @4

Je me suis amusée, le 6 décembre, alors que je rédigeais le premier épisode du feuilleton « Paris Habitat au pays des hackers », à aller voir si le site de mon bailleur, rétabli depuis quelques jours après un mois d’interruption (c’est long, un mois), disait quelque chose de cette attaque, et de la protection des données des locataires.
La liste des actualités ne donne de prime abord pas l’impression qu’il s’est passé un incident aussi important. 3 décembre 2020, un tuto sur le Triple play social ; 2 décembre 2020, le résultat d’un appel à projets ; 1er décembre 2020 l’utilisation de matériaux biosourcés dans les nouvelles constructions : 30 novembre 2020 « [Info locataires] » : ma souris se précipite…

« L’avis d’échéance du mois de novembre sera distribué à partir du 2 décembre
« Exceptionnellement, l’avis d’échéance du mois de novembre sera distribué à partir du 2 décembre. [oui, on nous le dit deux fois, une pour le titre, une pour le chapeau ; on est un peu dur de l’entendement dans le parc social, c’est connu !]
[Logo de Paris Habitat vous informe]
« Pour rappel, jusqu’à rétablissement du paiement du loyer en ligne via notre site, nous invitons les locataires à régler leur loyer par les moyens mis à leur disposition : (…) »

La suite est la même que dans le mail reçu le 25 novembre 2020, à cette différence que le numéro du RIB est reproduit là où le mail invitait à contacter son gardien ; ce que j’avais fait ; il ne l’avait pas. Pour remarque, j’écris ce billet le 6 décembre 2020, mon avis d’échéance n’a pas été distribué.
Je continue à remonter le fil d’actualité sur le site… Protection civile, réhabilitation, magazine des locataires, travaux, « Continuité des services : À vos côtés » ! Date : 23 novembre 2020. Je lis le chapeau.

« Être à l’écoute des besoins des locataires et assurer une continuité de service sont au cœur de la démarche de Paris Habitat. Une priorité qui guide, au quotidien, notre action et celles de nos services proximité, directions territoriales, agences et gardiens, et prend d’autant plus de sens dans un contexte difficile. »

Un « contexte difficile » ? L’attaque du site, l’impossibilité de travailler normalement pour les agents de Paris Habitat, les travaux d’entretien bloqués par l’absence de bons de commande, les mails perdus, … « En dépit de ce second confinement, Paris Habitat, en tant que service public de proximité, reste aux côtés de ses locataires… » Perdu ! Il y en a deux paragraphes qui nous expliquent combien notre bailleur est proche de nous… Troisième (et dernier paragraphe).

« Par ailleurs, Paris Habitat a été victime, le 27 octobre 2020, d’une attaque informatique. Détectée aussitôt, elle a nécessité de couper l’intégralité du système informatique afin d’empêcher toutes (sic) pertes et vols de données avant une remise en marche progressive. Dans cet intervalle, l’ensemble des équipes de proximité sont restées présentes et accessibles pour répondre aux sollicitations. L’établissement a également continuer (sic) à informer via ses réseaux sociaux et répondre aux questions. Parmi les plus récurrentes figure le paiement du loyer. Cliquez sur ce lien pour accéder aux informations relatives au paiement du loyer. »

C’est donc ça ! Ce sont les locataires qui réclament de payer leur loyer, d’où une communication centrée sur ce point ! Quant aux données perdues, cet article y fait référence mais il s’agit d’une publication rétroactive puisque le 23 novembre 2020, le site était toujours hors service. Cela me ramène au mail que j’ai envoyé… et à la drôle de réponse que j’ai reçue.
À bientôt pour le troisième épisode…

Pucer @48

Mon téléphone sonne.
« Bonjour. M. Flanagane ?
– Ah non désolé.
– Ce n’est pas M. Flanagane ?
– Non pas du tout, c’est M. R.
– Bonjour M. R. J’avais une proposition à faire à M. Flanagane mais comme elle n’est pas nominative, je peux également vous en faire bénénéficer…
 »
Depuis plusieurs mois, je reçois régulièrement des appels pour ce « M. Flanagane ». Une erreur de numéro dans un fichier ? Que nenni. Il s’agit en fait d’une technique utilisée par des commerciaux manifestement dépourvus de talents marketing pour tenter de vous vendre un produit, un service ou une prestation.
Après deux ou trois appels de ce type il y a plusieurs mois, les conversations sont aujourd’hui bien plus courtes :
« Bonjour. M. Flanagane ?
– Ah non. Bonne journée.
 » et je raccroche.
Quant à ma liste de numéros de téléphone bloqués, elle est bien plus longue.

Pucer @47

Alors que je voulais payer en ligne mon loyer le 2 novembre 2020, j’ai découvert que le site de mon bailleur était hors service. C’était un dimanche. Je ne m’en suis pas inquiétée. Le lundi, un mail que j’avais envoyé le vendredi à mon gardien m’est revenu, et le site était toujours inaccessible. J’ai un peu fouillé les actualités, les comptes Twitter et Facebook. Rien. Aucune info. Le 7 novembre 2020, je n’ai pas résisté à faire une petite blague sur Twitter. Aucune réaction.
Mon gardien étant en congé, j’ai dû attendre le 12 novembre pour avoir confirmation que le réseau de mon bailleur avait subi une attaque importante. Rien n’était rétabli, ni le site, ni l’espace locataire, ni les mails, ni l’intranet… Les lignes de téléphone semblaient également avoir été touchées. Mon gardien n’avait aucune info. Il utilisait son portable et était sérieusement bloqué dans ses communications avec sa hiérarchie, les prestataires, les services techniques…
Rien ne s’est passé jusqu’au 25 novembre 2020, si ce n’est un article de ZdNet le 17 novembre 2020 qui confirmait l’ampleur des dégâts. Ce 25 novembre donc, je reçois un mail d’une responsable de mon bailleur…

« Cher-e locataire
« Le paiement par carte bancaire n’est plus disponible sur votre espace location en ligne pour le moment. Nous nous excusons pour la gêne occasionnée. »

Suivaient les moyens de paiement restant possibles, et une phrase indiquant que « les équipes de proximité » restaient mobilisées. Le sang de Caddie n’a fait qu’un tour. Il m’a commandé la réponse suivante, avec mes élues préférées en copie, bien sûr, et Ian Brossat (qui ne répond jamais mais est néanmoins l’adjoint à la maire en charge du logement).

« Chère madame,
« (puisque je suis « chère » locataire)
« Ce n’est pas sans un certain plaisir que je reçois votre mail qui m’indique le meilleur moyen de payer mon loyer, moi qui trépigne depuis plus de trois semaines face au site de Paris Habitat désespérément hors service. Je comprends qu’il y a urgence, j’ai désormais vingt-cinq jours de retard. Je vais sans doute opter pour le virement, en espérant récupérer rapidement le RIB nécessaire ; ma banque mettant 48 heures à enregistrer un bénéficiaire, je vous prie par avance de m’excuser du délai supplémentaire que cette procédure engendre.
« Cela dit, mon plaisir aurait été décuplé si vous aviez eu l’obligeance de m’informer il y a trois semaines des soucis informatiques de Paris Habitat ; il aurait atteint son acmé si vous aviez aujourd’hui considéré qu’il était important de me rassurer sur la sécurité de mes données personnelles, coordonnées bancaires comprises, celles que je vous confie depuis des années. N’avez-vous pas, d’ailleurs, une obligation légale à le faire ? Je l’ignore, mais je trouve particulièrement cavalier que Paris Habitat se comporte vis-à-vis de ses locataires comme si de rien n’était, comme si une attaque crapuleuse n’avait pas eu lieu, comme si tout allait pour le mieux chez le meilleur des bailleurs du monde.
« En plus de témoigner du mépris de Paris Habitat à l’égard de ses locataires et de leurs données personnelles, le choix du silence est de nature à encourager la rumeur, les fake, au péril de la qualité de la « relation locataire ». Pour ma part, je me contente de mettre en copie de ce mail monsieur Ian Brossat, adjoint à la maire de Paris en charge du logement et madame Carine Petit, mairie du 14e, les sachant l’un et l’autre très attachés à nos libertés et à la bonne gestion de nos immeubles, ainsi que notre gérante et les responsables de notre amicale de locataires. Je ne manquerai pas, croyez-le bien, de saisir les services de la Cnil ainsi que le médiateur de la Ville de Paris si vous décidiez de ne pas répondre à ma demande d’information, aussi à l’intention de tous les locataires, dans les deux mois qui viennent.
« Merci à vous.
« Très bonne journée !
« Cécyle Jung »

Et ? Ce billet est déjà long… Feuilleton !

Réclamation @82

En mai dernier, je vous indiquais que EDF me réclamait 2 000 kW/h d’électricité, moi qui n’en consomme pas 1 000 par an. Mes échanges avec le service commercial ont duré jusqu’en juillet à grands coups de factures, contre factures, prélèvements indus, etc. Ma réclamation finale n’ayant pas résolu notre différend (le montant de ma consommation réelle a été rectifié mais sans grande clarté ni respect du droit), j’ai décidé de saisir le médiateur de l’énergie.
Une procédure contradictoire en ligne a eu lieu, chacun avançant ses arguments. Aujourd’hui, le médiateur m’a fait une proposition de conclusions qui comporte une indemnisation financière de la part d’EDF mais aussi de Enedis à l’origine du différend. J’ai refusé ces indemnisations, d’un montant dérisoire, considérant que la reconnaissance des fautes commises m’est plus importante. J’avais déjà renvoyé un chèque à EDF en juillet qui m’avait directement indemnisée sur mon compte ; ils l’ont encaissé et ont de nouveau fait un virement, que je ne peux contester. Il faudra que je me penche un jour sur cette question.
Ceci étant, la conclusion du médiateur de l’énergie n’est pas encore définitive mais j’ai reçu une lettre chèque de Enedis. J’en trouve les intitulés très drôles. Il est écrit « En règlement des créances détaillées ci-dessous, veuillez trouver un chèque à l’ordre de madame… » Et quand je regarde le libellé, il y a trois informations que je masque pour préserver mes données personnelles et l’anonymat de l’agent Enedis mentionné ; ce sont un numéro de référence, un nom avec un tel qui n’y est pas, et le numéro de mon point de livraison (celui de mon compteur).
Drôle de détails d’une créance, aussi abscons et opaque que le fonctionnement de ces fournisseurs d’énergie que j’invite chacun à surveiller de près (relever du compteur, facturation, etc.)

 

Fenêtre @26

Mon téléphone sonne.
— Bonjour, mademoiselle Jung ?
— Non.
— Ah ? Je cherchais à joindre Cécyle Jung…
— C’est moi.
— Mademoiselle Jung, donc ; je vous appelle de la part de votre fournisseur de gaz.
— « Mademoiselle » n’est plus usité depuis au moins cinq ans.
— C’est pourtant ce qui est écrit dans mon contrat.
— Il est donc caduc…
— Ah ? Bon… [soupir agacé] Votre fournisseur de gaz a quelques questions à vous poser. Vous avez trois minutes ?
— Non.
— Ah ! au revoir madame.
— Au revoir monsieur.