Archives par étiquette : Misère

Pucer @54

Un jour sans télétravail, je quitte mon bureau après 19 heures, nouvelle heure du couvre-feu. Je prépare mon attestation puis range mon portable pour discuter avec un collègue. Et là, d’un coup, je me rends compte que j’ai coché par habitude la case « Animaux de compagnie ». Je ressors donc le téléphone pour refaire une attestation et cocher « Activité professionnelle ».
Je venais de discuter avec Cécyle d’une action de mon employeur visant à favoriser l’accompagnement des agents voulant devenir formateurs de chiens-guides venant travailler avec lesdits chiens pour les habituer aux transports et au bureau. Et j’avais hâte de retrouver Helgant.
Arrivée à la maison, j’ai d’ailleurs ressorti le téléphone pour refaire une attestation, tout en prenant la laisse pour accompagner Helgant faire ses besoins. Je n’ai pas fait d’erreur de case cette fois.

Noël @48

Après le Nouvel An, le journal télévisé a proposé un reportage sur ces Français qui ont choisi de partir célébrer la nouvelle année à l’étranger pour éviter les contraintes sanitaires. L’une des villes les plus prisées était Dubaï dans les Émirats arabes unies. Une famille française explique son choix : « Ici, on est libre : pas de masques à porter, pas de distanciation sociale et pas de limitation du nombre de personnes. À Dubaï, c’est la liberté. »
À chacun son idée de la « liberté » manifestement.

Bééé @19

Comme beaucoup, j’ai été contrariée par les annonces du Premier ministre du 10 décembre 2020. Je ne fête jamais Noël et préfère les réveillons de la Saint-Sylvestre seule dans mon lit. Je ne vais que rarement au théâtre, fort peu au cinéma ; j’aime bien les musées mais ils ne me sont pas essentiels. Les cours de judo pour les enfants reprennent sous conditions mais reprennent.
Alors quoi ? Ce sentiment de plus en plus fort que ce qui est mis en œuvre par les autorités publiques est partial, inique et oiseux. Je fais sans doute partie des personnes qui respectent le mieux les mesures « sanitaires » ; d’abord parce que j’en ai les moyens : je vis seule, mène l’essentiel de mes activités depuis chez moi, ne fréquente pas ma famille, ai des relations plutôt interindividuelles avec mes amis, préfère marcher plutôt que de prendre les transports, n’aime pas plus le shopping que les teufs… Je n’ai donc aucun mérite.
J’ai néanmoins la conviction que les mesures de préventions sanitaires sont importantes… à condition que l’objectif soit effectivement la préservation de l’intégrité des personnes et non la seule sauvegarde économique du pays. Je suis troublée, par exemple, par les arguments de nombre d’artistes ou auteurs qui défendent « l’industrie culturelle » plutôt que la création artistique ; je remarque que leur point commun semble être de bénéficier largement du produit de ladite « industrie » i.e. une toute petite minorité même hors pandémie.
Mais ne faut-il pas que l’économie fonctionne pour notre survie collective ? Mais de quelle économie parle-t-on ? De celle qui fait des profits, creuse les inégalités, consomme toujours plus de carbone et de sueur ? Eh bien, celle-là, je m’en fous et j’affirme que les autorités publiques, en toute logique de l’ordre bourgeois, hétérosexiste et raciste dans lequel nous vivons, sont le suppôt de la survie du libéralisme et non pas de la survie des personnes et de la planète.
À aucun moment, je n’entends ce gouvernement (et la majeure partie de ses oppositions) proposer autre chose que la carotte (« Joyeux Noël gentils consommateurs ! ») et le bâton (« Allez bosser et rentrez chez vous, sinon, panpan cul-cul la police ! »), insistant même sur l’importance pour nos équilibres psychologiques (entendre notre productivité présente et future) de pouvoir participer aux « Fêtes ». Et le virus dans tout ça ? Il se marre, on dirait, tant les programmes de recherche semblent axés sur la « production d’un vaccin » alors que l’on pourrait espérer que la recherche publique, au moins, s’intéresse aux causes profondes de l’apparition du covid-19 (nos modes de production et de consommation, par exemple) et à ses mécanismes de propagation qui semblent encore bien méconnus. S’attaquer aux causes nous laisserait un espoir que les choses de ne se reproduisent pas le temps de changer le monde.
Si vous étions des poules (ou des canards, ou des visons), on considérerait que l’abattage de quelques élevages suffit à juguler le mal. C’est un grand dommage pour les éleveurs concernés mais pas pour la chaîne économique ; au contraire, même. Les confinements, couvre-feux et autres interdictions d’ouverture ne fonctionnent pas autrement : les personnes directement concernées en souffrent économiquement et socialement mais le libéralisme, lui, sait tirer son épingle du jeu. Les inégalités se creusent. La planète brûle. Bah, tant qu’il y aura du foot et des pizzas…
Le foot et la pizza ? Personne ne nous y force et c’est bien notre propension au conformisme, notre grégarisme qui est en cause. Que faisons-nous chacun pour dire que nous voulons d’un autre monde ? Voulons-nous d’un autre monde ? Nous ne sommes pas des victimes ; juste des humains passifs qui ont peur de leurs propres rêves. On râle. On s’insurge. On trépigne devant la télé. On diffuse des informations complaisantes (et souvent fausses) parce que ça ne mange pas de pain et que ça nous donne l’air de contester. Et l’on défend ce que l’on possède, sans imaginer autre chose, en organisant un joli réveillon en famille parce que c’est ce dont on a envie.
Pour ma part, je rêve d’un Premier ministre qui prenne le temps qu’il faut pour expliquer que l’on va dans le mur si l’on continue à consommer et produire de la manière dont on le fait, qui nous propose des solutions courageuses pour la transition écologique en piquant dans les caisses des multinationales pour aider les plus démunis, qui organise une formation accélérée pour consommer moins sans se priver (oui, c’est possible) et aider l’économie à produire sans grever les ressources naturelles, qui… Je rêve. Et vous ?

Entendu @38

J’écoute des chansons d’une oreille distraite. Passe un tube de Céline Dion Pour que tu m’aimes encore. J’ai cherché, il date de 1995. Il s’agit d’une femme qui parle à la personne qu’elle aime, on peut supposer un homme même si ce n’est pas explicite. Elle lui dit qu’elle tentera tout pour que cette personne l’aime encore, ou devrait dire plutôt à nouveau.
Des paroles m’ont frappée :
« J’irai chercher ton âme dans les froids dans les flammes
« Je te jetterai des sorts pour que tu m’aimes encore
« Je trouverai des langages pour chanter tes louanges »
Mais surtout :
« Je deviendrai ces autres, qui te donnent du plaisir
« Vos jeux seront les nôtres, si tel est ton désir »
Oups ! Il s’agit donc de ne plus être soi-même et d’avoir une sexualité fonction uniquement de ce qui plaît à l’autre. C’est un modèle que renvoie à des centaines de jeunes filles une star internationale. Misère d’une telle image de l’amour comme dépendance amoureuse !

À table ! @65

Je faisais un tour dans un supermarché avec Isabelle qui cherchait à faire l’achat de quelques produits frais. Ce n’est pas une enseigne que je fréquente ; trop chère. Isabelle jette son dévolu sur un melon « type charentais » (à ne pas confondre avec les charentais en personne), sans regarder le prix.
— Il vaut combien ?
— Je ne sais pas, je m’en fous. Avec ce que je bosse, j’ai juste envie d’un melon.
— Sauf que si tu achètes un melon trop cher, tu encourages un prix que je ne pourrai pas payer.
Elle revient en arrière et m’indique qu’il vaut 1,50 euro (elle est patiente, Isabelle, vous aurez remarqué !) Vu le calibre, c’est moins que le prix en cours. J’avais vu les mêmes la veille dans mon enseigne à 1,70 euro et je ne l’avais pas acheté, attendant qu’il baisse. D’aucuns diraient que j’ai les moyens de payer un melon 1,70 euro. C’est vrai, même si à force de 20 centimes, cela grève un budget. Mais je pense aux personnes qui vivent avec deux ou trois euros par jour, elles ne peuvent pas.
La question devient : est-ce que le prix que chacun accepte de payer pour tel ou tel produit conditionne son prix bien au-delà des coûts de fabrication et de distribution ? J’en ai la conviction. Avec Caddie, on a, sur cette base, défini notre politique d’achats : si c’est « hors de prix », même si on a envie, on ne prend pas. Et franchement, on mange très bien chez moi. Les rares qui en profitent vous diront.

Charité @22

Depuis la mise en place du confinement, et plus encore après, les pouvoirs publics ont développé un discours assez fort pour indiquer que grand soin est pris des personnes, et notamment ceux en situation de précarité ou de pauvreté. Des allocations ont été avancées, des moratoires annoncés, des délais allongés, etc. Et pendant ce temps, pendant le confinement :
* La Caf m’envoie un « contrôle de votre dossier », comme chaque année depuis dix ans parce qu’elle considère mes droits d’auteurs comme des salaires et s’étonne chaque année que cela ne me procure pas un revenu régulier.
* EDF m’envoie une facture qui avalise son erreur de relevé de novembre 2019 (que j’avais signalé, bien sûr) et me réclame 116 euros indus avant de me prélever début juin une mensualité de 53 euros alors que mon solde positif est de 188 euros !
* Dans le même registre, plusieurs de mes voisins ont reçu des estimations de consommation de gaz à la hausse tout à fait injustifiées. Le confinement a empêché les relevés. Engie en profite : un locataire a vu sa facture doubler alors que d’ordinaire, elle est moindre à chaque régularisation.
* Mon bailleur établit un rappel de charges de l’exercice 2019 avec un rappel de 133 euros imputés à chaque locataire (nous sommes deux cent trente-cinq) sur le poste « chaudière » ; un remake de l’affaire de l’eau ? Il serait question d’une régularisation et d’un bogue…
Sur ces quatre affaires, une s’est réglée cette semaine (Paris Habitat), un seconde semble réglée (la Caf) quoi que, un courrier reçu ce matin m’intrigue. Mon voisin a payé sa facture, trouvant le recours trop compliqué à mener. Je vous tiendrai au courant pour EDF qui n’entend rien. En attendant, vous avez dit bienveillance ? Ça nous promet un sacré monde d’après !

Agit-prop’ @31

Maman me faisait remarquer que le « déconfinement » (néologisme récent) est plus difficile à vivre que le confinement. Elle arguait du fait que si elle avait attrapé le virus pendant le confinement, cela aurait été un « coup de pas de bol » ; mais que maintenant, on lui en imputerait la responsabilité pleine et entière. Il me semble que cela traduit le poids de cet état d’entre deux dans lequel nous sommes englués, voire d’entre trois. Un entre deux « confinement » « monde d’après » ; un entre trois « monde d’avant – confinement » et « monde d’après ».
Il est clair en effet que nous ne sommes pas (encore) dans « l’après » ; le serons-nous un jour ? Cela dépend de l’« après quoi » on parle. Un « après confinement » ? On y est, dans ce qu’il a de frustrant tant les activités reprennent au compte goutte, et tant celles qui reprennent ne sont pas forcément les plus intéressantes au sens de ce qui intéresse tel ou tel, ou de ce qui est intéressant au vu de nos engagements.
Un « après virus » ? On n’y est clairement pas. Même si l’on est très optimiste, comme je le suis, le virus circule toujours et la « deuxième vague » peut arriver. Cette situation est d’autant plus anxiogène que le gouvernement joue de cette peur pour libérer l’économie de marché tout en maintenant les personnes sous le joug d’un État policier. L’ordre bourgeois, hétérosexiste et raciste ne peut manquer cette occasion d’asseoir son contrôle sur les personnes, leur consentement étant acquis par la situation sanitaire.
Si l’on n’y prend garde, cet « après virus » va durer, comme dure encore l’« après Charlie » et l’« après 11 septembre » vers toujours plus d’autoritarisme et d’effacement des diversités au nom de la survie économique et de la sécurité (du pays plus que des personnes). Par ricochet, le « monde d’après », celui qui rime avec écologie, développement durable et raisonné, égalité des droits, libertés individuelles et collectives est voué à passer à la trappe. C’est le seul qui m’intéresse. Plus le déconfinement avance, plus je pense que c’est foutu (alors même que j’ai dit que je suis optimiste).
J’en suis à me demander si l’on est véritablement dans un « après ». Le covid-19 est le produit direct du libéralisme, de la consommation de masse et de tout ce qui va avec. Il est donc dans l’avant ; le confinement et le déconfinement, itou. Si le « monde d’avant » se confond dans le « monde d’aujourd’hui », comment croire qu’il y aura un « monde d’après » ? En considérant qu’un virus n’a aucun caractère révolutionnaire et en revenant au combat politique ? Je ne vois que ça.

Note. En illustration, la photo d’une terrasse chauffée prise le 4 juin 2020 à Paris.

Grand Homme @34

Pour c’te quatriè’conférence scientifique, docteur Mouton et docteur Caddie se sont plongés dans l’courbes et l’statistiques. Ils ont trouvé l’vaccin, l’mode de transmission, l’test infaillible ; il était temps d’s’intéresser à la question qui nous occupe tous sans qu’l’réponse soit si fastoche : combien le coronaminus a-t-il tué de personnes ?
— C’*eeeeeeee*st tr*iiii*ste !
— Et compliiiiiquéééé…
— Hyper complexe, même, confrère Mouton. Et pourtant, y en a des chiffres, des tableaux, des courbes, des compteurs !
Vous avez r’marquer comment chaque fois qu’y a d’étiquettes différentes sur l’abscisse et l’ordonnée ?
— Encoooooooore l’étiqueeeeette !
— Encore.
— C’est quoi l’absc*iiiii*sse et l’ordonn*éééée*e ?
— Des copaiiiiiines de foooot qui comptent les buuuuts !
— *Aaaaaa*h ?
— Tu vois le but Copain Mouton ? Lucarne droite, c’est l’abscisse, lucarne gauche, l’ordonnée.
Pas tout’à fait, docteur Caddie mais on peut l’dire comme ça. Et entr’les deux, t’as l’droites, l’courbes, l’pondérations, l’calculs algorithmiques, l’…
— Tout est dans le rythme de l’étiquette !
— C’est forcééément çaaaaa Caddie ! On voiiiit que tu connaiiis la musiiiique !
— Comme sur des roulettes !
Blague à part, les docteurs ; il faudrait répondre à la question.
— Laqu*eeeee*lle ?
— Le nombre d’occis, Copain.
— L’occisbuuuut ?!
Non ça, docteur Mouton, c’est d’l’littérature. Il faudrait s’concentrer, les gens attendent l’vérité et ils ont confiance en vous.
— Mmmmmm…
— Niiiiian…
— Je vois que ça, cher confrère.
— T’aaaaaas raiiison Caddie. On peut le diiiire au moooonde maintenaaaant ?
— Oui, c’est validé par nous. On peut. Le monde, faut bien écouter. Les macabés du coronaminus y en a…
— Y en *aaaaa* ?
— Trooooop !

À table ! @62

En plus de permettre quelques économies et sauver des invendus, le confinement a donné un autre sens aux paniers de Too good too go : varier mon alimentation. Aussi bizarre que cela puisse paraître à celles et ceux qui connaissent mon goût pour la cuisine, je dois bien avouer que manger chez moi à tous les repas me lasse un peu. Je suis donc partie en quête de paniers de supermarché, espérant y récupérer un peu de trop gras trop salé trop sucré qui me change de ma diététique épicée.
Je dois bien avouer que je suis déçue. J’ignore si c’est un effet du confinement mais les deux paniers récupérés me semblent en deçà du prix annoncé, en plus de manquer cruellement de variété : quand je paie 4 euros, la « valeur réelle » est censée être de 12 euros. Les deux fois, les produits (cinq pour chaque panier) étaient pour la plupart indiqués soldés -30 % ou -35 % car en fin de date (dernier jour) ; il me semble donc que c’est ce montant que je dois prendre en compte puisque j’aurais pu, comme n’importe quel client de ces enseignes, les acheter à ce prix.
Pour le panier « jambon et pâte », le jambon était à -30 % (on ne voit pas les étiquettes sur la photo), soit 2 euros. Le prix des pâtes (en ligne) est de 1,38 euro. Le total est donc de 11,38 euros et non 12 euros annoncés. Si je prends le prix réel du jambon, 2,60 euros, j’arrive à 13,78 euros. Quant au manque de variété, TGTG le justifie sur le principe de l’invendu. Mais si je récupère un panier avec vingt tranches de jambon dernier jour, même en en mangeant à tous les repas, je vais avoir du mal à ne pas jeter. Heureusement, j’ai des voisins avec qui partager et un congélateur…
Pour le second panier, avec tout en fin de date (dernier jour), je fais cette fois une cure de salade de riz au thon (pas terrible), à manger en 24 heures ! Cela vaut, prix réel, 1,99 euro. Pour le reste, des prix soldés : 2,50 pour la viande, 1,35 euro pour les blinis (mais comment peut-on acheter de simples crêpes à ce prix ?) et 1,54 euro pour l’houmous. Je suis là à 9,37 euros, toujours loin des 12 euros. Et à « prix réel », qui ne tiendrait donc pas compte du fait que j’achète sans savoir quoi au risque de ne pas aimer des produits en fin de date, 3,84 + 2,05 + 2,16 +1,99 +1,99 = 12,03 euros. Ouf !
J’ai le même souci avec les paniers de légumes, ce d’autant que les commerçants qui les proposent ont des prix qui sont fort loin de ceux que j’accepte de payer. C’est donc bien difficile d’évaluer la valeur des paniers, entre ce que j’accepterais de payer pour des produits identiques, les prix du commerçant, et leur valeur quand ils sont à consommer dans les 24 heures sans avoir le choix. L’application argue toujours de mon héroïsme à sauver des invendus. Certes. Mais quid de mon héroïsme à bien manger avec un minima social ? Parfois, j’aimerais que l’argument soit entendu par l’appli. Ce billet y aidera-t-il ?

Villes @9

Le jeudi 30 janvier dernier avait lieu la troisième « Nuit de la Solidarité » à Paris. Le principe ? Parcourir les rues de la capitale pour comptabiliser les personnes qui allaient passer la nuit dans la rue sans aucune solution de logement et identifier leurs besoins les plus urgents, au-delà du logement bien sûr.
Selon une méthodologie bien établie, mon groupe de bénévoles a arpenté une zone délimitée du 3e arrondissement, près de chez moi.
Beaucoup de rencontres de personnes qui se trouvaient à la rue ce soir-là entre 22 heures et 1 h 30 du matin. Et dans tous les cas des échanges et des gestes qui resteront, comme ceux de l’an dernier (ici), gravés dans ma mémoire.
Evidemment, ce que j’ai pu ressentir est assez secondaire au regard de ce qu’ont exprimé ceux que nous avons croisés : parfois de la lassitude devant ces gens de bonnes volontés qui n’apportaient finalement rien de très concret mais toujours une envie de partager une expérience, une histoire, un geste, une place pour s’assoir sur leur lit de fortune. Bref un moment où pendant quelques minutes, quelques secondes, même une fraction de seconde nos conditions respectives étaient abolies. Un moment infiniment précieux.
Le décompte terminé, je suis rentré me coucher. 3 552 personnes ont, elles, dormi dans la rue (ici).