Archives par étiquette : Manufacture

Forêt @12

Alerte enlèvement !
Un petit mais valeureux fraisier récemment installé dans l’un de bacs à plantes Quartier de l’horloge à Paris a disparu (toute l’histoire est à retrouver en cliquant sur ce lien).
Aucune trace d’aucune sorte n’a été retrouvée sur place. Aucune revendication à ce jour n’a été reçue.
Si les ravisseurs ont pour objectif de lui offrir un nouvel espace pour qu’il s’y épanouisse, qu’ils en soient en remerciés. Si ce n’est pas le cas, merci de le déposer anonymement au pied du son ancien voisin, le basilic. Aucune poursuite ne sera engagée.

Forêt @11

Suite à mon billet de la semaine dernière à propos de mon jardin suspendu, vous êtes des milliers à m’avoir écrit. Des mots éplorés, de la détresse face à l’incertitude, des angoisses plus ou moins intériorisées… Bref, des cris et des pleurs : mais qu’est devenu mon fraisier ?
Alors qu’il était plutôt sur une pente descendante et que la perspective de le déplacer à cause des travaux à venir, j’ai pris la décision de le l’émanciper et de le planter dans l’un des bacs à plantes installés dans le quartier de l’horloge. Le voici donc parti vivre sa vie dans le grand monde. Tout est bien qui finit bien donc.

Les épisodes précédents sont à retrouver via ce lien.

Extravagance parisienne @58

Depuis hier, les parcs et jardins parisiens sont à nouveau ouverts au public. Le petit parc dans lequel niche notre jardin partagé a lui réouvert ce dimanche. Pas la grande foule dans l’après-midi mais quelques habitants du quartier qui y retrouvent leurs habitudes.
Cependant, dans l’allée menant au jardin partagé, une petite dizaine de gamins s’est installée. Ils devaient avoir entre 13 et 15 ans, pas plus. Certains sont assis sur les bancs attenants et d’autres ont apporté leur chaise pliante. Ne supportant manifestement pas la quiétude du lieu, ils font entendre leur musique mais pas trop forte (même si ça contraste vraiment avec l’ambiance locale mais bon).
Je suis resté environ 1 heure 30 à m’affairer et durant toute cette période, j’ai eu droit à une compilation musicale des années 80, 90 et 00. C’était assez drôle de voir ces encore enfants danser (oui, ils dansaient aussi) sur des airs que j’avais moi-même entendus plus jeune.
Par contre à leur âge, je ne fumais pas et moins encore dans des lieux interdits comme dans les parcs.
Ô tempora, ô mores !

Va chez l‘gynéco @39

Lundi matin, en raison d’une grève à Radio France, pas d’émission de radio. J’utilise donc ma tablette pour zapper un peu pendant le petit-déjeuner et je tombe sur Valérie Pecresse, la présidente de la Région Île-de-France. Elle parle de l’égalité femme-homme en vantant son bilan sur le sujet à la tête de la région. L’émission touche à sa fin et en dernier mot, elle se dit favorable à un congé de paternité obligatoire pour les hommes de façon à réduire l’inégalité de traitement que le congé de maternité produit pour les femmes. Cela fait un moment que je pense que ce serait une bonne mesure et je souris d’avoir un point d’accord avec V. Pecresse.
L’émission va donc se terminer sur cet avis mais ç’aurait été trop beau car, dans un ultime souffle, presque sur le générique, elle glisse : « Bien sûr, il ne serait pas de la même durée. ». Fin de l’émission.
Mais bon sang mais c’est bien sûr !

Souvenirs @12

J’ai croisé hier ma voisine du dessus. Il y a quelques années, j’ai eu des soucis de nuisances sonores avec elle : à n’importe quelle heure du jour et de la nuit, des bruits intempestifs ressemblant à des déplacements de meubles que l’on aurait fait glisser sur le sol se faisaient entendre. L’affaire s’était envenimée, le couple (la jeune femme vivait alors avec son ami de l’époque dans ce petit studio d’environ 35 m2) refusant d’admettre sa responsabilité et moi étant de moins en moins ouvert à l’échange et à la concertation au fur et à mesure que la situation perdurait. Bien que ce logement social ait été attribué à la jeune femme, c’était toujours monsieur qui répondait à mes plaintes ou aux courriers recommandés (quand ils allaient les chercher) ou qui venait me voir quand j’avais interpellé le gardien et le syndic…
Au bout de quelques mois la situation s’est finalement calmée. J’ai su en croisant ladite voisine dans le hall de l’immeuble peu de temps après que le couple était séparé. Elle avait même qualifié son ex de « mec aux grands pieds », expliquant ainsi le bruit dont je me plaignais. Elle m’avait alors indiqué qu’elle avait également mis des tapis partout. Le changement avait effectivement été radical. Je suis même devenu son héros après avoir recueilli une nuit l’un de ses chats qui était tombé sur mon balcon (heureusement pour l’animal, j’ai un balcon).
J’ai donc croisé cette voisine hier soir alors que je ne l’avais pas revue depuis plus d’un an. Elle était accompagnée d’une pimpante enfant qui s’est avérée sa fille. Elle doit avoir entre 2 et 3 ans et, au regard du (relatif) calme qui perdure, j’en ai conclu que le père de cette petite fille n’était pas le « mec aux grands pieds ». Je croise les doigts (et pas seulement les doigts de pied) pour la suite.

Manque @11

La mort de Patton a laissé plus de traces que ce que j’aurais pensé. Je lui parle encore, plusieurs semaines après. Cela ne m’inquiète pas plus que ça ; je suis un peu folle ; ce n’est pas pire que d’ordinaire. Surtout, cela dit combien je m’étais attachée à lui ; on discutait à l’heure des repas ; on jouait quand je lui donnais à manger ou changeais une partie de son eau. Patton… Sarah, Isabelle, Pierre se sont sitôt proposés pour m’offrir un nouveau Poisson, j’ai même décidé de l’appeler Olga Bancic, une sacrée combattante. Au départ, j’avais pensé à Olga mais Isabelle m’a fort justement fait remarquer que ce serait sexiste d’appeler un garçon par son nom de famille et une fille par son prénom. Olga Bancic donc.
L’aquarium est toujours posé sur la table où je mange. Il reste quelques escargots que je nourris et dont je change l’eau. J’attendais la rentrée pour le nettoyer et aller chercher Olga Bancic dans un magasin autre qu’une grande animalerie. Cette absence, et le manque qui va avec, a exacerbé au fil des jours ce que j’exprimais dans mon billet sur la mort de Patton : mon impuissance, celle directement induite par ce-que-je-ne-vois-pas. J’aime prendre soin. Cela fait partie des choses qui me nourrissent et me mettent en joie. J’essaie de faire attention à celles et ceux qui m’entourent et d’avoir toujours le geste, le mot, la gentillesse dont je sens qu’ils ont besoin. J’aime ça.
Oh ! je ne fais pas ça par altruisme ; juste parce que cela me fait du bien. J’ai besoin d’aimer, c’est ainsi. Mais j’ai aussi mes limites dans ce que je suis en mesure de partager ; je n’aime pas tout le monde et il y a plein de choses que je n’ai pas envie de faire pour autrui ou que je n’accepte pas dans mes relations aux autres. Mais ces limites-là, c’est moi qui les pose, en toute conscience ; elles sont ma liberté, en quelque sorte. Face à Patton, c’était tout autre chose : ma limite, c’est ma déficience visuelle qui la met. Il y a eu les circonstances de sa mort, bien sûr ; mais toute sa vie durant, Isabelle a dû intervenir souvent (de visu ou via des photos) pour me guider dans les soins à lui prodiguer.
Hier j’ai écrit à Isabelle « Je ne vais pas reprendre de poisson, c’est trop de soucis. » J’avais beaucoup de plaisir à la présence de Patton mais je crois que oui, c’était un souci, car prendre soin est aussi un souci quel que soit le plaisir que j’en tire. Ce n’est pas tant que je me « fais du souci » ; j’ai appris à rester sereine face aux aléas et à ne pas m’inquiéter de manière stérile. Avec les personnes, c’est finalement assez simple : elles sont libres, autonomes et n’ont pas besoin de moi pour vivre ; mon attention est un plus, pas l’essentiel (et face aux personnes qui espèrent l’inverse, je fuis). Pour Patton, c’était différent ; si je n’étais pas là pour le nourrir et entretenir son eau, il ne pouvait pas vivre. C’est peut-être cette dépendance, cette pression qui m’accablent, d’autant plus fortes que j’ai conscience de ne pouvoir assumer seule cela.
Peut-être que ma décision évoluera. Je ne sais pas ; je vais nettoyer l’aquarium, tenter de récupérer les escargots, les apporter à Isabelle chez qui ils seront bien. Je mettrai l’aquarium à la cave ; on ne sait jamais et cela peut faire un joli pot de fleurs. Je n’ai pas le même attachement aux fleurs… Quoique ! Piment végétarien est tellement magnifique ! Et il y a eu Tomatier. Sacré Tomatier ! J’y pense encore.

Va chez l’gynéco @37

Vous aurez compris entre les lignes de Caddie, Petit Koala et les Mouton (ici) que j’ai eu la grande surprise d’avoir mes règles en dépit d’une ménopause avérée, taux de FSH à l’appui. Cela m’a fait rire, moi qui ne les avais pas eues depuis une bonne quinzaine d’années suite à un traitement hormonal de l’endométriose. Heureusement que je reçois des filles à la maison pour pouvoir parer au plus pressé !
Je n’étais donc pas inquiète, tous les symptômes étant là : mal de ventre, mal de tête, seins qui ont gonflé et prise de poids deux semaines plus tôt ; libido au taquet. Deux cycles sont ainsi passés. J’avais rendez-vous chez ma gynéco mi-avril. Tout allait bien. À l’occasion d’un rendez-vous chez ma généraliste, je lui en glisse un mot, amusée. Sa réaction m’a laissée pantoise. Du tac au tac, elle me dit que ce n’est pas drôle et m’envoie manu militari faire une échographie pelvienne. Ouille !
En dépit de mes protestations (la sonde et moi, on n’est pas très copine), elle insiste et je prends rendez-vous dans un centre mutualiste. J’ai la surprise d’y être reçue par une gynécologue qui pratique les échographies. Autant dire que ça change tout : mon médecin avait indiqué sur l’ordonnance que je souhaitais éviter la partie endo-vaginale de l’examen. La gynéco-échographe m’interroge.
— Vous avez déjà eu des rapports… ?
Petit silence. Elle poursuit.
— …des pénétrations hétérosexuelles ?
C’est bien la première fois, en quarante ans de consultations gynéco et une petite dizaine de praticiens que mon homosexualité est d’emblée envisagée comme faisant partie des éléments à prendre en compte, ou plus exactement que l’hétérosexualité n’est pas posée comme incontournable. Cela dit, on peut ne pas apprécier ni les pénis ni les sondes endo-vaginales tout en appréciant la pénétration vaginale. Mais ça, c’est une autre histoire, une que la médecine ignore. Comme tant d’autres !

Va chez l’gyncéo @36

— Caddie, mais qu’est’a ? T’as l’air vach’ment excité !
— Je vais être papa !
— P*aaaaaaa*p*aaaaaaa* !
— Daddyyyyy ?
— Eh, rigole pas av’ça Caddie, c’est sérieux. Et c’est pas l’jour des Poisson.
— Je vous jure, je vais être papa ! C’est ma ménagère ; elle n’a plus la ménopause et tout est prêt pour un bébé : les œstrogènes, l’endomètre, le follicule…
— Elle est foooolle du cuuuule ?
— Nan Petit Mouton, c’est l’truc qui fait l’œuf.
— Et to*iiiiiii* Caddie, tu fa*iiiii*s la po*uuuuu*le ?
— Vous ne comprenez pas. Si elle croise une roulette, elle peut avoir un bébé.
— Caddie, on n’est plus le 1er avril. Quand on a l’ménopause, on a l’ménopause ; et les roulettes, ça fait pas d’bébés.
— Ça fait bien des patins ! Et aux commissions, c’est moi le porteur.
— J’te l’accorde, mais ça peut pas Caddie, ça d’être une blague de Pâques, un remake de Poisson avec l’poule et l’œuf.
— Je vous jure…
— Jure pas Caddie, t’avais juré pour l’boucher.
— Un a le neeeez bouuuuuchééééé ?
— Il a m*aaaaaaaa*l ?
— C’te juste un truc d’commissions. Caddie a cru voir et n’a pas bien vu. Allez ! Fooooot pour tous !
— Sans peeeeeno !
— Sans mi-t*eeeee*mps !
— Sans arbitre !
— Ben oui, du vrai fooooot !

M’sieur, M’dame @14

Vous savez déjà que je lis mon horoscope tous les matins. Après une période de désabonnement sans raison, je me suis réabonnée en indiquant que je suis un homme. Je préfère que l’on me dise que je vais rencontrer une fille plutôt qu’un garçon. Mon horoscope ne connaît pas l’homosexualité, se révèle régulièrement sexiste ; je le sais ; je m’accommode et fais ma sauce, ce qui va bien à l’objet.
Ce matin (28 mars), pourtant, je reste coite.

« L’horoscope du jour Gémeaux
« Si vous avez des enfants, ou si vous partagez votre vie avec quelqu’un, c’est une excellente journée pour cesser d’interpréter ce rôle de « père dans la peau de la femme » que vous jouez sans doute bien souvent ! Inversez les rôles et acceptez aujourd’hui qu’on s’occupe un peu de vous. Si vous pouviez en sus reconnaître que tout ne s’écroule pas lorsque vous lâchez un peu la bride… Quoiqu’il en soit, comptez sur cette journée lunaire pour vous ouvrir les yeux ! »

Ce « rôle de « père dans la peau de la femme » » ; je m’y perds, si je puis dire. Quelqu’un peut-il m’éclairer ?

Cliché @14

La multiplication des licornes blanches avec des arcs-en-ciel sous les sabots, sur la corne, ou je ne sais où, comme identité LGBT, m’agace. Je dois dire que je n’adhère déjà pas à l’arc-en-ciel comme étendard. Outre que la licorne est devenue un cliché homoréférencé, c’est un filon commercial avec des peluches et jouets de licornes blanches plus ou moins de couleurs. Mais très franchement, entre la dame et la licorne, je choisis la dame même si je dois reconnaître que le sourire de la licorne est bien plus enthousiasmant.
L’autre jour, à La Poste de mon quartier, je vois une affiche pour vanter un service d’envoi de colis avec la photo d’une licorne. C’est une peluche pour enfant, mais très LGBTesque, car assez colorée.
Le slogan :

« Les meilleurs parents du monde ?
« Oublié à Reims
« Livré à Nice
« Demain avant 13h ou offert
« Envoyez et vous serez adoré ! »

J’avoue ne pas bien comprendre : parents est au pluriel, adoré au singulier ; qui envoie quoi à qui, les parents à leur enfant ? des amis aux parents pour leur enfant mais ce sont les parents qui paient le colis ? Bref, ce n’est pas clair. En revanche, la référence homoparentale l’est. Malin le service commercial de La Poste.
Si vous trouvez encore que les licornes sont un emblème LGBT tout mignon, je vous rappelle que les licornes désignent en économie les startups valorisées à plus d’un milliard de dollars. Cette référence au capitalisme financier devrait vous refroidir, enfin j’espère. Pour vous consoler de cet amalgame avec ce bel animal fantastique, je vous invite à le retrouver au musée du Cluny. Les griffons y sont aussi très mignons, sans parler des lapins, quand on connait la symbolique du lapin au Moyen-Âge…