Archives par étiquette : Ma ville

Agit-prop’ @46

On me voit de dos, le cahier d'émargement gros caractère posé devant mmoi.C’est fini !
— Fiiiiiniiii ?
Oui, fini, fini de chez fini. On récupère ma ménagère albinos.
— On v*aaaaaaaaa* po*uuuuuuu*voir se rep*oooooo*ser…
— Aller tous les ouafjours en ouaforêt !
— Faiiiiire des gâââââââteauuuux.
— Co*uuuuuuu*per les ch*eeeeeeeee*veux.
— Ouafnon ! Pas la ouaftondeuse !
— Vous rigolez l’zamis ? Vous croyez qu’l’ménagère d’Caddie va s’reposer ? Déjà, elle a fait c’t’truc encore plus chouette qu’l’campagne.
— Pourtant, c’est ouafchouette la ouafcampagne !
— T’as raison Helgant, mais c’t’pas l’même.
En tout cas, elle n’est pas près de lever le pied. Elle a fait un super exploit et comme on la connaît, mon exceptionnelle ménagère, elle ne va pas vouloir s’arrêter là.
— C’est elleeeeee la mééééééédaille d’ooooor de France FSGT ?
— Non, l’champion, c’st son Johnny !
— Elle a faaaaait quoiiiii alooooors ?
Un exploit : elle a tenu un cahier d’émargement dans un bureau de vote parisien avec une chouette présidente de bureau, Cécile Bossavie !
— B*eeeeeee*n, e*uuuuu*h, elle a p*uuuuu* l*iiiiiii*re ?
Ne traite pas ma ménagère de bigleuse. Le problème, ce n’est pas elle, c’est le cahier ! Alors, elle a fait imprimer par la Ville un gros cahier d’émargement.
— Av*eeeeee*c des gr*ooooo*s c*aaaaaa*r*aaaaaa*ctères !
— C’est quoi un ouafgros ouafcaractère ?
C’est la différence entre un bâtonnet pour te laver les dents et un os pour t’occuper la journée.
— Qu’est-ce que c’est ouafchouette !
Je mets les photos pour que les Hétéronautes apprécient aussi cet événement. On n’oublie pas la description en texte alternatif, et on vous dit à bientôt pour suivre les aventures de notre ménagère !

Le bureau de vote, avec trois assesseurs dont notre ménagère albios, et Cécile Bossavie, présidente, derrière l'urne.

Exposer @27

Le chantier de destruction de la fontaine dont je parle dans le billetLa place de Catalogne à Paris, depuis sa création, accueillait en son centre une œuvre du sculpteur polonais Shamaï Haber, soit une planche à eau inclinée. J’aimais beaucoup cette œuvre, surtout quand il y avait de l’eau. Depuis une dizaine d’années, le mécanisme, complexe, était hors service et la Ville, qui en avait fait commande, n’a jamais fait le nécessaire pour que cela fonctionne. On m’a raconté que les malfaçons avaient été légion au moment de la construction et que les problèmes venaient de là.
Récemment, la Ville a décidé de transformer la place en « forêt urbaine ». Je trouve que c’est un beau projet mais je me suis inquiétée pour la fontaine. Lors de réunions de concertation et diverses rencontres, j’ai demandé ce qu’il en était ; chacun restait évasif, invoquant « un blocage » de la part des ayants droits (les ingrats !), négligeant parfois le droit moral.
À l’occasion d’un article du Parisien, j’ai fait un microbillet Twitter. Puis un second. Un troisième (avec un belle vidéo). Toujours pas de réponse. J’avais également posé la question via le site de la Ville le 6 avril. Enfin, ce 13 mai (mon jour de chance), la réponse est venue :

« En réponse à votre message et après consultation du service concerné, l’aménagement de la Place de la Catalogne vise à créer une véritable forêt urbaine au centre d’une place apaisée.
« La fontaine intitulée « Le creuset du temps », qui présentait des dysfonctionnements récurrents depuis les années 1990, doit être démontée mais un mur commémoratif sera réalisé afin de conserver une trace de l’œuvre de Shamaï Haber sur la Place, en accord avec Madame Béatrice Haber, ayant-droit de l’artiste.
« En outre, le démontage de l’œuvre sera l’occasion d’en recycler une partie des matériaux constitutifs, sur place (grilles) ou sur d’autres aménagements de voirie (blocs granit). »

J’aime beaucoup la notion de « recyclage des matériaux constitutifs » de l’œuvre ; on devrait demander un amendement à la loi de 2016 dans l’article 2 « diffusion », l’obligation de recycler les œuvres d’art détruites !

Incyclicité @41

Présentation d'un sas vélo avec ses deux lignes (une pour les véhicules motorisés, l'autre pour les vélos et autres engins à propulsion humaine)Je suis en vélo. M’arrêtant au feu rouge, je constate que la voiture à côté de moi est arrêtée sur le sas à vélo. C’est une voiture auto-école.
La jeune femme au volant, la stagiaire, est concentrée et attentive, l’air un peu triste et crispé. La femme sur le siège passager, la monitrice, est au téléphone, regardant par la fenêtre sans se préoccuper une seconde se son élève. À aucun moment, il est question de l’infraction qui est commise, et à laquelle il pourrait être mis fin en reculant puisqu’il n’y a personne derrière. En redémarrant, la monitrice ne fait même pas semblant de prêter attention à la jeune femme. Compassion.

Paris @72

Facsimile non lisible du courrier reçuIl y a quelques semaines, j’ai reçu un courrier personnalisé de mon bailleur et de celui de l’immeuble d’en face me proposant d’héberger des réfugiés ukrainiens en précisant les conditions légales de cet hébergement (accompagnement par le Centre d’action sociale, occupation à titre gratuit, etc.). Mon bailleur insiste sur sa « mobilisation » depuis « le début de la guerre ». C’est-y pas gentil ? Et généreux ?
Ma première réaction a été de me dire « Tiens, ils veulent vérifier les déclarations faites dans les enquêtes logements », considérant que ces déclarations bisannuelles permettent d’établir l’occupation du logement, les revenus des locataires, donc de mener des calculs savants sur le montant du loyer et le maintien (ou non) du droit au bail. Cette réaction témoigne de la confiance que j’accorde d’emblée à mon bailleur.
J’ai pensé ensuite à tous ces locataires qui réclament à mon bailleur (ou à un autre) qu’il fasse des travaux dans leur logement parfois insalubre, mal chauffé, mal isolé, infesté de nuisibles… Ce n’est pas bien de penser cela ; les réfugiés ukrainiens ont des problèmes autrement plus compliqués que les nôtres et les souris qui se promènent dans un logement ne sont rien face au vécu dans le métro de Kiev ; quant à ces locataires qui vivent dans des appartements parsemés de gouttières… cela leur rappellera les caves de Kharkiv.
Je sais, je ne devrais pas faire de l’humour noir avec un sujet si difficile ; il y a bien sûr des locataires dont les logements sont confortables (le mien, par exemple) dans des immeubles en bon état (le mien, si je fais exception de l’ascenseur, de ma cave ouverte quatre fois en six mois, des soirées deal et conso tous les soirs dans les parkings…). Il y a donc des locataires qui peuvent héberger des réfugiés ukrainiens et j’imagine que beaucoup n’ont pas attendu que notre bailleur le suggère pour le faire.
Ce qui achève de me porter à l’ironie pourtant c’est que, de mémoire (vous me dites si je me trompe), mon bailleur ne m’a jamais suggéré d’héberger des réfugiés syriens, libyens, somaliens… ; pourquoi donc ? Vous dites ? Ils sont noirs et pas très chrétiens ? Je ne peux imaginer que c’est la raison, le « racisme institutionnel » étant une vue de l’esprit gauchiste. Non ?
— Gauchiste !
Caddie !

Exposer @25

Vue sur "Le confident", casque audio de visite.Rectificatif !

Ce n’est pas le Musée de la marine que je suis allée visiter avec Sarah mais l’Hôtel de la marine ! Je me dois donc de présenter mes excuses au Musée ; et de modifier mon billet initial… ou presque. Je remplace la mention « Musée » par « Hôtel ». Et l’adresse du site Web. Par contre, les notions de grand et petit tour sont les mêmes, ainsi que les tarifs. Je mets à part mon couplet sur le défaut d’accessibilité du site qui s’appliquait au Musée. Celui de l’Hôtel est en effet facile d’usage, comme me l’avait indiqué Sarah.

Version corrigée (28 mars 2022)

Je suis allée visiter l’Hôtel de la Marine, place de la Concorde, avec une amie, le « petit tour » m’a-t-elle annoncé et je n’ai, comment dire, rien vu… Oui, c’est à peu près ça ; et pourtant. Pourtant ?
À l’arrivée, on nous distribue un casque audio en précisant à Sarah (moi, évidemment, on ne me parle pas, la canne blanche, ça ressemble tant à une arme létale) qu’il n’y a aucun texte dans le musée. Chouette non ? Le casque est inconfortable ; ce n’est pas grave la visite a duré vingt minutes. Je n’arrive pas à le manipuler ; les touches sont pourtant en relief ; je ne suis d’ordinaire pas manchote sur le relief… Je n’y arrive pas. Le son est trop fort, je baisse, et me retrouve avec deux messages en stéréo ; celui du casque et celui de Sarah qui me guide, avec une des deux oreilles sur la joue pour l’entendre elle ; compliqué.
Mais pourquoi elle me guide puisqu’il y a de l’audio partout ? Comment expliquer aux concepteurs de cette innovation s’ils ne l’ont pas déjà compris ? J’essaie. Dans le casque, on me raconte l’histoire du musée et de la marine, avec des voix de mauvais comédiens (un métier !) ; mais on ne me dit rien de ce que je vois (boiseries, œuvres, agencement, décors, etc.). Il faut donc bien que Sarah me le dise. Et quand je lui demande « C’est quoi ce tableau ? », elle n’en sait rien, le casque ne le dit pas et aucun cartouche n’est disponible (on nous avait prévenues !)
On se promène donc dans de jolis salons, avec vue imprenable sur la place de la Concorde. On passe dans une salle avec une table vidéo, grande, ronde, qui nous transforme en explorateurs autour d’un planisphère occidocentré… Sarah n’a pas réussi à faire circuler un bateau à partir de l’une des tablettes tactiles incrustées dans la table. Elle sait pourtant lire, écrire, dispose de plusieurs diplômes d’enseignement supérieur et de toutes ses facultés intellectuelles et sensorielles… Elle ne sera jamais marine de la conquête coloniale. Ouf !
Vingt minutes, donc ; et j’ai déjà trouvé ça long. Sarah veut retourner faire « le grand tour », misère ! Je regarde sur le site pour ce billet et m’y préparer, site qu’elle a qualifié de « très bien fait » ; il est facile d’usage pour moi mais sans déclaration de conformité RGAA ce qui augure mal de son accessibilité réelle. J’y découvre que le casque a un petit nom « Le Confident, casque connecté et véritable compagnon de visite, recourt à une technologie en son binaural permettant de redonner vie aux espaces et aux personnages qui ont habité ces lieux. Une expérience de médiation immersive et novatrice pour vivre une plongée au cœur de l’histoire du monument. » Il ne s’agit donc pas de rendre la visite accessible aux déficients visuels car on les immerge sans se demander s’ils savent nager (c’est une métaphore ; je précise, au cas où…).
Je conclus ma réécriture en invitant les concepteurs de cette merveilleuse innovation validiste à se plonger dans un milieu sans information visuelle sur ledit milieu. Noyade garantie… dispensable fonc (surtout si vous devez vous acquitter des 13 euros de la visite) !

PS. Elles sont où les toilettes ?

Copie d'écran du site du musée de la marine, un tel fatras que je suis incapable de vous le décrire.Version originale du dernier paragraphe consacré à l’accessibilité du site du Musée de la marine.
(…) Je regarde sur le site pour ce billet et m’y préparer, site qu’elle a qualifié de « très bien fait » ; c’est dire si elle est fortiche car moi, je ne comprends pas comment y naviguer (ah ! la marine ; je n’ai décidément aucun goût pour le pompon) au milieu de ce grand bazar. Je clique un peu au hasard (ça rime avec bazar) et arrive sur une page « Un grand musée maritime pour le XXIe siècle »… dispensable (surtout si vous devez vous acquitter des 13 euros de la visite) !

Écrivaine @49

Copie d'écran de l'ordre du jour du conseil de Paris et liste des oratrice sur cette délibération : Mme Alice COFFIN (GEP) Mme Raphaëlle PRIMET (GCC) Mme Douchka MARKOVIC (GEP) Mme Anne BIRABEN (Changer Paris)À l’occasion d’un débat au Conseil de Paris sur la pose d’une plaque en mémoire à Simone de Beauvoir dans le 5e [2022 DAC 482], des oratrices l’ont expressément désignée comme « lesbienne ». Je m’interroge. À ma connaissance (vous me dites si je me trompe), elle n’a jamais utilisé ce terme pour se désigner et, si elle a pu évoquer des amitiés particulières et un certain goût pour les jeunes filles, n’a jamais renié son hétérosexualité. Bisexuelle donc, peut-être ; lesbienne… ?
Par ailleurs, je me demande s’il est raisonnable de qualifier une personne au-delà, en deçà, de ce qu’elle se dit elle-même (même si cela sert un certain activisme ; ou un goût prononcé pour la polémique ; ce n’est pas la même chose). La notoriété de ladite personne ne le justifie pas, chacun devant, à mon sens, garder la liberté de se nommer. Pour un artiste, une écrivaine, on peut, bien sûr, interroger son œuvre ; ou reprendre des propos tenus ; en tirer des conclusions sur son identité trahit l’intimité, porte atteinte à la liberté du sujet et ouvre des débats oiseux.
En tant qu’écrivaine, la démarche me dérange d’autant que cela m’amène à imaginer la manière dont on pourra me dire lors de la pose d’une plaque sur mon HLM des décennies après ma mort : hétérosexuelle car j’évoque parfois mon plaisir à avoir pratiqué des fellations il y a quarante ans ? libertine car mes romans font une large place à des pratiques que la morale réprouve ? sodomite car cette pratique sexuelle est appréciée par quelques-unes de mes héroïnes ? … J’en frémis.

Noël @49

Le formulaire de Logue de Soldarité transport, illisible n basse visionIl y a quelques années, je disposais d’un « ticket guide RATP SNCF » qui me permettait d’être accompagnée gratuitement dans les transports franciliens. Je l’utilisais peu, les personnes m’accompagnant disposant pour la plupart de leur propre titre de transport. Avec la généralisation du Navigo, je n’ai plus entendu parler de ce ticket. Je ne me suis pas renseignée. Récemment, j’aurais eu besoin d’un accompagnateur gratuit, la personne m’accompagnant fonctionnant aux tickets ; j’ai donc cherché de l’info sans en trouver ; parce que le ticket de métro disparaît en 2022 ? L’explication ne me satisfaisait pas car ce guide est de droit.
J’en discute avec Isabelle qui, la veille même de Noël, ouvre la boîte de pandore. Non ? Si si. Je vous raconte (installez-vous confortablement, boisson chaude et carré de chocolat obligatoire).
24 décembre. Isabelle m’envoie un mail avec un lien sur « Solidarité transport » qui gère désormais l’octroi d’un guide gratuit (ci-contre le site très accessible basse vision de cet organisme).
25 décembre. Je vais sur le site. Je remplis les critères. Je lance une demande en ligne. 1/ Je renseigne ma situation. 2/ Je télécharge ma CMI et un justificatif de domicile. 3/ Je remplis un formulaire qui se termine par ce message : « Informations concernant l’accompagnant. Votre situation vous permet d’être accompagné par une personne circulant gratuitement. Votre accompagnant, qui peut changer à chaque voyage, devra se munir du passe Navigo « accompagnant » à votre nom et devra impérativement voyager en votre compagnie. Vous ne pouvez associer qu’un seul passe Navigo « accompagnant » à votre dossier. (…) »
Et comment je fais pour disposer d’un Navigo « accompagnant » ? Le site n’en dit rien ; celui de la RATP non plus. Je fouille le Net et tombe sur un article de Handirect.fr qui m’explique tout (merci !) et m’en vais sur le site de Navigo pour faire une demande en ligne. Je commence par me créer un compte… qui ne se crée pas car « aucune coordonnée n’est associée » à mon passe. Il s’est passé plus d’une heure, je lâche l’affaire.
27 décembre. Je vais dans ma station de métro demander ce qu’il se passe avec mon Navigo. La dame ajoute mon téléphone et mon mail. Elle ne peut rien faire pour le Navigo accompagnant (dont elle ignore tout) et m’invite à faire la demande en ligne ou à revenir la voir.
28 décembre. Je crée mon compte Navigo. Je cherche comment demander un Navigo accompagnant. Je ne trouve pas. Je sollicite Isabelle qui ne trouve pas. Je me résous à appeler Solidarité transports qui commence à me proposer une demande en ligne… la conversation coupe. Je rappelle. Mon nouvel interlocuteur me parle comme à une demeurée et me renvoie sur Navigo. J’appelle. Ce n’est pas le bon numéro. Je cherche et rappelle. Je suis bien chez Navigo, cette fois. Un monsieur ne sait pas de quoi je parle. Il me renvoie à un « guichet club RATP » en m’indiquant que je les trouve en ligne. Je cherche. Je ne trouve pas. Je rappelle Navigo. Une dame m’écoute, me fait patienter et me donne la liste des guichets club RATP près de chez moi. Ma station en fait partie. Il s’est encore passé plus d’une heure.
29 décembre. Je retourne à ma station de métro. L’agent au guichet ignore tout du Navigo accompagnant. Il appelle une collège qui sort un carnet car elle a « déjà vu ça » ; elle trouve la page où elle a noté que je dois me rendre à Châtelet ou Gare de Lyon. Je commence à saturer. Je dois déjeuner avec Isabelle le 31. Je lui propose une brasserie à Châtelet ; à ce stade, je crains le pire.
30 décembre. Isabelle me suggère de vérifier les heures d’ouverture de l’agence commerciale RATP de Châtelet. J’appelle la RATP : service téléphonique hors service. Je pose la question sur Twitter à Clients RATP. Réponse (rapide) : l’agence est fermée le 31…
3 janvier. Je décide d’aller à Châtelet. Cela me fera ma balade. J’appelle la RATP : « — Je suis déficiente visuelle, je dois aller à l’agence commerciale de Châtelet, quelle est l’entrée la plus proche ? » ; « Bah, vous entrez où vous voulez… » J’explique que je vais me perdre dans la station. Le monsieur finit par comprendre et me dit que c’est aux Halles, porte Berger*.
Mon GPS me guide de chez moi jusqu’au à la porte Berger via le Pont-Neuf (jolie balade). Une fois là, je sors ma canne et descends un premier Escalator, tourne un peu avant de trouver l’Escalator pour descendre dans le métro. Je repère la lumière verte de machines RATP. J’y vais. Un guichet est là, fermé. À cet instant, j’ai envie de pleurer. Un chaland me bouscule. Cela me réveille. Je tourne en cercles concentriques (comme un chaton qui découvre son territoire) et finis par arriver devant l’agence commerciale. J’attends mon tour dehors avec d’autres gens. J’entre. La configuration des lieux m’échappe. J’entends un « Monsieur ? » ; je ne bouge pas. Puis « Madame ? » J’y vais. Un agent est là. Je formule ma demande en deux phrases. Il prend mon Navigo et s’active sans un mot. Puis me demande de retirer mon masque et mon chapeau…
— Regardez la caméra.
— Je ne sais pas où elle est.
Il soupire et s’agite. Il fait glisser mon Navigo et un autre jusqu’à ma main posée sur son comptoir. Je prends le tout. Je lui fais alors remarquer que j’ai eu du mal à trouver l’agence, qu’aucune info n’est disponible sur le site de la RATP, etc.
— Vous pouviez aller dans les clubs RATP…
— J’y suis allée, mais on m’a dit que non.
— Avec le covid, on manque d’agents.
Je lui dis à peine au revoir. À la vue de la photo, je fais un microbillet Twitter en rentrant chez moi. Elle dit tout de mon désespoir. N’aurait-il pas pu me dire de sourire ? Me préciser quand il prenait la photo ? Où était la caméra ? Non, je suis malvoyante ; pour cet agent, un poids.
Dès que je suis chez moi, je vais sur le site de Transports solidarité et fais ma demande en ligne. Je reçois un accusé de réception. Suis-je arrivée au bout de la route ?
5 janvier. Je reçois un mail avec un mot de passe. J’essaie de me loguer, cela ne fonctionne pas. Un second mail m’indique « Après vérification, le nom et prénom du porteur de cette carte ne correspondent pas strictement au nom et prénom figurant sur l’attestation ou dans les fichiers de l’organisme social. » avec une série de recommandations. J’appelle Navigo. Les informations sur le Navigo accompagnant correspondent à celle de mon Navigo. J’appelle Solidarité transport. La dame regarde mon dossier (quelle peine à trouver, ce qui me vaut un « Vous n’existez pas. » merci madame) et me dit que je me suis trompée dans mon formulaire de demande, mettant mon prénom à la place de mon nom. Elle corrige : cela n’aurait-il pas pu être fait avec les justificatifs que j’ai envoyés ? Passons. Elle me confirme en direct que le guide gratuit m’est accordé pour trois ans (ma CMI, elle, est à perpétuité). Je lui indique que je n’ai pas réussi à me loguer. Il semble que ce soit parce que je suis blonde (le système refuse les copier-coller). Je me fâche. Elle finit par m’envoyer un mail de logue que je peux utiliser. Encore une heure de passée…
J'essaie de lire l'écran de la machine. 6 janvier. Je reçois un mail indiquant que je peux aller charger mon Navigo accompagnant au guichet de mon choix. Je dîne le soir même avec Isabelle, lui demande de m’accompagner au cas où…
Au cas où quoi ?
Je pose mon Navigo accompagnant sur la machine, Isabelle lit l’écran pour moi, et mon Navigo accompagnant se charge. Mais de quoi je me plains ?

* La station Châtelet-Les Halles voit se croiser trois lignes de RER et cinq lignes de métro. La circulation en sous-sol m’y est impossible. Je n’y fais jamais aucune correspondance ni n’y prends jamais le métro.

Incyclicité @40

L'image montre lL'image montre le vélo-cargo stationné sur la chaussée.Pas loin de chez moi se trouve un centre médical. Fréquemment, des cyclistes accrochent leur engin aux grilles le long de la pente d’accès, là où le trottoir se rétrécit, donc où les vélos sont le plus dans le cheminement piéton.
Un coursier vient régulièrement à ce centre, quotidiennement de ce que je constate, y chercher des échantillons médicaux, j’imagine pour les porter à un laboratoire d’analyse.
Depuis des mois, je l’ai vu se garer directement devant le centre, sur la chaussée, en pleine voie. Cela contraint la circulation, dont celle des bus des deux lignes passant à cet endroit.
L'image montre le vélo-cargo stationné sur le trottoir.Récemment, j’ai constaté qu’il se gare maintenant sur le trottoir. Il n’a pas besoin d’attacher son vélo. Pour autant, il se met aussi là où le trottoir est le plus étroit. Cela oblige les piétons à le contourner, créée une gêne pour des personnes en fauteuil et est un obstacle de choix pour des non-voyants. Tiercé gagnant !
Le discours sur les mobilités douces m’irrite de plus en plus tant au final les piétons sont les premiers – bien devant les automobilistes – à être gênés par l’incivilité de certains cyclistes. Misère.

Extravagance parisienne @75

Cécyle sur un Vélib' garé en station.Après l’expiration de mon abonnement Vélib’, j’en avais souscrit un nouveau : réception d’un message de confirmation le 26 décembre puis d’un justificatif de paiement le 27. C’est sans compter par la nouvelle année. Non, Vélib’ ne m’a pas souhaité des vœux de bonne roulette, Caddie en reste le roi, pardon président, incontestable.
Vélib’ m’a écrit le 1er janvier dans la nuit. J’ai donc trouvé au matin un message avec l’objet « Expiration de votre abonnement » pour me dire que mon abonnement a expiré le 25 décembre et m’inviter à en souscrire un nouveau. Ah ! les joies de la bonne utilisation des bases de données… Petit Koala soupire très fort. Courage Petit Koala, ce n’est que le tout début d’année !

Extravagance parisienne @74

Cécyle sur un Vélib' garé en station.Je suis abonnée depuis plusieurs années à Vélib’. Le 24 décembre 2021, je reçois un message étonnant :
« Votre abonnement Vélib’ expire demain.
« Pour continuer à utiliser le service, vous devrez souscrire un abonnement à partir de 25/12/2021 depuis votre compte abonné sur le site ou l’application Vélib’.
« Vos identifiants ne changent pas, vous aurez toujours accès à votre espace abonné et le parcours de souscription est simplifié avec un formulaire d’inscription pré-rempli.
« Pour rappel, la grille tarifaire évolue et entrera en vigueur le 1er août 2021. »
Je cherche à prolonger mon abonnement, qui était auparavant en renouvellement automatique, mais impossible de trouver comment faire.
J’appelle le service client. L’employée vérifie mon compte et m’explique qu’il faut effectuer la même manipulation que pour une nouvelle souscription. Je la remercie, raccroche, essaye et… ça ne marche pas.
Je rappelle. Un autre employé m’explique qu’en raison du changement tarifaire d’août 2021, il n’est pas possible de renouveler son abonnement quand il est en cours. Les indications de sa collègue n’étaient pas justes, je dois effectuer le renouvellement à partir du lendemain après l’heure indiquée d’expiration. Et à partir de là seulement, je pourrai demander un renouvellement tacite.
Pourquoi cette façon de procéder ? D’après ce que je comprends, c’est pour être sûr que tout le monde choisisse son option de préférence en fonction des nouvelles offres. L’argument me paraît mince. Le courriel ne précise rien et les employés ne sont pas tout au fait du sujet. Et j’ai donc attendu l’expiration pour reprendre le même type abonnement. Le numérique, c’est pas mal quand toutes ses potentialités sont exploitées, non ?…