Archives par étiquette : Ma ville

Vroum @26

Entendu lors d’une manifestation de motards à Paris ce samedi 6 février pour protester contre l’expérimentation du stationnement payant des deux-roues motorisés :  » Rouler en moto, c’est être libre et mobile. »
Libre de quoi ? De ne pas respecter le Code de la Route et les autres modes de déplacement ?

Agit-prop’ @32

Début novembre, j’ai lancé ma première pétition en ligne. J’en suis surprise moi-même ; j’en signe beaucoup, le droit de pétition me semblant une liberté fondamentale mais c’était la première fois que j’en lançais une moi-même. J’étais convaincue, forcément, que ça allait faire un tabac, ce d’autant que je l’avais partagée sur Facebook et Twitter. Eh bien, comment dire…
— T’as fait un bide !
C’est ça Caddie, pire même, un bide total ! J’avais pourtant mis une belle image, un texte soigné, revendicatif mais pas agressif, mais seules sept personnes l’ont signé avec moi.
— T’as vu que j’ai signé, moi !
Oui. Caddie, merci.
— Remarque, c’était compliqué ! Frédo a dû s’y reprendre à trois fois…
Tu crois que c’est pour ça qu’il y a eu si peu de signataires ?
— Forcément, oui !

Route @18

Le lendemain de l’épisode dit « de la banane » (retrouvez ledit billet en cliquant sur ce lien), je repars à l’assaut de La Défense sans encombre cette fois-ci.
Arrive le moment du retour. S’il a plu dans l’après-midi, le ciel semble plus clément pour reprendre la route. Le début du trajet est toujours agréable : ce qui était à l’aller une côte un peu pénible à monter en fin de parcours devient une descente bienvenue au retour.
La piste cyclable est protégée mais je reste prudent tout de même car il y a deux croisements avec les véhicules motorisés et les conducteurs de voitures ayant tendance à penser qu’ils sont non seulement les seuls usagers de la route mais aussi qu’ils ont toujours tous les droits et toutes les priorités, c’est potentiellement dangereux. Le premier de ces croisements est la sortie de la station-service où j’avais trouvé la veille la fameuse clé à molette. Je ralentis donc à son approche et j’aperçois un véhicule qui s’avance de la sortie. Il marque l’arrêt au « Stop » juste devant la piste donc je continue. Mais au moment où je passe, il avance brusquement et vient heurter mon vélo sur la roue avant. Je ne peux alors rien faire d’autre que d’essayer d’accompagner la chute. Je viens heurter le capot du véhicule, tombe puis glisse sur la route. Le feu en face est rouge donc, ouf, aucun véhicule ne vient vers moi. Avant de comprendre ce qu’il s’est passé, je me relève, récupère mon, vélo et me mets sur le trottoir. Le chauffeur de taxi (oui, c’était un taxi) sort de son véhicule et une personne qui était à la station vient vers moi. Tous deux me demandent si tout va bien, si ma tête a heurté le véhicule, si j’ai mal ailleurs. Ma tête n’a rien heurté, j’ai un peu mal à la jambe, pas celle que le véhicule a touché mais l’autre, celle qui a d’un côté heurté la route et, de l’autre, reçu le vélo. Rien de grave apparemment mais je suis un peu sonné, un peu groggy. J’engueule le chauffeur et là, j’ai droit à une série d’explications de sa part qui, si je l’avais eue avec moi, aurait donnée à la clé à molette une utilité toute pratique. Attention, c’est un festival :
– « Je savais ce matin que je n’aurais pas du prendre la route car je ne le sentais pas. »
– « D’ailleurs, je voulais rentrer chez moi car rien ne va depuis tout à l’heure. »
– « J’étais justement en train d’en parler au téléphone avec un ami lorsque je vous ai heurté. » (je n’en croyais pas mes oreilles alors je lui ai fait répéter plusieurs fois et à plusieurs moment !)
– « J’ai appris aujourd’hui un décès dans ma famille. »
Je lui ai demandé en quoi ça l’autorisait à venir me couper la route et à être un danger public… J’attends toujours la réponse.
Au final, plus de peur que de mal (quelques beaux hématomes). Le chauffard de taxi a payé la réparation du vélo (la roue avant était morte) et m’a ramené chez moi dans son taxi. Pour la petite histoire, on a mis bien plus de temps dans son véhicule que je n’en mets à vélo pour faire le même trajet. Pour la grande histoire, la prochaine fois (j’espère qu’il n’y en aura pas), j’appelle les flics.

Paris @65

Mon bailleur, celui-là même qui met plusieurs années à changer nos fenêtres, passe des marchés avec des chauffagistes indélicats, communique de manière illisible, et autres (la liste est longue), adore les « concertations locatives ». Il s’agit, lors d’une opération de travaux par exemple, de demander leur avis aux locataires ; préfèrent-ils les fenêtres avec empiècement ou les autres ? Celles avec empiècement ? Très bien ; l’architecte préfère les autres. Donc, les autres.
En dépit de ce genre d’aventures, je me plie volontiers à ce type de concertation ; c’est surtout l’occasion de nouer des liens avec les gestionnaires de nos logements et de ces travaux, liens qui sont utiles en des circonstances plus concrètes. J’ai ainsi participé il y a quelques mois à une concertation locative sur un projet de réhabilitation de nos halls (ils en ont bien besoin). Ce projet est co-financé par la Ville. La concertation fait partie des conditions de cette aide.
Cette rencontre a duré plus de deux heures : les deux gardiens étaient présents, notre gérante, son supérieur, la personne en charge de mener ces travaux, la présidente de l’amicale de locataires et moi. Au fil de notre visite des cinq halls concernés, nous avons croisé des locataires, en avons appelé d’autres sur des points très spécifiques (comme l’accessibilité). Les gardiens ont partagé leur expertise, la gérante itou. J’ai aussi gentiment séquestré la responsable des travaux dix minutes dans nos escaliers pour qu’elle convienne qu’ils ne pouvaient être exclus du chantier (l’odeur est redoutable !)
Cette dame a tout noté avec patience et intérêt. Elle m’a recontactée il y a quelques semaines pour un nouveau tour des halls. Au départ, il s’agissait de formaliser une procédure de concertation plus large, procédure contrainte par le covid. Cela s’est transformé en nouvelle visite des cinq halls avec les mêmes personnes, plus l’agence en charge de coordonner les travaux. Pour quoi faire ?
— Ils veulent prendre le pouls des locataires…
— Une mesure sanitaire, en somme.
Elle a ri (merci madame !) et a fini par convenir que cela faisait beaucoup de temps de travail (donc d’argent) pour dire des choses déjà dites. Je lui ai précisé que j’avais une confiance absolue en son expertise, sa capacité d’avoir fait le compte rendu le plus juste, et l’ai renvoyée au professionnalisme des gardiens (surtout le mien) et de la gérance si des détails manquaient. Je lui ai proposé de réinvestir l’argent économisé sur cette concertation inutile dans le renouvellement de nos baignoires…
Cette réunion a quand même eu lieu, sans moi. J’ai croisé cette joyeuse bande dans mon hall ; ils étaient neuf ; je sais que cela a duré encore deux heures, plus le temps de transport, plus… Quelle dépense superflue ! Je me suis promis de raconter cette histoire à la maire de notre arrondissement, le bailleur arguant du partenariat avec la mairie pour multiplier ces « concertations » sans objet. Je n’en ai pas eu l’opportunité ; je lui enverrai ce billet.

Extravagance parisienne @61

Grâce à Helgant, on se promène dans le quartier. Et j’en découvre quelques endroits et quelques bizarreries. Ainsi, au coin de la rue, ce magnifique passage temporaire non effacé devant lequel des barrières ont été installées.
Caddie a adoré la photo. Il dit que c’est un passage protégé… des piétons. Il l’a immédiatement dédicacé à sa ménagère, avec une pensée particulière pour des super potes qu’il a décidé d’appeler anonymement CD. Si on a des private joke sur ce blog maintenant, où allons-nous !

Rigolo @16

J’ai recroisé samedi dernier une de mes voisines d’immeuble. La dernière fois que je l’avais vue, c’était en juin dernier dans le hall d’entrée alors que nous discutions « masques » avec une autre voisine. Pour rappel, à l’époque les masques n’étaient obligatoires que dans les magasins… Une autre époque en somme.
La dame était arrivée alors que nous terminions notre conversation et elle nous dît spontanément qu’elle ne mettait le masque que lorsque cela était obligatoire car, je cite : « Depuis tout ce temps, le virus a disparu. »
Je l’ai donc croisée à nouveau, toujours au même endroit. Nous nous sommes salués et je lui ai demandé en lui souriant si elle avait une nouvelle expertise à partager sur le virus. Elle a également souri (peut-être pas le même sourire que le mien derrière son masque) et a poursuivi sa route…
A suivre ? Espérons que non.

Paris @64

À l’occasion de la Rentrée des associations dans mon arrondissement, j’ai eu le bonheur de bavarder quelques minutes avec Anne Hidalgo accompagnée d’une jeune élue, Anouch Toranian, et de Olivia Polski qui a eu la gentillesse de me prévenir de l’arrivée de la maire de Paris, sachant ma déficience visuelle. Ces conversations publiques sont toujours un peu surjouées, de part et d’autre. J’étais contente de lui rappeler un moment qui l’était moins (pour moi), la première fois que je l’ai rencontrée, à l’occasion de l’inauguration du local de Pascal Cherki où j’accompagnais Célia Blauel. C’était en… 2014 ? Quelque chose comme cela.
Nous avions ce jour-là devisé plus longtemps dans une conversation tout en séduction : Célia menait la liste EELV pour le premier tour ; la fusion pour le second était acquise ; pourquoi ne pas voter directement pour elle, alors ? me suggérait Anne Hidalgo. Le message ne s’adressait bien sûr pas qu’à moi. J’étais ressortie de là conquise, après deux bises appuyées… mais avais voté pour Célia au premier tour ; sans jamais le regretter.
Mon attachement à Anne Hidalgo trouve ici sa source ; comme quoi, les conversations convenues peuvent produire leur effet. Celle que nous avons eue en septembre me laissera moins de traces (le premier baiser est toujours le meilleur), ce d’autant que covid-oblige, point de baiser ni de poignée de main. Cela m’a manqué. J’en ai, pour le coup, peut-être un peu rajouté (c’est mon genre) mais j’étais contente de la remercier chaleureusement pour son action, lui parler de la médiation et de la encore trop grande distance entre les services et les Parisiens, et lui dire que je l’aime.
Là, comme ça ? Bah vi. J’ai dit à Anne Hidalgo que je l’aime ; j’ai senti sa surprise ; je ne sais plus ce que j’ai dit, comment, pour qu’elle comprenne que mon amour était grand mais n’engageait que moi. J’ai évoqué Célius, mousquetaire de la reine qui semblait lui dire quelque chose… J’ai donné ma carte à Anouch Toranian ; Anne Hidalgo m’en a demandé une. Elle l’a mise dans son sac ; et est passée au stand suivant.
La suite ? Quelle suite ? Mon amour n’en a pas besoin ; mon plaisir citoyen non plus.

Crédo @17

Depuis presque un an, je suis représentante remplaçante du médiateur de la Ville de Paris. J’assure ainsi des permanences au gré des congés et absences d’autres représentants, dans des mairies d’arrondissement, un Point d’accès au droit, une Maison de la justice et du droit. Après quatre mois d’interruption pour cause de covid, j’ai repris cet été, toujours ravie de cette fonction qui me permet d’accueillir des personnes en difficulté et de participer à la résolution de leur problème.
Il y a quelques jours, j’ai eu un appel de la responsable de la médiation qui m’a proposé de devenir la titulaire de l’une de ces permanences. Ma fierté est immense et dépasse certainement ce que d’aucuns peuvent en percevoir. Elle est à l’identique de ce que j’ai ressenti le jour où j’ai eu mon PSC1, le sentiment d’être une citoyenne à part entière.
— Mais pourquoi ? Ne l’étais-tu déjà pas ?
Ce n’est pas Caddie qui pose la question, car lui sait combien la déficience visuelle exclut à chaque instant, comment l’empilement des petits riens qui humilient et fragilisent quelle que soit la détermination que l’on a parce qu’ils viennent dire à la personne handicapée que je suis d’aller jouer ailleurs que dans la cour des grands, parce qu’à 19 ans l’administration de mon pays m’a déclarée « inapte » et que je crois bien que je ne m’en suis jamais vraiment remise. Cette question c’est un peu tout le monde qui se la pose, parce que ce que je ressens est si intime que je n’aurai jamais assez de billets ou de textes pour l’exprimer, parce que je déploie tant d’efforts pour être à votre monde que l’illusion de mon appartenance est rarement levée.
Alors oui, je suis fière, tellement fière qu’en prenant ma douche le lendemain m’est venue une idée fort saugrenue. Comme ça, entre le shampoing et le savon, j’ai pensé « Aujourd’hui, je peux mourir. » Oui, je peux mourir. Car ma Ville, en reconnaissant ma compétence en toute connaissance de mon handicap, vient de me faire citoyenne ? Oui, cela tant mon émotion est intarissable mais bien au-delà. Cette citoyenneté nouvelle résonne comme une cerise sur un gâteau que j’ai confectionné de mes mains et, à le savourer, me donne le sentiment que j’ai accompli quelque chose qui dit ma vie. Je me réalise ; et ma joie est totale.

Note. Entendez bien mon propos ; je n’ai pas l’intention de mourir ; je n’en ai aucun désir. J’ai simplement accompli quelque chose de tellement immense que… Rassurez-vous, pour vous, ça ne change rien. Quoique. Vous verrez bien.

Note 2. Les représentants du médiateur sont des bénévoles.

Pauvres chéris @13

Depuis que j’ai un compte Twitter, j’ai remarqué qu’interpeller publiquement ou en messages privés, des élus, des institutions, des commerçants, permet parfois de résoudre des problèmes rapidement : des arbres arrachés par le vent dans un square, le défaut d’accessibilité d’une manifestation, une coupure de gaz, un achat qui mérite réclamation… D’autres fois, cela ne fonctionne pas. Cela dépend de la manière dont les uns et les autres gèrent leur compte Twitter.
J’ai ainsi interpellé deux élus de mon arrondissement en août, un sur l’arrosage d’un square en alerte sécheresse, le second sur le port du masque pendant d’autres activités sportives extérieures que la course à pied. Aucun des deux ne m’a répondu. Je les ai croisés à la commémoration de la libération de Paris, le 25 août ; je leur en ai parlé. Leur réponse a été catégorique (sur un ton que j’ai trouvé agressif) : jamais ils ne répondront à une interpellation sur Twitter, ils ont « trop de notifications » ; l’un me conseille le mail, l’autre le téléphone.
Mais pourquoi avoir un compte Twitter alors, ce d’autant qu’il est évident qu’ils ne répondraient pas plus sur d’autres canaux ? Je connais des élus qui n’en ont pas, d’autres qui ont un compte privé. Je connais surtout des élus intéressés par les infos qu’on peut leur transmettre même si on le fait en râlant ; d’autres qui n’ont que faire de leurs électeurs et ont déjà oublié, à deux mois de leur élection, à qui ils doivent de se la péter en écharpe tricolore.
J’ai trop de sujets en cours pour perdre mon temps avec ceux-là. Tant pis pour eux : qu’ils barbotent dans leur suffisance ; j’ai quelques atouts pour les contourner et ne me priverai pas de les habiller pour l’hiver. Je ne voudrais pas qu’en plus ils attrapent froid !

Corps @28

Depuis l’arrivée de Helgant, je sillonne mon quartier pour ses promenades quotidiennes. D’un coup, les chiffres de mon relevé d’activités quotidien ont bien augmenté. Alors que je n’arrivais pas tous les jours à atteindre mes objectifs, c’est maintenant sans aucun problème que je les dépasse.
C’est à tel point que l’application m’a proposé d’augmenter l’un d’eux. Merci Helgant !