Archives par étiquette : Lesbienne @

Lesbienne @24

J’ai beaucoup fréquenté les réseaux de rencontre sur Minitel à la fin des années 90. Grâce à des accès en 3614 (pas cher), j’y ai passé des nuits dans des discussions qui ont nourri mon désir lesbien, y ai fait de chouettes rencontres avec plus ou moins d’affinités à la suite. Et puis, le Minitel a été supplanté par Internet. J’ai suivi et ai fréquenté les premiers sites de rencontre lesbiens avant de très vite les abandonner : du règne du texte (quatre lignes) on est passé au règne de l’image, celle qui permet, en un clin d’œil de savoir si on a envie de discuter ou non.
Les textes de présentation sur Minitel étaient souvent tarte mais on les dépassait très vite pour engager des conversations sans aucun support visuel. Sur le Net, les conversations me semblaient appauvries et le fait que l’autre « se fasse une image » à partir d’une simple photo me plaçait d’emblée en porte-à-faux. Je me « faisais une image » aussi, bien sûr, considérant que je vois quelque chose de l’autre ; mais il y avait tout de même une certaine rupture d’égalité. En écho, ma vie sexuelle s’est appauvrie sans que ma vie sentimentale n’en pâtisse.
Plusieurs fois, j’ai tenté d’y revenir, en vain. Encouragée à écrire une nouvelle en [e-criture] sur le sujet, j’ai tenté de nouveau l’expérience en mode mobile le week-end dernier avec l’aide de Isabelle, la navigation dans les applis étant plus compliquée que sur le Net (un comble). C’est sans doute l’expérience de rencontre la plus courte de ma vie ; moins de dix minutes, je pense. Téléchargement de l’appli. Saisie de mes mail et téléphone. Téléchargement de « trois photos minimum ». et là, la photo plein écran d’une femme apparaît, avec des informations incrustées peu lisibles et des boutons d’action que je ne comprends pas. Je m’exclame.
— Je suis gâtée !
Je montre la photo à Isabelle qui fait la lippe. Elle m’explique qu’il faut balayer l’écran. Je ne comprends toujours pas trop ce que je suis en train de faire mais me rends compte que je mate des femmes et, qu’à la seule impression visuelle, je vais pouvoir dire que j’aime ou non… et réciproquement. Déjà, je ne m’arrête pas à l’emballage au supermarché devant les tablettes de chocolat : je prends chaque tablette, sort Petit 6 pour lire les caractéristiques voire la composition et me fie plus aux données textes qu’à la représentation commerciale sur le paquet. Alors avec des femmes…
Trois minutes plus tard, j’étais déprimée pour un moment et ai supprimé mon compte. Je vais me débrouiller autrement pour renseigner la nouvelle que je veux écrire et tenter de m’ouvrir un peu plus à mon désir même si mes réserves habituelles demeurent. Qui sait, si je lève quelques barrières, ce n’est pas le covid-19 qui m’attrapera ?

Note. Je précise que mon aversion spontanée n’est pas une condamnation des personnes qui utilisent les applis. Je comprends leurs mobiles et respecte leur désir. Il s’agit juste de dire mon rapport à l’image et aussi, peut-être, mon incapacité présente à aller au charbon.

Pauvres enfants @34

En balade dans les rues d’Avignon, je passe devant une terrasse de café sans remarquer plus que ça deux très jeunes gens attablés. Dix mètres plus loin, j’entends.
— … celle-là ? Casquette, solaires, oreillette et même une matraque dans la poche. …
Je n’ai pas entendu le début ni la suite mais pressens que ce n’était pas à mon avantage et que ma butchitude était en cause. Je fais demi-tour et m’avance posément vers eux. J’ai une quinzaine de mètres à parcourir. Je prends mon temps. Je ne leur donne pas 18 ans, ils boivent un cocktail dont l’odeur d’alcool remonte jusqu’à moi quand je m’arrête près de leur table. Il est à peine 18 heures.
— Bonjour messieurs. Vous aviez quelque chose à me dire ?
Le plus vaillant des deux est très mal à l’aise. L’autre n’existe déjà plus.
— On plaisantait entre nous, madame !
— Vous parlez trop fort pour que vos propos restent confidentiels.
Je sors ma canne.
— D’abord, la matraque…
— Ah, c’est une lampe !
— Non monsieur, c’est une canne blanche [je la déplie], vous savez, le truc pour identifier un déficient visuel.
— Ah ! Je…
— Et l’oreillette est branchée sur un GPS qui me guide. La casquette basse sur les yeux, c’est pour augmenter l’ombre sur les solaires car la lumière me gêne. Vous vouliez savoir autre chose ?
Il hésite et, en bafouillant.
— On se posait juste des questions. Excusez-nous.
— Vous auriez pu me les poser directement. Bonne soirée messieurs.
Et je suis repartie sans leur laisser le temps de me dire au revoir. Ils ne s’abstiendront évidemment pas d’autres commentaires sur des passantes. Au moins, ils savent que l’impunité n’existe pas. J’espère.

Élections @32

Dimanche dernier, j’ai passé ma journée en tant qu’assesseur titulaire à mon bureau de vote. Je précise que mon bureau est en plein centre du futur ex-3e arrondissement de Paris, à la frontière du Marais.
Malheureusement, peu de votants mais un résultat si net qu’il ne laisse pas de place aux traditionnels procès en légitimité du camp perdant. Je dis « du » malgré la triangulaire car le troisième larron s’est vu totalement mis hors-jeu par le peu de votes reçus.
Au-delà du résultat, ce qui m’a frappé, c’est la diversité de formes des noms et prénoms des listes électorales : à côté de ce qu’on avait l’habitude d’appeler pour les femmes leur nom de jeune fille, toujours beaucoup de nom d’épouse mais aussi de nombreuses femmes et autant d’hommes avec leur nom de naissance (c’est ce qui fait référence dans les listes électorales) suivi cette fois d’un nom composé reprenant leur nom de naissance et un autre nom, celui de leur épouse ou de leur époux, le tout dans un ordre aléatoire. Du côté des prénoms, cela semble plus compliqué. En effet, deux jeunes femmes nous ont précisé que nous les trouverions dans les listes avec leur ancien prénom de garçon…

Gamine @ 29

Je regarde un peu les applications de mon téléphone et farfouille à la découverte dans Santé, appli de l’iPhone. Il y a des conseils et des possibilités de mesures. Dans les nombreux items, l’un est « Activité sexuelle » avec des applis suggérées.
On me propose :
– Clue – Calendrier des règles
– Cycles – Suivi des règles
– Flo : Suivi Règles & Ovulation
– Period Tracker – Eve
Me voilà réduite à la dimension procréative de ma sexualité. Que vais-je devenir quand je serai ménopausée ? L’activité sexuelle n’est pas déterminée par le cycle menstruel, mais peut-être que les concepteurs ne le savent pas. Est-ce que ce sont que des hommes ou y avait-il des femmes qui ont effectué ce choix ? Quels préjugés se glissent derrière cette catégorisation ? De fait, elle impose cette catégorisation aussi. En offrant des possibilités pré-construites, elle formate l’utilisation de l’application donc conduit à des biais quant à la manière de penser la relation entre sexualité et règles.
Cela me fait penser à un article que m’a montré récemment Cécyle. L’auteure, une chercheuse, affirme que la ménopause renvoie à une construction globale de la femme comme déterminée dans ses périodes de procréation. Les arguments historiques sont intéressants (naissance du mot ménopause), mais qu’en conclure ? C’est un autre débat que Cécyle voudra peut-être lancer.
J’ai eu ces choix, car j’ai indiqué que je suis une femme. Est-ce qu’un homme pourrait me dire ce qu’il a comme choix d’app ? Celles de bilans de mesures de la fertilité ou de don de sperme ?
Plus globalement, l’appli justifie de proposer l’activité sexuelle, car elle « a une influence sur notre santé physique et émotionnelle ». En l’occurrence pour le cycle menstruel, c’est plutôt les hormones qui jouent. Et vont-ils proposer de compter son nombre de « coups », leur effet sur l’émotionnel (« Trop bonne, top ! ») ? Ce serait l’aboutissement logique d’une société patriarcale où des individus sont au service sexuel d’autres, les femmes utiles pour « l’hygiène » et la satisfaction des besoins « physiques et émotionnels », quand ce n’est pas pour procréer.
Misère.

Lesbienne @22

En rentrant chez moi en fin d’après-midi, je fais plusieurs aller-retour entre la loge du gardien, l’escalier de deux voisines, le mien, passant plusieurs fois devant deux gars qui discutent. Je les connais mais n’y prête pas attention. À un moment, un m’interpelle.
— Vous ne dites plus bonjour ?
Je m’arrête, viens le saluer. C’est un gars qui m’a interpellée il y a quelques semaines pour me dire qu’il me trouve belle. Gentil. Bavard. En sortant ma canne blanche de ma poche, je lui dis.
— Je vais vous montrer quelque chose.
Je déplie la canne. Il s’excuse sitôt, me demande si je perds la vue ; je lui explique que je suis albinos, blablabla, et l’invite à m’interpeller quand je passe sinon je ne le reconnais pas. Il promet, et part dans une longue tirade pour me dire que je suis une « belle femme qui a du cœur », qu’il est fier d’être mon voisin, … Je le remercie. Il lance.
— Je peux vous embrasser ?
Je recule d’un pas en disant non. Il sourit.
— Je sais, seulement les filles…
S’il sait… Ça fait quand même bizarre de l’entendre.

Va chez l’gynéco @37

Vous aurez compris entre les lignes de Caddie, Petit Koala et les Mouton (ici) que j’ai eu la grande surprise d’avoir mes règles en dépit d’une ménopause avérée, taux de FSH à l’appui. Cela m’a fait rire, moi qui ne les avais pas eues depuis une bonne quinzaine d’années suite à un traitement hormonal de l’endométriose. Heureusement que je reçois des filles à la maison pour pouvoir parer au plus pressé !
Je n’étais donc pas inquiète, tous les symptômes étant là : mal de ventre, mal de tête, seins qui ont gonflé et prise de poids deux semaines plus tôt ; libido au taquet. Deux cycles sont ainsi passés. J’avais rendez-vous chez ma gynéco mi-avril. Tout allait bien. À l’occasion d’un rendez-vous chez ma généraliste, je lui en glisse un mot, amusée. Sa réaction m’a laissée pantoise. Du tac au tac, elle me dit que ce n’est pas drôle et m’envoie manu militari faire une échographie pelvienne. Ouille !
En dépit de mes protestations (la sonde et moi, on n’est pas très copine), elle insiste et je prends rendez-vous dans un centre mutualiste. J’ai la surprise d’y être reçue par une gynécologue qui pratique les échographies. Autant dire que ça change tout : mon médecin avait indiqué sur l’ordonnance que je souhaitais éviter la partie endo-vaginale de l’examen. La gynéco-échographe m’interroge.
— Vous avez déjà eu des rapports… ?
Petit silence. Elle poursuit.
— …des pénétrations hétérosexuelles ?
C’est bien la première fois, en quarante ans de consultations gynéco et une petite dizaine de praticiens que mon homosexualité est d’emblée envisagée comme faisant partie des éléments à prendre en compte, ou plus exactement que l’hétérosexualité n’est pas posée comme incontournable. Cela dit, on peut ne pas apprécier ni les pénis ni les sondes endo-vaginales tout en appréciant la pénétration vaginale. Mais ça, c’est une autre histoire, une que la médecine ignore. Comme tant d’autres !

Préférences @4

Je lisais un article du Huffington Post « Pour la Saint-Valentin, des sextoys gays, lesbiens et non-genrés (sic) », intriguée par la notion de godemichés « non genrés ». L’article s’est révélé fort intéressant, le propos de Alice Derock, fondatrice d’un sex-shop en ligne « dédié à la communauté lesbienne » me portant, par la justesse de son propos, à visiter le site en question. Les jouets proposés, à l’œil, font assez envie, et leur présentation révèle une donnée à laquelle j’ai souvent été confrontée : celle de l’évaluation des dimensions de l’objet.
Dans la tête, on peut avoir envie de quelque chose qui comble ; le hic est qu’un godemiché, ce n’est pas dans la tête qu’on le met (non non !) mais plutôt dans le vagin, considérant que celui-ci a volontiers les yeux plus gros que le ventre. Comment choisir ? L’étalon de la mesure du désir vaginal n’est-il pas le doigt ? Eh bien ! voilà que les tailles sont décryptées en nombre de doigts (ici) en même temps que chaque modèle proposé a plusieurs tailles.
Est-ce cela le « non genré » du jouet sexuel, l’idée que deux doigts suffisent a beaucoup de plaisir autant que quatre peuvent être requis, autrement dit que c’est le vagin qui décide et pas l’anatomie de son partenaire ? Il y a ça, et aussi le fait que ces objets oblongs ne sont pas façonnés à l’image des pénis. À l’époque où je fréquentais les sex-shops (tout se perd… mais ma garde-gode est à refaire ; à bonne entendeuse, je peux livrer la date de mon anniversaire…), on parlait de godemiché « réalistic » qui s’opposaient aux premiers modèles en jelly, de couleurs vives et sans gland ni décorations veineuses.
Il semble qu’aujourd’hui ces derniers soient devenus la règle dans les sex-shops de filles et je m’en réjouis. Il y a pourtant une chose qui m’intrigue. Sur ce même site, on trouve des « sextoys pour insémination » () ; je n’y aurais pas pensé mais c’est effectivement plus judicieux qu’une petite cuiller. Je remarque sitôt qu’ils sont très réalistes, ce que le site confirme « Habituellement WetForHer ne met vend aucun sextoy de forme réaliste mais nous ne pouvions pas laisser ce sextoy de côté car il est créé par une lesbienne aux US que nous avons rencontré (sic) et il est destiné aux couples lesbiens pouvant pratiquer l’insémination chez elles. »
Tiens donc. Une lesbienne crée un sextoy pour aider aux inséminations maison (bonne idée) tout en proposant une représentation fidèle du pénis, comme pour faire père celle qui introduira le gode et actionnera la pompe. Quel paradoxe ! La déconstruction du genre, notamment en matière de parentalité, est loin d’être aboutie. Vivent les petites cuillers ! Il y en a aussi de différentes tailles, et matières.

 

Miam ! @14

Vendredi 26 octobre 2018, je suis allée à la soirée karaoké du Bar’Ouf. J’étais tombée par hasard sur une soirée identique et avais trouvé l’ambiance particulièrement chaleureuse ; le fait que certaines osent chanter publiquement explique-t-il cela ? Sans doute. J’y suis donc retournée, avec l’idée d’y passer une petite heure. Et de chanter ? Une autre fois, peut-être ; Anne m’a proposé de travailler à une version lisible pour moi sur une chanson que je lui proposerais. Je vous tiens au courant.
J’étais donc au Bar’Ouf, à une table avec Marie et une chanteuse très sympa avec qui j’avais discuté la première fois. J’attendais Frédéric pour aller manger une soupe. On papote chanson et je prends la liste des titres proposés. C’est écrit un peu petit ; je tends l’œil. Une jeune femme assise à une table à ma droite descend de son tabouret.
— Bonsoir. Je peux vous lire, si vous voulez ; j’adore lire !
Son parfum envahit l’espace. Elle est sapée comme une fille qui sort le vendredi soir. Je souris, la remercie chaleureusement, lui explique que ce sont les chansons, que ça va aller, que je cherche un titre de Jean Ferrat. Elle insiste, s’approche encore et me colle gentiment sa main gauche aux fesses. Là, direct. À l’évidence, sa main apprécie le galbe de mes fessiers, produit de mes heures de sport. Et je dois bien avouer que sa caresse était fort agréable. Frédéric arrive à cet instant. Il remarque le manège de la dame et s’approche discrètement. Je l’invite à nous rejoindre.
— Je ne voudrais pas…
On rigole. La main a quitté mes fesses. Je dis à sa propriétaire que Frédéric va me trouver ma chanson…
— Je m’en moque un peu ; c’était pour vous draguer.
— J’avais bien remarqué votre main gauche…
— Ma main gauche ?
Elle dément. Je ris. Elle retourne s’asseoir.
— Ne médisez pas de votre main gauche. Vous connaissez La main gauche, de Danielle Messia ? « On prend tous la ligne droite, C’est plus court, oh oui, c’est plus court, On voit pas qu’elle est étroite, Qu’il y a plus de place pour l’amour ».
La chanteuse à notre table s’intéresse à la référence. Ma tentatrice du soir, moins. Elle est déjà au téléphone, sur un autre coup, de ce que je comprends. Ah ! grandeurs et misères d’une main aux fesses ! En vingt-cinq ans de bar lesbien, c’est bien la première fois que je m’en prends une aussi sec. C’était réjouissant ! Et je m’en suis réjouie… joui ? Il m’en faut un peu plus.

Lesbienne @20

J’ai publié le 12 janvier 2018 sur mon site un communiqué « +7 », « L’homosexualité politique, la liberté ! » (ici). Ma réflexion en cours sur les évolutions de la communauté homosexuelle ont motivé ce texte mais également une conversation de vestiaire de judo qui m’a fait dire à mes interlocutrices que « bouffer une chatte » ne suffit pas être lesbienne.
Ma formulation était volontairement vulgaire, parce que je pense que les lesbiennes ne « bouffent » pas des « chattes » ; c’est l’hétérosexisme qui construit ce rapport sexuel de domination qui consiste à « bouffer », c’est-à-dire manger dans une certaine expression de voracité et de vulgarité peut-être parce qu’au fond de soi on éprouve de l’hostilité, deuxième sens de « bouffer », « bouffer » pour détruire, comme les laïcards le font avec les curés. Quant à « chatte », si l’on regarde du côté de l’adjectif, elle serait petit animal docile, « douce et affectueuse » [Antidote], et non pas sexe sujet de désir en quête de plaisir.
Je pense que le désir homosexuel porte en effet à un autre vocabulaire, un qui correspond à ce qui va au-delà d’une pratique sexuelle liée à un « choix d’objet ». C’est le sens de mon travail d’écriture érotique depuis vingt ans maintenant, l’idée que la relation sexuelle homosexuelle se construit avec deux partenaires dont aucun n’est l’objet quand l’autre serait le sujet, une relation où les corps se parlent et se partagent débarrassés de l’expression d’un quelconque pouvoir sexuel et amoureux. C’était également le sens de mon communiqué, dire que l’homosexualité politique, celle qui se fonde sur le désir homosexuel, est de nature à nous affranchir de la domination masculine hétérosexiste, bourgeoise et raciste, aussi dans nos relations intimes et que « bouffer une chatte » n’en est pas l’expression.
J’avais en tête d’écrire un billet pour parler de cela ; le sujet me tient à cœur. Un déroulé plus tard, je me suis dit que cela touchait trop à l’intime pour que j’y pose ma pensée politique. Je me refuse à tout jugement de valeur et chacune a bien le droit de « bouffer des chattes » ou toute autre chose à son goût. Par contre, quand il s’agit de la mienne (que je n’ai pas), ne suis-je pas légitime à lever l’illusion d’une homosexualité qui se dit politique tout en se cantonnant à un choix d’objet ? Quelques étirements plus loin, j’ai renoncé à ce billet. J’ai pris ma douche, mon petit déjeuner et regardé mes mails.
Une Alerte actualité m’a menée vers cet article, « Voici la porno qui a attiré les femmes en 2017 » () et ramenée à mon sujet : un quart des femmes sont consommatrices de porno et le premier sujet qui les intéresse est le « porno lesbien ». Chacune sait que celui-ci est en effet porno mais n’a rien de lesbien ; ces films sont même la démonstration de ce que j’exprime quand je dis que « bouffer une chatte ne suffit pas à être lesbienne ». D’autres « pratiques lesbiennes » sont populaires, les impraticables « ciseaux » et les trios que l’on ne voit qu’au cinéma (c’est vrai que je sors peu mais cela ne me semble pas si fréquent).
Voici donc les images et représentations qui nourrissent un « lesbien » qui correspond en tout et pour tout à la reproduction des rapports sexuels de l’ordre bourgeois, hétérosexiste et raciste appliqués à un choix d’objet homosexuel. D’aucunes peuvent s’en satisfaire. Peu me chaut ! Elles ont même toute légitimité à se dire lesbienne, homosexuelle, goudou, gouine… Gouine ? N’exagérons pas ! On entre là dans un champ lexical trop politique pour « bouffer des chattes ». Et pour s’aimer ?
— Trop politique.
Dis pas ça, Caddie ; tu vas me faire pleurer.

 

Annonces @20

Bon, ça suffit maintenant ! Y en a marre de ras le bol de ces a priori sur le couple !
— T’es sûre qu’ça’va, Cocotte ?
Oui, Petit Koala, excuse-moi mais cela me met en rogne.
— T’t’expliques ?
— Cocotte ! Copain Mouton, vieeeeens ! Y aaaaa Cocotte !
— Yo*uuu*p*iiii* !
Pas si youpi, mes amours, je suis en pétard !
— Pouuurquoiiii ?
Parce qu’il n’y a pas moyen que la Principalate et Petit Scarabée (ça lui va bien, finalement) soient ensemble quelque part sans qu’on ne leur serve du « vous » à tour de bras comme si elles ne faisaient qu’un. N’est-ce pas possible d’être amies sans que tout de suite chacune ne s’emballe et reporte sur la première paire qui passe la représentation du couple ?
— O*uuuuu*h ! L*àààààààà* !
On dirait que l’amitié n’existe pas ! Pourtant, moi, je peux vous dire, au couvent, je suis amie avec des sœurs et il n’y a rien de sexuel là-dedans.
— C’eeest quoiiiii « cheeeksuuuueeel » ?
Une affaire d’étiquette, de diable et de Petit Jésus. Rien qui ne vous concerne.
— Aaaaah ! Il faiiiiit quoiiiiii avec l’étiqueeeeeeeette Petit Jésus ?
Rien de bien intéressant. Alors voilà, il faut le dire haut et fort, duce-je prendre le risque de monter en haut d’une échelle pour que ma voix porte !

LA PRINCIPALATE ET PETIT SCARABÉE SONT CÉLIBATAIRES !!
CÉ-LI-BA-TAIRES !!!

— Çaaa casseeee les oreiiiilleees !
Désolée, Petit Mouton ! Mais c’est important. Toutes ces femmes à l’esprit mal tourné qui les regardent comme un couple sont affligeantes. Elles font injure à leur amitié et les relèguent au purgatoire de l’indifférence amoureuse. Une hérésie pire encore que de nous faire croire que ce félon de Fillon est un bon chrétien !
— C’eeeeeeest quoooiiii un fiiiiiooon ?
— Ben, un truc d’genre erreur de casting, Petit Mouton. On passe. Tu disais, Cocotte ?
Je disais, regardez-les ! Ne sont-elles pas sexy, jolies, drôles, intelligentes, souriantes, aimables, solides, douces, bonnes cuisinières, amantes irréprochables et compagnes avisées ? Du gâchis ! C’est du gâchis !
— C’est paaaas fooot !
Et pire que ça, Petit Mouton ! Il fallait le dire.
— Merciiiiii Cocotte !
Je vous laisse, Rosalie et les sœurs m’attendent pour un dîner aux chandelles.
— Y *aaaa* p*aaaa*s d’électr*iiii*cit*éééé* ?
Copain Mouton ! Faut suivre ! C’est la Saint Valentin ! Le jour de la multiplication des copains Poisson.
— Y aaaa des Poisson auuuu couveeent ?
Y a de l’amour, Petit Mouton, avec ou sans étiquette. Rien que de l’amour. Et les chandelles c’est pour… Passons.
À plus !