Archives par étiquette : Juris

Agit-prop’ @46

On me voit de dos, le cahier d'émargement gros caractère posé devant mmoi.C’est fini !
— Fiiiiiniiii ?
Oui, fini, fini de chez fini. On récupère ma ménagère albinos.
— On v*aaaaaaaaa* po*uuuuuuu*voir se rep*oooooo*ser…
— Aller tous les ouafjours en ouaforêt !
— Faiiiiire des gâââââââteauuuux.
— Co*uuuuuuu*per les ch*eeeeeeeee*veux.
— Ouafnon ! Pas la ouaftondeuse !
— Vous rigolez l’zamis ? Vous croyez qu’l’ménagère d’Caddie va s’reposer ? Déjà, elle a fait c’t’truc encore plus chouette qu’l’campagne.
— Pourtant, c’est ouafchouette la ouafcampagne !
— T’as raison Helgant, mais c’t’pas l’même.
En tout cas, elle n’est pas près de lever le pied. Elle a fait un super exploit et comme on la connaît, mon exceptionnelle ménagère, elle ne va pas vouloir s’arrêter là.
— C’est elleeeeee la mééééééédaille d’ooooor de France FSGT ?
— Non, l’champion, c’st son Johnny !
— Elle a faaaaait quoiiiii alooooors ?
Un exploit : elle a tenu un cahier d’émargement dans un bureau de vote parisien avec une chouette présidente de bureau, Cécile Bossavie !
— B*eeeeeee*n, e*uuuuu*h, elle a p*uuuuu* l*iiiiiii*re ?
Ne traite pas ma ménagère de bigleuse. Le problème, ce n’est pas elle, c’est le cahier ! Alors, elle a fait imprimer par la Ville un gros cahier d’émargement.
— Av*eeeeee*c des gr*ooooo*s c*aaaaaa*r*aaaaaa*ctères !
— C’est quoi un ouafgros ouafcaractère ?
C’est la différence entre un bâtonnet pour te laver les dents et un os pour t’occuper la journée.
— Qu’est-ce que c’est ouafchouette !
Je mets les photos pour que les Hétéronautes apprécient aussi cet événement. On n’oublie pas la description en texte alternatif, et on vous dit à bientôt pour suivre les aventures de notre ménagère !

Le bureau de vote, avec trois assesseurs dont notre ménagère albios, et Cécile Bossavie, présidente, derrière l'urne.

Bigleuse @135

Copie d'écran du site du musée de la marine, un tel fatras que je suis incapable de vous le décrire.J’avais prévu un énième billet sur le défaut d’accessibilité des sites Internet et outils numériques. J’avais comme exemple le Musée de la Marine, que j’ai un temps confondu avec l’Hôtel de la Marine, où l’on trouve une déclaration d’accessibilité (fait rare) qui indique « une conformité globale au RGAA niveau AA de 37,5 % ». Le « AA » ici ne dit rien mais a dû plaire aux concepteurs du site ; le 37,5 % de conformité indique lui que 72,5 % du site n’est pas accessible ; autant dire qu’il ne l’est pas du tout, les besoins des personnes handicapées se situant forcément à cet endroit-là.
J’avais prévu de vous expliquer cela un peu mieux mais je suis fatiguée, fatiguée de répéter, fatiguée d’avoir passé une grosse demi-heure à tenter de récupérer des résultats sur le site de mon hôpital, fatiguée d’avoir dû expliquer au personnel dudit hôpital que la machine qui délivre des tickets et les écrans ne sont pas lisibles et devoir répéter l’histoire par mail au responsable accessibilité après le lui avoir déjà dit au téléphone, fatiguée d’avoir dû renoncer à une enquête conso car le zoom à l’écran rendait la navigation impossible, fatiguée d’avoir tourné en rond un quart d’heure sur un site public d’aide sociale, fatiguée de ne pas lire certaines info-images sur Twitter envoyées par des élus ou des institutions, fatiguée… et la journée n’est pas terminée quand j’écris ce billet.
Je vais aller faire du vélo. Cela me fatiguera moins.

Pauvres enfants ! @38

Mon passeportJe reviens sur ce billet où je raconte ma rencontre avec cette petite fille qui considérait son acte de naissance comme « une page de son livre ». Cela m’a rappelé une autre histoire, celle d’un enfant de 5 ou 6 ans que j’ai rencontré alors que sa maman d’adoption faisait face à des difficultés administratives et avait besoin d’aide.
Cette maman, sans enfants, l’avait ramené de son pays d’origine (membre de l’Union européenne) pour le « sauver ». De qui ? De quoi ? Je n’ai jamais bien compris ni cédé à la belle histoire qu’elle racontait car cet enfant, aux dires de ses papiers, avait des parents vivants. Je ne m’en suis pas mêlée mais il y avait (il y a) quelque chose qui me chagrinait (chagrine) sans que je ne susse (sache) quoi.
Lors de cette première rencontre où il s’agissait de mettre en œuvre une procédure d’adoption, cette dame a sorti la carte d’identité du petit à l’en-tête de la République européenne d’où il venait. À peine l’a-t-elle eu au bout des doigts que le garçon la lui a arrachée des mains, l’a mise contre son cœur, pleurant quand elle a voulu la lui reprendre.
Sans doute que le fait que mes origines n’ont jamais été bafouées participe de ma surprise face à cet attachement à un acte de naissance ou une carte d’identité. Je ne suis attachée ni à l’un ni à l’autre : je n’en possède d’ailleurs pas et fuis autant que faire se peut tout contrôle de mon identité que je ne rattache pas à ces « papiers ». Mais la détresse de ces deux enfants était telle que je ne peux en ignorer le caractère essentiel.
J’espère que cette petite fille saura forcer la France à lui faire la place qu’elle doit faire à chacune. Quant à ce petit garçon, il a 25 ans aujourd’hui. Il vit dans une souffrance absolue, faisant de nombreux séjours en hôpital psychiatrique à la demande de ses parents adoptifs. Pourquoi cela ne m’étonne-t-il pas ? Parce que j’ai lu le remarquable Une poupée en chocolat, d’Amandine Gay ? Pour cela, et parce que j’ai encore l’image de ce petit garçon criant et pleurant « C’est moi ! » accroché à cette carte avérant l’identité que d’aucuns étaient en train de lui voler.

Grand homme @45

Caddie sous la neigeCaddie a appris que « La loi simplifie le changement de nom de famille (…). Chacun, à ses 18 ans, pourra demander en mairie de choisir son nom de famille pour garder celui de sa mère, celui de son père, ou les deux. » Cette nouvelle l’a complètement excité mais aussi dépité. Les Mouton ont compris que c’est parce que Caddie n’a pas de nom de famille et ne connait ni son papa ni sa maman. Ils ont essayé de lui en trouver un avec les mots qui lui tiennent le plus à cœur : Président ? Dentagueule ? Couderoulet ?
Après concertation, il a été décidé de lui laisser son seul, son vrai nom. Pour le rassurer, la bande lui a expliqué que son caractère unique, sa grandeur, sa magnificence, son talent incomparable permettait de l’identifier avec ce seul nom. Il n’y a pas à dire, Petit Mouton est un amour, car supporter Caddie dans une grande séance de flatterie est un exercice épuisant. Ah ! le dévouement des amis…

Extravagance parisienne @76

L'image montre des en-têtes de diplômesEn janvier 2022, je me suis aperçue que je n’avais jamais demandé mon diplôme de maîtrise de Philosophie, j’ai juste une attestation qui devait être échangée contre le diplôme comme c’est écrit dessus. Je n’avais pas non plus mon diplôme de DEA (diplôme d’études approfondies, qui était la première partie du 3e cycle donc de la formation doctorale) de Sciences cognitives, mais un relevé exhaustif des notes par matières. J’ai passé la première en 1994 et le second en 1997. Je ne sais plus trop ce qui s’est passé pour que je ne demande pas ces diplômes, sachant que j’ai arrêté ma formation initiale universitaire après le DEA.
Je me suis demandé s’il était possible de les récupérer des années après. Pour m’en assurer, j’ai envoyé un lundi soir un courriel à des destinataires trouvés sur les sites de la faculté de Tours (secrétariat de philosophie) pour la maîtrise et à l’EHESS (École des hautes études en sciences sociales), service des thèses pour le DEA.
Le lendemain matin, j’avais des réponses des deux institutions. À 8 heures 20, la secrétaire des études doctorales de l’EHESS m’a répondu qu’il y avait bien un diplôme de DEA de Sciences cognitives à l’époque, imprimé à la demande écrite de l’étudiant. Elle a pris note de ma demande et me recontactera à l’issue des quelques mois de délai pour obtenir le document.
À 9 h 30, la secrétaire à Tours m’écrivait qu’elle avait vérifié mon dossier et me demandait le scan de pièces complémentaires pour lancer l’impression de mon diplôme. Il faudra sans doute que j’aille le chercher sur place. Voilà une belle occasion de retourner dans cette jolie ville.
Ces messages positifs, rapides et d’un ton cordial m’ont donné la pêche. Et je vais pouvoir compléter mes archives universitaires, vingt ans plus tard.

Déo @42

L'image montre les quatre marquages évoqués dans le billet.J’ai remarqué sur un gobelet un nouveau logo, dont j’ai eu du mal à comprendre véritablement le sens. Recherches faites, il s’agit d’un marquage issu d’une directive de l’Union européenne sur les plastiques à usage unique. J’ai trouvé les quatre déclinaisons.
À chaque fois, il y a deux carrés : à gauche, un dessin sur fond rouge est partiellement ou totalement barré (une main jetant un objet d’une pichenette, une main au-dessus d’un objet à terre, des objets au-dessus d’une cuvette de toilette) ; à droite un dessin sur fond bleu avec une ligne représentant des flots sur lesquels flottent les objets vus dans l’autre case, et dessous, une tortue.
D’abord, je n’ai pas reconnu l’un des objets barrés. Il s’agit d’une lingette. Ensuite, je n’ai pas trouvé évident le rapport entre les deux cases. D’un côté, ce n’est pas bien de jeter tel objet dans les toilettes ou en l’air. Quant au gobelet, le dessin n’est pas d’une grande lisibilité, la main à distance à la verticale semblant bénir ou effectuer un exercice de magnétisme plutôt que d’être celle qui a jeté l’objet. De l’autre côté, le fond bleu rassurant semble être plus positif, dois-je déduire que plutôt que jeter les tampons hygiéniques et lingettes dans les toilettes, je devrais les jeter dans la mer ? Enfin, que les objets jetés en l’air ou laissés par terre (pour les toilettes, c’est plus facilement compréhensible) finissent dans la mer est évoqué dans des articles, mais n’est pas d’une appréhension immédiate, surtout pour toutes les personnes qui ne résident pas sur le littoral.
Bref, j’ai rarement vu un marquage autant à côté de la plaque. Pourquoi ne pas « juste » bien indiquer de jeter dans une poubelle plutôt que n’importe où ailleurs ? Mystère. Et, je le crains, inefficacité.

Pucer @58

Scan d'un morceau du courrier, avec mon nom et le numéro de donateur.Le plus souvent possible, je consulte des médecins, fais mes examens et reçois des soins dans des structures publiques, mutualistes ou relevant de fondations reconnues d’utilité publique ; il n’y a pas de dépassement d’honoraires et l’état d’esprit correspond mieux à ma conception de la santé. Dans ma liste d’établissements de type à proximité de chez moi, il y a l’Institut Arthur Vernes, fondation reconnue d’utilité publique.
Il y a quelques jours, je reçois un courrier postal à cet en-tête. Y a-t-il eu un problème (administratif ou médical) avec une consultation récente ? J’ouvre. Il s’agit d’un appel aux dons, nominatif avec un « numéro de donateur ». Je ne me souviens pas avoir donné mon accord pour recevoir ce genre de courrier ; et je suis surprise que cet Institut tape dans son fichier de patients pour se constituer un vivier de donateurs.
On peut considérer que, comme je bénéficie de soins gratuits et de qualité, je suis légitime à donner un petit quelque chose à Noël. Mais c’est la sécurité sociale et ma mutuelle qui paient les soins, pas l’Institut. Il a des frais ? Bien sûr. Moi aussi. Mais surtout, cette confusion entre un fichier patients et un fichier donateurs me pose un problème. Vous avez dit RGPD ? Je vais creuser.

Paris @68

Un troittoir assez étroit, à un carrefour, avec un poteau pile dans la diagonale empêchant tout passagePendant les quarante-cinq jours que j’ai passés en fauteuil roulant, et le mois qui a suivi où j’ai continué à sortir en fauteuil de moins en moins au fur et à mesure de la récupération de la motricité de ma cheville, j’ai signalé un certain nombre d’« anomalies » (c’est le terme de la Ville) entravant la circulation fauteuil via l’application Dans ma rue. J’ai remarqué un accueil toujours rapide et bienveillant des agents au bout de l’appli ce qui n’est pas l’habitude de la DVD sur des questions ne touchant pas à la mobilité PMR.
On voit mon fauteuil avec ma jambe dans le platre coincé par un poteau au milieu du trottoir.J’ai notamment signalé ce carrefour où un panneau de sens interdit entravait le passage d’un fauteuil sur le trottoir, signalant également l’absence de plaque de rue. J’avais eu un échange par mail, mon interlocuteur s’inquiétant de pouvoir trouver une solution. J’avais suggéré l’accrochage du panneau sur le bâtiment… trois mois plus tard, j’ai été avertie que l’anomalie avait été résolue. Je suis allée voir et ô ! miracle : le panneau a été déplacé et collé au bâtiment, et la plaque de rue installée.
Le même carrefour, le poteau a été collé contre le pur libérant ainsi le passage.Pour une fois, je suis très fière d’avoir « contribué à l’amélioration de l’espace public », comme le disent les mails de Dans ma rue et je remercie chaleureusement les services de la Ville d’avoir agi avec zèle et intelligence. M’est avis que cette amélioration-là, durable, va faciliter le passage à beaucoup. Cela m’encourage à poursuivre mes signalements et à ne pas laisser décourager par des réponses à deux balles, ou hors délais ; globalement l’appli permet vraiment d’améliorer les choses ; Parisiennes, Parisiens, servez-vous-en !
— Tu oublies un truc !
Quoi Caddie ? Ah ! oui. Je demande depuis trois ans par des canaux différents que l’appli soit conforme RGAA avec des polices proportionnelles. Emmanuel Grégoire m’a promis sur Twitter « d’y travailler » il y a quelques jours ; ai-je un espoir ? Quel suspense monsieur le maire adjoint !

Note. Ceci étant, c’est quand même invraisemblable qu’en 2021 je sois en position de me réjouir aussi sincèrement qu’un trottoir soit libre de tout passage à Paris. Cela devrait être la norme, sans que je n’aie besoin d’y contribuer ; comme il devrait être inutile de multiplier les potelets et autres croix de Saint-André pour éviter que les véhicules motorisés bloquent le passage. Qu’est-ce qu’il est ringard le monde dans lequel on vit !

Incyclicité @39

Les infractions de cyclistes m’affligent de plus en plus, et sont dangereuses, pour eux et pour les autres (parfois leurs propres enfants à l’avant dans des vélos cargos, bien exposés aux traversées de carrefours avec feux tricolores non respectés). Circulant à vélo, j’ai eu plus peur de crétins à vélo roulant à fond en brûlant un feu rouge que des conducteurs de véhicules motorisés. Je ne m’étendrai pas plus sur le sujet de ce n’importe quoi du quotidien.
Mais, outre l’irrespect manifeste du code de la route et du respect des piétons, le comportement aberrant de certains n’a pas de limites. Rouler avec une seule main sur le guidon n’est pas rare, souvent pour consulter son portable dans l’autre. L’autre matin, un cycliste à Vélib’ m’a soufflée : il roulait avec une main, l’autre étant… avec son bras dans un plâtre. Heureusement, je n’étais pas sur sa route.

Réclamation @84

Facsimilé d'un bordereau de recommandéJe ne sais pas si c’est un sentiment personnel, expression de ma lassitude, ou si c’est dans l’air du temps mais je trouve que le commerce fonctionne de moins en moins bien. Le discours commercial est là ; l’usage oblige à réclamer en permanence. Je ne parle même pas de l’accessibilité qui n’existe nulle part. Je ne pointe que les manquements les plus flagrants, sur ce blogue ou sur Twitter ; c’est épuisant surtout quand cela se répète après signalement.
Je m’en tiens sur ce billet au commerce, et aux pratiques commerciales. Ces deux derniers mois, j’ai dû faire des réclamations musclées :
* auprès de la SNCF ; j’ai voulu acheter un billet par téléphone ; cela a pris une heure et demie, deux interlocuteurs, une carte de réduction inutile payée plein pot en dépit d’un bon d’achat… l’affaire est en cours de réclamation ;
* auprès de mon fournisseur Internet Bouygues Telecom qui fait des promesses de remise commerciale pour incident et qui ne les applique pas ; ma première réclamation a porté ses fruits ; il faut que je m’occupe de la seconde ;
* auprès de UPS qui perd les colis et se moque de ses clients ; après l’incident de juin, une autre livraison en septembre a été aussi épique ;
* auprès de Carrefour qui annonce sur son site des gains à des loteries sans envoyer des codes valides pour en bénéficier ; je les ai récupérés mais c’est compliqué à utiliser.
Entre deux, heureusement que Caddie retrouve les terminus ! Ça me met du baume au cœur.