Archives par étiquette : Forêt

Pauvres enfants @36

Helgant au parc regarde la photographe.Je suis au parc de La Courneuve avec Helgant. Nous apercevons une femme à notre droite et une petite fille à notre gauche. La mère est énervée car sa fille ne répond pas à ses appels et ne la rejoint pas. Nous bifurquons avec Helgant sur notre gauche pour contourner la gamine qui se décide à avancer.
La maman s’exclame « Pourquoi tu attends que je m’énerve pour bouger ? »
Helgant passe près de la petite fille qui crie alors « Ah ! Il est beau ! »
La mère réplique alors d’un ton ferme « Oui, lui, il est beau parce qu’il écoute. »
Pauvre Helgant d’être ainsi instrumentalisé. Alors qu’il sait qu’il est beau même quand il ne m’écoute pas. Si, si, ça arrive…

Vroum @27

Avec l’arrivée de Helgant, beaucoup de choses ont changé dans ma vie. Les Hétéronautes le savent bien. Pour pouvoir partir en vacances ou se promener dans la forêt, Lamoto était partante, mais ce n’était pas très raisonnable pour Helgant de voyager poils au vent.
Après réflexion, j’ai acheté une voiture puis j’ai permis à Lamoto de trouver un propriétaire pouvant rouler plus souvent. Acheter une voiture… je ne pensais pas faire cela un jour. Et je n’aurais jamais pensé que cela soit aussi pertinent. La voiture ne sort que pour des sorties qui ne me sont pas possibles avec un autre moyen de transport. Avec Helgant, nous pouvons partir facilement en forêt pour de bonnes promenades, qui nous font du bien à lui et moi.
Reste à savoir si le confinement nous bloquera. En tous les cas, Helgant et moi sommes prêts pour ces petites aventures en forêt francilienne, allez vrouuuum !

À table ! @71

Un flacon en forme de gourde de compote.Je lis toujours l’article « produits au rappel » dans Que Choisir ; non que je pense avoir acheté l’un d’eux, mais parce que le motif du rappel est souvent édifiant sur les dérives de la société de consommation. Ce gel nettoyant pour les mains en est un bel exemple.
D’abord, je ne sais pas trop ce qu’est un « gel nettoyant » ; pour se laver les mains, je connais le savon et le savon liquide. Il y a aussi le gel hydroalcoolique dont la fonction est de désinfecter, pas de laver. La fiche produit a disparu puisque le produit a été rappelé. L’image sur le site de Que Choisir est de mauvaise qualité ; je comprends néanmoins qu’il doit s’agir d’un gel pour se laver les mains sans eau.
En ce temps de pandémie, il me semble que la confusion avec du gel hydroalcoolique peut exister, mais ce n’est pas la cause du rappel : « L’emballage de ce gel nettoyant pour les mains peut prêter à confusion. Les consommateurs (notamment les enfants ou les personnes malvoyantes) pourraient penser que le produit peut être mangé comme une compote. » Le gel se présente en effet exactement comme une gourde de compote, mais il est bleu layette et non aux couleurs pétantes d’une fiole de compote.
Les deux peuvent-ils être confondus ? J’ignore tout des mœurs alimentaires des enfants et je veux bien croire qu’ils peuvent faire la confusion, ne serait-ce que parce qu’aucun ne tique quand on lui donne à manger des « fruits » inodores et insipides dans une gourde en plastique alors que cela frise la tromperie, un peu comme le poisson carré. La société de consommation prend les enfants pour des abrutis sans odorat ni goût ; ou plutôt forme nos enfants à être des abrutis sans odorat ni goût. Je laisse les parents assumer cette responsabilité-là.
Et j’en reviens au motif de confusion, pour « les personnes malvoyantes » cette fois ; donc moi. Il est très très rare que nous fassions l’objet d’attention de la part de Que Choisir : jamais rien sur les modes d’emploi et notices de montage illisibles ou non disponibles en format numérique accessible ; jamais rien sur les écrans des appareils ni sur les fonctions tactiles ; jamais rien sur l’étiquetage en LED, l’absence de braille, etc. Et là ! Enfin… on nous protège en nous prenant pour des abrutis sans odorat ni goût (des enfants, donc).
J’exagère ? Je vous invite à faire le test : prenez plusieurs déficients visuels, toutes catégories confondues ; mettez-les au milieu d’un verger de gourdes en plastique, certains contenants de la compote, d’autres du gel nettoyant ; et vous comprendrez peut-être que nous ne sommes pas des enfants… pardon, que nous sommes pas des abrutis sans odorat ni goût, les enfants n’en étant pas, bien sûr.

Exposer @19

Quand j’ai préparé ce billet souvenirs, j’ai cherché une photo prise à l’école Frédéric Mistral, dans ces années-là. Je n’en avais pas. J’ai demandé à maman si elle en avait ; elle n’en avait pas non plus. J’ai regardé les photos de mon album prises à Avignon autour de l’année 70 ; j’en ai cinq ; sur les trois, je suis en slip de maillot de bain ; deux au bord d’une piscine et une allongée à plat ventre sur un lit sans drap ; sur les deux dernières, je suis en robe dans ce bac à sable.
D’emblée, je n’ai pas eu envie de choisir celle où je suis allongée sur ce lit. Je l’ai trouvée trop intime, et « voyeuse » ; idem pour les deux prises au bord de la piscine. C’est étrange. Une enfant de quatre ans en culotte de maillot de bain au bord d’une piscine n’a rien de tendancieux ; et sur la photo où je dors, j’ai une culotte sur les fesses. Pourquoi quelque chose m’a gênée pour choisir celle dans le bac à sable où je suis plus habillée ?
La tendance est à la mise en lumière des crimes et atteintes sexuelles sur les enfants ; je n’ai pas souvenir d’en avoir subi ni ne peux identifier dans ma vie d’adulte des indices indiquant que j’ai refoulé quelque chose de cet ordre. J’en conclus que cela ne m’est pas arrivé mais je sais depuis longtemps que cela arrive à plein d’enfants (maman m’en parlait car elle prenait en charge des enfants victimes de toutes sortes de violences). Je m’oppose par exemple à la publication de photos d’enfants sur les réseaux sociaux, comme la page de mon club de judo. Au club, je suis très attentive, à mes gestes, à ceux des autres adultes et au respect de l’intimité et du corps des enfants.
Est-ce dans ce contexte que je n’ai pas envie de diffuser une photo de moi à demi nue sur un lit en train de dormir ? Cette photo, particulièrement, me semble un pousse-au-crime. Je ne vous la montrerai donc pas ; on ne pourra pas en discuter même si ce serait intéressant. Quoi qu’il en soit, si vous avez le moindre doute sur des faits de violences sur des enfants, agissez !

 

Forêt @13

Je suis dans une file d’attente. Une mère et sa fille, d’environ huit ans, arrivent derrière moi. Elles parlent de religion, la mère expliquant différentes fêtes. La fillette demande alors « Et Halloween ? »
La mère lui explique alors que ce n’est pas une tradition en France, mais qu’elle le fêtait tous les ans quand elle habitait au Canada. La fillette dit qu’elle aimerait le fêter cette année.
La mère explique alors qu’elle et le père de la petite fille manquent d’énergie. Ils sont trop fatigués pour une telle fête.
L’échange était calme et je n’ai pas tout entendu. J’ai trouvé très serein, intelligent et affectueux cet échange. Pas festif, mais l’époque ne l’est pas, et bien moins sereine, intelligente et chaleureuse.

Paris @62

Le second jour de l’arrivée de Helgant, nous avons fait une promenade pour aller dans une boutique spécialisée lui acheter des affaires, dont un harnais qu’il devait essayer. C’était un trajet aller-retour un peu long, mais je ne pouvais pas d’emblée prendre le métro avec lui, il faut qu’il s’habitue déjà à moi et à sa nouvelle ville.
En passant pour rentrer, j’ai vu un affichage, que j’ai photographié, sans être en mesure de trop réfléchir à ce que je lisais et comment y réagir. Tout est nouveau aussi pour moi avec la responsabilité d’un chien à promener en ville, je me devais de me concentrer sur sa sécurité et son bien-être.
Quelques jours plus tard, j’ai envoyé un tweet avec ma photo, qui m’avait remuée. Le collage jouait sur un collage féministe pour le détourner en « Osez l’inceste ». En soi, l’inceste n’est pas forcément synonyme de domination et de violence, si la relation est entre deux adultes consentants (frère et sœur par exemple), mais il a été assimilé dans notre société à une la violence sexuelle d’un parent, le plus souvent d’un père, sur un enfant, le plus souvent sa fille. L’auteur de ce texte le savait pertinemment. C’était donc une incitation au viol familial.
J’ai envoyé ce tweet juste avant de partir en balade avec Helgant. Il a suscité une réaction de Cécyle puis des réactions en chaîne. C’était là aussi un peu compliqué à gérer en balade.
Très vite, il a été question d’un « Dans ma rue », une élue municipale arguant que la Ville pourra déposer plainte puis nettoyer. Je n’y avais pas pensé. Il m’était compliqué de retourner sur place, car c’était un peu loin de chez moi. Voilà que Frédéric se propose d’enfourner son vélo et s’y rendre. Je lui donne les indications sur le croisement où je me rappelle avoir pris ma photo. Il part. Une autre personne dit savoir où est le collage et avoir utilisé ma photo pour le signalement. Frédéric arrive sur place et en fait un direct. Frédéric m’a envoyé la photo quelques jours plus tard du résultat de l’action de la Ville : collage retiré.

Chouette @40

Le week-end dernier, j’ai quitté la région parisienne pour la première fois depuis plus de quatre mois. Direction ma Picardie natale. C’est avec plaisir que je partage avec vous le chant des oiseaux au bord des étangs dans la vallée de l’Avre.

Extravagance parisienne @58

Depuis hier, les parcs et jardins parisiens sont à nouveau ouverts au public. Le petit parc dans lequel niche notre jardin partagé a lui réouvert ce dimanche. Pas la grande foule dans l’après-midi mais quelques habitants du quartier qui y retrouvent leurs habitudes.
Cependant, dans l’allée menant au jardin partagé, une petite dizaine de gamins s’est installée. Ils devaient avoir entre 13 et 15 ans, pas plus. Certains sont assis sur les bancs attenants et d’autres ont apporté leur chaise pliante. Ne supportant manifestement pas la quiétude du lieu, ils font entendre leur musique mais pas trop forte (même si ça contraste vraiment avec l’ambiance locale mais bon).
Je suis resté environ 1 heure 30 à m’affairer et durant toute cette période, j’ai eu droit à une compilation musicale des années 80, 90 et 00. C’était assez drôle de voir ces encore enfants danser (oui, ils dansaient aussi) sur des airs que j’avais moi-même entendus plus jeune.
Par contre à leur âge, je ne fumais pas et moins encore dans des lieux interdits comme dans les parcs.
Ô tempora, ô mores !

Pauvres enfants ! @33

En passant devant des grilles à Porte Maillot, je vois des panneaux publicitaires pour de nouvelles attractions « Wild immersion ». Il s’agit de film pour une « première réserve virtuelle (…) au Jardin d’Acclimatation, en 360° et réalité augmentée » avec ours blancs, renards arctiques, bisons…
Les affiches montrent ces animaux avec des slogans. Pour les bisons, c’est « Nous, dans le Nord, on n’est pas commodes. » et pour les renards arctiques, c’est « Méchant, mais virtuel ! »
L’anthropomorphisme est un prisme usuel dans des présentations ludico-pédagogiques d’animaux à destination des enfants. Mais, faut-il mettre en avant ces dimensions « négatives » ? Les renards sont-ils vraiment méchants ? Ce n’est pas ce que je dirai. De nombreux hommes sont méchants, gratuitement violents et agressifs, ce qui ne me semble pas le cas des renards, attachés à se défendre et se protéger. Faut-il jeter l’opprobre sur les animaux sauvages pour que les enfants considèrent qu’ils sont tellement mieux en virtuels. Un moyen de neutraliser par avance toute critique de leur extermination par les futures générations ?

Souvenirs @17

Dimanche en fin d’après-midi, je vois passer dans mes alertes : « Le chanteur folk Graeme Allright est mort » (ici)
Qui connaît encore Graeme Allright aujourd’hui ? En tout cas, pour moi, c’est une série de chansons qu’écoutaient mes parents dont une qui ressurgit du fond de ma petite enfance.