Archives par étiquette : Dieu

Princesse @12

Vous avez aimé passer les Fêtes de fin d’année sous le signe de la liberté à Dubaï (par ici) ? Alors vous aimerez forcément en être la princesse (par là) !
Enfin, comble du bonheur, les télésièges des stations de ski sont ouverts cet hiver… et même l’été ! (re par ici)

Grand Homme @33

Vous me reconnaissez ?
Rappel des faits.
Depuis le début de la pandémie, docteur Mouton et docteur Caddie organisent des conférences scientifiques mises en ligne sur le blogue pour annoncer au monde leurs découvertes sur ce coronaminus. Je suis très admirative ! Il y a eu d’abord la mise au point de ce vaccin extraordinaire de simplicité et d’efficacité que nous consommons en grande quantité pendant Carême (ici) (Carême qui est tombé à la bonne période, je le précise pour les mécréants) puis la découverte du mode de transmission du virus, mode qui n’a rien à voir avec ce que l’on nous raconte depuis des mois ().
Ces deux découvertes nous ont permis, au couvent, de comprendre pourquoi nos sœurs et nos pensionnaires, même confinés dans des cellules et sans contact (à part celui avec Jésus, bien sûr), étaient malades les uns après les autres sans développer, grâce à nos gourmandises nasales, des formes graves. On mange beaucoup de fibres, et de légumineuses… vous me comprenez ! Nous avons donc décidé de reprendre nos activités afin de flatuler à l’air libre, sans risque de contamination.
Reste que nous recevons des visites (des livreurs, les parents de nos pensionnaires, les caciques de l’évêché…) sans savoir si l’un ou l’autre est susceptible de nous apporter ce coronaminus et d’augmenter notre consommation de mickey. Car même avec le vaccin, et la sérologie positive, on peut toujours être un peu malade ; ce qui est fort désagréable. J’ai donc consulté mes amis Petit Mouton et Caddie afin qu’ils trouvent un test infaillible. Une fois encore, ils ont été géniaux !
— Si tu seeeeeens que ça puuuue, c’est que t’as paaaaaaaas le minuuuuuuus !
— Exactement ! Pois cassés à midi, fayots le soir ; et pas de toilettes. Si les visiteurs se pincent le nez, c’est qu’ils sont négatifs ; s’ils ne disent rien, ils sont…
— Posiiiiitifs !
N’est-ce pas une grande idée ? On a bien sûr le souci de se supporter nous-mêmes mais finalement, on a déjà le Bon Dieu qui ne sent pas toujours très bon, et certaines de ses ouailles itou. On s’adapte donc bien volontiers.
— Tu viiiiiiens au foooot, Cocotte ?
Avec plaisir Petit Mouton ; mais chacun son ballon a dit notre reine !
— Notre balloooon, c’est l’amouuuuur !
Tu as raison. On en a tous un cœur, et cela se partage sans contact !

Lu @24

Depuis mon enfance, j’ai connu mon père abonné à La croix. Ce quotidien était pour moi un repoussoir de journal catholique revendiqué, comme mon père.
Récemment, j’ai acheté La croix hebdo pour avoir une idée de ce magazine dont les sujets sur une couverture m’intéressaient. Puis une autre fois, puis… je me suis abonnée. L’analyse, l’ouverture d’esprit, la pertinence des thématiques… J’ai découvert la qualité de cette presse.
Avec l’âge, j’ai pu comprendre ce choix de mon père même si ses raisons n’étaient pas les miennes.

Hétéronomie @31

Dans son numéro de mars 2015, Philosophie magazine consacre son dossier à la question du fanatisme. L’article « Dans la tête du djihadiste » s’appuie notamment sur les travaux de Marcel Gauchet.
« Le fondamentalisme cherche à réinstaurer la religion en clé de voûte de l’existence collective. Mais il procède par des vecteurs séculiers qui sont aux antipodes de cette forme religieuse de la vie collective : rupture avec la tradition, contestation des autorités instituées, rapports individuels à Dieu, conversion. « Il incorpore ce qu’il combat parce qu’il s’efforce de le dominer, poursuit le philosophe. Ce qui fait du fondamentalisme un projet essentiellement contradictoire. Il est miné de l’intérieur par une tension entre l’individualisme de la croyance et le projet hétéronome de placer la totalité de l’existence individuelle et collective sous l’autorité de Dieu. Cette contradiction est à son comble chez les djihadistes qui sont les croyants autoconvertis, autoformés, ou autoradicalisés. Ils procèdent d’une motivation essentiellement personnelle, mais ils sont prêts à mourir pour la cause qui leur permet d’exister comme individu en se niant comme individu. Ce sont des soldats de l’impossible. On a oublié, mais en Occident également, nous sommes devenus des individus par la religion. »
(…) Et Marcel Gauchet de proposer une interprétation de chacun des éléments du fondamentalisme sous l’angle de ce combat contradictoire avec la modernité. (…) L’obsession de la mort : « La donation de la vie et la partie de l’existence humaine qui échappe à la volonté humaine, c’est le dernier point d’ancrage de l’hétéronomie. » »

Noël @43

Ce dimanche 15 décembre 2019, FranceTVInfo nous régale de commentaires à deux balles sur ces Français pris au piège par la grève des transports et dont les plans de Noël partent à vau-l’eau. Voici pour moi une raison supplémentaire de soutenir le mouvement contre la réforme des retraites. Si cela peut remettre Noël à sa place — soit la fête de la Nativité chère aux seuls chrétiens — et sortir cette fin d’année de la consommation de masse et de la fascination collective pour la famille hétérofaciste, forcément, je suis aux anges !
Pour ne pas vous imposer la lecture complète de l’article susdésigné, voici mon extrait préféré.

« Sur « le principe », Jennifer, 41 ans, comprend l’opposition à la réforme des retraites, mais ne soutient pas la grève, notamment en fin d’année. « C’est la ligne rouge des usagers à ne pas franchir. Nous priver des fêtes de Noël, ce serait le pire », explique cette responsable de formation dans le Val-de-Marne. Son billet pour Perpignan est pris depuis plusieurs semaines, mais elle ne sait pas si son train va être maintenu. « Pour être franche, il est hors de question que je passe Noël toute seule à Paris. Quoi qu’il arrive, je dois trouver un moyen pour descendre », s’agace-t-elle. »

Je dois avouer que, ce dimanche matin, dopée comme jamais aux endorphines après plus d’une heure de sport, café en main et sourire macho aux lèvres, mon cœur s’écrie : « Mais viens chérie, on va arranger ça ! » Je m’en excuse auprès de mes amies féministes ; des fois, je dérape… Mais je me calme vite tant la perspective de rencontrer une femme qui ne peut envisager de passer Noël seule sort de mon entendement. Bye bye Jennifer ! Si tu pars maintenant, en courant, tu y seras à temps ! Foi de Caddie.

Contre @5

Comme tous les matins en rentrant du sport, j’ouvre ma boîte aux lettres. Pas de courrier cette fois-ci (souvent le facteur n’est d’ailleurs pas encore passé) mais un prospectus intitulé « Test de personnalité »… Chouette ! Je vais enfin me connaître ! Ahahah (rire ironique).
Il est cette fois question d’« Oxford Capacity Analysis ». Quoi ? Un vrai test scientifique certifié par une grande université pour « connaître les dix traits de [ma] personnalité qui déterminent [mon] avenir, [mon] bonheur » et pour « découvrir comment les améliorer » ? Nouveau rire ironique.
Je retourne la feuille et les choses se précisent : « C’est le seul test qui fournit une analyse mesurable et précise (graphique à l’appui) de votre personnalité. Sans obligation de votre part. »
Très vite, on me rassure (de quoi d’ailleurs ?) : « Ceci n’est pas un test psychologique (ah c’est de ça dont je devrais avoir peur) : il est interprété par un scientologue formé à son interprétation. » Euh donc je suis censé être rassuré là ?? À coté du graphique, une carte géographique indique où se trouve l’Association spirituelle de l’Église de Scientology d’Île-de-France… On appelle ça avoir pignon sur rue.
Apparemment, le temps où cette secte se cachait sous le concept de « Dianétique » (ici) pour ne pas s’afficher…
Le point positif est que la scientologie n’avance manifestement plus masquée… Je ne suis néanmoins pas certain que cela soit en faveur de son éradication. Ahahah (rire jaune).

Régis @24

Je n’ai chez moi, à part quelques photos de Sarah au mur, aucun « objet de déco ». Outre que visuellement, ils me sont inutiles, je n’aime pas faire la poussière. Je trouve donc la dépense inutile et les rares fois où l’on m’a offert des objets dont la seule fonction était de décorer, ils ont alimenté les finances de mon association de locataires via nos ventes en vide-grenier.
Par contre, je suis cernée par les fétiches qui donnent à mon appartement la sérénité dont j’ai besoin pour être au monde. Sur ma table de chevet, il y a Boudhakarathai, dont je vous parle dans ce billet, qui renvoie à d’autres où vous pourrez retrouver un certain nombre de mes fétiches. Il berce mon sommeil aujourd’hui accompagné d’une calebasse remplie de fleurs de lavande. En surplomb de mon bureau règne l’autel, celui qui accueille les plus vieux fétiches. Autour de mon écran, c’est le paradis de la Cocotte avec mes Tour, l’incarnation de Petit Mouton, le couteau et le drapeau ZAD. À ma droite depuis peu, il y a l’espace tatami qui s’est enrichi d’une Japonaise en kimono rouge, clin d’œil estival de Johnny de retour du Japon.
Me voilà donc bien entourée. Quand je sors, j’ai un gri-gri dans la poche avant droite de mon pantalon. C’est un petit sac en tissu qui renferme des objets collectés avec le temps. Tous ont une histoire. Il y a par exemple une médaille de Lourdes que m’a rapporté d’un pèlerinage une vieille dame aujourd’hui atteinte de la maladie d’Alzheimer et dont j’aurai l’occasion de vous reparler. Ce gri-gri ne s’ouvre pas, sauf nécessité de changer le sac en tissu ou d’incorporer un élément. C’est très rare. Cette médaille de Lourdes est donc là, invisible.
Et voilà qu’à l’aube du 15 août, Frédéric m’offre une médaille qu’il a ramenée de ses vacances dans les Pyrénées. Et quelle médaille ! La première était toute simple. Celle-ci a sa chaîne, son image pieuse et sa goutte d’eau bénite, le tout bien protégé dans un mini pochon en plastique transparent. Elle est là, posée sur mon bureau en attente d’être prise en photo. Je la prends, la regarde, lui parle, la repose. Je suis très touchée par ce cadeau qui semblera dérisoire à beaucoup. Cette médaille est comme une résurrection de celle qui est dans ma poche, le symbole que le pèlerinage toujours continue, une boucle qui se forme. L’eau bénite n’a pas sauvé cette vieille dame de la malade d’Alzheimer, et elle ne me sauvera de rien. Elle me dit simplement que la vie est là, quoi qu’il advienne, là, forte, puissante.
Merci Frédéric. La médaille peut rejoindre mon autel. Quand je ne saurai pas, elle me dira.

Note. Pendant que la médaille cherche sa place, je déballe mon sac où Isabelle a glissé des cure-dents. C’est elle qui me fournit depuis que j’ai arrêté de fumer. Et là, surprise ! Un cœur gomme qui rejoint sitôt le clan de la Cocotte ! Quelle fiesta !
Merci Isabelle.

Princesse @10

Affiche de la protection WC Protect avec une illustration d’une jeune fille jeune et jolie assises sur les toilettesUn après-midi de début août sur une plage ensoleillée de Royan, au bord de l’Atlantique. Je lézarde au soleil avec une amie qui me dit soudain : « Tiens, des témoins de Jehovah qui font la tournée des plages ! ». Je regarde sur ma droite et, effectivement, je vois deux jeunes filles s’arrêter à chaque petit groupe d’estivants. Toutes deux sont habillées de la même façon : short rose et t-shirt blanc. Elles ont la même sacoche en bandoulière avec le même sigle inscrit dessus que je n’arrive pas à lire à cette distance. Je prépare une phrase pour les accueillir et couper court à la conversation mais à leur approche, nous comprenons qu’elles ne viennent pas nous vendre Jésus-Christ mais tout autre chose.
L’une d’entre elles nous présente donc « WC Protect ». Il s’agit d’une feuille prédécoupée aux motifs fleuris comme on en voyait sur les nappes en plastique. La chose vient se poser sur la lunette des toilettes de façon à accomplir la mission ad hoc sans risquer de se faire agresser par un microbe lambda.
Ce que je retiens au-delà de l’argument sanitaire, c’est que ce produit est spécifiquement destinée aux femmes. En écoutant le discours rodé de la jeune fille, je me dis qu’à mon avis, ce genre de produit pourrait être autant sinon plus utile aux hommes au regard de l’état dans lequel ils laissent les toilettes publiques (et je ne parle même pas de leur WC privé) après avoir uriné en mode « lance de pompier » incontrôlable !

Photo du papierWC Protect avec ses motifs dessinés de fleurs souriantes jaunes et oranges@

Credo @16

Samedi après-midi une fanfare résonne au loin. À la vue des voitures de police stationnées au carrefour en bas de chez moi, je comprends qu’un cortège musical va passer par là.
Premier groupe à passer, la fanfare bien en rang, marchant au pas, toutes et tous portant une même tunique bleu. La musique est enjouée, les habitants du quartiers apparaissent aux fenêtres. Une ambiance sympathique.
Juste après la fanfare, un « dragon » comme on en voit dans les festivités du Nouvel An chinois. Jaune, fin et long, il est vaguement animé par quatre ou cinq personnes. Les « marionnettistes » portent une tunique à la mode chinoise, jaune comme le serpent. Je remarque alors que, si une majorité de personnes sont typées asiatiques, beaucoup sont de type caucasien. Je me dis que cette mixité est plutôt sympathique.
Troisième éléments du défilé, un mini char figurant une barque chinoise parsemée de lotus géants. Au cœur de deux d’entre elles danse une personne dans une tenue que j’interprète comme étant « traditionnelle chinoise ». Un grand panneau faisant office de voile affiche « Falun Dafa », un autre « Vérité, compassion, tolérance ». « Falun Dafa », voilà bien la première fois que je vois ce mot. Je me dis qu’il s’agit sans doute d’une fête chinoise, me disant que cela vient élargir la visibilité culturelle chinoise généralement restreinte au Nouvel An chinois.
Le défilé continue : danseur·e·s un peu éseulé·e·s, puis nouveau défilé en rang mais cette fois-ci sans musique, tunique jaune et une majorité de personnes de type caucasien.
Quelques temps après ce défilé, je décide de me renseigner sur cette fête de « Falun Dafa ». Bien m’en a pris : les infos trouvées me renvoient à la notion de secte mais sans que cela soit très clair : il s’agit d’un mouvement créé par un leader charismatique toujours en activité et très discret ce qui lui vaut d’être plutôt considéré comme une secte notamment en France (ici). Côté chinois, s’il est considéré comme une secte, c’est surtout parce qu’il s’oppose au gouvernement de Pékin.
Pour le moment, j’en suis resté là de mes investigations mais le joyeux défilé m’a paru bien moins sympathique.

Savoir @17

Au théâtre du Soleil, quand on va voir un spectacle, il est possible de manger sur place. C’est très bon, pas cher, simple ; tout comme j’aime. Il y a aussi un petit stand avec une dame qui vend du jus de bissap et du jus de gingembre fait maison. Je l’avais ratée quand j’étais venue voir Kanata avec Sarah. Quand j’y suis retournée avec Isabelle, elle était là. J’ai donc pu m’adonner à la dégustation de ses jus, particulièrement savoureux.
En rapportant nos verres, je lui demande sa recette de jus de bissap, ce jus qui guérit tout (de tout ?) et qui, pas trop sucré, est délicieux. Elle me répond en souriant que c’est un secret.
— Je suis albinos, je peux partager les secrets.
Elle prend un air réprobateur.
— Il ne faut pas jouer avec ça !
Je ris. Elle me dit connaître Salif Keita et nous voilà échanger quelques phrases sur les albinos, le bissap… et finalement, alors que nous partons, elle me glisse, dans un murmure.
— … … … … …
Merci madame, je ferai comme ça.

Note. Si vous voulez en savoir plus sur les sorcières albinos, aidez-moi à trouver un éditeur pour Kito Katoka (ici).