Archives par étiquette : Culture G

Noël @48

Après le Nouvel An, le journal télévisé a proposé un reportage sur ces Français qui ont choisi de partir célébrer la nouvelle année à l’étranger pour éviter les contraintes sanitaires. L’une des villes les plus prisées était Dubaï dans les Émirats arabes unies. Une famille française explique son choix : « Ici, on est libre : pas de masques à porter, pas de distanciation sociale et pas de limitation du nombre de personnes. À Dubaï, c’est la liberté. »
À chacun son idée de la « liberté » manifestement.

Hétéro @5

Je regarde le résumé d’un téléfilm. Dans l’histoire, Louise va recroiser Alex dans le cadre d’une enquête de police. Louise et Alex ont vécu une histoire d’amour il y a des années. Je suis persuadée qu’il s’agit d’une relation entre deux femmes.
Quelle déception quand je me rends compte qu’Alex est un homme ! Je ne l’avais pas imaginé un instant. Ces dernières années, je me suis habituée à voir des séries et téléfilms mettant en avant des relations lesbiennes. Que de chemin parcouru depuis Media-G.net !

Réclamation @81

Durant ce second acte du confinement, j’ai acheté un truc sur Internet. À l’origine, il s’agissait de récupérer la chose directement au magasin mais le commerçant étant en confinement en région m’avertit d’un envoi par livraison. Quelques jours après, je reçois un mail de sa part avec un numéro de suivi mais sans mention du nom du livreur. Après avoir essayé, sans succès, quelques compagnies de livraison connues, je lui envoie moi-même un message pour en savoir plus. La réponse ne tarda pas. Il s’agissait de la société DPD. Je retrouve le site, saisis le numéro de suivi : le récapitulatif indique qu’il manque des informations de livraison. N’ayant pas la possibilité de compléter ces infos, je les appelle.
« Despédés bonjour ». J’avoue que cela fait une drôle d’impression de s’entendre accueilli de la sorte. Mais je reste concentré et précise ma demande. Mon interlocutrice vérifie alors mon « dossier » et me répond avoir toutes les informations nécessaires et que le colis sera livré le lundi entre 8 heures et 11 heures.
Le fameux lundi, point de livraison le matin, et rien l’après-midi non plus. Je rappelle en soirée. « Despédés bonsoir ». On a beau savoir, on ne s’habitue pas. Ma nouvelle interlocutrice vérifie à son tour les informations relatives à ma livraison et m’indique qu’il manque mon adresse. Rien que ça. Je lui fais part de mon étonnement d’autant que, précisais-je, j’ai appelé trois jours avant. Bref je lui donne mon adresse et, après avoir tout saisi, elle m’invite à être « plus attentif la prochaine fois ». Je me suis alors un peu mis en colère en lui indiquant qu’effectivement, il fallait que quelqu’un soit plus attentif mais que cela semble d’avantage concerner ses services que moi-même.
Quoiqu’il en soit, mon colis a finalement été livré le lendemain. « Despédés au revoir » 😉

Lesbienne @24

J’ai beaucoup fréquenté les réseaux de rencontre sur Minitel à la fin des années 90. Grâce à des accès en 3614 (pas cher), j’y ai passé des nuits dans des discussions qui ont nourri mon désir lesbien, y ai fait de chouettes rencontres avec plus ou moins d’affinités à la suite. Et puis, le Minitel a été supplanté par Internet. J’ai suivi et ai fréquenté les premiers sites de rencontre lesbiens avant de très vite les abandonner : du règne du texte (quatre lignes) on est passé au règne de l’image, celle qui permet, en un clin d’œil de savoir si on a envie de discuter ou non.
Les textes de présentation sur Minitel étaient souvent tarte mais on les dépassait très vite pour engager des conversations sans aucun support visuel. Sur le Net, les conversations me semblaient appauvries et le fait que l’autre « se fasse une image » à partir d’une simple photo me plaçait d’emblée en porte-à-faux. Je me « faisais une image » aussi, bien sûr, considérant que je vois quelque chose de l’autre ; mais il y avait tout de même une certaine rupture d’égalité. En écho, ma vie sexuelle s’est appauvrie sans que ma vie sentimentale n’en pâtisse.
Plusieurs fois, j’ai tenté d’y revenir, en vain. Encouragée à écrire une nouvelle en [e-criture] sur le sujet, j’ai tenté de nouveau l’expérience en mode mobile le week-end dernier avec l’aide de Isabelle, la navigation dans les applis étant plus compliquée que sur le Net (un comble). C’est sans doute l’expérience de rencontre la plus courte de ma vie ; moins de dix minutes, je pense. Téléchargement de l’appli. Saisie de mes mail et téléphone. Téléchargement de « trois photos minimum ». et là, la photo plein écran d’une femme apparaît, avec des informations incrustées peu lisibles et des boutons d’action que je ne comprends pas. Je m’exclame.
— Je suis gâtée !
Je montre la photo à Isabelle qui fait la lippe. Elle m’explique qu’il faut balayer l’écran. Je ne comprends toujours pas trop ce que je suis en train de faire mais me rends compte que je mate des femmes et, qu’à la seule impression visuelle, je vais pouvoir dire que j’aime ou non… et réciproquement. Déjà, je ne m’arrête pas à l’emballage au supermarché devant les tablettes de chocolat : je prends chaque tablette, sort Petit 6 pour lire les caractéristiques voire la composition et me fie plus aux données textes qu’à la représentation commerciale sur le paquet. Alors avec des femmes…
Trois minutes plus tard, j’étais déprimée pour un moment et ai supprimé mon compte. Je vais me débrouiller autrement pour renseigner la nouvelle que je veux écrire et tenter de m’ouvrir un peu plus à mon désir même si mes réserves habituelles demeurent. Qui sait, si je lève quelques barrières, ce n’est pas le covid-19 qui m’attrapera ?

Note. Je précise que mon aversion spontanée n’est pas une condamnation des personnes qui utilisent les applis. Je comprends leurs mobiles et respecte leur désir. Il s’agit juste de dire mon rapport à l’image et aussi, peut-être, mon incapacité présente à aller au charbon.

Élections @32

Dimanche dernier, j’ai passé ma journée en tant qu’assesseur titulaire à mon bureau de vote. Je précise que mon bureau est en plein centre du futur ex-3e arrondissement de Paris, à la frontière du Marais.
Malheureusement, peu de votants mais un résultat si net qu’il ne laisse pas de place aux traditionnels procès en légitimité du camp perdant. Je dis « du » malgré la triangulaire car le troisième larron s’est vu totalement mis hors-jeu par le peu de votes reçus.
Au-delà du résultat, ce qui m’a frappé, c’est la diversité de formes des noms et prénoms des listes électorales : à côté de ce qu’on avait l’habitude d’appeler pour les femmes leur nom de jeune fille, toujours beaucoup de nom d’épouse mais aussi de nombreuses femmes et autant d’hommes avec leur nom de naissance (c’est ce qui fait référence dans les listes électorales) suivi cette fois d’un nom composé reprenant leur nom de naissance et un autre nom, celui de leur épouse ou de leur époux, le tout dans un ordre aléatoire. Du côté des prénoms, cela semble plus compliqué. En effet, deux jeunes femmes nous ont précisé que nous les trouverions dans les listes avec leur ancien prénom de garçon…

Souvenirs @17

Dimanche en fin d’après-midi, je vois passer dans mes alertes : « Le chanteur folk Graeme Allright est mort » (ici)
Qui connaît encore Graeme Allright aujourd’hui ? En tout cas, pour moi, c’est une série de chansons qu’écoutaient mes parents dont une qui ressurgit du fond de ma petite enfance.

 

 

 

Souvenirs @15

Depuis mes années d’études, un vers d’Apollinaire trotte dans ma mémoire : « Soleil rouge, cou coupé » comme étant un poème à lui tout seul, le poète ayant écrit d’autres poèmes fulgurants d’un unique vers. Je ne sais plus si ce souvenir date du bac de français pour lequel j’avais étudié quelques poèmes d’Alcools ou s’il date de plus tard, lorsque je faisais des études de Lettres modernes. Dans les deux cas, cela date de quelques décennies.
Bref, il y a deux ou trois ans, j’avais entrepris de relire Alcools et quelle ne fut pas ma surprise en constatant que, d’une part, le vers en question n’est pas du tout « Soleil rouge, cou coupé » mais « Soleil cou coupé » et, d’autre part, qu’il ne s’agit pas d’un poème d’un vers mais d’un long poème pourtant assez connu, Zone.
Comme quoi, il faut toujours se méfier des souvenirs : ils racontent autant du moment passé que des époques traversées pour arriver à aujourd’hui.

 

 

 

 

 

 

 

Peur @13

J’ai revu par paresse il y a quelques jours le film américain Le jour d’après. Sorti en 2004, Le Jour d’après est un film « catastrophe » qui relate les bouleversements climatiques, tous plus spectaculaires les uns que les autres, frappant la planète suite à une accélération de phénomènes dont l’humain est éminemment responsable (ici).
À l’époque, le film avait fait l’objet d’une critique unanimement négative tant il compilait de très nombreux poncifs du genre… et de l’époque.
Bref, je m’apprêtais à déguster le film pour ce qu’il était mais j’ai été très vite frappé par la façon dont il renvoyait terriblement, certes de façon beaucoup plus spectaculaire, aux effets du changement climatique actuel, notamment à l’ouragan Dorian. Certaines images étaient même troublantes de similarité. Bref, je suis encore un peu abasourdi de la façon dont un film racoleur même si pavé de bonnes intentions est passé du statut de nanar des années 2000 à presque prophétique à l’aube des années 20. Glaçant !

 

 

 

 

 

 

 

Commémoration @20

Marilyn Monroe est décédée dans la nuit du 4 au 5 août 1962, il y a donc tout juste 57 ans.
Assez jeune déjà, j’étais fasciné par cette actrice aux mille paradoxes : côté pile un talent unique, une ribambelle de films irrésistiblement drôles (et pas seulement), des rôles de blondes écervelées, l’incarnation du sex-symbole tandis que côté face, elle doutait profondément d’elle-même et de son talent, faisait preuve d’une finesse et d’une culture assez rare dans ce milieu et sa vie sentimentale était pour le moins aussi perturbée que sa sexualité troublée…
Cette complexité a été pour moi une première confrontation avec la complexité de l’être humain, ses paradoxes et ses abysses… Il y en aura bien d’autres par la suite mais Marilyn gardera toujours une place particulière. Tous les ans, au mois d’août, je pense à elle et du coup cette année, vous aussi.