Archives par étiquette : Chou-fleur

Déo @42

L'image montre les quatre marquages évoqués dans le billet.J’ai remarqué sur un gobelet un nouveau logo, dont j’ai eu du mal à comprendre véritablement le sens. Recherches faites, il s’agit d’un marquage issu d’une directive de l’Union européenne sur les plastiques à usage unique. J’ai trouvé les quatre déclinaisons.
À chaque fois, il y a deux carrés : à gauche, un dessin sur fond rouge est partiellement ou totalement barré (une main jetant un objet d’une pichenette, une main au-dessus d’un objet à terre, des objets au-dessus d’une cuvette de toilette) ; à droite un dessin sur fond bleu avec une ligne représentant des flots sur lesquels flottent les objets vus dans l’autre case, et dessous, une tortue.
D’abord, je n’ai pas reconnu l’un des objets barrés. Il s’agit d’une lingette. Ensuite, je n’ai pas trouvé évident le rapport entre les deux cases. D’un côté, ce n’est pas bien de jeter tel objet dans les toilettes ou en l’air. Quant au gobelet, le dessin n’est pas d’une grande lisibilité, la main à distance à la verticale semblant bénir ou effectuer un exercice de magnétisme plutôt que d’être celle qui a jeté l’objet. De l’autre côté, le fond bleu rassurant semble être plus positif, dois-je déduire que plutôt que jeter les tampons hygiéniques et lingettes dans les toilettes, je devrais les jeter dans la mer ? Enfin, que les objets jetés en l’air ou laissés par terre (pour les toilettes, c’est plus facilement compréhensible) finissent dans la mer est évoqué dans des articles, mais n’est pas d’une appréhension immédiate, surtout pour toutes les personnes qui ne résident pas sur le littoral.
Bref, j’ai rarement vu un marquage autant à côté de la plaque. Pourquoi ne pas « juste » bien indiquer de jeter dans une poubelle plutôt que n’importe où ailleurs ? Mystère. Et, je le crains, inefficacité.

À table ! @79

La boîte en plastique qui fait office de bol à soupe, et le plateau pastique du chirachiCela fait quelques années que Isabelle m’invite dans un petit restaurant japonais un peu plus cher que la moyenne mais nettement meilleur ; le poisson est bien travaillé, très varié, les « petites herbes » et autres subtilités gustatives nombreuses. Selon les époques de nos vies respectives, et leurs contraintes, on y va plus ou moins souvent.
Nous n’y étions pas allées (au moins moi) depuis… je ne sais pas ; le premier confinement sans doute. Ce restaurant a toujours pratiqué les plats à emporter, ne serait-ce que parce qu’il ne dispose que d’une petite quinzaine de couverts. Avec la pandémie, il semble qu’il ait intensifié ce mode de vente jusqu’à considérer que les clients consommant sur place ne méritaient pas d’égards particuliers : soupe servie dans une boîte ronde sans son couvercle, salade itou, shirashi posé dans son plateau rectangulaire en plastique prêt à l’emport.
Pour le coup, la nourriture est moins travaillée, plus de jolie présentation (hormis deux fausses herbes en plastique) et plus aucune subtilité gustative. Quant à manger « au restaurant » dans du plastique jetable, outre que c’est très désagréable, cela me choque profondément. Verdict ? C’est moins bon et toujours plus cher ! Donc…
— Boycott !
Oui Caddie, on n’y met plus les roulettes.

Décroissance @78

Un ventilateur branché sur un panneau solaire sollé à la vitre de ma fenêtre.Je suis dans la rue, casque sur les oreilles. Mon téléphone sonne, annonçant un numéro inconnu. Je décroche.
— Bonjour, Madame, je vous appelle pour les nouveaux tarifs de gaz et d’électricité.
— Ah ?
— Vous utilisez le gaz et l’électricité ?
— Bah non ! je n’en ai pas besoin.
— Vous n’avez pas besoin d’électricité ?
— Non.
— Vous faites comment pour la lumière ?
— J’ai des bougies
— Et pour charger votre portable ?
— J’ai un panneau solaire sur lequel je charge une batterie.
— Ah ? Et le chauffage ?
— Je fais du vélo. Avez une dynamo, ça fait l’eau chaude aussi.
— Vous n’avez donc pas le gaz ni l’électricité ?
— Non, désolée ; j’ai résilié mes contrats depuis longtemps déjà.
— Vous n’en avez donc pas besoin.
— Non, madame, c’est gentil de me l’avoir proposé.
— De rien. Bonne soirée madame !
— Merci. Bonne soirée.
Ni elle ni moi n’avons perdu notre sérieux. Que du bonheur !

À table ! @78

Des carottes cuites en rondelles dans une boîte en plastiqueJ’ai un problème de carottes, et pour une fois, il n’est pas directement question de prix … quoique. Le sujet peut sembler dérisoire, mais comme j’en mange deux kilos par semaine, il a son importance.
Je les mange soit crues, rarement râpées, plutôt en morceaux, soit cuites. Je les cuis le plus souvent à l’eau en utilisant le principe de la marmite norvégienne. Bien sûr, je ne jette plus l’eau de cuisson ; je l’assaisonne pour la manger en bouillon (gingembre frais, miso ou cube or, un champignon si j’ai). Depuis toujours, j’en cuis une bonne quantité, de quoi faire trois parts ; cela s’est toujours conservé jusqu’à cinq jours dans une boîte au réfrigérateur.
Depuis quelque temps, je remarque que passé deux jours, mes carottes cuites « tournent » ; un dépôt humide un peu gélatineux se forme avec parfois des traces blanchâtres ; elles ne sentent pas très bon et ont mauvais goût ; je dois donc les jeter. Cela arrivait parfois mais là, c’est devenu systématique au point que je n’en cuis plus que pour deux fois, si je suis sûre de les manger dans les deux jours. C’est tout de même moins pratique, et plus énergivore.
Que se passe-t-il ? J’achète mes carottes en sacs de un ou deux kilos, le moins cher possible, bien sûr. Leur conservation crue au frais est de moins en moins longue : souvent, leur peau se macule de taches noires ou, plus curieusement, elles se désintègrent de l’intérieur, se transformant en eau. Je ne sais pas grand-chose de la culture des carottes mais j’imagine qu’elles sont « forcées » et gonflées à l’eau, peut-être aussi sur les chaînes de conditionnement. Elles ont un côté plus sucré, sont très orange à l’œil, et sont à l’évidence riches en eau.
J’en conclus donc que ces carottes, issues de l’agriculture intensive, sont de mauvaise qualité. Va-t-il falloir que je me résolve à les acheter plus cher, bio, par exemple ? Celles-ci sont dans nos magasins parisiens jusqu’à trois voire quatre fois plus chères que les carottes conventionnelles les moins chères. Je ne suis tellement pas sûre que ce soit une garantie de qualité que je peine à m’en convaincre. Et Caddie ? Il réfléchit.

Décroissance @77

Page du site montrant le stock dans le magasin où les produits ne sont pas car ils ont été placés en entrepôt pendant la saison basse.En suivant scrupuleusement la procédure décrite par Isabelle, j’ai réussi à sortir les lampes de leur « hibernage », après une tentative avortée de récupération un samedi (trop de monde), et une seconde réussie le lundi suivant. Je suis donc désormais à la tête d’une armée de quatre lampes de camping rechargeables que complète la lampe solaire (la première), une seconde couplée à un panneau et une batterie achetée au printemps avec un autre panneau sur les conseils de Vincent, le panneau solaire du ventilo, et deux batteries externes pour téléphones et tablettes. Tout ça ?
J’ai constaté que j’étais en surproduction électrique avec mes trois panneaux solaires. La petite batterie externe se charge en une journée et recharge mon téléphone et le casque la nuit. La grosse batterie externe installée dans la cuisine et la batterie-panneau-lampe (tout intégré), mettent une bonne semaine à se charger mais y recharger des lampes de camping passe inaperçu dans leur temps de charge. Quand elles sont pleines, la tablette en profite mais il faut attendre longtemps pour renouveler l’opération. Quant à la lampe solaire, elle ne tient pas la charge très longtemps.
J’en ai conclu que les panneaux sont idéals pour charger des petites batteries, par exemple celles de lampes de camping ou celle équivalente à une charge et demie de téléphone. C’est la raison pour laquelle j’ai décidé de compléter mon équipement ajoutant à celle dans mon coin-salon, suffisante le soir pour manger et lire sur la tablette rétroéclairée et à celle dans la salle de bains qui est parfaite pour ma toilette, une dans la cuisine et une dernière près de mon lit ; me voici désormais parée ! Ce n’est pas sûr que ma facture baissera en euros, mais grâce à Linky, je constate sur quinze jours que ma consommation a baissé de 7,8 % ; ce n’est pas significatif, quinze jours… je surveille.

Extravagance parisienne @69

La photo montre la boite d'emballage en carton avec le slogan "Artisan du vivant".Je suis retournée à la boulangerie végétale, même si j’y vais sans doute moins que cela me dirait en raison de l’employée désagréable. Elle n’y était pas, mais il y avait un jeune homme que j’avais vu lors d’un de ses premiers jours.
Il était seul, très gentil, très aimable, enthousiaste. À la caisse, alors qu’une personne arrivait derrière moi, il m’a demandé si j’avais senti le changement d’atmosphère en rentrant dans la boutique. Je n’ai pas trop compris, car il n’y a pas de climatisation… Puis il a continué sur sa lancée : oui, l’atmosphère, l’ambiance. Il s’y sent bien. Il avait d’abord choisi cette boulangerie pour les animaux, puis il a trouvé les produits très bons, très digestes. Et il aime venir à son travail… Il a continué sur sa lancée encore un peu puis j’ai laissé ma place à l’autre cliente.
C’était un plaisir de rencontrer un jeune homme enthousiaste et heureux de son travail. Un joli moment.

Extravagance parisienne @68

La photo montre la boite d'emballage en carton avec le slogan "Artisan du vivant".J’ai découvert une boulangerie récemment ouverte pas loin de mon travail. J’ai depuis appris que c’était une boutique d’une chaîne. Les produits y sont vegan.
L’enseigne joue sur de nombreux codes branchouilles : nom anglais, slogan comme « boulangerie d’hôtes » (qu’est-ce donc ?), la boulangerie se vantant d’être « végétale »… Le site est dans le même esprit parsemé d’anglais pour faire branché et de formules visant l’avant-garde et frisant le ridicule. Les produits sont très bons et je les digère bien alors j’y vais de temps en temps, malgré une bien peu agréable des employés.
Je pense que le ponpon est un slogan sur une boîte « Artisan du vivant ». Outre que c’est vague, je trouve que cela tombe particulièrement à plat et est maladroit voire ridicule pour un artisan végétalien.
Certes, il s’agit sans doute de souligner que le végétal est du vivant, mais je ne pense pas qu’en jouant sur l’apparence et donnant l’impression que le végétalien est l’apanage de la branchitude, on vise à défendre une idée et des principes, mais bien plutôt du marketing et de la stratégie commerciale. Même ceux qui ne partagent ni les tics de langage ni les codes bobos peuvent manger végétalien, les y inviter plutôt que les exclure serait une véritable démarche politique d’artisan défenseur du vivant. On en est assez loin.

Déo @37

L'est pas beau mon pouce ?L’appli que j’évoquais récemment envoie depuis quelque temps une infolettre avec « Le top dons de la semaine » : « Parmi les milliers d’annonces publiées cette semaine, découvrez 10 dons passés par la case « exclusivité » qui ont particulièrement plu à la communauté des XXX. Pour dénicher le don de vos rêves, passez à XXX+ ! »
Je découvre donc le nom du système d’achat de bananes qui est donc le nom de l’appli est un « + ». La « case exclusivité » étant la priorité si de pouvoir demander un objet proposé pendant un certain temps. Et le top des dons est à l’aune de cette surenchère : vélo, téléphone, montre connectée, réfrigérateur, perceuse-visseuse, cafetière de marque…
On est loin de ce qui est censé donner une deuxième vie à des objets du quotidien qui ne servent plus et qu’on ne veut pas jeter, car ils peuvent être utiles à quelqu’un sans avoir de grande valeur marchande, ce qui est l’essentiel des « milliers d’annonces publiées ».
Ou comment passer de l’idée de réemployer dans une vision décroissante à la valorisation des objets et modes de vie alimentant le marché capitaliste pour en récupérer des miettes et les jeter aux chalands comme de la poudre aux yeux. Misère.

Déo @36

L'est pas beau mon pouce ?J’ai déjà évoqué les sites, applis, et autres dispositifs de dons que j’utilise depuis des années. Certains sont totalement gratuits, animés par des bénévoles avec les moyens du bord, sans chercher à être jolis ou même attrayants, avec un fonctionnement basique. D’autres cherchent des moyens de financement.
Dans cette dernière catégorie, une appli propose depuis quelque temps des « bananes » qui sont des points pour « récompenser » les personnes qui donnent. Ces bananes permettaient simplement de pouvoir envoyer des messages aux gens qui donnent et maintenant offrent une priorité pour répondre aux annonces récentes. Il m’est arrivé que des personnes s’inquiètent pour moi si je leur donnais deux objets sans passer par la procédure « normale » car je ne toucherai pas « mes » bananes.
L’idée est de valoriser la réciprocité des dons et éviter que certains n’utilisent l’appli pour récupérer sans retour, voire récupèrent autant que possible pour revendre. Mais cet esprit a été mis à mal, car les personnes qui cherchent à « adopter » des objets sans pouvoir ou vouloir en donner peuvent acheter des bananes, ponctuellement, voire sur abonnement. Ce n’est certes pas des tarifs élevés et il y a bien des frais pour cette appli. Mais, la recherche graphique et divers messages réguliers montrent le souci de fidéliser les utilisateurs.
Mais entre ceux qui payent pour récupérer des dons et les gestionnaires qui encaissent, je me sens de plus en plus éloigné du principe d’origine. Aujourd’hui, je préfère donner à une recyclerie ou ressourcerie qui a pour but de remettre en vente les objets. Je participe ainsi à un principe économique affiché, finançant des locaux et emplois pour permettre à des personnes qui n’ont pas forcément accès à Internet ou à des applis d’acheter des objets ainsi réemploiés. Et c’est aussi bien plus simple : je dépose plutôt que de prévoir des rendez-vous contraignants dont une partie n’est pas honorée. Le modèle Emmaus a encore de beaux jours devant lui.

Déo @35

Mes passages dans le métro sont de plus en plus rares. Lors de l’un des derniers, j’ai vu une publicité sur deux panneaux avec un slogan en gros « Vous pensez encore que les éoliennes vont sauver le climat ? » Je me suis dit que non, notamment parce que je ne l’ai jamais pensé. Ne serait-ce que parce que « sauver le climat » ne veut rien dire.
Le climat est un ensemble de phénomènes météorologiques, et il ne me semble pas en mauvaise forme, les phénomènes météo continuant toute l’année sans interruption de service, qu’il fasse beau, qu’il neige ou qu’il vente. Le dérèglement climatique n’est pas une mise en danger du climat, mais une évolution du type de ces manifestations climatiques qui nous inquiète.
Après un peu de recherche, je m’aperçois qu’il s’agit d’un film documentaire. Le site qui le présente met en bandeau une critique : « Le film choc qui déconstruit l’imposture », issue du journal… Le Figaro. « Imposture » et Figaro, décidément, tout cela n’est pas engageant.
Il est certes pertinent de s’interroger sur les éoliennes, notamment leur production, qui comme les panneaux solaires et les voitures électriques, est source de pollution et d’impact écolo négatif, mais de là à parler d’imposture… Soit il y a des révélations exceptionnelles, soit la publicité donc le marketing de ce film est une imposture.
Son financement participatif s’est fait via une plateforme « Documentaire et vérité ». Je tique encore sur cet amalgame, me méfiant de ceux qui ont besoin de clamer la vérité comme argument de leurs idées.
Je ne sais pas si je le regarderai. Il est diffusé gratuitement. En tous les cas, je sais déjà que la révolution écologique, comme on aime à l’appeler, avec ce genre de raccourci dont la stupidité m’afflige (ou pire de croyance dans la qualité intellectuelle et rédactionnelle du slogan), ce n’est pas gagné.