Archives par étiquette : Bienveillance

Grand Homme @39

Ces derniers jours, plusieurs personnes ont demandé la patte à Helgant. En vain. Il ne la donne quasiment jamais quand on lui demande, c’est lui qui la tend (quand il aimerait des caresses ou des friandises).
Helgant serait-il peu recommandable avec ce comportement ? Les Mouton savent bien que non. Au contraire, Helgant sait montrer patte blanche. Plus encore, il est vraiment très malin, admirent ses copains : il peut montrer quatre pattes blanches. Mais comme il est modeste, il ne veut pas abuser. Comme dit Petit Agneau des Prés-salés, Helgant est élégant, physiquement et moralement, jusqu’au bout des griffes.

Va chez l’gynéco @44

Le suicide d’un étudiant homosexuel de vingt ans victime d’agressions sexuelles de la part de proches a été l’occasion de nombreux messages de prévention. Au vu des neuf mille personnes qui se donnent la mort chaque année en France, et de toutes celles qui tentent de le faire, ces messages sont indispensables, et pas uniquement quand un fait particulier nous y invite. Sur Twitter, l’un d’eux a attiré mon attention.

« Si vous avez des idées noires, des pensées suicidaires, n’hésitez surtout pas à appeler la ligne Suicide Ecoute disponible 24h/24 7/j7 : 01 45 39 40 00 »

Je n’ai pu me retenir de répondre dans la foulée.

« Si vous avez le moindre doute devant la souffrance d’une personne, ne passez pas votre chemin. Si vous ne trouvez pas les mots pour lui parler, ou si c’est difficile pour vous de le faire, Suicide écoute peut aussi vous aider. En cas d’urgence, composez le 112 ! »

Je suis en effet toujours contrariée quand on fait porter la charge de la prévention sur les personnes qui sont dans une souffrance telle que le suicide leur apparaît comme la seule solution. Bien sûr qu’il faut leur dire que des numéros d’appel existent mais si l’on veut faire de la prévention, c’est en amont qu’il faut agir et prendre chacun notre part. J’ajoute que même en étant attentifs, on ne peut pas toujours prévenir le suicide d’un proche, loin de là tant la souffrance sait être camouflée !
La véritable prévention ne serait-elle pas alors de nous interroger sur les causes profondes des douleurs psychiques qui se trouvent, à mon sens, dans cette violence ordinaire qui régit notre monde à tous ses échelons en répercussion directe de celle qui régit nos modes de production ? Changer le monde vers moins de souffrances individuelles et collectives ? Je ne vois que ça.

Bonheur @48

En ce mois de janvier, je suis partie une dizaine de jours à la campagne avec Helgant. C’était très agréable et reposant. À mon retour, un mot sur du papier quadrillé plié était apposé sur ma porte avec du ruban adhésif. Je l’ai lu rapidement en rentrant puis l’ai posé en me disant que je le relirai tranquillement.
Une fois Helgant réinstallé dans son panier et les affaires posées, j’ai d’abord déjeuné. Juste après, on sonne à la porte : c’est ma voisine de l’escalier d’à côté. Pour préciser : j’habite dans un immeuble avec deux escaliers, correspondant à deux numéros de la rue et deux halls bien distincts. Mon appartement est mitoyen avec celui de mes voisins de palier et avec celui du même étage de l’escalier d’à côté.
Depuis mes plus de six années ici, j’ai croisé plusieurs fois cette voisine dans la rue. Nous avons échangé un peu plus l’été dernier sur des questions de bruit lié aux travaux chez moi. Mais surtout depuis que j’ai adopté Helgant, nous discutons de ce super compagnon qu’elle m’avait dit entendre parfois quand il aboie en raison de la présence de gens sur le palier, la venue de livreurs ou de coups de sonnette. Je n’ai jamais prévenu ma voisine de mes déplacements.
Or, n’entendant plus Helgant, ma voisine s’est inquiétée. D’où son mot, avec son numéro de téléphone au cas où, et sa venue à plusieurs reprises le week-end d’avant mon retour puis à ce moment-là. Elle était très rassurée de nous voir en forme. Entendre Helgant lui manquait. Depuis, quand il aboie, je me dis que quelqu’un y trouve plaisir et réconfort. Nous avons échangé des messages et je sais qu’en cas de besoin d’aide pour Helgant, je pourrais m’adresser à elle comme elle pourra me solliciter quand de besoin.

Vroum @26

Entendu lors d’une manifestation de motards à Paris ce samedi 6 février pour protester contre l’expérimentation du stationnement payant des deux-roues motorisés :  » Rouler en moto, c’est être libre et mobile. »
Libre de quoi ? De ne pas respecter le Code de la Route et les autres modes de déplacement ?

Bigleuse @129

Un lundi, j’avais rendez-vous avec un médecin de l’hôpital Saint-Joseph. Je me présente à l’accueil, canne en main : je connais bien l’hôpital (et peux donc m’y orienter) mais sais que si j’arrive non accompagnée dans un service de consultation, les écrans vidéo d’appel seront aussi inaccessibles que les guichets. Je me présente à l’accueil et demande un accompagnement. La dame appelle sa collègue qui aide les usagers à utiliser les bornes numériques installées à cinq mètres de là et lui demande de s’occuper de moi.
— Vous voulez quoi ?
— J’ai un rendez-vous…
— Il faut vous enregistrer sur les bornes.
Le temps que j’ouvre la bouche, elle a déjà le dos tourné.
— Madame ! Je ne peux pas les lire. Pouvez-vous m’aider ?
Elle se dirige sans un mot vers une borne. Je décide de la suivre. Elle me demande les trois premières lettres de mon nom puis me tend un ticket. Je le prends. Elle est déjà partie vers une autre borne. Je l’interpelle encore.
— Je vais où ?
Elle revient, me prend le ticket des mains.
— Porte 1. Vous prenez l’ascenseur qui est là.
— Non, je…
— L’escalier qui est là.
— Là ?
— Vous voulez qu’on vous accompagne ?
— Ce serait gentil…
Elle disparaît dans un couloir, en ressort deux minutes plus tard.
— Vous avez une pièce d’identité ?
— Pour être accompagnée ?
— Pour votre nom.
Je lui donne ma carte vitale. Elle revient deux minutes plus tard.
— On vient vous chercher dans vingt minutes.
Je ne comprends pas. D’habitude, une personne de l’accueil m’accompagne jusqu’au guichet suivant, ça prend trois minutes et c’est plié. Je lui demande pourquoi vingt minutes, précise que mon rendez-vous est dans dix ; elle ne dit rien… Elle part, revient…
— Dix minutes alors. Vous attendez là. Quelqu’un va venir.
— Je ne comprends pas. Qui doit venir ?
— Vous ne pouvez pas prendre l’ascenseur ni l’escalier ; il faut quelqu’un.
Je suppose alors qu’elle a compris que je ne pouvais utiliser l‘un et l’autre et a, au vu des délais, mandé un brancardier. Je proteste, expliquant que je suis debout, que je marche, que je suis malvoyante, que «  » n’est pas une information pertinente, que j’ai juste besoin que l’on m’oriente. C’est son tour de protester.
— Vous m’avez dit non pour l’ascenseur.
— J’ai dit non pour dire que je ne sais pas où il est.
— Je vous l’ai dit, il est là [très exactement dans mon dos, je ne vois même pas si elle a fait un geste pour le désigner].
— Mais je ne sais pas où est là. Cela ne veut rien dire, là.
Je vous passe les quelques phrases dignes de Devos sur le « où est là » ; je réclame qu’elle me dise où est la porte 1 à partir de l’escalier, que je vais me débrouiller.
— Vous prenez l’escalier là [dans son dos] ; vous montez, vous allez en face…
— Vers l’église ?
— Oui, non, d’abord vous allez à droite puis tout droit. Mais l’assistance ?
Je la remercie, lui souhaite une bonne journée et rejoins l’escalier ; la porte 1 est en haut tout de suite à gauche, et non à droite ni près de l’église. Je tombe sur deux soignantes qui fument une cigarette. Je leur demande confirmation. Elles confirment en chœur. Une me dit de regarder mon numéro sur l’écran. L’autre lui fait remarquer que je suis malvoyante. La première rit.
— Avec le bonnet, j’ai cru un bâton de marche !
On m’avait déjà fait le coup chez Décathlon, mais dans un hôpital ? Au moins, elle rigole. On rit ensemble. Elle donne sa clope à sa collègue et m’accompagne à l’intérieur jusqu’à un guichet. Ouf !

Note. J’ai clairement manqué de pédagogie, dans ma réaction sur son « » à propos de l’ascenseur ; j’en ai ri sous mon masque mais à cet instant, j’aurais d’emblée dû demander à être accompagnée plutôt que de chercher à ce qu’elle comprenne que « » n’était pas signifiant. Cela aurait-il changé quelque chose ? Je ne sais pas.

Pour la blague (pas si blague), je vous fais la suite.
J’attends dans la salle d’attente ; le médecin appelle.
— Madame Jung ?
Je me lève, le rejoins, toujours canne en main.
— Madame Jung ?
— Oui.
— Madame ? [sur un ton de mise en doute de ma propre affirmation]
— Il y a un problème ?
— C’est que… avec le bonnet…
Décidément !

Cuisine @36

Pour illustrer le billet du Nouvel An et le vaccin d’amour des Mouton, une séance photo a été organisée. Contrairement aux précédents « shootings » (dixit nos Océaniens anglophones de Petit Mouton et Petit Koala), un nouveau superviseur était présent : Helgant, berger australien.
Et là, il nous faut dévoiler une nouvelle histoire d’amour. Les protagonistes étaient bien installés quand je me suis retournée et hop ! Copain Mouton avait disparu ! Dr Mouton est resté calme en bon professionnel qu’il est.
Après des recherches heureusement rapides, il a été retrouvé dans le panier, entre les pattes amoureuses de son berger de copain. Copain Mouton, d’origine belge, a ainsi découvert les talents d’attention et de protection de Helgant.
La séance photo a pu se poursuivre, les quelques traces de bave des tendres bisous de Helgant n’empêchant forcément pas la vaccination d’amour. Oui, toujours l’amour. Bonne année d’amour !

Année @15

V’z’êtes prêts l’docs ?
— Ouais Petit Koala !
— On a l’aiguiiiiiiiille et le flaaaaaacooooon !
— Et m*êêêêêê*me le cobb*aaaa*ye, m*oooo*i !
T’es l’plus courageux, Copain Mouton !
— J’a*iiiiii* confi*aaaa*nce en docteur Caddie et docteur Mouton ! Ils *ooooooo*nt trav*aaa*illé d*uuuu*r pour nous sa*uuuu*ver !
— Merci Copain, t’es un vrai pote de fooooot ! Moi, j’te tiens, docteur Mouton pique.
— Ça p*iiii*que ?
— À peiiiine plus que l’amouuuur !
Et moins que c’que les gens vont s’picoler pour l’Réveillon ! Tu sais Copain Mouton qu’l’docs n’inoculent que d’l’amour.
— Inoc*uuuu*l quoi ?
— Toooooourne-toiiiii ! Tout dans l’étiiiiquette !
— To*uuuu*t quo*iiiiii* ?
— De l’amour en barre, Copain, on te dit parce que c’est vrai. T’en a pas besoin, mais on commence par toi pour que tu sois un modèle universel. Tu seras un héros ! Enfin, moins que moi, le grand et unique fameux docteur Caddie.
Allez ! Copain Mouton, c’est qu’c’est l’heure.
— À tes maaaaaaarques…
— Pr*êêêê*t…

Bonne et heureuse année 2021 !

 

Note. La première photo montre la bande (Petit Koala, Docteur Mouton et Copain Mouton en tête) avec l’attirail du parfait médecin, masques compris. Sur la seconde, Copain Mouton propose son arrière-train à une aiguille (de couture) tendue par Petit Mouton ; un flacon de contenu inconnu est également présent à l’image.

Pucer @49

Je vous avais promis un troisième épisode dans le feuilleton « Paris Habitat au pays des hackers », le voici. Je vous renvoie au premier, et au second, si vous n’avez pas suivi.
Toute correspondance étant couverte par le secret, je ne peux pas reproduire la réponse qui a été faite par une responsable de mon bailleur à mon interpellation sur la préservation de mes données personnelles après l’attaque subie par son réseau informatique. Mais j’ai eu une réponse, très vite, qui m’a fait rire. Celle-ci, en trois lignes, avait vocation à m’assurer que mes données personnelles n’étaient pas sorties des disques durs mais une coquille s’est glissée dans le texte, perfide coquille qui faisait dire à mon interlocutrice le contraire de ce qu’elle souhaitait.
Dois-je considérer que la coquille dit l’indicible, soit que des données personnelles ont été volées, ou que les gestionnaires des réseaux ignorent si tel a été le cas ? Je n’ai pas l’habitude de considérer que les institutions publiques, par principe, mentent ; elles s’arrangent parfois avec la réalité mais guère plus. Je n’ai de toute façon pas le moyen de vérifier. J’accorde donc volontiers le bénéfice du doute à mon bailleur en restant vigilante, bien sûr.
L’affaire est close ? J’espère.

 

Chouette @41

Cette année, j’ai fêté mes vingt-deux ans dans la fonction publique. Et j’ai eu pour la première fois une promotion, une vraie, celle de changement de grade. Je ne pensais pas que cela m’arriverait, car je ne savais pas que cela pouvait m’arriver (ce qui est la raison la plus plausible, non ?)
Non, je ne pensais pas, car je ne savais pas trop comment se déroulait ce type de promotion. Je croyais que c’était plutôt en fin de carrière, et j’ai encore pas mal d’années devant moi. À tel point que je n’ai pas encore ouvert le courrier sur ma retraite, arrivé le jour de mes 50 ans. D’autant qu’ayant pris récemment mon nouveau poste, je n’avais pas envisagé d’étudier la question. J’avais encore en tête la dernière fois que j’avais préparé jusqu’au bout un examen professionnel, pour que l’on m’annonce finalement que je ne remplissais pas les conditions pour y prétendre.
Bref, je suis passée « attachée hors classe ». Et c’est la vraiment classe ! C’est surtout une reconnaissance professionnelle majeure. On ne devient « hors classe » que par promotion, il n’y a aucun examen professionnel ou concours. Alors je ne boude pas du tout mon plaisir, moi qui tirais une fierté, peut-être puérile, d’avoir avancé dans ma carrière par la voie des examens, écrits ou oraux, donc par des épreuves. Peut-être puis-je me permettre de ne plus être dans l’effort pour savourer ce qui vient ?
Dans le contexte actuel d’incertitude et d’inquiétude, cette promotion a une saveur particulière. Merci à toutes celles et tous ceux qui m’ont permis d’arriver là. Cette reconnaissance à mon égard est aussi ma reconnaissance à leur égard.

Objectivement @55

J’ai déjà parlé des spams dans les boites mails (le lien vers le billet) comme une source fiable de sujet de billet mais je n’ai pas encore, et c’est une grande erreur de ma part, évoqué les affiches dans les entrées d’immeubles. Il est grand temps d’y remédier.
Pour rappel, mon immeuble est en plein ravalement de façade avec renouvellement des fenêtres, volets et réparation des balcons. Régulièrement, l’entreprise en charge de la coordination nous tient informés par voie d’un affichage un peu sauvage juste à côté de l’ascenseur. Moi par exemple qui ne prends jamais l’ascenseur chez moi, j’ai déjà loupé la moitié des communications avant de comprendre qu’il y avait des choses à lire à cet emplacement.
Bref, régulièrement, des habitants de l’immeuble viennent apporter leur avis, remarques et conseils parce que, vous comprenez, ça manquerait sans. Je passe rapidement sur celles ou ceux qui corrigent les fautes d’orthographe en entourant de trois ou quatre cercles ladite faute d’autant que personne n’a rien écrit dans l’exemple qui nous concerne.
Première information donc : elle est émise par le canal officiel et elle nous rappelle de bien débarrasser nos balcons pour la réalisation des travaux. Ce week-end, une personne habitant l’immeuble a ajouté un commentaire : « Pendant vos travaux, merci de porter vos masques. » « Masques » est souligné trois fois pour qu’ils entendent bien j’imagine.
Ce matin, nouveau commentaire d’une autre écriture et en deux temps : premier temps, « Le virus ne saute pas par les balcons de toute façon… » et comme si ça ne suffisait pas, la personne a complété : « … et de toute façon, il (le masque) ne protège pas du virus. Renseignez-vous. » Diantre !
Dans cette dernière sentence, le « renseignez-vous » est souligné deux fois mais les traits étant très rapprochés, cela forme presque un seul trait épais. Du coup, la seule question qui vaille dans ce long exposé, est : à l’écrit, se fait-on plus entendre si on souligne par trois traits bien distincts ou par deux traits presque collés ? Là est la question.