Archives par étiquette : Affusion

Cuisine @38

Copie d'écran de la page d'accueil de mon siteMon site (cyjung.com) existe depuis trente ans. Il est passé par plusieurs versions, au fil des évolutions techniques et de ma capacité à les assimiler. La version actuellement en ligne correspondait à mon besoin de maintenir mon activité d’écriture contre vent et marrée (fermeture de maisons d’édition et difficulté d’en trouver d’autres, notamment). Mon pain, à une époque, fut particulièrement noir mais mon site (et ses différentes déclinaisons) m’a permis un virage vers le numérique et une visibilité des plus salutaires.
Petit à petit, pourtant, il a commencé à me peser : la publication de quatre à cinq articles par semaine, d’une nouvelle par mois (voire plus), de textes additionnels réclamant recherches et écriture, le relais de tout cela sur Facebook et Twitter… Couplé à mon investissement en tant que professeure assistante de judo et de représentante du médiateur de la Ville de Paris, mon besoin de faire du sport quotidiennement, mes choix économiques et ménagers (vous savez, manger du fait-maison sans dépenser trop d’argent) et le soin à mes amis et voisins, je n’avais plus guère le temps d’écrire des textes au format roman, textes qui demeurent l’essence de mon écriture.
Cette année 2021 où deux romans ont été publiés (Brocoli rose et Kito Katoka), j’ai senti que je devais faire des choix. J’avais envie de lire un peu plus, écrire davantage. À quoi devais-je renoncer pour cela ? L’arrivée d’une nouvelle version de Spip (le CMS sur lequel mon site est construit) a rendu presque évidente la réponse : à lire les contributeurs de Spip, faire faire un saut générationnel à mon site était, en l’état, une gageure. Ne devais-je pas saisir l’occasion pour faire un site tout neuf que j’alimenterais des seules informations relatives à mon travail d’écriture ? J’en ai pris la décision mi-août, décidant, par le fait, de ne plus alimenter le site actuel, de le nettoyer même, me laissant la fin de l’année pour construire un nouveau site.
Je n’ai encore aucune idée de ce qu’il sera. Je dois d’abord installer une version de développement et regarder ce que je suis capable de faire avec Spip4. Je sais par contre que le contenu actuel va disparaître du Net, que La Cocotte enchantée, les Feuillets, les Photocriture et les Fragments d’un discours politique s’autodétruiront considérant que j‘ai décidé de ne pas renouveler la location des bases de données qui les hébergent (ça coûte cher, à la longue). Tous ces contenus seront disponibles à qui me le demande. Je vous tiendrai au courant, bien sûr ; pour l’instant, je suis un peu perdue, ne sachant plus trop comment organiser mes journées de travail. Cela va vite venir. Je ne m’inquiète pas.

Sainte Marie Joseph ! @18

L'image est l'affiche évoquée dans le billet.Dans le centre médical où j’ai effectué de fréquentes visites pour des soins dentaires, un affichage a intrigué Dr Mouton. Il est écrit que le centre « accueille deux nouveaux praticiens ». Suit une liste avec le nom d’un seul médecin et ses deux motifs de consultation. Il s’agit d’un néphrologue. Docteur Mouton et docteur Caddie sont inquiets pour les calculs. Ils espèrent que les calculs rénaux seront mieux comptés que les docteurs. J’espère aussi.

Vroum @29

Copie de ma carte PAMPendant mon court séjour à l’hôpital suite à la fracture de ma cheville, j’ai occupé mon temps libre à m’assurer le maximum d’autonomie pour mon retour chez moi. J’ai déjà évoqué l’aide ménagère, la livraison de repas, le fauteuil roulant, la mobilisation de mes amis et voisins… J’ai pensé aussi que j’aurais besoin de sortir au-delà de ce que je pourrais faire en fauteuil. J’ai cherché (puis testé) les services de taxi PMR qui coûtent très cher pour un service médiocre et ai pensé « PAM75 ».
Il s’agit d’un service de transport public collectif sur réservation pour les personnes handicapées ou dépendantes : il est très utilisé par tous les enfants et adolescents qui passent leurs journées dans des centres ou écoles spécialisées et des travailleurs handicapés qui ne peuvent pas prendre les bus, trams et métros RATP. Les déplacements sont payants, mais leur coût reste raisonnable en mode loisir si on ne sillonne pas Paris tous les jours, bien sûr (dans le cadre d’un déplacement professionnel ou scolaire, des aides prennent en charge tout ou partie de ce coût).
Ma cheville cassée ne m’ouvrait pas droit à les utiliser, ma carte d’invalidité basse vision, oui. J’ai donc déposé un dossier début juin sans indiquer le fauteuil, considérant que j’utiliserais ce service une fois que je serais déplâtrée. Cinq semaines plus tard, je recevais mon « Pass PAM75 » et je réservais ma première utilisation pour rendre visite à la maman de Sarah à l’Ephad. Dimanche 18 juillet 2021. À l’aller, le véhicule est à l’heure, au retour pareil. C’est un bon début considérant la mauvaise réputation de la PAM côté respect des horaires.
Pour ce retour, ce n’est pas un véhicule PAM mais un taxi (quand il n’y a pas de véhicule « maison » disponible, des taxis prennent le relais, pour un coût identique pour moi). Nous devisons avec le chauffeur ; c’est jour d’arrivée du Tour de France ; ne passe-t-il d’ailleurs pas pile entre l’Ephad et chez moi ? C’est le cas mais, dans un premier temps, le chauffeur ne s’en inquiète pas. Puis nous nous mettons à tourner dans le 14e arrondissement pour tenter de contourner l’incontournable et nous retrouver bloquer à l’angle de la rue Friant et de l’avenue Jean Moulin, pile derrière une voiture de police qui empêche de traverser, le Tour devant passer là dans un délai inconnu.
Nous sommes à 1 km de chez moi. Je suis déplâtrée depuis six jours, je ne suis pas capable de le faire à pied. De toute façon, mon chauffeur est catégorique.
— Vous êtes sous ma responsabilité, je vous déposerai devant votre porte.
Dont acte. Il appelle sa centrale téléphonique, se fait confirmer qu’il n’y a pas d’alternative, et nous voilà bloqués plus d’une heure à attendre les coureurs qui passent si vite que je n’ai pas le temps de me concentrer sur le spectacle. Quand le chauffeur me dépose enfin devant chez moi, son compteur indique 80 euros… il m’en coûtera 8,20 euros, tranquillité comprise. Cela sert à quoi l’argent public ? Cela sert aussi à cela.
Merci.

Vroum @28

Je suis en fauteuil avec un chapeau, une veste et un pantalon de pluis, le pied emballé dans un sac poubelle.J’ai évoqué dans un précédent billet la perte de ma mobilité physique suite à la fracture de ma cheville. Je voudrais revenir sur la vie en fauteuil, avec un petit clin d’œil à ma tante Claude.
Je veux d’emblée que les choses soient claires : le fauteuil roulant, c’est galère tant le monde n’est pas adapté à ce type de mobilité : trottoirs étroits, très en pente pour évacuer les eaux de pluie, du mobilier urbain mal placé, peu d’accès en rampes, des comportements humains indignes, etc. C’est aussi galère quand il pleut, quand on roule dans une crotte de chien, quand l’appartement est petit, quand il faut pousser une porte, attraper un truc placé haut… Mais ce n’est pas l’objet de mon billet parce que je n’ai pas vécu le fauteuil comme une galère mais bien comme un outil de liberté.
En poussant (à peine) quelques meubles chez moi (29 m2), j’ai pu y circuler et me sentir en sécurité dans ma cuisine. Après quinze jours d’entraînement, j’ai pu me déplacer sur un périmètre de 800 m autour de chez moi (à peine moins que pendant le premier confinement), faire quelques courses, aller chez le kiné, à l’hôpital, aller au square entretenir mon quadriceps, prendre l’air, tout simplement. Ça, c’est pour le côté pratique ; mais il a beaucoup plus, et de l’essentiel.
Le fauteuil m’a d’emblée paru comme me donnant une autre vision du monde. J’ai cherché pourquoi : les deux raisons principales étaient que j’étais plus bas et que j’allais moins vite. Ces deux éléments, assez basiques, ont eu de nombreuses conséquences : j’ai pu voir plein de choses que je n’avais jamais vues et m’ouvrir à toutes ces personnes que je croise d’ordinaire sans avoir accès à leur sourire, à leur interpellation visuelle, j’imagine ; dans la configuration fauteuil, elles se sont arrêtées vu que j’étais souvent à l’arrêt et des échanges ont pu se nouer, en dépit de ma déficience visuelle…
Mais que vient-elle faire là ? Je craignais qu’elle ne se cumule avec le handicap moteur, ce qui a parfois été le cas ; mais le plus souvent, le sens de l’adaptation à laquelle elle m’a formée depuis 58 ans m’a donné très vite les clés de ma mobilité en même temps que ma moindre mobilité m’a offert un nouveau mode de compensation : plus bas, moins vite, donc. Je me souviens de ma-Jeanine qui me disait « Un jour, tu verras ; tu devras aller moins vite. » ce que je vivais comme une menace ; je me souviens que j’en avais douloureusement pris conscience à Saint-Marie ; je me souviens d’une amoureuse qui moquait mon « agitation ». Et voilà que dans ce fauteuil, je me suis posée, avec toujours le même besoin d’aller de l’avant, avancer ; mais pas finalement pour plus loin une fois l’objectif atteint ; mais pour savourer.
Je vais rendre le fauteuil ces prochains jours à la pharmacie. J’ai pris la décision avec Sarah et nous avons parlé de ces deux mois et demi écoulés en mode cheville cassée. Je lui ai dit les vivre comme une « aventure » ; elle m’a répondu « épreuve ». Non, Sarah, j’insiste : c’est bien une aventure qui me fait (et m’a fait) mesurer ma force, ma capacité de résilience (« faire quelque chose de ce qui arrive ») au-delà de ce que les confinements avaient produit, un peu comme un point d’orgue, l’idée que quoi qu’il arrive désormais, je saurai garder ma liberté et que mon désir persévère.
Je sens que je vais avoir un pincement au cœur à me séparer du fauteuil (je garde le super coussin !) Caddie, qui a tant patienté, va prendre le relais côté roulettes. Est-ce que je vais conserver ce que j’ai gagné d’ouverture au monde et aux autres ? J’y compte bien !

 

Corps @32

Je me rends dans un laboratoire d’analyse pour une prise de sang visant à rechercher la présence de marqueurs d’allergies. C’est un examen en deux temps : la recherche d’une positivité de présence puis un ciblage sur des marqueurs spécifiques.
À l’accueil, la secrétaire m’indique que si le premier test est positif, il faudra revenir pour un second prélèvement pour la suite. J’en reparle à l’infirmière qui s’occupe de moi pour savoir quels sont les délais. Elle me répond qu’il n’y aura pas besoin de revenir, car elle a pris deux tubes. En voilà une bonne solution ! D’autant que je sais qu’il y aura besoin de ce second échantillon sanguin. Merci à elle de m’épargner ainsi un second passage à l’aiguille.

Décroissance @76

Je surveille ma consommation d’eau et demande à qui passe chez moi de relever mon compteur tous les deux mois. Cela permet d’identifier rapidement la présence d’une fuite invisible. Cela me dit aussi si je garde (ou non) un comportement vertueux.
Le hasard a voulu que l’intervalle entre deux mesures corresponde à mes six semaines de plâtre plus les deux premières semaines de convalescence. Une douche avec un plâtre est compliquée et périlleuse. En dépit des aménagements nécessaires, j’avoue que j’en ai limité le nombre, même après retrait du plâtre (les pieds mouillés, ça glisse !)
Dans le même temps, je n’ai pas cuisiné, et fait donc très peu de vaisselle. Ma consommation d’eau aurait donc dû baisser, ce d’autant que j’ai pu garder mes habitudes de récupération de l’eau du lavabo pour alimenter mes toilettes. Selon les périodes, elle oscille entre 2 m³ et 3 m³ (je ne relève pas les chiffres rouges) pour un total de 16 m³ annuel. Pour celle-ci, elle était à 3 m³ ; elle n’a donc pas baissé et se trouve même dans la fourchette haute. Mais pourquoi ?
Les quatre premières semaines, une aide-ménagère a été mandée par mon assureur militant pour venir m’aider, deux fois par semaine. En juillet, on est passé à une fois, avec un arrêt au bout de trois semaines, la dame venant chez moi étant en arrêt maladie et la société ayant « oublié » de la remplacer au-delà d’une fois. Les deux dames que j’ai vues étaient gentilles, plus ou moins efficaces, de bonne volonté, mais à l’évidence pas formées ni à la déficience visuelle ni au ménage durable.
L’une a tiré six fois la chasse d’eau de mes toilettes pour les nettoyer (la cuvette est neuve et entretenue) ; l’autre lavait ma vaisselle à jet continu et changeait l’eau du seau entre ma cuisine et ma salle d’eau, les deux sols (3 m² l’un, 2 m² l’autre) étant faits suffisamment régulièrement pour qu’elle reste claire entre les deux. Aucune des deux ne connaissait le recyclé ni le seau à compost. Après m’avoir demandé si j’avais des lingettes jetables, l’une utilisait une vingtaine de chiffons (qu’elle ne faisait pas sécher) pour nettoyer ma cuisine et ma salle d’eau, chiffons que je devais ensuite passer à la machine à laver…
J’ai essayé de dire un peu, surtout pour les poubelles mais j’avoue, je n’ai pas eu l’énergie d’aller au-delà. Entre ça et la nutrition du malade, j’en conclus que l’aide à domicile souffre d’un archaïsme délétère ! Puis-je tirer cette conclusion sur cette seule expérience ? Non, bien sûr ; mais ne comptez pas sur moi pour en avoir de nouveau besoin afin de compléter mon analyse !

Sainte Marie Joseph ! @17

Montage photo, deux au sqaure où on vois mes pieds sur des appareil avec les cannes au loin, une dans un fauteil à l'hopital.Le 4 août 2021, j’ai publié sur Twitter et Facebook le montage photo ci-contre. À Isabelle à qui je les avais envoyées en direct, j’ai ajouté ce commentaire « Quand je pense que je devrais encore être hospitalisée à Sainte-Marie ! » ; soixante-huit jours après l’opération de ma cheville ? Cela résonne comme une blague, qui en serait une si tout cela n’était pas pathétique. Je vous raconte.
En mars 2020, juste avant le premier confinement, j’ai envoyé un dossier de préadmission à l’hôpital Sainte-Marie où j’avais déjà fait un séjour en hospitalisation de jour en 2015 pour me remettre à niveau dans le service de déficience visuelle. Il s’agissait d’évaluer mon autonomie et de me donner des outils supplémentaires. J’en gardais un bon souvenir et, il y a dix-huit mois, j’ai ressenti le besoin d’une nouvelle évaluation.
Je n’ai eu une réponse qu’en août 2020, sous la forme d’un appel m’indiquant qu’il manquait le certificat de l’ophtalmo. J’ai répondu que je ne paierais pas une consultation chez un spécialiste pour établir ce qui l’était depuis 58 ans, renvoyant mon interlocutrice au courrier de ma médecin traitante qui disait l’essentiel. Silence radio les onze mois qui ont suivi jusqu’au lundi 31 mai 2021, 9 heures du matin.
Je suis assise sur mon lit à l’hôpital Saint-Joseph, voisin de Sainte-Marie. J’attends l’ambulance qui va me ramener chez moi pour quarante-cinq jours de plâtre sans appui avant une rééducation qui m’inquiète : qu’en sera-t-il de mon équilibre ? mon handicap visuel ne sera-t-il pas un frein à ma rééducation ? Je réfléchis à contacter le service de soins de suite qui se trouve à l’étage en dessous de celui des déficients visuels pour une rééducation adaptée ; et mon téléphone sonne.
— Bonjour, c’est la fondation Sainte-Marie. Je vous appelle pour votre rééducation…
Il me faut une bonne minute pour comprendre qu’il s’agit de ma demande de mars 2020 et qu’ils ne savent rien de ma cheville cassée. Je décide de profiter de l’opportunité, accepte le rendez-vous que l’on me donne huit jours plus tard, y vais. Le médecin comprend que je n’ai pas besoin aujourd’hui de rééducation sensorielle (j’ai vu entre temps une orthoptiste tip top qui a fait le travail) mais d’une rééducation fonctionnelle adaptée basse vision.
— Je vous propose une hospitalisation complète de six semaines…
Il m’explique qu’il est impossible, en hospitalisation de jour, de prendre en charge un mixte rééducation orthopédique rééducation basse vision. Je refuse cette hospitalisation, me fais confirmer par mon kiné, ma médecin traitante et mon médecin du sport que ce n’est pas nécessaire, et relance ce médecin à deux reprises ; il m’a promis de chercher une solution. Huit jours avant le retrait du plâtre, la secrétaire m’appelle et me demande si j’accepte une hospitalisation de six semaines. Je refuse de nouveau et me prépare à la reprise de la marche : abdos tous les jours, séance d’électro musculation chez mon kiné, sollicitation maximale des muscles de la jambe plâtrée…
Le 12 juillet, c’est la peur au ventre que je fais mes premiers pas, chez moi, sous les encouragements de Frédéric. Ça passe. Kiné. Vélo à la maison. Petits exercices. Abdos toujours. Dix jours plus tard, je me déplace chez moi sans cannes ; et je commence les déplacements courts en extérieur en cannes. Dix jours de plus et je n’utilise plus le fauteuil que dans ma cuisine et pour faire des commissions. Quatre jours encore et je suis au square pour une première séance de sport où je n’ai certes pas transpiré mais où mon bonheur a été total. Si j’avais accepté la proposition, j’aurais encore deux semaines et demie à passer à l’hôpital (j’écris ce billet le 5 août). J’en suis de plus en plus abasourdie.
Une question demeure : pourquoi vouloir m’hospitaliser ainsi, alors que ce n’était pas nécessaire et que l’on peut même considérer que cela aurait été délétère pour mon autonomie ? Je n’ai pas la réponse ; juste une intuition qui renvoie aux enjeux financiers d’un tel choix « médical ». Quand je pense aux lits manquants en Guadeloupe, en Martinique, et ailleurs… Ça me met en rogne ; vous n’imaginez même pas !

Corps @31

Etiquette d'un flacon d'au de CologneLe premier confinement a eu une conséquence inattendue : ma conversion à l’usage d’eau de Cologne. Je dis bien « conversion » car je ne me souviens pas que, petite, nous en utilisions à la maison et je n’y associe aucun souvenir. Tout a commencé avec l’impossibilité de trouver du gel hydroalcoolique ou même de l’alcool en mars-avril 2020. La seule chose que j’avais pu acheter était de l’eau de Cologne à la lavande. J’avais d’ailleurs fait ce microbillet Twitter.

« 2/2 Et faute d’#alcool et de gel #hydroalcoolique à la #pharmacie, je me suis rabattue sur de l’eau de Cologne, 65 %. Qu’est-ce que ça pue ! Grandeurs et misères du confinement ; ça va en faire des sujets d’#ecriture. »

C’est vrai, qu’est-ce que ça puait et le produit me paraissait ringard à souhait, presque d’un autre temps, évoquant une « tradition familiale » dont je m’absous. Pourtant, petit à petit, je me suis habituée et après que du gel était disponible en pharmacie, j’ai continué à utiliser un mélange « eau de Cologne + alcool à 70 ° + savon liquide » pour me laver les mains chez moi. Ce que j’aimais surtout, c’était l’odeur laissée dans ma salle de bains après utilisation.
Et puis, j’ai abandonné ma mixture avant de renouer avec l’eau de Cologne restante pour nettoyer mes doigts de pieds qui sortaient du plâtre, et les alentours accessibles. J’en ai alors apprécié la fraîcheur, en plus de l’odeur. Mon flacon tirant à sa fin, j’ai décidé de le renouveler. Comme je me fais livrer mes courses depuis deux mois maintenant (Caddie trépigne !) ce n’est pas la même, un peu plus haut dans la gamme, sans doute ; avec une sensation de fraîcheur décidément bien agréable sur les pieds après la douche… même déplâtrée !

À table @76

Tableau exel avec des types de plat, et leur comptabilité sur 28 jours; Toutes les infos sont dans le texte du billet.Voici donc le résultat de mon étude statistique des repas qui m’ont été livrés par mon assureur militant durant vingt-huit jours ; et quelques commentaires.
* Pour les entrées, j’ai eu la sensation de manger de la mayonnaise à tous les repas (11/28) ; c’était un peu abusif car cela alternait avec les sauces vinaigrette (10/28). Quoi qu’il en soit, cela fait vingt ans que je mange mes crudités et salades sans huile, préférant les assaisonner avec des condiments, des herbes, ou un filet de sardines, des olives, quelques anchois. Pour « faire passer », j’ai ajouté pléthore de cornichons. J’imagine que je cherchais dans l’acide la balance du gras, qui n’épargnait pas non plus les entrées « féculent » (taboulé, cake, part de pain pizza…).
Mon plus fort souvenir est une paire de choses inconnue, non étiquetée. J’ai dû appeler le service de livraison, qui ignorait également de quoi il s’agissait, cela étant « substitué » aux menus imprimés. Cela s’est révélé des œufs mollets. J’en ai fait un microbillet Twitter auquel je vous renvoie.
* Pour les plats, censément « végétarien », j’ai mangé des plats uniques de féculents (7/28), le plus souvent largement arrosé de sauce fromage et des plats uniques de légumineuses (6/28), fort bons. Cela fait donc moitié de repas sans variété au niveau du plat principal et, si j’ajoute les quatre flans salés composés de deux morceaux sans autre accompagnement et les œufs ou poissons en sauce avec féculent, 75 % des repas étaient sans légumes verts ! Je ne compte pas les entrées, bien sûr, considérant que 30 g de brocoli en vinaigrette ne constitue pas une part de légume.
Quant aux légumes verts servis soit avec du poisson soit avec deux œufs, que de crème (dans la protéine comme dans les légumes) ! Je remarque aussi que les jours à légumes verts, il n’y en a eu qu’un avec un féculent (l’entrée), de quoi avoir la dalle à 4 heures. Côté surprise, j’ai eu deux fois des « œufs sauce aurore » un plat sans doute inconnu des moins de cinquante ans ! Je m’en suis tirée en extrayant les œufs de leur sauce, en les lavant à l’eau chaude pour les manger le soir sur une assiette de crudités préparée avec les légumes achetés par ma voisine (merci !)
* J’en arrive au « fromage », petite part à tous les repas. C’est important le calcium ; quand aux lipides… on en retrouve bien sûr dans douze desserts sur vingt-huit, avec du sucre en plus (pâtisserie, crèmes desserts…) ; et du sucre encore dans les compotes et coupelles de fruits. Restent les fruits bien sûr, pour le coup très « light » en tout tant rien n’était vraiment mûr ni goûteux ; forcément, des pommes, poires, oranges et kiwis au mois de juin, on n’est pas dans la saison !
Voilà donc que qui m’a été servi (à vil prix j’imagine) par une entreprise « expert en nutrition senior », qui se targue de travailler avec des nutritionnistes. J’ai bien conscience que les seniors ont des besoins alimentaires différents des miens mais cela me semble néanmoins trop gras, trop sucré et c’était toujours un peu trop salé. Grâce à mon congélateur où j’ai stocké la moitié de chaque part de féculent, et l’attention de mes amis et voisins, j’ai réussi à ne pas prendre de poids ni avoir une occlusion intestinale. Je verrai en septembre ce que dit mon taux de cholestérol.
En attendant, je suis un peu embêtée. Je dois répondre à mon enquête annuelle Nutrinet. Je ne suis pas encore au top de ce que je cuisine d’habitude autant que, pour ma convalescence, je mange plus de viande rouge, de calcium animal en même temps que je finis ces plats livrés et des produits transformés que je me fais livrer car cela reste compliqué de faire mes commissions. J’estime à trois mois la durée totale de mes changements alimentaires avant retour à ma normale. Comment prendre cela en compte ? Je vais leur poser la question.

Tableau exel avec des types de plat, et leur comptabilité sur 28 jours; Toutes les infos sont dans le texte du billet.

À table @75

Une barquette de repas avec une étique écrit en tout petitQuand je suis arrivée aux urgences de l’hôpital Saint-Joseph le 27 mai dernier, il était 10 heures du matin et j’avais pris mon petit-déjeuner. Face à l’hypothèse d’une intervention en urgence, je ne pouvais manger ni boire avant que la décision fût prise de reporter au lendemain et, l’un dans l’autre, je n’ai eu droit qu’au dîner de 18 heures que j’ai mangé avec appétit car je savais que je ne mangerais pas avant le lendemain à une heure incertaine.
Je ne sais plus ce qu’il y avait sur mon plateau mais j’en garde le souvenir de quelque chose de bon et roboratif, parfait pour tenir un certain temps. Le lendemain, après vingt-quatre heures de jeûne, j’étais impatiente et je n’ai pas été déçue : rosette, cornichon, part de beurre ; filet de poulet, pommes de terre sautées ; fromage ; crème dessert ; morceau de pain. C’est surtout la rosette qui m’a frappée en plein cœur, le service de gastroentérologie et ses recommandations anti-charcuterie étant la porte juste à côté. J’avoue, je n’y ai pas touché mais j’ai mangé tout le reste, dégustant mon demi-cornichon à la hauteur de sa forte valeur en fibres contrairement au reste du repas.
Les trois jours suivants, les repas étaient à l’avenant, bons et d’un équilibre nutritionnel surprenant, pas tant par leur excès en protéines animales, produits laitiers et sucres lents (dont le malade a besoin pour se refaire une santé) mais surtout pour la quasi-absence de légumes (frais ou secs) et fruits, pourtant riches en vitamines, minéraux et fibres, ces dernières essentielles au transit du malade alité et à l’assimilation des catégories précédentes.
Quand je suis rentrée chez moi, mon assureur militant m’a fait livrer des repas. J’ai choisi d’emblée l’option « végétarien » afin de m’épargner la rosette. J’ai conservé les feuilles avec les menus afin de pouvoir analyser, au-delà de mes souvenirs forcément partiaux, ces quatre semaines de nutrition du malade immobilisé, en vous laissant imaginer les effets sur sa santé s’il n’a pas des voisins et amis qui le fournissent en fruits frais et légumes.
J’ai ainsi fait un petit tableau, pour ce billet, mais me rends compte qu’il y a tellement à dire que je préfère vous le réserver pour un prochain… Feuilleton !