Archives de catégorie : Vroum @

Vroum @29

Copie de ma carte PAMPendant mon court séjour à l’hôpital suite à la fracture de ma cheville, j’ai occupé mon temps libre à m’assurer le maximum d’autonomie pour mon retour chez moi. J’ai déjà évoqué l’aide ménagère, la livraison de repas, le fauteuil roulant, la mobilisation de mes amis et voisins… J’ai pensé aussi que j’aurais besoin de sortir au-delà de ce que je pourrais faire en fauteuil. J’ai cherché (puis testé) les services de taxi PMR qui coûtent très cher pour un service médiocre et ai pensé « PAM75 ».
Il s’agit d’un service de transport public collectif sur réservation pour les personnes handicapées ou dépendantes : il est très utilisé par tous les enfants et adolescents qui passent leurs journées dans des centres ou écoles spécialisées et des travailleurs handicapés qui ne peuvent pas prendre les bus, trams et métros RATP. Les déplacements sont payants, mais leur coût reste raisonnable en mode loisir si on ne sillonne pas Paris tous les jours, bien sûr (dans le cadre d’un déplacement professionnel ou scolaire, des aides prennent en charge tout ou partie de ce coût).
Ma cheville cassée ne m’ouvrait pas droit à les utiliser, ma carte d’invalidité basse vision, oui. J’ai donc déposé un dossier début juin sans indiquer le fauteuil, considérant que j’utiliserais ce service une fois que je serais déplâtrée. Cinq semaines plus tard, je recevais mon « Pass PAM75 » et je réservais ma première utilisation pour rendre visite à la maman de Sarah à l’Ephad. Dimanche 18 juillet 2021. À l’aller, le véhicule est à l’heure, au retour pareil. C’est un bon début considérant la mauvaise réputation de la PAM côté respect des horaires.
Pour ce retour, ce n’est pas un véhicule PAM mais un taxi (quand il n’y a pas de véhicule « maison » disponible, des taxis prennent le relais, pour un coût identique pour moi). Nous devisons avec le chauffeur ; c’est jour d’arrivée du Tour de France ; ne passe-t-il d’ailleurs pas pile entre l’Ephad et chez moi ? C’est le cas mais, dans un premier temps, le chauffeur ne s’en inquiète pas. Puis nous nous mettons à tourner dans le 14e arrondissement pour tenter de contourner l’incontournable et nous retrouver bloquer à l’angle de la rue Friant et de l’avenue Jean Moulin, pile derrière une voiture de police qui empêche de traverser, le Tour devant passer là dans un délai inconnu.
Nous sommes à 1 km de chez moi. Je suis déplâtrée depuis six jours, je ne suis pas capable de le faire à pied. De toute façon, mon chauffeur est catégorique.
— Vous êtes sous ma responsabilité, je vous déposerai devant votre porte.
Dont acte. Il appelle sa centrale téléphonique, se fait confirmer qu’il n’y a pas d’alternative, et nous voilà bloqués plus d’une heure à attendre les coureurs qui passent si vite que je n’ai pas le temps de me concentrer sur le spectacle. Quand le chauffeur me dépose enfin devant chez moi, son compteur indique 80 euros… il m’en coûtera 8,20 euros, tranquillité comprise. Cela sert à quoi l’argent public ? Cela sert aussi à cela.
Merci.

Vroum @28

Je suis en fauteuil avec un chapeau, une veste et un pantalon de pluis, le pied emballé dans un sac poubelle.J’ai évoqué dans un précédent billet la perte de ma mobilité physique suite à la fracture de ma cheville. Je voudrais revenir sur la vie en fauteuil, avec un petit clin d’œil à ma tante Claude.
Je veux d’emblée que les choses soient claires : le fauteuil roulant, c’est galère tant le monde n’est pas adapté à ce type de mobilité : trottoirs étroits, très en pente pour évacuer les eaux de pluie, du mobilier urbain mal placé, peu d’accès en rampes, des comportements humains indignes, etc. C’est aussi galère quand il pleut, quand on roule dans une crotte de chien, quand l’appartement est petit, quand il faut pousser une porte, attraper un truc placé haut… Mais ce n’est pas l’objet de mon billet parce que je n’ai pas vécu le fauteuil comme une galère mais bien comme un outil de liberté.
En poussant (à peine) quelques meubles chez moi (29 m2), j’ai pu y circuler et me sentir en sécurité dans ma cuisine. Après quinze jours d’entraînement, j’ai pu me déplacer sur un périmètre de 800 m autour de chez moi (à peine moins que pendant le premier confinement), faire quelques courses, aller chez le kiné, à l’hôpital, aller au square entretenir mon quadriceps, prendre l’air, tout simplement. Ça, c’est pour le côté pratique ; mais il a beaucoup plus, et de l’essentiel.
Le fauteuil m’a d’emblée paru comme me donnant une autre vision du monde. J’ai cherché pourquoi : les deux raisons principales étaient que j’étais plus bas et que j’allais moins vite. Ces deux éléments, assez basiques, ont eu de nombreuses conséquences : j’ai pu voir plein de choses que je n’avais jamais vues et m’ouvrir à toutes ces personnes que je croise d’ordinaire sans avoir accès à leur sourire, à leur interpellation visuelle, j’imagine ; dans la configuration fauteuil, elles se sont arrêtées vu que j’étais souvent à l’arrêt et des échanges ont pu se nouer, en dépit de ma déficience visuelle…
Mais que vient-elle faire là ? Je craignais qu’elle ne se cumule avec le handicap moteur, ce qui a parfois été le cas ; mais le plus souvent, le sens de l’adaptation à laquelle elle m’a formée depuis 58 ans m’a donné très vite les clés de ma mobilité en même temps que ma moindre mobilité m’a offert un nouveau mode de compensation : plus bas, moins vite, donc. Je me souviens de ma-Jeanine qui me disait « Un jour, tu verras ; tu devras aller moins vite. » ce que je vivais comme une menace ; je me souviens que j’en avais douloureusement pris conscience à Saint-Marie ; je me souviens d’une amoureuse qui moquait mon « agitation ». Et voilà que dans ce fauteuil, je me suis posée, avec toujours le même besoin d’aller de l’avant, avancer ; mais pas finalement pour plus loin une fois l’objectif atteint ; mais pour savourer.
Je vais rendre le fauteuil ces prochains jours à la pharmacie. J’ai pris la décision avec Sarah et nous avons parlé de ces deux mois et demi écoulés en mode cheville cassée. Je lui ai dit les vivre comme une « aventure » ; elle m’a répondu « épreuve ». Non, Sarah, j’insiste : c’est bien une aventure qui me fait (et m’a fait) mesurer ma force, ma capacité de résilience (« faire quelque chose de ce qui arrive ») au-delà de ce que les confinements avaient produit, un peu comme un point d’orgue, l’idée que quoi qu’il arrive désormais, je saurai garder ma liberté et que mon désir persévère.
Je sens que je vais avoir un pincement au cœur à me séparer du fauteuil (je garde le super coussin !) Caddie, qui a tant patienté, va prendre le relais côté roulettes. Est-ce que je vais conserver ce que j’ai gagné d’ouverture au monde et aux autres ? J’y compte bien !

 

Vroum @27

Avec l’arrivée de Helgant, beaucoup de choses ont changé dans ma vie. Les Hétéronautes le savent bien. Pour pouvoir partir en vacances ou se promener dans la forêt, Lamoto était partante, mais ce n’était pas très raisonnable pour Helgant de voyager poils au vent.
Après réflexion, j’ai acheté une voiture puis j’ai permis à Lamoto de trouver un propriétaire pouvant rouler plus souvent. Acheter une voiture… je ne pensais pas faire cela un jour. Et je n’aurais jamais pensé que cela soit aussi pertinent. La voiture ne sort que pour des sorties qui ne me sont pas possibles avec un autre moyen de transport. Avec Helgant, nous pouvons partir facilement en forêt pour de bonnes promenades, qui nous font du bien à lui et moi.
Reste à savoir si le confinement nous bloquera. En tous les cas, Helgant et moi sommes prêts pour ces petites aventures en forêt francilienne, allez vrouuuum !

Vroum @26

Entendu lors d’une manifestation de motards à Paris ce samedi 6 février pour protester contre l’expérimentation du stationnement payant des deux-roues motorisés :  » Rouler en moto, c’est être libre et mobile. »
Libre de quoi ? De ne pas respecter le Code de la Route et les autres modes de déplacement ?

Vroum @25

En cherchant une émission en rediffusion du Magazine de la santé, je tombe sur un autre sujet concernant la moto. Je sais les dangers de la moto et suis très prudente, mais on a toujours en tête le risque d’accident.
Le reportage suit des motards gravement blessés. Ils sont paraplégiques ou amputés d’un membre inférieur avec prothèse. Une association permet à certains de remonter en selle sur des machines de course sur circuit. Il y a même des compétitions.
Je ne connaissais pas du tout. C’était très impressionnant et surtout très émouvant.

Vroum @24

J’ai découvert le plaisir de partir quelques jours de Paris pour aller en bord de mer. Cela me fait beaucoup de bien. Je découvre la Normandie en ma baladant avec Lamoto.
J’aime bien rouler seule. Mais j’aime aussi beaucoup l’usage de se saluer entre motards. Un signe de reconnaissance qui me touche toujours. C’est l’appartenance à un collectif dans lequel je ne me retrouve pas toujours mais auquel je suis contente d’appartenir. C’est aussi de ce fait la sécurité et la simplicité de la solidarité motarde qu’il y a derrière. Et le bonheur d’avoir repris la moto.

Vroum @23

France infoLa veille du week-end de Pentecôte, France TV Info aborde la question de l’affluence sur les routes, avec cette annonce : « Ce week-end sur les routes, soyez prudents. Renforcement des contrôles routiers. »
Je l’ai entendu une fois, surprise ; convaincue que l’annonce serait corrigée à la prochaine occurrence. Perdu ! Pour notre chère radio-télé publique, la prudence sur les routes est motivée par la présence de gendarmes. Quoi d’autre d’ailleurs ? Les trois mille cinq cents morts sur la route en 2018 ? Les vingt-deux mille blessés légers ? La peine des familles et proches concernés ?
Non ! La sécurité routière, c’est une affaire de gendarmes parce que ne pas boire au volant, ni consommer psychotropes et stupéfiants, limiter sa vitesse, respecter le Code de la route, cela ne vaut que pour les autres, ces abrutis qui ne savent pas conduire, car tout bon conducteur peut rouler après une soirée bien arrosée sur une route de campagne à plus de 80 km / heures sans risque… sauf pour les arbres. Bien sûr.
Les arbres ? Et les talus. À eux de faire attention en traversant.

Vroum @22

Samedi midi, j’allume mon téléviseur pour regarder le journal de 13 heures sur France 2… Ce réflexe est sans doute un héritage de mon côté « ménagère de moins de 50 ans » des années 80 !
Un peu en avance, je tombe donc sur la toute fin d’un jeu télévisé du midi. Je comprends que le champion est vraiment un champion puisqu’il en est à sa centième victoire. Du coup, il a droit à un beau cadeau : une voiture toute neuve et toute à essence ou diesel… vous savez, le genre de véhicule qui a un vague impact sur notre environnement et sur notre santé ! Rappelons qu’un véhicule à moteur à explosion pollue, qu’il soit de Crit’Air 5, 4, 3, 2 ou 1.
Tout le monde rit d’autant que le vainqueur qui a passé le permis il y a longtemps n’a, je cite, « jamais eu de voiture », même s’il a survécu jusque là et n’a rien demandé.
Je suppose qu’il faut remercier le service public d’ajouter dans l’espace, public lui-aussi, un nouveau véhicule polluant en circulation.

Vroum @21

J’ai repris en ce mois de mars Lamoto, un peu plus en avril, selon les jours, pour des questions d’organisation de mes journées. La ligne de métro à côté de chez moi devient de plus en plus chargée en raison de travaux.
Un matin, j’ai tout de même opté pour les transports. Arrivée dans la rue, à quelques mètres de mon immeuble, je me suis rendu compte que j’avais machinalement mis mes chaussures de moto. Ah ! mon inconscient avait exprimé mon envie de rouler avec Lamoto.

Vroum @20

Bonne nouvelle en ce début de semaine ! Les ventes de véhicules diesel baissent fortement : 39 % des véhicules vendus en 2018 roulaient au diesel, ils étaient 73 % en 2012 !
Enfin les mesures gouvernementales et la prise de conscience des citoyens paient ! C’est d’autant plus réjouissant qu’à l’heure où j’écris ces lignes, une étude allemande publiée ce jour démontre que la pollution de l’air aux particules fines tue deux fois plus que « ce que l’on pensait » (ici). 8,8 millions de décès par an dans le monde, 67 000 rien qu’en France ! Nous voici donc sur la bonne voie pour faire de significatifs progrès ! Sonnez tambours et trompettes ! Les occasions de se réjouir sont suffisamment rares pour décréter un jour de fête nationale !
Mais qu’ois-je ? D’aucuns m’informent qu’en fait, ce n’est pas une bonne nouvelle car l’effondrement des ventes met en danger la « filière diesel » dont la France est « championne » (ici). Des gens risquent de se retrouver au chômage. Il faut relancer la filière pour que les gens achètent de nouveau des véhicules diesel. Il faut assouplir les mesure pour autoriser les diesel à rouler même en cas de pic de pollution…


(la série de … est une façon pudique de ne pas écrire dans ce billet au style prétendument soutenu une série de mots violents, vulgaires et insultants)
Conclusion : pour « sauver la filière française du diesel », il faut tuer 67 000 personnes par an. Conclusion ?