Archives de catégorie : Vide @

Vide @4

Les initiatives individuelles et collectives se multiplient pour organiser le recyclage, le don, la réutilisation… autant d’actions qui sont bonnes pour la planète si tant est que l’on n’oublie pas la règle de base : la meilleure gestion des déchets, c’est de ne pas les créer. Autrement dit, réduire notre consommation à nos besoins, ce qui reste difficile à établir parce que le « besoin » est une construction sociale et culturelle en plus de l’état de nécessité. J’en ai parlé ici, à propos de chaussures, sujet de mon billet du jour.
C’est rue de la Gaîté que j’ai croisé cette « boîte à dons » (en photo) devant la boutique d’un chausseur. C’est très artisanal mais je trouve la démarche de ce chausseur intelligente ; aussi parce qu’elle rappelle à ses clients toutes ces paires achetées pour être si peu mises… Du moins, j’espère !

Note. Depuis que j’ai écrit ce billet, la boîte a disparu…

 

Vide @3

Une agence de Pôle emploi désaffectée a gardé un affichage : « Borne tactile. Cette borne vous permet en permanence un libre accès à certains services de Pôle emploi ». Ladite borne a été enlevée.
D’un certain point de vue, c’est une sorte d’aveu d’impuissance : la borne disparue, Pôle emploi offre du vide. Est-ce une façon d’annoncer aux chômeurs qu’ils ne peuvent que rencontrer un mur ?

Vide @2

Métro, boulot, dodoJeudi matin, j’attendais le métro à Champs-Élysées. Une rame est entrée en station. Les portes automatiques se sont ouvertes. J’ai levé le nez de mon journal, ai regardé les gens monter et descendre, les portes se refermer, le métro partir.
Et là, j’ai pensé que j’aurais dû monter dedans.
C’est étrange, ce genre d’absence. J’étais consciente de tout et n’ai pourtant pas pris ce métro que j’attendais. Cela ne m’a pas mise en colère. C’était comme ça. Le suivant est arrivé très vite. J’étais concentrée. Je ne l’ai pas manqué.

Vide @1

Vaiselle de Taizé

Il y a peu, j’ai vécu une semaine étrange. J’ai renoncé à un projet au boulot, car je ne partageais pas les décisions prises sur son évolution et j’y étais sur volontariat, non sur ordre. Ensuite, j’ai renoncé à une course à pied. C’est la première fois que je n’allais pas à une course où j’étais inscrite. Enfin, j’ai renoncé à une fonction associative qui me tenait à coeur. Les perspectives ne me semblaient pas propices pour continuer sereinement. À chaque fois, j’ai longuement réfléchi, pesé les options, voire discuté des choix possibles.
Parallèlement, j’ai cassé deux objets. Le premier était un saladier déjà fendu. La glissade d’une assiette dans l’évier l’a achevé. C’était un souvenir de mon ancien appartement. Le second était un bol en excellent état. La glissade d’une assiette dans l’évier l’a fait exploser. C’était un souvenir de chez mes parents. J’ai deux autres pièces de vaisselle fendues, mais elles ont été épargnées. Seraient-elles bénies des dieux ? Peut-être… Elles viennent de Taizé.
Cette semaine-là a décidément été celle du renoncement sur tous les plans. Mais pas seulement, car c’est la même semaine que j’ai récupéré deux meubles dans la rue. Vraiment une étrange semaine…